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Les Américains en Nouvelle-Calédonie (en souvenir du 19 septembre)

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

 

23 mars 2012 avec mon épouse Hagen 1942

Photo : avec mon épouse mars 2012 château HAGEN expo 1942

Le 19 septembre, date anniversaire du ralliement de la Nouvelle-Calédonie à la France libre, le musée de la Seconde Guerre mondiale a été inauguré. Ce nouveau lieu a pu voir le jour grâce à une collaboration active entre la Ville de Nouméa et la province Sud. Je n’avais pas encore eu l’occasion de m’y rendre. C’est fait depuis ce vendredi après-midi en pré-alerte cyclonique mais je ne suis pas déçu. Ce musée était indispensable dans un pays tellement marqué par la Seconde Guerre mondiale et le séjour des Américains sur le Caillou. (Extrait d'un article de 2014)

Cliquez sur l'image pour Musée de la Guerre NC

Cliquez sur l'image pour Musée de la guerre NC

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Le billet d’humeur de Ibn Khaldoun Sören Platon, une rubrique spéciale confinement. Humeur 13 et 14

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Humeur 13 

Le plaisir du texte : les références sont-ils des révérences ?

Les références ne sont aucunement des révérences. Je n’en tire du reste aucune devant les auteur.e.s qui font autorité. Celles et ceux qui croient penser par eux/elles-mêmes et qui se dispensent des recherches des confrontations des textes sous couvert d’une réflexion personnelle ne savent pas ce que lire veut dire.

J’ai reçu des retours qui m’ont dit de continuer de faire partager des œuvres des contenus de pensée des livres. Je les remercie. Je dirai ceci.

Il fut un temps où on brûlait les livres un autre proche où on effacera les mémoires numérisées. Je cite Canguilhem, Foucault, Monod ou Jacob pour plusieurs raisons. D’abord montrer que des esprits critiques existent et que leur nom et travaux obstrués par les intellectuel.le.s médiatiques ou surmédiatisé.e.s doivent être mentionné.e.s. Canguilhem est avec Bachelard Koyré Duhem un des plus grands philosophes des sciences français. Résistant, il a consacré un texte que je recommande sur Cavaillès autre grand philosophe français assassiné et torturé par la Gestapo du fait de son militantisme et résistance. Cavaillès philosophe des mathématiques n’hésita jamais à prendre les armes contre l’occupant nazi. Un engagement effectif bien plus réel que celui de Sartre qui installa son fauteuil dans le sens de l’histoire. Au moins en ces temps d’amnésie et de nihilisme, ces références contre le crétinisme bon chic bon genre sont pour moi des révérences. Par ailleurs, allez jeter un œil sur ce que dit écrit pense théorise Canguilhem sur la vaccination et l’expérimentation ! Vous mesurerez combien il nous parle bien mieux que tous ces plumitifs qui écrivent comme pondent les poules. Lisez une ou deux pages (si vous aimez lire) et vous verrez le puissant travail d’écriture. Descartes et Pascal ont conféré à la langue française une valeur de langue scientifique. Dans la même veine, une intelligence critique comme celle de Canguilhem confère à la langue une prodigieuse capacité de nous transporter vers les idées.

Un journaliste me demandait d’écrire une humeur sur la globalisation et le confinement : Eh ! bien ! à l’ère des technologies numériques, téléportez-vous en lisant du Canguilhem et puis tiens allez parlons de jouissance textuelle et lisez ou relisez Le plaisir du texte et/ou les Fragments d’un discours amoureux de Barthes. Je ne dis pas ça pour me planquer derrière des références classiques. Je dis ça pour vous exhorter à vous enivrer.

Foucault nous apprend ceci. Derrière tout énoncé subsistent une histoire une archéologie une généalogie. Derrière l’énoncé de Macron-Slamet et de tous nos actuels gouvernants qui clament en chœur/cœur que « nous sommes en guerre » subsiste git dessous une sédimentation de traces textuelles : Clausewitz Freud et bien avant eux les Grecs puis les Romains : « Si tu veux vivre en paix prépare-toi à la guerre ! »

Sauf que nos gouvernants n’ont jamais anticipé la pandémie et n’anticiperont pas non plus la dérégulation des climats qui n’est pas si naturelle qu’on nous le fait croire.

