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ouvrage de joel paul

3 clics sur clicsinfos.com pour les Moustaches de tigre et la production littéraire 2019 et à venir d'un écrivain du Caillou

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

3 clics sur clicsinfos.com pour les Moustaches de tigre et la production littéraire 2019 et à venir d'un écrivain du Caillou

D’abord un roman qui nous entraîne en Indochine vers la fin de la première guerre mondiale et conte les aventures d’un jeune héros courageux. Il nous emmène au cœur d’une jungle où foisonnent animaux sauvages et flore fantastique, mais aussi combats impitoyables… et ensuite, un ouvrage collectif beaucoup plus « sérieux », consacré à la sophrologie. Cette fois nous faisons le grand écart, mais n’est-ce pas aussi ce qui rend le monde des livres si passionnant ? Les deux sont de très bons choix de chez l’éditeur L’Harmattan.

Les Moustaches de Tigre

Ce joli roman nous raconte une aventure indochinoise. Il se déroule en effet à la fin de la seconde guerre mondiale en Indochine, où la situation se dégrade tandis que les troupes japonaises attaquent avec une sauvagerie sans limite. Le jeune héros échappe au massacre et parvient à se réfugier au Laos, où il atterrit dans… Non, je ne vous dirai rien, ce sera à vous de le découvrir… Sachez malgré tout qu’une expédition sera mise sur pied par le père du jeune homme, pour tenter de le ramener au pays et de le sauver.  Mais notre héros ne l’entend pas de cette oreille et il décide de repartir au Laos… Rempli de rebondissements, ce livre nous emmène dans de somptueux paysages, au cœur d’une jungle qui regorge d’une riche faune, d’animaux sauvages et où la vie n’est pas vraiment facile. De nombreuses choses s’entremêlent au cœur de l’intrigue : nature, faune et flore, aventures palpitantes et faits historiques romancés… Vous serez rapidement passionné et l’envie d’arriver au bout le plus rapidement possible vous poussera à lire un peu plus vite que d’habitude. Commencer ce roman, c’est à coup sûr aller jusqu’au bout et ce quoiqu’il se passe autour de vous.

Suivre les critiques de l'autre ouvrage "sophrologie" en suivant le lien ci-dessous

by SERGE FIGE on 11 NOVEMBRE 2017

Auteur : Joël Paul

Éditions L’Harmattan – www.editions-harmattan.fr

Format : 15,5 x 24cm

Pages : 275

Prix : 24 € chez l’Harmattan dans les librairies de Nouméa et au salon de Papeete

Notation de Serge : 3 clics

La notation de Serge Fige pour les livres :
1 clic = Aucun intérêt
2 clics = Accessible à tous
3 clics = Très intéressant
4 clics = À lire absolument
5 clics = Sujet très pointu

Serge Fige

Il a déjà une longue expérience dans le domaine de la presse Internet, mais il a aussi passé trois années dans le presse hebdomadaire écrite. C'est un spécialiste du bien-être et de ses nombreuses techniques. Ce maître Reiki apporte à l'équipe sa sérénité et son humour, qu'on retrouve dans sa manière de raconter ce qu'il vit, tente, expérimente et partage.

Trois recueils de nouvelles parus en 2019 avec une nouvelle de Joël PAUL parmi un bel échantillon d'auteurs calédoniens

Trois recueils de nouvelles parus en 2019 avec une nouvelle de Joël PAUL parmi un bel échantillon d'auteurs calédoniens

A paraître début 2020, un coup de cœur pour une histoire vraie du Burundi mais ce récit évoque aussi notre région du Pacifique Sud.

A paraître début 2020, un coup de cœur pour une histoire vraie du Burundi mais ce récit évoque aussi notre région du Pacifique Sud.

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La Guerre d'Indochine toile de fond du roman Les moustaches de Tigre

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

19 décembre 1946

Première guerre d'Indochine

Le 19 décembre 1946, le parti communiste vietnamien de Hô Chi Minh lance une insurrection générale contre le colonisateur français à Hanoï et dans tout le Tonkin. C'est le début de la première guerre d'Indochine... et de trois décennies de conflits quasi-ininterrompus qui vont mettre le Viêt-Nam et les autres pays de la région à feu et à sang.

Le drame puise sa source dans la défaite de la France face à l'Allemagne, l’occupation de ses colonies d'Indochine par le Japon et la volonté du général de Gaulle, à la Libération, de réoccuper l'Indochine pour l'honneur du drapeau.

La reconquête française

Le 24 mars 1945, alors qu'il s'apprête à prendre le pouvoir en France, le général de Gaulle déclare son intention de restaurer l'autorité de la France en Indochine.

Cette déclaration intervient quinze jours après l'humiliant « coup de force du 9 mars » par lequel les Japonais se sont emparés des leviers de commande en Indochine et ont capturé, voire massacré, les Français présents sur place.

Le chef de la France libre veut prendre de court ses alliés anglo-saxons qui lorgnent sur l'Indochine comme le montrera leur décision, à Potsdam, d'en confier l'administration aux Chinois et aux Britanniques, à l'exclusion des Français.

De Gaulle projette d'établir une fédération de colonies et de protectorats qui comprendrait les trois provinces du Viêt-Nam (les trois Ky : Tonkin, Annam et Cochinchine) ainsi que le Cambodge et le Laos. Le 14 août 1945, il nomme l'amiral Thierry d'Argenlieu gouverneur général de l'Indochine ; farouche partisan de la colonisation, l'homme a aussi la réputation d'être rigide et cassant.

Les événements se précipitent. En septembre 1945, sitôt après la capitulation du Japon, Hô Chi Minh, chef du parti communiste vietnamien, le Vietminh, proclame unilatéralement la République démocratique du Viêt-Nam.

Dans le même temps, un corps expéditionnaire débarque à Saigon sous le commandement du général Leclerc. Celui-ci serait partisan de négocier avec le Vietminh mais pour son supérieur hiérarchique d'Argenlieu, il n'en est pas question.

Fonctionnaires et militaires français se réinstallent sans trop de mal en Cochinchine, où le Vietminh est quasiment absent. Là-dessus, Leclerc engage non sans succès la reconquête du nord.

Échec des négociations et insurrection

Mais de Gaulle quitte le pouvoir en janvier 1946... Le nouveau gouvernement comprend l'inanité d'un maintien de la France en Indochine. Il prépare un accord avec les Vietnamiens en vue de reconnaître leur indépendance, suivant l'exemple des Britanniques qui s'apprêtent à quitter leur colonie des Indes.

