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poesie

Mots pour Maux : Catherine C. Laurent Auteure calédonienne confinée à Paris

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Trop tard

Il y a tant de choses compliquées tant de choses complexes
 

Mais il y a aussi des choses très simples

Leur prix est sans valeur tellement elles sont simples

Elles semblent ne rien valoir l'air de rien

Elles sont si précieuses cependant

Quand on ne les a jamais connues
Quand on les perd
On est si pauvre

Il ne faut pas être aveugle à ce qui semble sans prix

Les tsunamis ne sont pas loin  
Emergeant

Ensuite est une autre vie
Ensuite est trop tard

 

Catherine C. Laurent

Suivre ce lien pour retrouver Catherine C. Laurent à la Maison de Nouvelle-Calédonie

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Mots pour Maux : Déwé Gorodé, une légende vivante, une poétesse, une femme de conviction, respect !

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

A L’ORÉE DU SABLE

 

Une salade du lagon

un verre de muscat

un rôti à l’ananas

un passage de mouettes

une dégaine marginale

se dorant au soleil

en début d’après-midi

frais comme de saison

de confidence Amicale

à la mesure du temps

en transparence turquoise

de lagon ensoleillé

à l’orée du sable

une image de gamin

fond en ma mémoire

et se confond en douceur

à celle du mien disparu

 

La mémoire est là

au début du sable

du temps

 

                     VIE INFINIE

 

Un ion est une poussière

de vie dans l’univers

une cellule est une victoire

vivante sur le froid de la mort

un millième de seconde

est une vie entière

dérobée à l’éternité

 

 

Infini                                 Une prière

accessible                        à l’aube

en fraction                      pour la grâce

de seconde                     d’un bout

du temps réel                d’éternité

 

    Instant

    de paix

    de l’âme

    en harmonie

 

frayant

en cosmogonie

de l’infini

 

HUMILITÉ

 

Dans le frais de l’aube

dans le bruit du vent

luit *Kaatâdaa

l’étoile du matin

en étincelles marines

lucioles argentées

sur la houle agitée

à l’idée du jour

en désir du soleil

 

 

Humble prière                                La paix de l’aube

sur le sable du temps                  est un rêve d’harmonie

qui nous emporte                         entre la nuit

vers les nôtres                                et le jour

vivant avec nous                           pour l’âme endormie

ou déjà partis                                 qui s’éveille

dans le cycle de la vie                 en quête de la vie

 

 

L’univers

l’infini

obligent à

l’humilité

* Mot en langue  paicî

Biographie longue car Déwé est une femme au destin exceptionnel :

Déwé Gorodé naît le 1er juin 1949, à Ponérihouen, sur la côte Est de la Grande Terre calédonienne, dans la tribu de Pwârâïriwâ, située à l'embouchure de la rivière qui donne au village son nom.

 

Études primaires dans la région de Houaïlou, baccalauréat de philosophie au lycée Lapérouse à Nouméa, licence de lettres modernes à l'Université Paul-Valéry de Montpellier : son parcours scolaire est brillant. En 1974, à son retour au pays, il la conduit à enseigner le français dans un collège catholique de la banlieue de Nouméa. Déjà, elle a dans ses cartons des poèmes dont l'écriture a commencé dès 1970, mais qui ne seront publiés que quinze ans plus tard.

 

En 1992, Déwé Gorodé participe à une mission de femmes au Mali. De 1994 à 1995, elle travaille pour l'Agence de développement de la culture kanak lors de la saison de préfiguration du Centre culturel Tjibaou. De 1996 à 1997, elle enseigne de nouveau le paicî à Houaïlou et Poindimié. De 1999 à 2001, elle dispense des cours d'histoire de la littérature du Pacifique et de littérature mélanésienne contemporaine à l'Université de Nouméa.

Dans le même temps, elle publie deux recueils de nouvelles et un recueil d'aphorismes.