Je voudrais citer du Barthes facilement trouvable dans ce texte court concis incisif Le plaisir du texte :

« Si je lis avec plaisir cette phrase, cette histoire ou ce mot, c’est qu’ils ont été écrits dans le plaisir (ce plaisir n’est pas en contradiction avec les plaintes de l’écrivain). Mais le contraire ? Écrire dans le plaisir m’assure-t-il – moi, écrivain – du plaisir de mon lecteur ? Nullement. Ce lecteur, il faut que je le cherche, (que je « drague »), sans savoir où il est. Un espace de la jouissance est alors créé. Ce n’est pas la « personne » de l’autre qui m’est nécessaire, c’est l’espace : la possibilité d’une dialectique du désir, d’une imprévision de la jouissance : que les jeux ne soient pas faits, qu’il y ait un jeu. » 

Humeur 14

Un ami journaliste propose une thématique d’humeur « confinement et globalisation ». Certes thématique parlante pertinente ... elle contredit cependant la dérive et liberté … de l’humeur. 

Juste ces quelques mots … la biopolitique – politique et régulation des populations ou gouvernement du vivant corrélatif (par l’appui) des sciences humaines naissantes : démographie, statistique, psychologies et autres disciplines – accentue reproduit « systémise » la folle machine inégalitaire du monde. Pour le dire simplement, les conditions du confinement accentuent perpétuent  la structure ou l’inégalité du monde. Pour plagier La ferme des animaux d’Orwell (repris par Coluche, « il n’y en a qui sont plus égaux que d’autres »), il y en a qui sont plus confinés que d’autres. Entre une famille ou semblant de celle-ci « stockée » ou « condamnée » à survivre dans un espace clos restreint et pour qui « l’enfer c’est les autres » du huis clos de Sartre sonnera  comme une aberration, le confinement est-il le même? …. Entre des personnes reclus dans une seule pièce et d’autres vivant dans une villa avec jardin ou en pleine nature… le confinement est-il le même ? Globalisation ? Non… j’insiste après les recherches scientifiques des « Global Studies », on devrait préciser les formes plurielles et inégalitaires des Globalisations et reprendre le concept de « Glocalisation » qui a le souci de montrer les invariants mais de penser les divergences historico-culturelles et géopolitiques de la Globalisation. Ainsi comment des puissant.e.s du Monde se déplacent-ils/elles ? Comment les uns et les autres vivent-ils/elles leur rapport au Monde ? Dans quelles conditions matérielles culturelles sociales avant de parler de philosophie, d’art ou de science ? Ainsi comment les informations sont-elles transmises et circulent-elles ? La guerre « fictionnée » contre les mutations et propagations virales incitant aux vaccinations massives masque-t-elle une carence ou des façons de gouverner les vivants et le monde ? Je propose à l’ami journaliste de faire un documentaire sur l’état du monde et d’expliquer où le monde en est à savoir expliquer en recourant aux expertises objectives ce qu’est le virus, ce qu’est un vaccin, comment se transmet-il? Comment en Nouvelle-Calédonie la mémoire collective intériorise l’histoire des épidémies, de la médecine ? A-t-on le droit d’obliger les populations à se faire vacciner malgré elles ? Si oui comment ? Pourquoi ? Comment réaménager le monde du travail et réguler les mécanismes et modèles économiques en rapport avec la situation de pandémie glocalisée ? Voilà à mon tour, j’invite cet ami journaliste à programmer une série prochaine de documentaires. Et surtout à ne pas prendre une affirmation d’idéologie scientifique pour un argumentaire et raisonnement objectif du type « certes on a introduit les épidémies mais on a aussi apporté les vaccins et les sciences et techniques qui permettent le progrès » phrase entendue d’une consultante/experte qui enseignait à l’université les civilisations. Qui « on » ? sur quoi est étayée son analyse ? Comment se fait-il que les perceptions des épidémies par les populations colonisées voire exterminées pour reprendre Grandguillaume par les épidémies (ou le nucléaire) ne sont pas entendues ? Une amie historienne australienne Ingrid Sykes a accompli un remarquable travail d’enquête couplant archives et surtout témoignages sur les léproseries à Ouvéa. Allez un peu de publicité intelligente, vous pourrez lire un échantillon de ses enquêtes dans le livre collectif que nous avons édités Mokaddem Hamid Scott Robertson Sykes Ingrid La Nouvelle-Calédonie et l’imagination intellectuelle publié aux éditions L’Harmattan. Au moins vous aurez de l’information éclairée et éclairante!