Paris bénéficie d'une circonstance favorable : Hô Chi Minh, à Hanoï, craint une mainmise de ses voisins chinois et se montre disposé à composer avec les Français. C'est ainsi que le négociateur Jean Sainteny et Hô Chi Minh signent les accords du 6 mars 1946. Ils reconnaissent un État libre du Viêt-nam au sein de l'Union française.

Une conférence se réunit à Fontainebleau, en présence d'Hô Chi Minh lui-même, et un référendum est prévu pour l'union des trois Ky

Mais la conférence va tourner court en raison d'un premier incident qui survient le 19 novembre 1946. Ce jour-là, une fusillade se produit dans le port de Haiphong entre une jonque chinoise et la douane française. À bord de la jonque, des nationalistes vietnamiens transportent de l'essence de contrebande. La fusillade dégénère et fait 24 morts.

L'incident est aussitôt exploité par les partisans d'une reconquête de l'ancienne colonie, au premier rang desquels figure l'amiral Thierry d'Argenlieu.

Avec le soutien du ministre des Affaires étrangères Georges Bidault, l'amiral veut au moins conserver Saigon et la Cochinchine à la France et il s'oppose ouvertement à Leclerc et Sainteny. En contradiction avec les accords du 6 mars, il décide de rompre l'unité des trois Ky du Viêt-Nam en créant une Cochinchine indépendante affidée à la France.

Une guerre pour rien

Pour imposer leur solution au Vietminh et rétablir leur autorité sur une partie au moins de l'Indochine, les militaires décident de recourir à la bonne vieille « diplomatie de la canonnière » héritée du siècle précédent.

Le 23 novembre 1946, à l'instigation de l'amiral d'Argenlieu, trois avisos du colonel Debès bombardent le port de Haiphong. Brutale, l'attaque aurait fait 6.000 morts ! C'est le début de la (première) guerre d'Indochine... Suite sur Herode .ne

C'est dans ce contexte que mon roman d'aventure commence. Ma famille de colons va subir ces évenements et... Il faut lire le livre "Les moustaches de Tigre" de votre serviteur Joël PAUL.

Je serai à la manisfestation la couleur des mots à Boulari samedi. La librairie Calédo Livres m'a cédé quelques livres. Si vous voulez en profiter pour l'acquèrir, je vous ferai une dédicace. Par avance merci. Il y aura beaucoup d'animations à l'Envergure. Voir le programme

 

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Une bonne idée cadeau pour la fête des pères, un livre. Pourquoi pas Les Moustaches de Tigre !

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Ce joli roman nous raconte une aventure indochinoise. Il se déroule en effet à la fin de la seconde guerre mondiale en Indochine, où la situation se dégrade tandis que les troupes japonaises attaquent avec une sauvagerie sans limite. Le jeune héros échappe au massacre et parvient à se réfugier au Laos, où il atterrit dans… Non, je ne vous dirai rien, ce sera à vous de le découvrir… (extrait d'un article 3 clics)

« Ce sera une guerre entre un tigre et un éléphant. Si jamais le tigre s’arrête, l’éléphant le percera de ses défenses. Seulement le tigre ne s’arrête pas. Il se tapit dans la jungle pendant le jour, et ne sort que la nuit. Il s’élancera sur l’éléphant et lui arrachera le dos par lambeaux, puis disparaîtra de nouveau dans l’ombre. Et l’éléphant mourra d’épuisement et d’hémorragie. » dirent des leaders nationalistes vietminh  dès septembre 1946.

Mon livre est de nouveau disponible dans la librairie de la place des Cocotiers (près de la mairie)

Mon livre est de nouveau disponible dans la librairie de la place des Cocotiers (près de la mairie)

Je serai au 11ème SILO. Merci aux organisateurs !

Je serai au 11ème SILO. Merci aux organisateurs !

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« Indochine 1945-1954, chronique d’une guerre oubliée » de P.Gélinet

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Patrice Gélinet, professeur d’histoire puis journaliste, suivi par les passionnés pour ses regrettées émissions radiophoniques « 2000 ans d’histoire » sur France Inter a publié un ouvrage original sur la guerre d’Indochine. Membre du Conseil et président des groupes de travail « Outremer » et « Radios analogiques et numériques », il a séjourné deux fois en Nouvelle-Calédonie, la dernière fois c’était en 2016, il avait fait la promotion pour deux télévisions locales. Je vous livre un extrait d’un article L'écho du champ de bataille de Frédéric JORDAN qui correspond à la période dans laquelle mes héros, les colons de mon roman « les Moustaches de Tigre » essaient de survivre. Entre 1945 à 1946, mes victimes de l’histoire vont être témoins de ce que relate « Indochine 1945-1954, chronique d’une guerre oubliée » de P.Gélinet. JP

NB : Mon livre est un roman d’aventure, une belle histoire d’amour mais la guerre est omniprésente.

Extrait de l’article :

Il revient sur cette campagne oubliée, mal connue de ses contemporains comme de bon nombre de Français aujourd’hui. Pourtant, ce conflit apporte un éclairage intéressant sur les interactions entre guerre et politique ainsi que sur les modes d’action utilisés en contre-insurrection par les militaires. Ces derniers ont tenté, sur ce théâtre d’opération lointain, de trouver la bonne adéquation entre les objectifs stratégiques fixés, les hésitations françaises, l’environnement local, les moyens de combat disponibles et une population déchirée entre son attachement à la France et son désir d’indépendance.

Le livre nous offre une vision de cette guerre à travers les yeux des acteurs de l’époque, journalistes, hommes d’état, militaires français, combattants du Viet-Minh ou tout simplement civils d’origine métropolitaine ou vietnamienne. Des Flash codes disséminés tout au long des pages permettent d’écouter des bandes archives de l’INA, discours, reportages, témoignages qui donnent vie au texte et permettent de s’imprégner de l’ambiance particulière de ce bout d'Asie.

L’auteur dresse tout d’abord le tableau de l’Indochine entre 1930 et 1945 avec, en particulier la montée du nationalisme vietnamien suivi par l’occupation japonaise. Si celle-ci a été brutale, elle aura permis à Hô Chi Minh de déclarer l’indépendance de son pays, de former un gouvernement avant de se heurter à la volonté française de rétablir la situation d’avant-guerre. Le général Leclerc est envoyé sur place pour rétablir l’ordre. Il comprend très vite que la seule issue s’inscrit dans la négociation mais se heurte à la fermeté de l’amiral D’Argenlieu chef civil et militaire sur place. En 1946, la crise est consommée, le Vietminh prend le maquis, la France bombarde Haiphong causant de nombreuses victimes collatérales.