 

Déwé Gorodé a assumé de 2001 à 2009 les fonctions de vice-présidente du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, en charge dans un premier temps de la culture et des sports, puis à partir de juin 2004 de la culture, de la condition féminine et de la citoyenneté. Depuis le scrutin de mai 2009, elle a quitté la vice-présidence mais demeure membre du gouvernement calédonien et a conservé le même portefeuille que dans la précédente mandature. Elle est, au 6 juillet 2019, la personne à avoir participé le plus longtemps aux Gouvernements néo-calédoniens, puisqu'elle en a été membre sans discontinuer de la création de cette institution en 1999 jusqu'en 2019.

Photo Déwé Gorodey à Sète en 2016 wikipédia

                                                  

Publié dans Poésie, Culture Kanak

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Mots Pour maux : Anne-Marie Jorge PRALONG-VALOUR Institutrice, Professeur de Lettres, de Français Langue étrangère, de Français Langue Seconde

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Quelques écrits inspirés par notre période de confinement

 

1-  Mars 2020

Si difficile à présent

Ne jamais m’arrêter

Des rencontres

Des gens

Des lumières des villes

Les paysages défilent

Un tourbillon une spirale

Des rires bruyants

Innocents

Trop jeunes

Indécents

 

Maîtriser le cauchemar

Le charmer

Mais elle est là

Brûlante

Tapie

Dans ma gorge

Je tousse elle est là

Je crie elle ne s’échappe pas

Ne couvre pas ma voix

Perle enrobée

À l’orient nacré

Pour l’avaler

Sans avoir mal

 

Elle me déchire le ventre

De ses aspérités

Elle

Vivante

Elle

Présente

Me tue

 

2-  29 mars 2020

L’eau brouille les couleurs

Mes cils la retiennent

Ce n’est pas la mer

Ni le ruisseau ni la rivière

C’est la révolte la fronde

Le marbre veiné d’ombres

L’obsidienne

La femme à l’arête du monde

 

Le ciel est gris acier

Le fond bleuté

 

3-  30 mars 2020

Sortie de la ville

 

Ne plus courir

Avouer la terre trop étroite

L’espace fragile

Le cœur battant de pierres froides

Qui cloîtrent la lumière

 

Se glisser dans l’enfance

Un éclat de rire court

Aller plus loin

Lentement

Respirer

Même avec un temps de retard

Toucher l’infini des parcours

Chanter les murmures les cris

Que l’oubli s’infiltre dans la mémoire

 

4-  31 mars 2020

Les lignes du papier jauni ondulent aux néons

Comme chevelure dans les tresses des vagues

La lumière en verdure vert sang

Craquèle les plinthes jusqu’à plus soif

 

Court instant de liberté

Dans le mur à enfoncer les doigts

Pénétrer ses fibres jusqu’au sol

Et disparaître dans les combles

 

Seuls des copeaux de bois

Tatouent un lino rouge

Autant de bouteilles à la mer

 

5-  4 avril 2020

 Je descendais masquée, gantée, hydro-alcoolisée sur la Baie.

Ce jour-là, le calme était prodigieux, même le vent soufflait en se taisant.

À la fois le calme d’avant et d’après la tempête.

Une silhouette blanche de jeune femme courait après une laisse qui devait certainement contraindre un gros chien ; certainement, oui !

Des sourires d’or brillaient dans le soleil, mais à distance de plus d’un mètre ; ils engendraient des regards furtifs, des airs fugitifs, ne plus se parler, ne plus se connaître, regarder ailleurs, mais on ne peut effacer le plissé des lèvres, l’envie aux commissures d’échanger, même si les paroles restent dans la gorge.

Les pavés de la baie haletaient, la terre transpirait, il y avait même des oiseaux qui se cherchaient dans les banians, le sable crachait l’humidité, la mer était étale.

Les panneaux encore très neufs étaient ceux des interdits.

 

6-  8 avril 2020

La fin de l’été est grise à 10 heures, matinée chagrine

Discret le crachin se répand dans la baie

Et s’assoit délicatement

Sur les plantes, les chaises empilées, les stores défraîchis

Comme s’il lui fallait endormir le tout.

