Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

colonisation

Maurice Leenhardt de Frédéric Rognon

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Photo de France Culture : https://www.franceculture.fr/personne-frederic-rognon.html

Photo de France Culture : https://www.franceculture.fr/personne-frederic-rognon.html

« Maurice Leenhardt. Pour un Destin commun en Nouvelle-Calédonie ».

Dans cet ouvrage, dresse l'émouvant portrait du missionnaire protestant devenu ethnologue à la suite de son séjour en Nouvelle-Calédonie.

Au début du XXe siècle, le maire de Nouméa prédisait l’extinction de la « race canaque » dans un délai de dix ans. Aujourd’hui les Kanak sont plus de cent mille et ambitionnent de diriger leur territoire de manière autonome.

Le missionnaire protestant Maurice Leenhardt qui a œuvré en Nouvelle Calédonie dans le premier quart du XXe siècle est l’un des artisans de cette renaissance. Animé d’un profond amour pour le peuple kanak et d’une grande admiration pour sa culture, il a su écouter, comprendre, pour mieux rendre à cette population l’envie de vivre, la fierté de son identité, la volonté de construire son avenir.

Après vingt-cinq ans d’immersion complète dans la culture kanak, Maurice Leenhardt est devenu ethnologue et universitaire. Il a contribué à donner à cette culture ses lettres de noblesse.

Son espérance, liée à ses convictions évangéliques, tablait sur un dépassement des clivages ethniques. L’héritage de Maurice Leenhardt pourrait aujourd’hui nourrir le débat en vue d’une solution consensuelle, à l’heure où tout le monde rêve, comme lui, d’un « Destin commun » sur cette terre du Pacifique.

Aux éditions OLIVETAN (16 Euros)

Frédéric ROGNON

Professeur de Philosophie des religions -Faculté de Théologie Protestante

rognonfr@yahoo.fr

Curriculum Vitae

Né le 1er octobre 1961.

1986-1989   Enseignement de la philosophie au Lycée Do Kamo de Nouméa (Nouvelle Calédonie).

1989-1995   Engagement dans la Communauté de l'Arche de Bonnecombe (Aveyron).

1989-1990   Enseignement de l'ethnologie à l'Université de Paris X - Nanterre.

1991  Thèse de Doctorat en Ethnologie: "Conversion, syncrétisme et nationalisme. Analyse du changement religieux chez les Mélanésiens de Nouvelle Calédonie", Université de Paris X - Nanterre, 890 pages.

1994-1998   Etudes de Théologie à Strasbourg et Montpellier.

1998-2001   Ministère pastoral dans l'Eglise Réformée de France au Havre (Seine Maritime).

2001-2007   Maître de Conférences en philosophie et anthropologie de la religion à la Faculté de Théologie protestante de Strasbourg.

Depuis 2007 Professeur de philosophie des religions à la Faculté de Théologie protestante de Strasbourg.

Publié dans Colonisation

Partager cet article
Repost0

Publicité

Bulletin de la société des études historiques n°194 est disponible, à ne pas rater comme les précédents.

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Logo et numéro 194
Logo et numéro 194

Logo et numéro 194

 

Membres de la SHE-NC au salon des collectionneurs en 2017 photo SHE

Membres de la SHE-NC au salon des collectionneurs en 2017 photo SHE

Publié dans Colonisation, Histoire

Partager cet article
Repost0

Le nouveau hors-série de Valeurs actuelles : la vraie histoire des colonies

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

La couverture du nouveau hors-série de Valeurs actuelles.

La couverture du nouveau hors-série de Valeurs actuelles.

Par Auteur valeursactuelles.com / Jeudi 29 mars 2018 à 10:34 9

Hors-série. Des pionniers du Nouveau Monde aux larmes de l'Algérie française... quatre siècles d'épopée coloniale. Dont la France n'a pas à se repentir.

L’épopée coloniale de la France commence il y a quatre siècles. Des Amériques à l’Asie, en passant par l’Afrique et surtout l’Algérie, c’est une longue histoire de conquêtes, de fascination et d’amour entre la métropole et son outre-mer. L’air du temps veut que cette aventure soit peinte aux couleurs de l’abomination, voilà pourquoi Valeurs actuelles - la collection le Spectacle du Monde a voulu lui rendre un juste témoignage par un éclairage équilibré, rappelant les bienfaits et les progrès apportés aussi par cette entreprise partout dans le monde. En 130 pages richement illustrées et en remontant aux sources, ce hors-série remet les choses à l’endroit.