Je corrige :  Olivier Le Cour Grandmaison pour Coloniser.Exterminer. Sur la guerre et l’État colonial, Fayard, 2005 aux éditions Fayard.

Le même a remis les couverts en 2009 chez le même éditeur : La République impériale. Politique et racismes d’État.

Bonne suite

HM

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Le numéro 69 de Nuelasin est disponible et en téléchargement dans cet article

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Le plus de la rédaction : Bonne lecture à vous. Wws

Bozusë. Un petit texte pour nous lier et une chanson pour vous égayer dans votre lieu de rendez-vous. La traduction n’est pas fidèle. Elle relève plus du phantasme de celui qui vous écrit (hahaéèéèé !!!). Ça ne changera rien aux couleurs du temps. Ici, la pluie nous a rendu visite dans la journée d’hier mais elle n’a pas duré. Les quelques gouttes n’ont pas suffi à faire lever le niveau de la rivière qui, inéluctablement s’assèche. Patiente encore. Jusqu’à quand ? La question est posée. Bonne lecture et bon confinement à vous tous.

Wws

De l’école communale à Tiéta

Le matin du premier jour de la rentrée scolaire est toujours un moment exceptionnel dans la vie d’un écolier. La maison vivait au rythme des enfants. Maman s’était réveillée plus tôt que d’habitude. Emélie était en 5e. Moi, j’allais effectuer ma rentrée en 6e. J’étais pressé d’être devant le professeur, je vibrais à l’idée de parler une nouvelle langue. A la maison, Emélie, de deux ans mon aînée me montrait toujours son cahier d’Anglais. Elle émerveillait ma mère par ses nouveaux mots, surtout lorsqu’elle les prononçait. « How old are you? What your name? It is ten o’clock » et d’autres phrases encore qu’elle prononçait en ponctuant bien. Ma mère et ma grand-mère surtout en étaient subjuguées. Cela encourageait Emélie à toujours progresser. C’était alors comme si elle ne faisait plus partie de la famille. On la voyait déjà assise dans un bureau en train de donner des ordres aux hommes, comme on peut voir dans les films. Grand-mère, l’œil allumé disait que ma sœur irait loin dans les études.

Sept heures sonnaient lorsque nous franchissions le portail. Maman avait garé la voiture sous le flamboyant de chez Kafeat. Nous marchions en compagnie des autres parents et des autres élèves. Emélie marchait devant, son cartable flambant neuf était accroché sur ses épaules. Il couchait bien sur son dos. Maman ne lâchait pas ma main. Elle ne voulait peut-être pas me laisser partir. J’avais remarqué qu’elle feignait d’être à la hauteur de l’événement. L’instinct maternel. Elle pleurait son fils. Sûr. Elle savait que ma sœur et moi allions endurer les mêmes souffrances que l’année passée. Moi, je voulais dépasser Emélie. De toutes les façons, on ne réussirait jamais à changer la mentalité des gens du jour du lendemain. 

Il faut être le centre d’intérêt de la famille. Je me voyais revenir à la maison avec le cartable rempli de cahiers et surtout parlant Anglais. Ma seule motivation.

« Voilà Marcuse. » Me lança-t-on dans la cour. Je reconnus Delphine qui avait aussi fait tout son primaire à Voh, à l’école communale. Elle était venue toute seule. La « Mytho » ; celle qui aimait inventer des histoires de monstres. On était devenu de très bons amis malgré tout, parce qu’elle était aussi rejetée par les autres élèves. Les élèves du village lui menaient la vie dure. On nous reprochait de ne pas avoir de papa. En effet, nous en avons bien un comme tout le monde. Mais, le mien avait quitté ma mère pour vivre avec une autre femme. Ils avaient laissé le village pour Nouméa. Marienne, ma mère vécut seule pour s’occuper de nous. Sept enfants. Ce n’est pas simple. Je suis le troisième enfant. J’aidais beaucoup ma mère. Dès fois, le mercredi après-midi; j’allais à Gatope dans la mangrove pour ramasser des crabes. C’était plutôt extraordinaire pour mon âge. 