 

Les pancartes de doléances ont disparu

Seuls deux mots dégoulinent de noir

Mascaras en pleurs sur peau d’ado vieillie

Bulbuls et colibris se disputent les branches

Le Sud-Est çà et là mouchette la mer

Comme s’il renonçait à la brasser entière.

 

Je croise un foulard qui protège un visage

 

Deux plumes noires et blanches dans l’herbe jaunie

Je pense à toi

 

Le chien de la plage va prendre seul son bain

Je le siffle il ne me voit pas

Jamais il ne me voit

Et c’est tant mieux comme ça

Deux clochards se tiennent par le bras

 

Nul besoin de maître quand on porte un collier

 

Anne-Marie Jorge PRALONG-VALOUR est formatrice primaire, 1er et 2nd degrés

Bibliographie : trois recueils de poésies :

Tant qu’il y aura une aube Z4 Éditions ; Margeride Z4 Éditions ; Aube Pacifique Éditions Écrire en Océanie (à paraître)

Publié dans Poésie

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Mots pour Maux : Luc Camoui poète du nord de la Grande-Terre en Nouvelle-Calédonie

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

« Un Homme a réussi s’il se lève le matin, se couche le soir et entre les deux a fait ce qu’il voulait faire. » (Bob Dylan)

Libre Confiné

Corps et chair confinés

Confus et atrophié

Faits et gestes maîtrisés

Serein ou dévoué

Esprit et imaginaire libérés

Evasif ou enjoué

Pas et mouvements comptés

Pensif ou éveillé

Besoins et moyens refoulés

Passif ou engagé

Mots pour maux approprié(e)s

Abusé ou rétamé

Paroles et verbe intériorisés

Alléché ou effaré

Sieste et repos exacerbés

Régime et diète enviés…

Au feu nos sacrés

Sacerdoce et vœux exaucés

Gageons avec Grâce

Providence et abondance

Pour déconfinement à rebours.

Vacuité ou dignité

Liberté est le propre de l’Homme !

Luc Enoka CAMOUI – (Hyabé Pweevo le 8/04/20)

 

Il nous offre aussi quelques citations populaires à méditer pour positiver l’avenir au présent :

« Ne consacrer sa vie qu’à faire de l’argent, c’est afficher un grand manque d’ambition. Cela exige très peu de nous. Car ce n’est que lorsqu’on s’attaque à une tâche qui nous dépasse que l’on réalise son véritable potentiel. »  (Barack Obama)

 

« Le bonheur n’est pas une chose toute faite. Il découle de nos actions. » (Le Dalaï Lama)

 

« On devient ce qu’on croit. » (Oprah Winter)

 

« La seule façon de faire du bon travail, c’est d’aimer ce que vous faites. » (Steve Jobs)

 

« Les gens oublieront ce que vous avez dit, ce que vous avez fait. Mais jamais ce que vous leur avez fait ressentir. » (Maya Angelou)

 

« Le plus difficile, c’est de décider d’agir, le reste ne tient qu’à la persévérance. »

(Amélia  Earhat)

 

Luc Camoui, écrivain de la cité

Instituteur et poète, Luc Camoui est l'une des figures de la poésie kanak. Son premier recueil, Phaanemi (Le ressouvenir), écrit avec son ami de toujours Georges Wayewol, est paru en 2006. Aujourd'hui les deux écrivains parcourent le globe et diffusent la culture kanak aux quatre coins du monde. (chapeau d’un article ancien des Nouvelle-Calédonienne)

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Mots pour Maux : Nicolas Kurtovitch, un poème inédit pour cette période de pandémie

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Quitter la brume

 