Publié dans Colonisation

Partager cet article
Repost0

Le livre comprendre les référendums se vend comme des petits pains. D'où l'idée d'un ouvrage dans la langue de Shakespeare qui sort du four.

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Le livre comprendre les référendums se vend comme des petits pains. D'où l'idée d'un ouvrage dans la langue de Shakespeare qui sort du four.
Le livre comprendre les référendums se vend comme des petits pains. D'où l'idée d'un ouvrage dans la langue de Shakespeare qui sort du four.

L’ouvrage sur le référendum version courte de l’historien Frédéric Angleviel se vend bien chez Calédo livres et les touristes de passage cherchent à comprendre la situation du pays alors le prolifique historien vient de publier un ouvrage dans la langue de Shakespeare à leur intention. Cet ouvrage est disponible à la librairie Calédo Livres et au marché des croisiéristes pour répondre directement à une demande des touristes australiens. JP

Author books

Histoire illustrée de la Nouvelle-Calédonie, Footprint Pacifique, Nouméa, 2015, 250 p.

Photographies calédoniennes d’antan, Footprint Pacifique, Nouméa, 2017, 210 p.

Un drame de la colonisation. Ouvéa, Nouvelle-Calédonie, mai 1988, Vendémiaire, Paris, 2015, 320 p.

& Yann Bencivengo, La SLN. 130 ans au service d’une vision industrielle durable, Ed. SLN-Eramet, Nouméa, 2010, 168 p

& Wadrawane Eddy : Les Kanak et l’histoire, les indes savantes, Paris, 2007,

Brève histoire politique de la Nouvelle-Calédonie (1945-2005), éditions GRHOC, Nouméa, 2006, 320 p.

Histoire de la Nouvelle-Calédonie. Nouvelles approches, nouveaux objets, L’Harmattan, Paris, 2006, 350 p.

(dir.) : La Nouvelle-Calédonie. Terre de métissage, Annales d’histoire calédonienne, Les indes savantes, Paris, 2004, 274 p.

Les fondements de l’histoire de la Nouvelle-Calédonie. Définition, périodisation, sources, Centre de Documentation Pédagogique, Collection Université, Nouméa, 2004, 201 p.

Historiographie de la Nouvelle-Calédonie ou l’émergence tardive de deux écoles historiques antipodéennes, Publibook, Paris, 2003, 360 p.

(dir.) : 101 mots pour comprendre l’histoire de la Nouvelle-Calédonie, Ile de Lumière, Nouméa, 1997, 225 p.

& Capecchi Bernard et Douyère Christiane (dir.), Histoire de la Nouvelle-Calédonie, CM, CTRDP, Nouméa, 1992.

Introduction

The New Caledonia archipelago, with a people first arrived about three thousand two hundred years ago, belongs now to the French overseas territories. Throughout the pages, we shall discover the different settlement cycles that have succeeded, on la Grande Terre (the Main Land) and on the Loyalty Islands, to arrive at the present time.

This approach is resolutely chronological and built around the historic core that is the subject of a reasoned consensus. As an historian for more than thirty years, we incorporated in this book the most recent data, while giving priority to a holistic writing.

Before yesterday, the Austronesians settled there in several waves. This term includes several origins, all coming from the Melanesian arc. Some are Lapita potters, others carve petroglyphs, and others bring new yams. Around the year one thousand AD, they become the Kanak. Following the mutual discovery of 1774 through James Cook, adventurers and missionaries get in touch with Melanesians who, then, leave the age of polished stone and acquire, in a few decade, a new perception of the world.

Yesterday, from 1853 to 1945, New Caledonia became a settler colony. This period allows the often controversial Kanak civilization, too long isolated and forgotten, to enter fully into the modern world. This does not happen without excesses, western expansionism feeding himself with the development of tropical raw material.