« - Alors Marcuse, ça va ? » « - Ah ! Ruben. Toi aussi tu es ici. J’ai vu Juliette avec sa grand-mère. Nous sommes trois du village. » Il se dirigeait vers les classes du haut. Ma mère était déjà venue pendant les vacances pour régler nos fournitures. Toujours en avance. Marienne était naturellement venue seule. Elle fuyait la foule. Les commères du village ne l’aimaient pas. Elles disaient sur elle de mauvaises choses. Je ne pense pas que tout cela est vrai. A l’école, les élèves me ressortaient tout ce que racontaient leurs mères à la maison, au sujet de maman. Evidemment, j’en souffrais. Cela n’avait fait que renforcer ma relation avec Delphine, une des mal-aimés de notre école.

7h45. Une voix se fit entendre. « Nous demandons à tout le monde de se diriger vers le réfectoire. » La salle à côté du manguier. Nous étions parmi les derniers à rentrer. Il ne restait plus de place sur les bancs. Nous nous étions alors dirigés vers le fond de la salle. Les profs et le personnel de l’école se trouvaient de l’autre côté de la balustrade où l’on passait avec le plateau à onze heures. J’avais peur. Je sentais les regards se poser sur moi mais aussi sur maman. Emélie n’avait pas peur. Elle me collait des noms aux visages que je lui montrais. Les anciens. Ils se reconnaissaient de loin. Ils avaient l’air plus dégourdis. Certains parlaient plus fort que d’autres, juste pour attirer l’attention sur eux. 

Après le discours du directeur, l’échange des coutumes se fit. Des tissus et des billets de banque étaient étalés sur une table. Un parent d’élève sortit de notre rang pour remercier le geste ; il s’était adressé à nous, les élèves. Il nous encourageait. Il nous disait de travailler. « Il faut écouter vos éducateurs et vos profs. C’est eux qui nous représentent ici à l’école. L’usine du Nord surplombe votre collège ; pensez. Travaillez pour le pays de demain. » Avait-il dit. Après ce temps de partage, on libéra le monde. Chaque élève gagnait alors sa nouvelle salle de classe où attendait le professeur principal. L’année scolaire de 6ème pour moi venait vraiment de commencer. Une nouvelle année où je devais une fois de plus faire face à la moquerie des autres élèves. 

H.L

Publié dans Culture Kanak

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Académie des Langues Kanak, une nouvelle parution de Louis-José Barbançon traduit dans les trois langues des Loyauté

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Photo subtilisée sur une publication FB de mon copain Paul Fizin (masqué)

Photo subtilisée sur une publication FB de mon copain Paul Fizin (masqué)

Nos ailes ont des racines

Bozu së itre sinee ne la pepa ka bulu i ALK.

Hanawange la sine i tusi ka troa mama e cikön.

En Drehu :

La itre iape së ka hetre iwaan" hna cinyihane hnei Louis-José Barbançon nge hna ujëne ngöne la koni qenelapa ne loialetri.

En français :

Bonjour les amis de la page bleue de ALK. Voici le livre qui paraîtra bientôt. Nos ailes ont des racines de Louis-José Barbançon traduit dans les trois langues des Loyauté.

L’Académie des Langues Kanak développe depuis 2009, une politique éditoriale variée : propositions d'écriture des langues kanak, dictionnaires, lexiques thématiques, recueils de textes, etc.

Pour avoir un aperçu des principales parutions actuellement en vente, suivre ce lien

Pour les commander, veuillez faire une demande de proforma à l’adresse suivante : alk@alk.nc.