Quitter la brume

brume poussière et débris par un tunnel

jusqu’aux arbres rabougris mais plein de soleil

 

l’eau plate avance

à petits coups jusqu’à heurter en silence

la maison qui n’est plus habitée sinon d’herbes sauvages

 

dormir pourquoi n’est-ce pas possible

si seulement la pluie s’arrêtait

et le froid et la faim et la peur

 

suivre la berge

me dit-on jusque là-bas la porte bleue

mais la boue sur la berge me retient

 

ils se connaissent

se saluent au café petit matin froid intense

puis se séparent leurs pensées déjà bien loin

 

je regarde par la fenêtre

depuis là où assis sur la chaise  je lisais

je vois le temps avancer au rythme des petits chiens tenus en laisse

 

la friche

par au-delà les rivages les gris les sales les encombrés

en arrière des cages pour humains bariolées laides mal fabriquées

 

si économiques

tant lucratives lapins partis

disparus exterminés morts de désespoir

 

un gamin hurle

un autre plus âgé peut-être sorti de l’asile étend son bras rigolard

arrête le passant pour un rien il ne sent pas la pluie sur son visage

 

est-ce la pluie que j’entends

de la clarté de la lune demeure le souffle du vent

autrefois il me portait jusque la maison

 

ce reflet après la pluie

sur les branches embrumées est-ce ton sourire

le nez à la fenêtre j'admire le vent et les grosses feuilles qu'il bouscule

 

j’ai cru voir une barque

peut-être une barque grise peinture ou usage

la pierre est floue passée au papier de verre

 

des images

des photos peut-être se présentent en désordre

elles montrent une ville ou rien un immeuble ou un arbre

 

la mer le port

elles sont extraites d’un album ancien oui ancien

où reposent également des visages amis

 

la rouille

gagne partout elle s’affiche rouge noire entre deux trous

ce détritus ôter ce sourire du pouce faire de la poussière

 

il se chargera

lui le vent de disperser tout ça

moi par les pierres je remonterai le torrent

 

par un matin

d’avril dès le soleil apparu on les vit se presser

vers les quais pas dix par vingt empressés

 

avec le soir il est encore possible d’imaginer

le lendemain tandis qu’à la nuit seul demeure sensible l’incertitude

de ce qui va advenir par la fenêtre on peut observer une lune

 

c’est la nuit oui

la nuit rien d’autre un autre peut-être est-il à ses côtés

il dit c’est seulement le soir le soir et rien d’autre c’est là toute la différence

 

échoué sur le rêve

non là sur la grève toute grise

un paquet d’algues toutes en longueur et luisantes

 

quelques phrases

pour dire que la nuit s’invite qu’il est temps

de fermer boutique il faut penser à la route à faire

 

par-dessus d’immenses amas blancs

nuages transparents toutes formes flottantes

oui par-dessus lesquelles s’évadent les animaux

 

C’est ainsi que s’achèvent

les jours à la mer bientôt ils seront souvenirs

dépose le texte regarde comme tout devient page blanche

 

la brume ne laisse voir

qu’une ombre de rocher la distance réduite à une seule main

si petite qu’elle n’englobe que l’inconnu

 

                                                     Nicolas Kurtovitch

                             En ce mois si particulier, de mars 2020

 

Nicolas Kurtovitch naît à Nouméa le 20 décembre 1955. Sa famille maternelle est installée en Nouvelle-Calédonie depuis 1843. Elle compte parmi les siens l'un des premiers français ayant posé le pied sur ce qui n'était encore, aux yeux de l'Occident, qu'une « terra incognita » : Jean Taragnat.

Publié dans Poésie

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Mots pour Maux : Sandrine Teyssonneyre nous offre une poésie parfumée

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

[Agrumes]

Jardin des Hespérides

Limón – limon de la terre

Eclaboussure d’or jaune des seins des diosas

Diosas qui allaitent le nouveau-né au pomelo

Pampelune de miel juteux

Naranjas, mandarinas

Eclats de joie brûlants

Bain de lumière andalouse

Verdure dorée des allées ombragées du Sud alangui

Réveil agrumé qui se nomme Séville à l’Aube

Mordre l’écorce, âpre, amère, forte

Palais blancs qui ruissellent de luz

Luz limon-ade

Sol vert

Sol-eil

Nard de citrus qui fait l’amour avec la mer

Jaune au ciel qui fend les eaux

De fuego

Feu des Hespérides

 