Hô Chi Minh « s’installe au nord du Tonkin, près de la frontière chinoise, dans la jungle du Viêt Bac. De là, pendant les trois premières années du conflit, Giap va diriger une guerre étrange, une guerre dont on parle peu en France parce que c’est une guerre sans front, sans grand engagement militaire. Hô Chi Minh ne bénéficie d’aucune aide extérieure. Alors, les soldats de Giap mènent une guerre de petites unités, une guerre de guérilla. Dans tout le Vietnam, ces soldats paysans harcèlent les Français qui ne contrôlent que les grandes villes, Saigon, Hué, Haiphong et Hanoi dans le delta du fleuve Rouge. »

Le leader des rebelles décrit parfaitement sa stratégie dès septembre 1946 : « ce sera une guerre entre un tigre et un éléphant. Si jamais le tigre s’arrête, l’éléphant le percera de ses défenses. Seulement le tigre ne s’arrête pas. Il se tapit dans la jungle pendant le jour, et ne sort que la nuit. Il s’élancera sur l’éléphant et lui arrachera le dos par lambeaux, puis disparaîtra de nouveau dans l’ombre. Et l’éléphant mourra d’épuisement et d’hémorragie. »

Mais les combattants du Vietminh disposent de peu d’armes et doivent créer de l’équipement artisanal tel des bazookas à partir de rails de chemin de fer ou des mortiers. L’unité de base est représentée par 3 soldats (le nid) au sein de groupes d’une dizaine d’hommes. Rapidement, les deux belligérants comprennent que le centre de gravité des insurgés se matérialise par l’approvisionnement en riz devenu le nerf de la guerre et même une monnaie parallèle.

« En face de l’armée de Giap, le corps expéditionnaire français manque de soldats. Le gouvernement n’envoie des renforts qu’au compte-gouttes et refuse de faire appel au contingent. Jusqu’à la fin, la France n’enverra en Indochine que des soldats de métier (…) c’est pourquoi les Moï, les Mnong, les Thaï, les Muong, les Cham servent parfois dans les unités auxiliaires commandées par des capitaines ou des lieutenants qui deviendront célèbres. » Les Français doivent donc s’adapter aux modes d’action adverses, en particuliers le formidable réseau de tunnels et de souterrains permettant de se cacher lors des opérations de bouclage ou de dissimuler vivres et armements… Suite de cet article

Carte de l'indochine française et couverture de mon livre en vente à Caledo Livres et au SILO 2018Carte de l'indochine française et couverture de mon livre en vente à Caledo Livres et au SILO 2018

Carte de l'indochine française et couverture de mon livre en vente à Caledo Livres et au SILO 2018

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Guerre d'Indochine : La marche de la colonne Alessandri et l’épopée du 5e R.E.I.

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Photo du site légion étrangère http://www.legionetrangere.fr/index.php/79-infos-fsale/418-histoire-9-mars-1945-le-coup-de-force-japonais-et-la-marche-de-la-colonne-alessandri

Photo du site légion étrangère http://www.legionetrangere.fr/index.php/79-infos-fsale/418-histoire-9-mars-1945-le-coup-de-force-japonais-et-la-marche-de-la-colonne-alessandri

9 mars 1945 : la sanglante surprise du coup de force des Japonais.

En Indochine, la résistance s’organise. Des plans de défense pour contrer une agression japonaise s’élaborent. Au 5e R.E.I., les esprits sont tout acquis à la reprise de la lutte contre les Japonais. La participation à la résistance y est active.

Les zones de combat se rapprochent de la péninsule indochinoise. Les Philippines sont presque entièrement libérées. Le 17 février, les Américains ont sauté sur Corregidor et le 19 février ils ont débarqué sur Iwo Jima.

Dans l’Indochine française, havre de paix à peu près préservé, Les Japonais n’ignorent pas qu’une résistance de plus en plus active, soutenue par les Anglais, œuvre derrière leur dos.

Les Japonais ne vont pas accepter de laisser la résistance poursuivre son action ; ils ne tolèrent plus l’existence d’une armée française susceptible de se joindre aux Alliés.

Considérablement renforcés, les Japonais, qui ont pris de fait le contrôle de l’Indochine française, disposent de moyens militaires importants avec des moyens de liaison et des armements modernes, et la police secrète, la Kempetaï, fait régner la terreur. En 24 heures, ils vont se rendre maîtres de toutes les garnisons.

Après un ultimatum inacceptable de l’ambassadeur japonais Matsumoto à l’amiral Decoux, Haut-commissaire en Indochine, à partir de 20 heures, les troupes du Mikado attaquent sans préavis les garnisons françaises en Indochine ; les troupes japonaises se ruent à l’assaut de la citadelle d’Hanoï…

Du 10 mars au 2 mai 1945, la marche de la colonne Alessandri et l’épopée du 5e R.E.I.

Le 10 mars, le général Alessandri décide de conduire son groupement en Chine pour se placer sous la protection des Nationalistes et reprendre l’offensive avec eux.

Mais, à Hung Hoa, le bac est inutilisable. A Trung Ha, la Rivière Noire, qui vient d’effectuer un large coude l’orientant vers le nord, et le Fleuve Rouge, offre un premier obstacle. Trois cents mètres de large. Un courant rapide. Uniquement deux bacs et cinq sampans. Impossible de faire traverser les véhicules et les armes lourdes, qui doivent être précipités dans les flots de la rivière. Le général sacrifie son matériel lourd et son train de combat. Il démobilise les tirailleurs tonkinois et, à la tête d’une colonne de 1 500 Européens, essentiellement des légionnaires, qui ne disposent plus que leur armement léger, par Phong Tho, il essaie de gagner la frontière…

Du 2 mai 1945 au 8 février 1946 : la colonne Alessandri est maintenue en Chine.

Le regroupement des forces françaises est entravé par des difficultés de toutes sortes, dues essentiellement aux Chinois de la 95e division qui essayent en vain de désarmer les Français. Les palabres, à la chinoise, sont longs…

A Sze Mao Ting, les blessés et les malades sont évacués sur Calcutta. Devant les vides, les trois bataillons sont regroupés en un seul sous les ordres du capitaine Gaucher. Tous ces hommes encore valides n’aspirent qu’à rejoindre le combat mais, pour de nombreuses raisons politiques, ils sont contraints d’attendre. Sur place, ils bénéficient de la bienveillance du général Pechkoff, ancien officier de Légion, représentant la France à Tchong King.