Today, New Caledonia is no longer a colony. New Caledonia has been an Overseas Territory from 1946 to 1998, and crossed the period of decolonization through multiple statutory developments. Kanak, as first arrivals, are claiming a greater share in the city. After «years of Ashes” consecutive to political events, peace is restored in 1988 by the Matignon-Oudinot Agreements. In 1998, with the Noumea Agreement, New Caledonia becomes a single entity recognized by the French Constitution

Tomorrow, New Caledonia will have the possibility to choose its future by a referendum on self-determination which will take place in october 2018. New Caledonians will have the possibility to choose between the current status at the end of the four terms of the Noumea agreement or a new contract bringing New Caledonia close to autonomy or even independence that should have to be built then.

“The past was the time of colonization.

This is the time of sharing, through rebalancing.

The future must be the time of identity in a common destiny “.

Preamble of the Nouméa Agreement, 1998.

 

Publié dans Colonisation, Essai, Histoire

Partager cet article
Repost0

Publicité

Jean-Marie Tjibaou. Une parole kanak pour le monde de Eric Waddell à Livre Paris

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

L'auteur au salon du livre de Papeete

L'auteur au salon du livre de Papeete

Jean-Marie Tjibaou, leader charismatique du mouvement indépendantiste kanak des années 1980, est incontestablement une figure emblématique de l’histoire contemporaine de la Nouvelle-Calédonie.

Cet ouvrage apporte un éclairage inédit sur le parcours d’un homme — « [d’]une figure que l’on n’a pas le droit d’oublier » dira Aimé Césaire — dont le nom figure désormais au côté de ceux de Nelson Mandela, de Ferhat Abbas ou d’Isaac Rabin. À l’heure où l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie est en jeu, le retour sur la parole et le chemin de Jean-Marie Tjibaou apparaît essentiel, mémoire calédonienne qui doit désormais être partagée tant elle scelle le principe de destin commun et propose des éléments de réponse aux interrogations du monde moderne.

(source des informations site de Vent des îles)

Livre Paris, Porte de Versailles

Au vent des îles – Stand P14

Dédicaces samedi 17 et dimanche 18, de 15 h à 17 h.

Une vidéo de 2016 pour entendre l'ethnologue parler de notre région

En sus d'Eric Waddell, beaucoup d'autres auteurs du Pacifique à découvrir comme :

Isabelle Esquevin, auteur et photographe passionnée de cet ouvrage aux mille couleurs ! 
Dédicace vendredi 16 (16h à 18h), samedi 17 et dimanche 18 (15h à 17h)

au Stand P14

Un livre sur l'art Urbain trés réussi pour avoir rencontré l'auteure et vu les graffeur à l'oeuvre à Papeete au salon du livre en Polynésie, je peux vous dire que ça vaut de s'y intéresser. JP

Aussi

Pierre Furlan à Livre Paris pour son dernier roman : « Le Livre des îles noires. Vies de Fletcher »

Thanh-Van Tran-Nhut présentera son dernier roman « Kawekaweau » à Livre Paris

Publié dans Colonisation, Histoire

Partager cet article
Repost0

Le Livre des îles noires – vies de Fletcher de Pierre Furlan est très attendu

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Photo du site vente des îles

Photo du site vente des îles

Il sera au salon de Livres Paris et à

Rochefort FESTIVAL 2018 DU 29 MARS AU 2 AVRIL (source de ces informations le site du salon en cours de construction et le site Vent des Îles. Le théme du salon c'est notre région avec ce beau livre de Christian Robert notre éditeur Pacifique)

Une édition qui va nous transporter des rivages du Vanuatu à ceux des archipels des Iles Samoa.
Deux cultures, l’une mélanésienne et l’autre polynésienne, deux espaces : anglophones et francophones, deux gouvernances: états indépendants et territoire non incorporé aux Etats-Unis d’Amérique… La singularité de ce festival est de toujours nous étonner et de nous faire découvrir par l’image et l’écrit, des peuples et des cultures de cet immense espace océanien.