[Fleur d’oranger]

Néroli des jardins près des médinas

Néroli de Vallauris

Orange, amer et pâle

Orange vierge

Orange sans sang

Odeur de lait

Odeur de sein-teté

Odeur à épicer

Odeur à poivrer

Néroli aux baies roses pour sortir des sentiers de la vierge

De la fleur d’oranger à faire des gâteaux pour bébés

Néroli à jasminer

Néroli sur les chemins de Damas la rose

Néroli et Bulgarie pour mettre le feu aux poudres

De la petite fleur blanche-enfant sage

Comme une image d’Épinal

Néroli à mettre au parfum

De coco

Pour lui apprendre à se déshabiller

Et à dévoiler ses seins

Nus

Sur le sable jaune qui fume

Comme une adoration au Soleil

Néroli à pimenter

Pour que l’Orientale sorte du harem

Comme une Tahitienne …

 

A noter : Sandrine Teyssonneyre a été la lauréate de la dictée du Pacifique 2020 avec le meilleur score, presqu’un sans faute. C'est une surdouée (je l'avais oublié dans ma programmation pourtant elle avait répondu dès les premières solicitations pour Mots Pour Maux)

 

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Mots pour Maux : Patricia Artigue poétesse calédonienne nous offre deux poèmes

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

ELLE

 

Un soleil sans vigueur étirait l’horizon terne troué de pâles collines.

Elle n’avait gardé de la tristesse du torrent que l’éclat froid qui lui mordait la jambe et la douceur des galets, caresse moite à fleur d’âme.

Les écorchures de ses pieds dessinaient sur la grève d’anonymes esquisses,

Son souffle rauque effrayait les oiseaux,

Et c’est moi, petit homme, qui puisait à ce chant désespéré la force d’encore respirer.

Cette herbe folle cachait en elle la ténacité des chênes ancestraux.

Elle avait la grâce frêle d’un elfe fatigué mais la robe percée d’une gitane.

Elle avait la beauté des madones mais le regard crucifié de Marie sur Jésus.

Elle était la femme et j’étais l’enfant.

Elle était ma vie, j’étais sa promesse.

 

 

RENCONTRE

Homme, quand tu erres dans ces pays sans nombre

Où ton moi éperdu affleure le non – dit,

Quand tout le reste est vain, quand tout le reste est sombre,

Alors de ton chaos émerge une autre vie.

 

Quand tombe bas l’écorce de ta vieille peau

Et que léger tu oses murmurer aux oiseaux

La complainte du vent qui chante à ton oreille.

Quand de tes lèvres closes tu berces les abeilles,

 

Alors…je peux venir.

 

Là, où tout est si beau, là, où tout est serein,

Là, où les choses se nouent, là, où tout devient.

Dans ton pays d’ombres et de purs silences,

A l’à-pic de l’âme, au creux de l’absence,

 

Attends-moi, je viens…

 

Son dernier ouvrage : Bozù, Patricia Artigue, Éditions Écrire en Océanie, 2017. Elle a publié de la poésie dans l’ouvrage collectif ECLAIRE NOS PAS, QUINZE ANS DE POÉSIE chez l’éditeur Herbier de Feu

Nouvelle-Calédonie, 1995-2010

Une anthologie de 26 poètes dont Patricia Artigue, Anne Bihan, Luc Camoui, Pierre Gope, Déwé Gorodé, Nicolas Kurtovitch, Catherine C. Laurent, Denis Pourawa, Paul wamo, Waixen Wayewol…

Cette bibliographie n'est qu'un extrait de ses publications.