Fin mai, Les Français, par détachements de 200, font mouvement sur Taso-Pa, à 150 kilomètres au nord-ouest de Laokay, cité frontière sur la voie ferrée débouchant du Tonkin. La saison des pluies arrive. Le cantonnement manque de tout. Ici encore, il faut tenir. Peu à peu, des isolés, individuellement ou par petits groupes, rejoignent. Quelques-uns sont des miraculés.

Le caporal-chef Swoboda, blessé, fait prisonnier, a survécu aux six coups de pistolet donnés par ses gardiens pour l’achever. Des Laotiens l’ont recueilli, soigné, hébergé et acheminé en Chine.

8 février 1946 : le bataillon de marche du 5e R.E.I. entame son mouvement sur le Tonkin.

Cette retraite en combattant entre dans la légende comme une Marche à la Mort.

Eu égard aux tués, aux disparus, aux prisonniers d’Hanoï, Langson, Ha-Giang, Vinh, Vietri, Cottich, Tien Kien, le 9 mars, ils ne furent que 850 légionnaires, sans compter les Indochinois, à s’intégrer à la colonne Alessandri. De ceux-là, 63 ont été tués, 109 portés disparus durant la retraite vers la Chine. Avec les blessés évacués sur Calcutta, les isolés ayant pu rejoindre, le bataillon de marche n’aligne que 655 Européens plus 328 Indochinois. Le 5e R.E.I., stationné en Indochine, s’est opposé à l’invasion japonaise et a été presque totalement anéanti. Il paie le prix fort de cette agression. Du 5e R.E.I. du 9 mars 1945, ne demeure que le tiers. La Légion, là encore, a payé le prix fort, en cette ultime phase de la Seconde Guerre Mondiale.

Court extrait d’un article de Jean BALAZUC - P.P.P HISTOIRE : 9 mars 1945, le coup de force japonais et la marche de la colonne Alessandri suivre le lien pour lire le récit complet.

De la colonne d'Alessandri à la Nouvelle-Calédonie

Un article de LNC | Crée le 10.07.2007 à 21h00 | Mis à jour le 23.07.2016 à 18h05

Etienne Amtal et Jules Lautard vivent en Calédonie depuis une trentaine d'années. Tous deux sont membres fondateurs et piliers d'une amicale, celle des anciens de la Légion étrangère. Mais avant de se connaître, ils ont partagé un fait d'armes d'un autre temps. C'était en 1945 et la Seconde Guerre mondiale agitait aussi l'Indochine française. Etienne, né dans l'empire austro-hongrois à l'endroit où se trouve l'actuelle Slovaquie, stationnait là en tant que légionnaire. Jules, Eurasien, était lui aussi entré dans la Légion, malgré son jeune âge, pour échapper à l'armée impériale japonaise. Or, en mars 1945, c'est le « coup de force » : cette même armée attaque les garnisons françaises d'Indochine. La « colonne d'Alessandri », du nom de l'officier de commandement, fait retraite vers la Chine. Peu arriveront au bout de ces milliers de kilomètres de marche forcée. « Sur un régiment de 1 000 hommes, se rappelle par exemple Etienne, on est arrivés à 200. » Lui-même a vécu cet épisode avec une balle dans la poitrine. Il a reçu la Croix de guerre avec palme et la Médaille militaire. Jules, décoré de la Médaille militaire, faisait aussi partie de la fameuse colonne. Les deux hommes en sont revenus : samedi, l'amicale célébrait à Plum les 90 ans d'Etienne et les 80 ans de Jules.

Ces deux grands anciens sont décédés :

Le décès de   Mr LAUTARD Jules date du 11/03/2017 à 89 ans et le décès de l'ancien légionnaire Etienne ANTAL est survenu à Nouméa le 6 mars 2014.

Photo suivante vient d’une Illustration du Livre "Les Parias de la Gloire" de René Charbonneau et José Maigre, (Edition France Empire 1980) relatant l'odyssée de la colonne Alessandri.

Pourquoi cet article sur la colonne d’Alessandri ? : Parce que dans mon roman « Les Moustaches de Tigre » cet épisode tragique est évoqué. Mon aventure se déroule après l’attaque du 9 mars 1945 jusqu’au début de la guerre fin 1946, lorsque Hô Chi Minh déclara que désormais, ce sera la bataille du tigre contre l’éléphant. JP

Extrait d’un passage de mon roman qui évoque cette colonne : P44 (réunion d’amis colons chez Hubert Morin après le repas on parle politique)

Le petit groupe, à l’exception de Sao qui resta plantée debout en bout de table, se mit en route pour le salon. Les femmes − blanches − des convives, un peu gênées, saluèrent la Laotienne avant de rattraper leurs maris pressés de continuer à boire et bavarder. La soirée planteurs, sans rhum, car en Indochine les boissons préférées des Français étaient, en dehors de l’alcool de riz, les alcools bien français, se poursuivit avec le même sujet de conversation incontournable, la politique.

Depuis le 9 mars 1945, après la sanglante surprise du coup de force des Japonais, il s’était passé beaucoup de choses, mais rien n’indiquait que la France allait pouvoir reprendre la main sur sa colonie. Qu’ils soient colons depuis plusieurs générations, planteurs d’arachides ou de café, riches exploitants d’hévéas voire fonctionnaires, les Français blancs étaient de plus en plus inquiets. Si des soirées comme celle-ci permettaient de retrouver l’ambiance coloniale d’antan, au fond d’eux-mêmes, ils savaient que leur pain blanc avait été mangé. Le regroupement des forces françaises était entravé par des difficultés de toutes sortes, dues essentiellement aux Chinois qui essayaient en vain de désarmer les Français. Les palabres à la chinoise étaient longs…

« À Sze Mao Ting, le mois dernier, un an après le coup de force japonais, les blessés et les malades rescapés de la colonne d’Alessandri ont enfin été évacués sur Calcutta. Le 5e REI a perdu les trois quarts des siens au combat, dans la jungle. Les légionnaires n’étaient plus que quelques centaines » rappela Robert Simon avant de continuer, ému aux larmes.

— Cette retraite, en combattant, entrera dans la légende comme une marche à la mort, a dit le journaliste à la T.S.F.

— La reprise du contrôle de Saigon par les Français est acquise depuis septembre. Cent mille hommes du corps expéditionnaire seront présents dès cette année, précisa Aldric.