RdV : Un livre, un auteur : Le Livre des Iles noires – vies de Fletcher - 1 avril 2018 - 11:00 - Palais des Congrès

L'auteur :

Pierre Furlan, auteur de romans, de nouvelles et d’essais littéraires, se passionne pour le Pacifique Sud depuis son invitation au Randell Writers College de Wellington en 2004-2005. D’où son roman Le Rêve du collectionneur (Au Vent des Iles, 2009), traduit en anglais par Victoria University Press et diffusé par épisodes sur Radio New Zealand. D’où aussi, maintenant, ce « roman vrai » sur R.J. Fletcher et sa postérité aux Nouvelles-Hébrides (aujourd’hui Vanuatu).

Pierre Furlan, qui a passé son adolescence en Californie et fait ses études à Berkeley, traduit aussi des auteurs américains tels que Russell Banks, Paul Auster et Thomas Savage ou les néo-zélandais Elizabeth Knox, Alan Duff et John Mulgan.

Pierre Furlan is a translator and a writer of fiction and essays. His passion for the South Pacific was born after being the Randell Cottage Creative New Zealand Writer in Residence in 2004.

photo officielle du site salon de Rochefort

LE ROMAN

Le Livre des Iles noires – vies de Fletcher, Au Vent des Iles, Tahiti, février-mars 2018

L’écrivain et aventurier anglais R.J. Fletcher (1877-1965) est une légende. Auteur presque malgré lui des scandaleuses et célèbres Lettres des Iles-Paradis, c’est pour certains un pourfendeur d’illusions, un ethnographe esthète, un « Rimbaud du Pacifique », mais pour d’autres un vagabond des tropiques et un raté sublime auquel on prête la mort prématurée et alcoolisée qui sied à un aristocrate de l’autodestruction. Ainsi Jacques Prévert prétendait que s’il devait emporter un livre sur une île déserte, ce serait justement celui de Fletcher, tandis que Michel Leiris l’a fait rééditer sous le titre Iles-Paradis, Iles d’illusion.

Mais un personnage de légende n’existe pas tout à fait. D’ailleurs, jusqu’à une période récente, les avis, du moins en France, divergeaient sur la réalité de ce Fletcher qui n’avait même pas signé son livre principal, se cachait sous le pseudonyme d’Asterisk et semblait avoir disparu à Tahiti. C’est donc à la recherche d’un être insaisissable que Pierre Furlan s’est lancé. Il a commencé par sa famille. Durant son séjour de plusieurs années aux Nouvelles-Hébrides, en effet, Fletcher avait eu avec Onéla (une Mélanésienne) un fils qu’il avait abandonné, le laissant à l’âge de trois ans aux bons soins d’une famille de l’île. Ce fils grandit, eut lui-même une fille, et c’est avec celle-ci, donc avec la petite-fille de R.J. Fletcher, que Pierre Furlan a entrepris de remonter le temps et parcouru l’île d’Epi où Fletcher avait vécu presque cent ans plus tôt. Il a ainsi tenté de reconstituer les multiples existences d’un R.J. Fletcher qui, à mesure qu’il se dévoilait, devenait bien plus humain et bien plus intéressant qu’une légende. Ce chemin de découverte, traversant l’histoire du fils abandonné et de la petite-fille, conduit le lecteur jusqu’au Vanuatu d’aujourd’hui.

Le Livre des îles noires – vies de Fletcher est une œuvre de fiction qui campe des personnages sur trois générations et recrée la famille à laquelle Fletcher ne pouvait pas croire. Mais il s’agit d’un « roman vrai », entièrement fondé sur des faits avérés, qui présente aussi pour la première fois des lettres retrouvées de R.J. Fletcher, lettres qui donnent à celles qui lui ont valu sa gloire un éclairage neuf et passionnant.

DU MÊME AUTEUR

• Ma route coupait droit à travers le monde (nouvelles), Esperluète, 2018

• Paekakariki (nouvelles, avec des dessins d’Olivier Sonck), Esperluète, 2011

• Le Rêve du collectionneur (roman) Au Vent des Iles, 2009. Traduction anglaise par Jean Anderson, The Collector’s Dream, Victoria University Press, Wellington, 2010

• Le Violon de Soutter (récit, avec des monotypes d’Alain Petre), Esperluète, 2003

• L’Atelier de Barbe-Bleue (nouvelles), Actes Sud, 2002. Traduction anglaise par Jean Anderson, Bluebeard’s Workshop, Victoria University Press, Wellington, 2007

• La Tentation américaine (roman), Actes Sud, 1993.