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Mots pour Maux : Huguette Montagne poétesse, conteuse amoureuse des mots

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Monsieur le président de la République,

 

C'est à vous que je m'adresse parce que ma grand-mère disait toujours qu'il valait mieux s'adresser à Dieu qu'à ses saints. Je ne veux pas discuter avec le chef de la fanfare municipale, le maire, le préfet, le patron de la sûreté, du GIGN ou d'autres sous fifres. Quand un corps est gangrené par la septicémie on ne le guérit pas en allant chercher le rebouteux... Et on ne pose pas un Velcro sur un fourreau de Dior qui vient de craquer... J'espère que vous me comprenez, en tout cas moi je me comprends.

 

Voilà ce qui se passe : nous autres, simples petits écrivaillons du quartier Célières de Nouméa (une ville peu connue de la Présidence, il me semble, mais qui gagnerait à l'être davantage, enfin c'est mon avis et je le partage) sommes pris en otage par le P.I.E.D (Pour l’interdiction de l’écriture dirigée) . Entendez-moi bien, on ne nous a pas pris par les pieds, c'est le pied qui nous a pris. C'est clair ? Pour moi oui, je me comprends.

 

Le PIED nous a pris par surprise un lundi. Ce n'est pas que le jour soit important, mais cela mérite d'être signalé car c'est celui où on travaille. Un mardi, par exemple, ils auraient fait le pied de grue devant une porte close...Ne croyez pas que nous ayons pris notre pied dans cette affaire ! Non, puisque c'est le pied qui a fait la prise, vous me suivez ? Moi, je me comprends.

 

Bref, ces terroristes, je n'hésite pas à employer le mot, et pourtant j'ai bien conscience de son impact négatif sur un chef d'état à notre époque, ces terroristes donc... Bon, voilà qu'ils se fâchent ! Mais bon dieu, quel mot voulez-vous que j'emploie pour vous désigner ? Libérateurs ? Vous y allez un peu fort, tout de même !

 

Permettez, Monsieur le Président, que je règle notre petite querelle de vocabulaire avant de continuer...Vous nous prenez en otage et vous souhaitez que je vous nomme libérateurs ? Désolée, ce mot est inapproprié et je sais de quoi je parle, tout de même ! Émancipateurs ? Ce n'est pas un peu prétentieux ? Vous ne vous mouchez pas du pied si j'ose dire...Défenseurs des libertés ? En nous en privant, vous trouvez ça logique ? Pourquoi pas bienfaiteurs de l'humanité, tant que vous y êtes ? Sauveurs ? Rédempteurs même ? Vous me faites rigoler, tiens ! Pas vous ? Bon, après tout c'est vous qui tenez le pistolet, on va trouver un terrain d'entente linguistique : groupuscule armé, ça vous va ? Comment non ? Ah si ! Deux personnes ce n'est qu'un groupuscule, désolée de vous contredire encore, et c'est bien un pistolet que vous avez là, non ?

 

Comment ça non ? Il n'est pas chargé ? Mais bougres d'imbéciles vous ne pouviez pas le dire plus tôt ? On est huit, vous n'êtes que deux, vous croyez que j'aurais ameuté la présidence de la république sans ce foutu pistolet ? Votre opération, vous l'avez faite au pied levé, non ? Allez, qu'on attache bien fermement ces individus aux pieds de la table, ça leur fera les pieds, hé, hé !

 

Monsieur le Président, veuillez accepter nos excuses pour le dérangement. C'est ces gars qui étaient dérangés : vouloir faire interdire l'écriture dirigée ! Ce n'est pas à vous qui dirigez précisément notre grand pays la France que je vais apprendre les bienfaits de la contrainte ? Ici à l'atelier d'écriture nous nous épanouissons dans la contrainte. Et vos sujets devraient vous remercier d'être dirigés d'une main ferme par un homme aussi contraignant que vous.

 

Vous me trouvez trop courtisane ? Vous avez raison.