       Après cette revue de presse et le colportage des nouvelles d’autres planteurs amis, ils retrouvèrent un peu d’humour, l’alcool aidant, en cassant du sucre sur les coolies, les Annamites et les Laotiens. Hubert réaffirmait ce qu’il disait comme une vérité première.

— Un travailleur français vaut trois Annamites et un Annamite dix Laotiens, tous des bons à rien !

— Voilà qui est dit. Moi, je leur ai expliqué à mes nhà-quê. Après un siècle de coexistence, vous devriez savoir que nous sommes les clients de vos marchandises et les fournisseurs, nous sommes aussi vos employeurs. Ajouta péremptoirement Delaunay.

— Encore un verre et je crois que vais aller me coucher, dit Robert Simon.

— Nous aussi, dirent en cœur les frères Colin.

Ils ajoutèrent : « demain, nous devons embarquer notre buffle dépecé, si tu es toujours d’accord, Hubert. Nous avons dû abattre toutes nos bêtes à cause de la tuberculose du bétail. Suite à la mauvaise idée d’un vétérinaire métropolitain de croiser nos buffles avec une race de France ! C’est régime végétarien, chez nous depuis. Heureusement que nous sommes maraîchers. »

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Le styrax produit le benjoin

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Extrait d'un livre en anglais

Extrait d'un livre en anglais

Source de la photo ci-dessus

Le styrax originaire d'Indochine (Styrax tonkinensis), qui produit le benjoin du Siam ou du Laos de couleur jaune-brun.

Originaire du Laos, le Styrax tonkinensis pousse de manière spontanée dans les montagnes du Laos, de Thaïlande et du Nord du Vietnam. Ce grand arbre à l'allure de bouleau se nomme benjoin du Laos, benjoin de Siam ou encore aliboufier benjoin. C'est l'exsudation odorante –la gomme de benjoin - de cet arbre qui est récoltée. Cette résine est stimulée artificiellement en pratiquant des incisions sur le tronc d'un arbre mature, dès le mois de Septembre. Plusieurs incisions sont effectuées sur un même tronc et l'arbre peut produire pendant 2 à 3 ans. L'écorce est entaillée sous la forme d'un « V » ou d'un rectangle pour que la précieuse résine s'accumule entre la languette de l'écorce et le tronc. Le benjoin s'écoule le long du tronc sous forme de larmes blanches et cassantes quelques semaines seulement après le gemmage. La récolte, unique dans l'année, est pratiquée aux mois de janvier-février. Les larmes de benjoin sont ensuite nettoyées et triées par taille et couleur afin de leur donner différents grades (larme n°2, larme n°3 ou encore larme n°5) révélant leurs qualités olfactives

Vers le 14ème siècle, les gommes de benjoin étaient méticuleusement préparées pour l'exportation. Des forêts du Laos jusqu'à Bangkok où il transitait puis en Europe, les larmes de benjoin faisaient un long et torride périple qui pouvait altérer sa subtile odeur. Les moyens de locomotion n'étant pas les mêmes qu'aujourd'hui, les Laotiens avaient recourt à une technique ancestrale pour préserver leur odeur. Ainsi, la résine était répandue sur de grandes nattes où des rhizomes de gingembre remplis de moelle d'os de porc étaient ajoutés. Ces nattes étaient ensuite attachées et empaquetées.

L'absorption de la graisse par la gomme permettait d'en conserver et d'en affiner l'odeur. Ce long processus pouvait durer un an. Après absorption complète de la graisse, la gomme était prête à être exportée.

L’encens est souvent fabriqué sur une base de benjoin.

Fabrication de l'encens au Vietnam (2011) auteur ?

Extrait d’une étude sur le benjoin pendant la période Coloniale

Historique et généralités

Le benjoin est une résine odoriférante produite par certains arbres des forêts de l'archipel Malais (Java et Sumatra) et de la presqu'île indochinoise…

On distingue deux qualités de benjoin d'après les pays d'origine.

Aujourd'hui le commerce admet encore cette distinction

1°- Le benjoin de Sumatra, encore appelé benjoin de Padang, de Penang ou de Palembang, qui est assez peu consistant, de couleur rougeâtre et très faiblement parfumé ;

2°- Le benjoin de Siam, qui était entièrement produit par l'Indochine Française beaucoup plus estimé que le précédent. Il se présente sous l'aspect de « larmes » plus ou moins grosses qui prennent rapidement la teinte « vieil ivoire » recherchée par le commerce : il se concrétise parfaitement, sa cassure est cristalline et sa fine odeur de vanille est très agréable.

Les analyses chimiques suivantes montrent, d'ailleurs, que ces deux sortes de benjoin n'ont pas la même composition. Le benjoin d'Indochine ne renferme pas d'acide cinnamique. Il est plus riche en éthers et en vaniline et comme ces corps lui confèrent le goût et le parfum, qualités pour lesquelles le benjoin est recherché, sa valeur commerciale était sensiblement le double de celle du benjoin de Sumatra.

Description du Styrax tonkinense Pierre

Le Styrax tonkinense est un arbre de petite taille atteignant 20 mètres au plus qui pousse dans les sols granitiques, gréseux ou schisteux, mais jamais en sols calcaires. De croissance très rapide, il s'installe de préférence sur les coupes très claires de forêts ou sur les défrichements, pourvu que quelques arbres soient réservés comme porte-graines. La reproduction par ensemencement naturel se fait bien surtout sur l'emplacement d'anciens « rays » (partie de forêt que les indigènes coupent et incendient pour pouvoir pendant deux ou trois ans cultiver le riz de montagne). On observe parfois là de véritables semis en brosse.

Vers 8-10 ans, l'arbre est adulte, il atteint ses dimensions maxima vers 25 à 30 ans. Plus tard, il dépérit. Aussi, en forêt secondaire un peu vieille, on le trouve seulement par sujet isolé.

L'aire de dispersion du Styrax tonkinense est relativement étendue.

Au TONKIN, il est fréquent dans la moyenne région : provinces de Phu-Tho, Tuyên-Quang, Yên-Bay, Thai-Nguyên. Il descend à Vietri et Son-Tay jusqu'au niveau du Delta.

D'autre part, il remonte jusque dans les bassins supérieurs du Fleuve-Rouge et de la Rivière-Noire.

Il est appelé "Bô-Dé" et, d'après la couleur du bois, on en distingue deux vanétés :

Bô-Dê trang, à bois jaunâtre ;

Bô-Dê tia, à bois légèrement rosé.