Pour les amateurs en suivant ce lien vous retrouverez un article de ecrivainducaillou de 2014 sur les langues vernaculaires

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Le billet d’humeur de Ibn Khaldoun Sören Platon, une rubrique spéciale confinement. Humeur 12

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Je continue à diffuser l’humeur du philosophe, car il faut entendre les érudits. En période de confinement on a du temps pour philosopher sans tomber dans le complotisme. Nous avons plus besoin plus besoin d’urgentiste que de complotiste en ce moment. C’est ma philosophie de béotien. Joël PAUL

Humeur 12

Sommes-nous en guerre ?

Au niveau local calédonien, on devrait dire pour être précis et vrai, au niveau glocal en Nouvelle-Calédonie, l’énoncé de Clausewitz-Sun Tzu, reformulé chacun à leur manière par Mao puis Freud, macronisé c’est-à-dire popularisé en mot d’ordre relayé par ses disciples notamment des outre-mer  –  « nous sommes en guerre »  –  a-t-il un sens ? Quel est-il ?  Deuxième question,  la transmission du Covid 19 et la chaîne de transmission sont-ils traités au niveau scientifique ? Que peuvent les sciences du vivant ? Les sciences du vivant entretiennent, comme toutes les sciences, des rapports avec d’une part une idéologie et d’autre part, avec les technologies. Le premier rapport est une idéologie scientifique tandis que le second fait partie des technosciences. En France, l’excellent philosophe des sciences Georges Canguilhem avait consacré un essai précis  sur la question « Qu’est-ce qu’une idéologie scientifique ? » Un de ses disciples, Michel Foucault fera varier l’usage de ce concept dans ses recherches des années 80 sur la biopolitique. Sur les technosciences, beaucoup de recherches ont été effectuées depuis la découverte de l’ADN, notamment suite aux travaux de  Monnot, Jacob et alii. Tous deux auteurs d’essais tels que Le hasard et la nécessité ou la magnifique œuvre La Logique du vivant. Toutes ces références indiquent que nous sommes outillés pour clarifier la situation de pandémie et que ces outils d’analyse nous encouragent à cesser de nous engager dans une guerre fictive, pour ainsi dire fictionnée, et  au contraire de cultiver la distance critique pour ne pas céder à la panique et au bluff.

On cite trop souvent La peste de Camus beaucoup  moins Surveiller et punir de Foucault  encore moins La naissance de la clinique du même auteur  presque jamais La logique du vivant de François Jacob ou cet excellent petit ouvrage de Georges Canguilhem La connaissance de la vie. On apprend que l’expérimentation scientifique n’a jamais fait partie de l’éthique. Avant les régimes totalitaires racistes nazis, dès l’Antiquité, la médecine expérimentait sur les cobayes humains en ayant recours aux esclaves.

Demain, je reviendrai sur les questionnements sur la guerre, sur le mot d’ordre se substituant à l’information critique… en effet, vous ne croyez pas que je vais avoir la folle prétention de tout dire au même moment. Déjà recadrer les questions ce n’est pas une mince affaire.

Hier l’humeur 11 trop dure n’a pas été diffusée pour ne pas plomber une atmosphère déjà suffisamment pesante. Et puis je vis aussi et puis j’écris d’autres choses et puis je fais ce que je veux de mon confinement. Je m’interdis d’ironiser sur les bégaiements et aphasies de nos journalistes, consultants et politiciens glocaux qui ne font que répéter en écho les doutes de la recherche scientifique.

Publié dans Essai

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Bon plan : La librairie de l’association Ecrire en Océanie et ses lectures en ligne

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Bon plan : La librairie de l’association Ecrire en Océanie et ses lectures en ligne

Ecrire en Océanie au service de la littérature calédonienne

 

Festival de la BD en 2017 organisé par EEO photo JP

Festival de la BD en 2017 organisé par EEO photo JP

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Le billet d’humeur de Ibn Khaldoun Sören Platon, une rubrique spéciale confinement. Humeur 9 et 10

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 Bonjour, 

La dixième pointe d’humeur. Même observation : celles et ceux qui ne désirent pas/plus lire ces futilités me le disent et je les soustrairais des quelques rares destinataires ciblés.