• Les Dents de lait du dragon (roman), Actes Sud, 1992

• L’Invasion des nuages pâles (roman), Actes Sud, 1988

Ci-dessous une vidéo pour faire connaissance avec l'auteur

Richard Flanagan, auteur australien et Pierre Furlan, traducteur étaient présents en Auvergne en 2010 pour la sortie de "Désirer". Cette rencontre était organisée dans le cadre des 'Grands espaces littéraires' et ' Auteurs nomades' à la librairie Le bateau livre à Cournon d'Auvergne (63). L'occasion pour nous de réaliser une rencontre croisée pour parler de l'importance du travail et de la responsabilité du traducteur pour nous faire connaitre les littératures d'ailleur

Le Livre des îles noires – vies de Fletcher de Pierre Furlan est très attendu

Publié dans Roman, Colonisation

Partager cet article
Repost0

Le regard de Rithy Panh sur l’Indochine, un documentaire qui en dit long

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Je fais la promotion de mon livre en ce moment, « Les Moustaches de Tigre », un roman d’aventure au début de la guerre d’Indochine dans un contexte de décolonisation.

Je vous invite à lire l’article ci-dessous et surtout de regarder le film de Rithy Panh. Son regard sur l’Indochine peut vous donner envie de lire mon livre. Le documentaire montre des images exceptionnelles de films d’époque. Il faut le regarder entièrement car le message de Rithy Panh prend corps au fur et à mesure.

 

Le regard de Rithy Panh sur l’Indochine

Le réalisateur exprime sa vision de la colonisation à travers un documentaire d’une grande force, composé d’archives.

Un article du journal Le Monde.fr | 11.06.2015 Par Isabelle Regnier

Image extraite de "La France est notre patrie", de Rithy Panh.

Le réalisateur exprime avec force sa vision de la colonisation à travers un documentaire composé d’images d’archives (jeudi 11 juin à 23 h 55 sur France 3).

Dans Un barrage contre le Pacifique (2008), Rithy Panh plongeait dans l’histoire de l’Indochine en s’inspirant d’un récit autobiographique de Marguerite Duras, dans lequel une mère de famille perdait la raison en constatant, année après année, que la plantation où elle avait placé toutes ses économies était foncièrement incultivable. Allégorie de la stérilité et de la folie de l’entreprise colonisatrice, cette fiction, aussi amère soit-elle, reprenait le point de vue des colons.

La France est notre patrie peut être envisagé comme son contrechamp. Ce documentaire a beau avoir été réalisé à partir d’images d’archives filmées par des Occidentaux – les seules qui aient été tournées à l’époque –, Rithy Panh les a organisées à sa « façon indigène » comme il le pose lui-même, en opposant son point de vue à celui des filmeurs, pour écrire son histoire de la colonisation.

Mélancolique et mordant

Montage sans paroles, au son d’une partition subtile – mélange de phrases musicales syncopées, semblant ressorties du fond d’une mémoire abîmée, et de bruits d’animaux, de machine à vapeur, de mer… –, le résultat est magnifique. Il est à la fois un hommage de l’auteur à ce pays qui l’a vu naître, à sa faune majestueuse, à sa flore surréaliste, à sa culture, à ses arts, et une relecture subtile, mélancolique et mordante, de cette période d’occupation, où se reflètent aussi bien les vertus du mode de vie des colons que la violence qu’il y avait à vouloir l’imposer de force, l’élégance de ces envahisseurs bien habillés que l’obscénité du système d’exploitation qui leur offrait luxe, calme et volupté. Ce n’est pas l’enfer – l’enfer au Cambodge a un nom, celui de Pol Pot et du génocide, auxquels Rithy Panh a consacré ses plus grands films, S21, la machine de mort khmère rouge (2002), Duch, le maître des forges de l’enfer (2011), L’Image manquante (2013). Mais on est loin du paradis.