En Annam, on ne trouve le Styrax tonkinense que dans la province de Thanh-Hoa. Ses noms vernaculaires varient avec les diverses races d'habitants. Les Muongs l'appellent "Dong-Tra" dans la région de Thanh-Thanh et "Trach-Lôc" dans la haute vallée du Song-Tra.

Les Thais l'appellent partout "Nhàn", mais ils distinguent trois variétés, d'après la disposition des branches…

Conclusion :

L'Indochine Française est donc un des premiers pays producteurs de benjoin. Si les quantités qu'elle exporte sont faibles par rapport à celles exportées de Java et Sumatra, il ne faut pas oublier que notre benjoin est de qualité supérieure, qu'il est recherché sur tous les marchés, et que notre Colonie d'Extrême-Orient a le monopole absolu de la production de cette précieuse résine qu'est le benjoin dit du Siam ou de Saïgon.

D'ailleurs, l'Indochine peut produire beaucoup plus qu'elle n'exporte actuellement. L'exportation augmente en effet dans de fortes proportions depuis 3 ans.

Et cependant ce sont les indigènes de race Thai seuls qui, en 1913 comme actuellement, exploitent le benjoin. Ils se contentent de recueillir la résine des arbres naturels qu'ils trouvent, sans jamais dégager les semis, sans jamais faire de plantation, comme les indigènes de Sumatra.

Mais les conditions vont changer. La grande facilité avec laquelle le Styrax tonkinense Pierre se régénère dans la région à benjoin où il est presque envahissant, sa rapide croissance qui le rend exploitable vers 6 ou 8 ans, la grande valeur du baume qu'il produit, prouvent que c'est par excellence un arbre à cultiver.

Il y a place dans le Haut-Laos en particulier, pour de vastes plantations établies méthodiquement.

Grâce à la régularité de leur production, elles atténueraient les variations de l'exploitation actuelle, en même temps que, par leurs méthodes rationnelles, elles feraient l'éducation de l'indigène, qui aurait tout à gagner à ce voisinage.

Enfin, pour assurer à l'entreprise un sûr équilibre et un rendement immédiat, il conviendrait de la doubler d'une exploitation de stick-lac ; occupant les basses altitudes celle-ci permettrait une occupation verticale du terrain à peu près continue, particulièrement opportune dans ces régions mouvementées.

L'Administration française, estimant jouer son rôle en préparant les voies à la colonisation a entrepris la mise en valeur d'une centaine d'hectares aux environs de Sam-Nua. Elle se propose d'y expérimenter des méthodes rationnelles d'exploitation de l'arbre à benjoin, d'en entreprendre l'étude systématique et la sélection.

Ainsi le planteur ne se trouvera pas isolé dans ces régions neuves et jouira immédiatement de l'assistance technique qui lui est indispensable.

Source : Inspection Générale de l'Agriculture, de l'élevage et des Forêts - Hanoï 1931 (Source ANAI, amicale nationale des anciens d’Indochine)

Pourquoi cet article sur le Stirax et le benjoin parce que Hubert Morin l’un de mes personnage de mon roman « Les Moustaches de Tigre » en cultive. J’ai découvert ce produit et cette culture pendant mes recherches sur l’Indochine. Je connaissais l’Hévea et Michelin mais pas le styrax. JP

Extrait d’un passage de mon roman qui évoque le styrax :

Cela faisait trois-cents jours que Momo n’avait plus donné signe de vie. Hubert prit sa jeep pour faire le tour de la propriété. La jeep était un surplus de l’armée américaine comme celles que les colons et l’armée française avaient rachetées en grande quantité aux Philippines depuis la fin du conflit en Europe. Il produisait surtout du café, mais aussi du tabac et du benjoin. Ses magnifiques styrax de quinze mètres de haut, aux troncs rougeâtres, étaient ses préférés. Il commença par leur rendre visite, comme à chaque fois qu’il faisait sa tournée. Lorsqu’il était seul, il enlaçait les troncs tellement il les chérissait. La plantation de styrax se dressait fièrement derrière un vallon qu’il avait défriché trente ans auparavant. Il était fier de ses grands arbres.

Il parcourut les premières allées d’arbres alignés au cordeau avant de s’arrêter à la hauteur de coolies qui incisaient les troncs. D’autres travailleurs, plus loin, récoltaient des lentilles de gommes de benjoin sur des arbres qui suintaient depuis quelques jours. À la manière leste et rapide dont il descendit de sa jeep, les coolies devinèrent qu’il n’était pas content. N’ayant de chef d’équipe sous la main, il fit appeler Rousseau. Quand il avait quelque chose à dire, il s’arrangeait toujours pour passer par un responsable. « C’est comme ça qu’on obtient le respect » disait-il. Kan pressait le pas pour venir le rejoindre, mais il se faisait vieux. Il traînait une jambe, blessée à l’époque de sa jeunesse. Le maître des lieux s’impatientait.

— Kan, qu’est-ce que c’est que cette façon de tailler l’écorce ?

— Mais patron, nous avons toujours fait comme ça.

— Tu vieillis, Kan, je vais te montrer. Dis au niaque[1] de s’écarter.

Tandis que Kan ordonnait en annamite au coolie de céder sa place au boss, Hubert avait déjà retroussé ses manches. Il se plaça dans la même position que l’ouvrier afin de continuer l’incision. Il le fit avec une délicatesse et une adresse que personne n’avait sur la plantation.

« Regardez, bande de bons à rien, comment il faut faire. Ce n’est pas étonnant que certains de mes arbres crèvent avec les blessures que vous leur infligez ». Les coolies vinrent à tour de rôle admirer le travail du patron en se penchant sur l’incision comme s’ils en voyaient une pour la première fois. Ils marmonnèrent des compliments d’admiration probablement feints. Ils savaient être fourbes dans de telles circonstances. L’égo d’Hubert Morin était flatté, à la grande satisfaction de Kan. « Vous êtes le meilleur », ajouta-t-il d’une voix de fausset.

Hubert Morin remonta dans sa jeep, satisfait. Il ne se serait pas permis d’en montrer aux saigneurs d’hévéas de Cochinchine, mais le styrax, c’était son dada. Il laissait le latex aux riches du Sud, la surface des exploitations de l’Annam était trop petite pour cette culture. Michelin le dégoûtait avec son argent et le soutien qu’il avait des politiques de la métropole.

 

[1]. Équivalent de nhà-quê : paysan (terme péjoratif).

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LES CONFINS DU MONDE au Festival de Cannes 2018 Indochine, 1945.

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LES CONFINS DU MONDE

Le film est présenté à la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2018

Indochine, 1945.