Humeur 10

VIP ! J’avais mis du temps à comprendre l’acronyme de Very Important Person le jour où je voulais, par sens de ce qu’il est convenu d’appeler « obligation morale », me rendre à l’hôpital de Nouméa pour rendre une visite amicale à un jeune anthropologue missionné par le CNRS. Il avait eu un accident d’automobile de retour de Brousse. Il fallait quasiment faire la queue ! Rien que pour le soutenir et lui demander si tout allait bien, s’il avait besoin de quelque chose ! Aucune inquiétude ! Il allait être hébergé à sa sortie par un de ses anciens collègues en poste dans un des plus prestigieux instituts de recherches de Nouméa. Collègue qui occupe aujourd’hui la fonction la plus haute des institutions politiques de la Nouvelle-Calédonie! C’est à la demande d’une autre anthropologue que je m’étais déplacé à cet hôpital.  C’est elle, à qui je faisais la remarque de la célérité des soin si soucieux prodigués autour de lui, qui me répondit avec ironie. « C’est un VIP ! » VIP ? : « Very Important Person ! »

Dans le même registre, un de mes frères envoyait un courriel destiné aux membres de la famille : « Rachid… est mort ! » Inquiet, je n’avais lu que le prénom « Rachid » croyant qu’il s’agissait d’un de nos frères ; l’œil sélectif ne voyait pas le nom propre qui s’affichait dans l’objet du courriel. Je faisais part de manière ironique en me rassurant et disant que ce n’était que Rachid Taha et non Rachid notre frère. Ce à quoi j’eus droit à des injures de la part du frère auteur de l’information. Insulte relayée par un autre de mes frères qui avait connu le chanteur et qui avait tissé avec lui des relations d’amitié. J’avais croisé l’artiste à deux reprises. Lors d’un concert à Migennes petit patelin icaunais lorsqu’il faisait partie du groupe Carte de séjour. Certes sympathique ! Puis une seconde fois à Nouméa cette fois-ci artiste mondialement célébré ! Encore une fois simple et tel qu’il est en lui-même. Mais enfin ! Entre le Rachid mon frère et le Rachid artiste et ami d’un autre frère… Les VIP à mes yeux sont les proches les intimes qui du fait de ce que je suis ne font pas partie des puissants de ce monde. Plutôt les humbles et les petits.    

 

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Bon plan : Atelier d’écriture animé par Fabienne Fabre-bijaczyk à la maison du livre. De la lecture savoureuse gratuite !

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Nos petites histoires de la semaine pour vous distraire pendant ce confinement,

"Le Doigt de Dieu" (La Création d'Adam) et la rentrée !!! C’était le thème du dernier exercice.

Illustration : La création d’Adam ou le doigt de dieu, un détail de la Création d'Adam de la Chapelle Sixtine de Michel-Ange

Un texte pioché au hasard, les autres sont tous disponibles en ligne suivre ce lien.

- Dis-donc, toi, là-bas, qui te prélasses au soleil, tu crois pouvoir échapper à la consigne ?

Tu dois rentrer chez toi et plus vite que ça car c’est la consigne générale et on doit s’y plier par souci de son prochain. Je ne t’aiderai pas et je ne te mettrai pas à l’abri du terrible virus. Finies les sorties libres, les sorties en boîte de nuit bondées, les rencontres fortuites, la liberté d’aller et de venir.

Tu crois que je t’épargnerai les difficultés ? Et bien détrompe-toi. Tu dois prendre tes responsabilités, exercer ton libre arbitre. Pour l’instant, tu ne sembles pas avoir compris le danger de ta position, tu te comportes comme un enfant et ne compte pas sur moi pour te sauver comme un élu privilégié.

- C’est terrible ce que tu m’annonces. Le royaume de Dieu, il faut donc le mériter toute sa vie durant ?

- C’est ainsi. Je t’ai conçu à mon image et tu dois te comporter en conséquence.

Claude

Publié dans Evénement culturel

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Le billet d’humeur de Ibn Khaldoun Sören Platon, une rubrique spéciale confinement. Humeur 8

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Je restreins encore  les destinataires ….