Le film s’ouvre sur les images d’une maison coloniale en ruine, envahie par les racines de Tetrameles nudiflora (arbres tentaculaires). Il bascule alors dans le passé, réveillant les fantômes des lieux pour ouvrir ensuite le grand bal de la période coloniale. Des images de vie privée, de vie politique, de vie économique, de vie religieuse s’imbriquent, se font écho, glissant organiquement de l’exploitation des richesses naturelles à l’exhumation des ruines d’Angkor, de l’industrialisation à la médecine moderne, de la construction de voies ferrées à l’instruction de la jeunesse… pour finir dans le bain de sang qui a définitivement scellé, à Dien Bien Phu, la fin de cette union contre nature entre la France et le Cambodge.

Liberté d’approche

Accélérant des images, en ralentissant d’autres, jouant avec des intertitres qui traduisent, non sans malice, l’idéologie raciste et paternaliste de la mère patrie, l’auteur sculpte son fonds d’archives à sa guise, s’attardant sur les gestes, les visages, les regards des travailleurs cambodgiens, les confrontant à ceux de leurs maîtres… Sporadiquement, des éléments hétérogènes s’invitent dans le tourbillon, qui le rattache à la marche du monde – scène de danses africaines qui inscrivent le film dans l’histoire de la colonisation française, scènes de la première guerre mondiale qui annoncent la violence de la guerre d’Indochine…

Cette liberté d’approche, qui est la force du film, témoigne une fois encore de cette capacité qu’a Rithy Panh à toujours trouver une forme juste pour exprimer, avec une puissance d’évocation incomparable, l’essence même des phénomènes historiques.

Le documentaire que vous propose Rithy Panh

Publié dans Colonisation

Partager cet article
Repost0

Le réveil Kanak, la montée du nationalisme de David Chappell

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Le réveil Kanak, la montée du nationalisme de David Chappell

Ce livre résume parfaitement l’histoire de la politique du pays. Il devrait être lu par tous les Calédoniens. Non pas pour adhérer à une idée ou une autre. Chacun à le droit d’avoir son opinion, mais pour apprendre et comprendre afin d’éviter de s’entretuer de nouveau un jour. C’est primordial pour le vivre ensemble. Je ne veux surtout m’immiscer dans la politique mais j’ai lu et relu certains passages que j’ai trouvé très pertinents. Cette analyse de David Chappell, un américain, est un gage de neutralité, il a peut-être le recul nécessaire pour faire une telle étude. Avant le référendum, je pense que c’est une bonne lecture. JP

Autre article sur ce livre

Editions Madrépores

Dans ce livre à la page 197 deux extraits de citations de Jacques Lafleur montrent bien qu’on peut dénoncer comprendre et pardonner. Voir image ci-dessous.

Scanné sur la page 197 (un peu de traviole, désolé)

Scanné sur la page 197 (un peu de traviole, désolé)

Publié dans Colonisation

Partager cet article
Repost0

Publicité

DVD pour changer des livres : Le retour d’Ataï suivi de Koindé, jadis fut la rivière

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Mehdi Lallaoui

Cinéma des Océanistes n° 3, Société des Océanistes, 2017

Documentaire

Le retour d’Ataï (71 min.) retrace l’histoire emblématique du grand chef Ataï, un des principaux instigateurs de l’insurrection kanak de 1878, ainsi que la restitution de son crâne en Nouvelle-Calédonie 136 ans après sa disparition.

En bonus : Koindé, jadis fut la rivière (22 min).

3 200 XPF / 26.82€ chez Pacifique Book’in

Publié dans Culture Kanak, Colonisation

Partager cet article
Repost0

Le bagne en héritage une parution des Nouvelles Calédoniennes

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Le bagne en héritage une parution des Nouvelles Calédoniennes

« Le bagne en héritage », leur histoire commune

L’intégralité des parutions de la série « Destins de familles » a été rassemblée en un ouvrage. Dans cette libération de la parole, les portraits de condamnés et ceux de militaires sont les facettes d’une seule et même histoire.

L’histoire des destins de familles issues de la colonisation pénale

Cet ouvrage réunit les témoignages des descendants « de ceux du bagne » publiés dans Les Nouvelles Calédoniennes entre novembre 2015 et juin 2017 au sein de la série Destins de familles.

4 500 XPF / 37.71€ disponible en librairie à Nouméa

Publié dans Histoire, Colonisation

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 > >>