Robert Tassen, jeune militaire français, est le seul survivant d'un massacre dans lequel son frère a péri sous ses yeux. Aveuglé par sa vengeance, Robert s'engage dans une quête solitaire et secrète à la recherche des assassins. Mais sa rencontre avec Maï, une jeune Indochinoise, va bouleverser ses croyances.

Sur le même sujet un roman:

LES MOUSTACHES DE TIGRE

Une aventure indochinoise
Joël Paul
Portes océanes 
LITTÉRATURE DOCUMENTS, RÉCITS ASIE CambodgeChine Laos Vietnam 

Chez L'Harmattan et au prochain Silo 2018 à Nouméa

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, la situation en Indochine se dégrade très rapidement. Maurice Morin, jeune lieutenant et fils d'un riche colon, échappe au massacre et se réfugie au Laos. Isolé, il devient opiomane. Revenu sur le domaine familial grâce à son père qui veut le guérir, Maurice décide de repartir et de monter une affaire de transport avec Thanh, son frère de lait. Du Tonkin en Cochinchine, cette famille, victime de l'histoire, va se débattre dans les tourments de la décolonisation...

Les critiques de mon roman sont bonnes osez le commander ou chez votre libraire Calédo Livres à Nouméa

Les critiques de mon roman sont bonnes osez le commander ou chez votre libraire Calédo Livres à Nouméa

Cannes 2018 : « Les Confins du monde » ou la vengeance du soldat Tassen

Apre récit de la guerre d’Indochine, le film de Guillaume Nicloux, avec Gaspard Ulliel et Gérard Depardieu, montre la guerre comme une névrose sexuelle.

Extrait d’un article LE MONDE | 11.05.2018 à 17h28 • Mis à jour le 12.05.2018 à 08h01 | Par Mathieu Macheret

Quinzaine des réalisateurs

Guillaume Nicloux poursuit une œuvre protéiforme et toute en zigzags, où chaque film semble obstinément ne vouloir ressembler en rien à celui qui le précède. Si ce n’est par une inclination, depuis Valley of Love (2015), pour les dérives existentielles, les expéditions autant extérieures qu’intérieures de personnages itinérants. Les Confins du monde, son dernier film présenté à la Quinzaine des réalisateurs, ne déroge pas à la tendance, puisqu’il décrit, pendant la guerre d’Indochine, la longue marche à travers la jungle de Robert Tassen (Gaspard Ulliel), soldat de l’infanterie française, en même temps que son enlisement dans une obsession de plus en plus déliquescente.

Le film s’attache à la période trouble de 1945-1946, à la sortie de la seconde guerre mondiale, marquée par l’occupation momentanée du Tonkin par les forces japonaises et l’émergence de la résistance indépendantiste. Tassen est l’unique rescapé d’un massacre lié au « coup de force » du 9 mars 1945, riposte japonaise à la reprise en main du territoire par les Français.

Le premier intérêt du film est de se pencher sur un épisode de l’histoire coloniale assez peu visité par le cinéma français

Au début du film, le soldat se relève d’un épais charnier, où gisent à la fois son unité décimée ainsi que des parents. Recueilli et soigné par des villageois, il rejoint l’armée française, obnubilé par l’idée de se venger, notamment sur la personne de Vo Binh, un lieutenant d’Ho Chi Minh. Trois rencontres jalonnent sa quête : celles de l’écrivain Saintonge (Gérard Depardieu), du soldat Cavagna (Guillaume Gouix), qui rejoint son bataillon, et de la prostituée Maï (Lang-Khê Tran), dont il tombe amoureux.

Le premier intérêt du film est ainsi de se pencher sur un épisode de l’histoire coloniale finalement assez peu visité par le cinéma français, à l’exception de la mémorable 317e section (1965), de Pierre Schoendoerffer, référence explicite. Difficile de ne pas l’inscrire également dans tout un réseau d’influences contiguës, qui iraient des récits de Joseph Conrad à l’iconographie de la guerre du Vietnam dans le cinéma américain (Apocalypse Now au premier chef), en passant par les films de patrouille de Samuel Fuller (Les maraudeurs attaquent, 1962).

Enlisement d’un homme dans un territoire

Mais l’originalité du film est aussi d’échapper un peu à tout cela, comme à la problématique coloniale, pour se creuser une autre voie : celle de l’enlisement d’un homme dans un territoire et une idée fixe, qui ne sont peut-être jamais que les deux versants d’une même solitude.

La mise en scène de Nicloux frappe ici par sa sécheresse, mais surtout par son impudicité. Le corps y est exposé sans ménagement, qu’il s’agisse des cadavres mutilés par la guerre (têtes coupées, membres sectionnés) ou de la sensualité des soldats eux-mêmes, rendue âpre et brutale par les souffrances qu’ils endurent. Au motif de la vengeance, s’adosse bientôt celui de la sexualité maladive.

La guerre apparaît non seulement comme une névrose sexuelle, par la virilité convulsive qu’elle mobilise, mais surtout comme une permanente angoisse de la castration. Les amputations du Vietminh, la sangsue qui s’immisce dans le pénis d’un soldat, la morsure des serpents (symbole phallique explicite), ne racontent pas d’autre histoire. Celle d’hommes qui, progressivement désertés par la vie, regardent leurs sexes tomber.

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La seconde offensive japonaise : le coup de force du 9 mars 1945

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La seconde offensive japonaise : le coup de force du 9 mars 1945

La seconde attaque japonaise sur Lạng Sơn a lieu lors du coup de force du 9 mars 1945. Traqué de toutes parts par les Alliés dans l'ensemble du Pacifique, le Japon décide d'investir toute la péninsule indochinoise et, pour réaliser ce projet, d'anéantir les forces françaises. L'état-major japonais invite les autorités civiles et militaires de Lạng Sơn - comme partout ailleurs en Indochine - à un dîner à 18 heures. À la fin du repas, les convives sont faits prisonniers. Deux d'entre eux sont abattus : le lieutenant-colonel Amiguet et le chef de bataillon Leroy. Entre-temps, dix mille soldats japonais montent à l'assaut de la citadelle et du fort Brière-de-l'Isle. La résistance se poursuit toute la nuit. Parce qu'ils refusent de se rendre, le général Lemonnier et le résident Auphelle sont décapités. Le colonel Robert subit le même sort deux jours plus tard. À l'issue des combats, les civils et les survivants de deux sections du 19e RMIC (Régiment Mixte d'Infanterie Coloniale, créé en mai 1933) sont sauvagement massacrés (escrime à la baïonnette sur les vivants).