Humeur 8

Rêve : Alité au Médipôle sous une tente à côté d’autres contaminé.e.s. Pêle mêle sans aucun soin genré ni ethnies classes races, survie et contraintes matérielles démocratisent l’accès à la mort ou pouvoir de faire durer un peu de vie avant la cessation définitive de celle-ci. Un vieillard à ma gauche, une jeune fille à peine adolescente, enfin de ce qui restait à distinguer de ces corps en sursis, qui se raccrochaient tous deux au lien à ce qui est appelé vie. La femme ou fille se réveillait parfois et on entendait un murmure monocorde :

« Aujourd’hui mami est partie ! » silence puis « Personne ne savait et tout le monde s’en moquait » et puis elle retombait dans un sommeil profond. Le vieillard me fixait. Croyant qu’il m’oublierait, je tournais mon regard vers la gauche. Il calculait le croisement : « T’es qui toi ? Hein ? Où vas-tu ? Qui es-tu ? D’où viens-tu ? » Je levais les yeux au plafond. « Fais pas semblant hein fais pas le malin hein c’est toi qui m’as donné cette saloperie de corona hein c’est toi hein avoue que c’est toi ! » avant que sa voix ne soit étouffée par le manque d’oxygène. Deux blouses blanches passèrent très vite presque en éclair et en rafales on entendait leur voix : « ô vous que j’eusse aimée ô vous qui le saviez », avais-je bien entendu ? Ou étais-je en proie aux délires ou entre rêve et semblant de réalité. Rêve : je me voyais atteint et pris dans la folle expansion de la courbe pandémique.

Publié dans Essai

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Le numéro 68 de Nuelasin est disponible et en téléchargement dans cet article avec un vidéo surprise

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

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Le plus de la rédaction : Bonne lecture à vous. Wws

Bozu et bon confinement à tous.

En lecture en plus de votre petit journal, je vous livre le texte (drehu/français), l’origine du proverbe de chez nous : « axö ojei Qahemë.) Je me suis offert le travail d’un petit frère de Jokin du grand Wetr, Jokin. Oleti à lui.

Comme nouvelle de la vallée, il fait toujours froid les matins-réveils. Le soleil est toujours avare pour ses rayons. Au collège, comme en ce moment, permanence pour le téléphone et le courrier. Aucune présence, pas même un chat, disons-nous. Nous avons déjà envoyé le premier devoir mercredi. On travaille pour le deuxième dossier, l’envoi est fixé pour lundi. Beaucoup d’appels des parents qui se soucient pour les devoirs de leurs enfants. Le plus difficile pour nous, à l’heure de maintenant, sont les ilots du nord, Iedjeban, Tanlo, Belep… où Mme Claudia, notre prof référente est obligée de tenir compte du mouvement des marées vers Boat-pass. Sinon, la vie est toujours belle et n’a d’équivalence qu’elle-même. 

Bonne lecture et bon confinement à tous. Wws

Axö ojei Qahemë & Élevage de murène de Qahemë

 Pengö i qatre föe me api i eahlo e Ngöni Muj

=>Ame la pengö i nyidro, tre, hnei nyidro lue tremapin hna lapa caas easenyine la hnagejë e cili e Ngöni. Nge ame la ejen lai api i qatreföe, tre, Qahemë. E nöjei drai tro nyën a lapaa tro troa elo agö e kuhu hnangöni ; tro nyën a lapaa nango jele hupupuny. Ame hnei nyën hna pune traqa fë kowe la qaaqa i nyën matre troa pune nango dreuth.

E ketre drai hnei nyën hna tro hmaca troa jele hnangöni. Ame hnei nyën hna öhn la drai cili, la caa hupupuny nge caa neköi oj. Ame hnei nyën hna madrin atraqatr kowe la lue ewekë cili. Ngo co hi la hnei nyën hna madrin kowe la hupupuny ke ka calogitr la ngöne i nyën, ngo atraqatre catr la hnei nyën hna madrin kowe la oj ke ka qea nge ka menyike catr la ngönetrei nyën, nge lolo catr la qëmekei nyën.

Ame hnei Qahemë hna traqa fë lai lue ewekë cili e koho thei qaaqa i nyën. Ame hnei qatreföe hna qaja koi Qahemë ka hape :

- « Aping, tha tro kö hmunë a axöj lai oj ke atreine ej troa humuthi hmunë epin. Ngo loi pe troa nyi si hmunë lai hupupuny ke tro nyëne lai a nyi sewen. Nge pëkö ketre ewekë tro nyën a kuca koi hmunë ngo tro pe hmunë a öni nyën ».