 

Huguette Montagne écrit des nouvelles et même du théâtre. Avec son sketch Tendresse écrit pour le théâtre Dis moi à quoi tu penses, je te dirais comment tu me hais… interprétée par la comédienne : Marithé Siwéné dans le cadre Le cabaret des fous à lier, la voix aux paroles d’ici, paroles grinçantes et décalées en 2014. Elle lit des contes et des texte sur son compte Face Book pour apporter sa bonne humeur dans les foyers confinés. (voir le lien ci-joint)

https://www.facebook.com/huguette.montagne.1/videos/1427717507416037/

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Mots pour Maux : Michèle, derrière ce pseudonyme se cache une poétesse, c’est cela même qui le rend plus beau

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Sappho poétesse grecque de l'Antiquité

 

La nuit est noire, ce soir. Vide d'étoiles. Emplie de silence. Les lampadaires brillent d'une lueur pâle et étalée, tâches de lumière. Traces éphémères sur la toile urbaine.

 

 Silence assourdissant des rues désertes, de personnes sages ou apeurées. Qui lisent, font l'amour, dansent, se font du mal dans un espace confiné. J'ai envie et j'ai peur des mots. Des sons qui disparaissent comme si la vie respirait sereinement, que le danger s'éloignait.

 

 Quand nous recouvrirons le chemin du bruit, des pas, de la consommation, de la pollution. Qui serons-nous devenus ? Plus sages, plus aimants, moins pressés, plus attentifs à ceux qui travaillent chaque jour pour notre bien et qui étaient devenus invisibles ?

 

 Cette retraite forcée, cette vision de nous, seuls. Face à la solitude, face à nos proches trop proches. Occupés à remplir l'immobilisme, à remplir nos placards, à faire des réserves de denrées essentielles en quantités inutiles.

 

 Les œuvres dans les musées se reposent, les parcs publics se ressourcent. Les ouvrages de la rentrée littéraire 2020 sont en écriture et auront un parfum particulier. La beauté n'est plus à notre disposition mais elle transpire partout dans les esprits. Elle reprend sa juste place. Éternelle.

 

 Et la nature nous regarde. Elle se demande pourquoi nous avons déserté le terrain. Pourquoi nous sommes dans nos terriers. Figés. Que font-elles ? Ont-elles compris la leçon ? Pauvres créatures, terrifiées par l'invisible.

 

 

 La nuit est noire. Et le silence nous embrasse. Enfin le temps a ralenti.

 

Michèle

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Mots pour Maux : Imasango, une poétesse au grand cœur nous offre une poignée de riz

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Pour une poignée de riz

 

À mes voisins Indonésiens, humbles et discrets, en les remerciant d’avoir suscité ma

curiosité de découvrir leurs ancêtres et leur terre d’origine.

 

Je n’ai pas découvert

l’arbre de mes ancêtres

c’est lui

qui s’est révélé à mes os

 

Nous avons mêlé nos souffles

et flux de vie

dans le mythe et l’histoire

façonnant mon visage

 

Mes entrailles métisses

nées sur l’île

ancrage de migrations diverses

où cultes primitifs

ronde bosse et terrasses irriguées

sont empreintes

rappelant mes aïeux

 

Ma tête creuse est fertile

tronc couché

au-dessus de dépressions infranchissables

aqueduc portant le flot

lignée en marche

vers son destin au-delà des mers

 

Amarrant les racines à leur source

les mains javanaises de l’arrière grand-mère

épouse d’un Balinais

puisant soif de vivre dans les rizières

abandonnées à l’époque coloniale

quand manqua sur la table

une poignée de riz

à remettre aux enfants criant famine…

 

Téléchargez la suite de ce beau poème en suivant ce lien

 

Née en 1964 en Nouvelle-Calédonie, Imasango passe son enfance entre Nouméa et la brousse où elle retrouve les racines de son métissage, avant d’effectuer des études de lettres en Europe et en Amérique du Sud. Passionnée de musique, de danse et de calligraphie, fascinée par les caractéristiques plastiques de la typographie, elle a longtemps préféré « exposer » ses poèmes plutôt que de les publier…

Retrouvez la sur son compte FaceBook où elle déclame de la poésie pour soutenir ceux qui souffrent.

 

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