À la citadelle de Lạng Sơn, la résistance « jusqu’à la dernière cartouche » a duré une vingtaine d’heures et a coûté, du côté français, 120 tués et 140 blessés graves hospitalisés et de nombreux autres blessés. Les 11, 12 et 13 mars, 460 rescapés et blessés — qui peuvent tenir debout — sont amenés au bord d’une tranchée ou au bord de la rivière Ky Cong et décapités au sabre ou à la hache, mitraillés, embrochés à la baïonnette et achevés à coups de pioche. Au total, entre le 9 et le 13 mars 1945, 1 128 soldats français et indochinois sont morts dans l’affaire de Lạng Sơn. Il existe de nombreux témoignages, dont celui d'un tirailleur tonkinois présenté à la télévision française des années 1950 dans l'émission Les Morts-vivants et un article du Figaro de Pierre Darcourt des 8 et 9 mars 1980 (pour le 35e anniversaire), intitulé "Les héros oubliés d'Indochine". Citant deux officiers d'artillerie coloniale remarquables à Hué (le capitaine Marcel Bernard et le lieutenant Hamel). À Hanoï les marsouins (avec à leur tête le capitaine Omessa) et la garnison (commandée par le capitaine Regnier), la compagnie d'alerte à Balny (commandée par le lieutenant Roudier), la garnison à Dong-Dang (sous les ordres du commandant Soulié puis du capitaine Anosse) ainsi que le poste de Hà Giang (avec le capitaine Bertard), à Moncay (avec le colonel Lecoq) et à Quang Yen (avec le capitaine Mallet).

C’est à partir de cet épisode tragique que j’imagine que mon personnage Maurice Morin, Jeune officier et fils de colons en Indochine échappe au carnage et se réfugie au Laos. Mon roman d’aventure commence dans ce contexte historique. Mon livre Les Moustaches de Tigre est disponible à Nouméa ou sur le net chez L’Harmattan. La diffusion papier est erratique mais tous mes retours sont bons. Avant qu’il ne tombe dans l’oubli. Essayez de vous le procurer. Pour le plaisir du partage, je ne touche pas de droit d’auteur. Merci Joël PAUL voir aussi une recension de Belgique ! À propos de mon roman.

Couverture de mon roman

Couverture de mon roman

Publié dans Ouvrage de Joël PAUL

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Séance de dédicace des Moustaches de Tigres à Calédo Livres

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Les photos sont de Didier (ci-dessous en mode retardateur)

Les photos sont de Didier (ci-dessous en mode retardateur)

Femmes et enfants présents pour me soutenir
Femmes et enfants présents pour me soutenir
Femmes et enfants présents pour me soutenir

Femmes et enfants présents pour me soutenir

Avec un temps gris et pluvieux à l’extérieur et un féroce tigre à l’intérieur de la librairie, le succès de ma dédicace n’était pas assuré, mais c’était sans compter sur la gentillesse de mes amis qui sont venus. Je les remercie tous du fond de mon cœur. Malheureusement j’en ai raté quelques uns, venus avant les 10 heures programmés, mais ils sont repartis avec un exemplaire que je leur dédicacerai à l’occasion. Faire la promotion et vendre un livre en pleine vacances scolaires, ce n’est pas évident, mais j’ai gagné mon pari. Je tenais absolument à remercier Cathie Manné qui diffuse cet ouvrage. Merci à tous et bonne lecture.

PS : J’avais emmené avec moi deux de mes petits-enfants qui ont mis de la gaieté et de l’animation dans la librairie. Voir leur présentation de livres en fin d’articles.

En dédicace et en conversation
En dédicace et en conversation
En dédicace et en conversation
En dédicace et en conversation
En dédicace et en conversation
En dédicace et en conversation

En dédicace et en conversation

Promotion littérature par de jeunes manequins
Promotion littérature par de jeunes manequins
Promotion littérature par de jeunes manequins
Promotion littérature par de jeunes manequins
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Promotion littérature par de jeunes manequins
Promotion littérature par de jeunes manequins

Promotion littérature par de jeunes manequins

Publié dans Ouvrage de Joël PAUL

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Samedi de 10h00 à 12h00 dédicaces des Moustaches de Tigre à Calédo Livres

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L'entrée de la librairie Calédo Livres avec mon livre bien en évidence. photo JP

L'entrée de la librairie Calédo Livres avec mon livre bien en évidence. photo JP

D’abord un roman qui nous entraîne en Indochine vers la fin de la première guerre mondiale et conte les aventures d’un jeune héros courageux. Il nous emmène au cœur d’une jungle où foisonnent animaux sauvages et flore fantastique, mais aussi combats impitoyables… et ensuite, un ouvrage collectif beaucoup plus « sérieux », consacré à la sophrologie. Cette fois nous faisons le grand écart, mais n’est-ce pas aussi ce qui rend le monde des livres si passionnant ? Les deux sont de très bons choix de chez l’éditeur L’Harmattan.

Les Moustaches de Tigre

Ce joli roman nous raconte une aventure indochinoise. Il se déroule en effet à la fin de la seconde guerre mondiale en Indochine, où la situation se dégrade tandis que les troupes japonaises attaquent avec une sauvagerie sans limite. Le jeune héros échappe au massacre et parvient à se réfugier au Laos, où il atterrit dans… Non, je ne vous dirai rien, ce sera à vous de le découvrir… Sachez malgré tout qu’une expédition sera mise sur pied par le père du jeune homme, pour tenter de le ramener au pays et de le sauver.  Mais notre héros ne l’entend pas de cette oreille et il décide de repartir au Laos… Rempli de rebondissements, ce livre nous emmène dans de somptueux paysages, au cœur d’une jungle qui regorge d’une riche faune, d’animaux sauvages et où la vie n’est pas vraiment facile. De nombreuses choses s’entremêlent au cœur de l’intrigue : nature, faune et flore, aventures palpitantes et faits historiques romancés… Vous serez rapidement passionné et l’envie d’arriver au bout le plus rapidement possible vous poussera à lire un peu plus vite que d’habitude. Commencer ce roman, c’est à coup sûr aller jusqu’au bout et ce quoiqu’il se passe autour de vous.

by SERGE FIGE on 11 NOVEMBRE 2017

Pour commander mon roman chez L'harmattan suivre ce lien

Flyer Calédo Livres

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Je lâche le fauve sur ceux qui ne viendront pas. Joël

Je lâche le fauve sur ceux qui ne viendront pas. Joël

Publié dans Ouvrage de Joël PAUL

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