Öni nekönatr koi qatreföe : « Ohea , xeleni lai ngazo qëmek nge ka calogitr la ngön, nge xele ni lai ka hopatr. Ngo loi pe la singe oj, ka lolo la ngön, nge ka menyik nge lolo qëmek nge ka lolo la ngönetrei i nyën ».

Hawe, öhnëhë qatreföe laka catrehë la mekunai nyën me ajai nyën laka pitro palua a si nyën la neköi oj.

Öni qatreföe : « Ka loi, maine ajai hmunë tre, thaa trofekö ni a hane qaja ».

Ame hnei Qahemë hna axöj lai oj nge hna hamëne pe la hupupuny koi qatreföe a troa dreuth. Haawe nekönatre pe a axöj lai oj.

Thupen la itre treu me macatre, ame hna kökötrepi lo oj a co hi la itre xaa sinöe atraqatr. 

Nge hetre caa atr hoean lai un. Nge thatreine hmaca kö Qahemë troa thele an me önine lai un, ke thaa kacokö ngo atraqatrei hmauli. Ame hnene lai un si Qahemë hna ulumi Qahemë nge nyën a tro pi. Nge e ketre drai hmaca, ame hnei un hna traqa hmaca me ulumi qatre föe penaha, lo qaaqa i Qahemë. Matre meci asë hë lue tremapin hnene lolai axö öni i Qahemë, ene la axö neköi oj.

Ekölöhini qatre föe, a kola hane xeni pun la thaa idrei me catreqë i api hmunë. 

Traduction en langue française !

Une Grand-mère et son petit-fils à Ngöni => une Grand-mère et son petit-fils, nommé « Qahemë » vivaient près de la plage de Ngöni. Tous les jours, l’enfant descendait jouer à la plage. Il s’amusait à chercher des crabes-tortues dans le sable. Il les rapportait ensuite à sa Grand-mère qui les faisait griller pour les manger.

Un jour, Qahemë repartit jouer sur le sable. Ce jour-là, il ne trouva qu’un crabe-tortue ainsi qu’une petite murène, du moins le croyait-il. Il pensa à les garder et à les domestiquer pour en faire ses amis. Mais de ces deux trouvailles, l’enfant appréciait moins le crabe-tortue à la carapace rugueuse et dure. Il préférait de loin la créature au corps allongé et à la peau douce qu’il trouvait adorable.

Qahemë montra les deux bêtes à sa Grand-mère. Celle-ci lui dit : « Mon petit, ne garde pas la murène car elle est dangereuse et elle te tuera plus tard ; par contre, tu peux élever le crabe-tortue car il deviendra une tortue que tu mangeras (sic).

Qahemë répondit : « Non, je ne garderai pas cette affreuse bête, je préfère garder la petite murène à la peau si douce ».

La Grand-mère, voyant que Qahemë s’entêtait dans son idée, lui dit : « Comme tu voudras ». Elle fit griller le crabe-tortue pendant que Qahemë commençait à s’occuper de la petite murène.

Des mois et des années passèrent. La petite murène en grandissant s’était transformée en serpent et avait atteint une taille gigantesque. Son corps était comme un tronc d’arbre et mesurait plusieurs mètres. Qahemë commençait à éprouver des difficultés pour nourrir le monstrueux serpent. Tant et si bien qu’un beau jour, le serpent l’engloutit et s’échappa. Plus tard, il revint et engloutit à son tour la vielle femme. Ainsi périrent Qahemë et sa Grand-mère à cause de l’élevage de l’enfant. Ce dernier récoltait ainsi le fruit de sa désobéissance à la Grand-mère qui par contrecoup a aussi été tuée.

Voilà, c’est la fin de cette belle légende !

En hommage au rédacteur en chef de ce journal qui a réussir à sortir ce numéro malgré le confinement, vous trouverez ci-dessous l’interview qu’il a accordé à Alexandre Rosada. Il ne faut pas oublié que Léopold Hanicipan est un auteur kanak reconnu du pays. JP

Publié dans Culture Kanak

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