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Nuelasin numéro 55, avec téléchargement gratuit disponible sur cet article

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Nuelasin numéro 55, avec téléchargement gratuit disponible sur cet article

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Le petit plus de la rédaction

Trop lourd le mariage drehu : « Mettons un coup de pied à la fourmilière. »

Lundi 18 janvier 2021

Une journée exceptionnelle. Très lourde de pensées. Je me réveillais avec l’idée d’aller chercher Hnatu pour une course à Wé. Même pas de petit déjeuner ce matin-là, je partis. Chez le petit chef, sa fille voulut se joindre à nous. Nous partîmes à trois. La petite fille fut très heureuse de se rendre utile en me montrant le bureau de la CAFAT où je devais récupérer un papier pour joindre au dossier d’inscription de Sisa. La dame du guichet alors me dit de repasser : « Monsieur Hnacipan, repassez avant 11h, j’ai envoyé la demande de votre dossier à Nouméa. Avant 11h, je vous rappelle que nous sommes fermés l’après-midi. » « C’est retenu ! » Lui répondis-je. Je sortis. J’avais deux autres courses. Mais la priorité était donnée à Hnatu. C’est lui le petit-chef de notre tribu. « Je dois aller voir un responsable de l’aire coutumière des Îles. Un papa est venu à la maison dans la nuit pour me dire qu’il voulait faire revenir son fils qui vit maintenant en France. C’est pour son mariage. » Disait-il. Peut-être, qu’il voulait aussi avoir mon avis sur le conseil coutumier et je ne sais. Il s’éclata plutôt quand il m’entendit dire : « Mais dis au garçon de se marier en France. » « Purée, mais Wws, t’as raison… » Riait-il en balançant la tête de gauche à droite. Il pensait. Il réfléchissait. Oui. J’en étais sûr parce qu’il revint plus tard sur ma pensée quand on roulait entre Jozip et Hnaeu : « Mais Tonton (Hnatu, est aussi mon neveu), à bien y réfléchir ; c’est pas plus mal de se marier ailleurs. » Je riais en laissant aller sa pensée. « Tu vois, chez nous, il y a trop de travail pour un mariage. C’est bien… mais je suis aussi en train de penser aux mariages qui n’ont pas tenu. Le couple se marie, après ils se séparent. Le travail des vieux et de la coutume… oups dans le vent. Et nous avons plein d’exemples sur le sujet et sur ce cas précisément.» Après, on ne parlait plus. Wadrenga dormait profondément sur le siège arrière et le vent sifflait sa chanson sur les rétroviseurs. On retournait à Ponoz.  

Je suis en ce moment en train de penser à ce que j’ai écrit plus haut. Le neveu est arrivé de France spécialement pour son mariage. Le couple repartira. Quand ? C’est la question. 

Avant de partir en vacances, j’ai échangé avec un monsieur qui partait à Drehu. Il me disait que son épouse était déjà là-bas. Des mariages, il en a dénombré trente et un dans son district. J’ouvris grand les yeux surtout que dans sa famille, le papa a exigé des enfants 100000frs (cent mille francs) pour les coutumes. A Kowe Kara, en ce moment, c’est mariage sur mariage. On se marie et on continue de crier au désastre. A quand la reforme ? Le mariage kanak de nos jours est une calamité, du point de vue financier, qu’on s’entende. Il plombe les ménages. En ce vendredi précisément, du côté des Wetr, il y a une famille courageuse qui teste la réforme. C’est au foyer vietnamien pour celles/ceux qui ont le temps. Allez y. la famille, je la connais, vous accueillera bras ouverts. A Hunëtë, dans le Wetr, il y avait aussi eu un mariage du fils d’un dignitaire de la chefferie du grand Wetr. On attend beaucoup de ces prises de position couperet et incisive. Je pense que les autorités ouvriront grand les yeux sur ces essais (on va dire.) Il serait de soutenir l’initiative et améliorer. Le pays en a énormément besoin. Les discours pour mélanger Dieu&coutume&clan etc… sont caducs. Les paroles abrutissent plus d’uns et désorientent le socle de la future société kanak. Faut une remise en cause très profonde de notre vision de la vie. Le mariage dont on se sert/qui nous sert, est très lourd voire avilissant. Il a servi nos vieux parce que c’était à leur mesure. Si on continue sur la lancée, les couples ne vont plus se marier ou vont changer d’éthique. J’entends par éthique, d’autres valeurs… qui remettent en causent la structure première c’est-à-dire notre coutume. En Drehu, on dit : « Axö ojei Qahemë » explication : nous sommes en train d’élever des murènes comme Qahemë. Comprenez la suite.  

Nge ini a nango lapa (j’étais assis paisiblement)

  • Nge ini a nango lapa ngöne fene la i sinöe /alors que j’étais assis sous un arbre
  • Nge ini a öhnyi nyipë kola trongëne la gojenyi/et c’est là que je vous ai vu en train de marcher sur la route.
  • Ch- Nyipëti a troië pane manoju theng ke kucakuca ha nyipëti lai hna tro trohemi italofa itre sinenge löjë the xou kö eö ece itre sineng./Où allez-vous ? Daignez rester un moment avec moi. Vous êtes sûrement fatigué d’avoir trop marché. Venez, soyez les bienvenus. Entrez dans la maison. N’ayez aucune crainte vous êtes de ma famille.
  • Nyipëti a traqa ece ke hetre trongei nyipë/Vous êtes arrivés ici, à cause de votre ministère
  • Trongei Akötresie ke nyipëti la soja i Iesu/le ministère de Dieu parce que vous menez le combat pour Jésus 
  • Itre sinenge pëkö pengön icipa menu hi lola/La famille, je vous ai retenu pour pas grand-chose Ngo matre pane manoju, ke kucakuca ha lai hna tro. /C’était plus pour que vous vous reposiez parce que vous êtes trop fatigué d’avoir trop marché. 

Bonne lecture et bon chant de la vallée. Wws

Publié dans Culture Kanak

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Trop fort Jean Victor de la Croisée des Livres l’interview de Jean-Hugues Oppel !

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Biographie de Jean-Hugues Oppel

Jean-Hugues Oppel est un écrivain français, auteur de romans noirs et d'ouvrages pour la jeunesse.

D'origine franco-suisse, il a fait ses études au lycée Charlemagne à Paris, puis a obtenu un BTS cinématographique Image à l'École Nationale d'Opérateurs Louis-Lumière. Cela lui a permis, dès 1979, de devenir intermittent du spectacle en qualité d'opérateur et réalisateur de cinéma et de télévision.

Il a travaillé comme deuxième assistant caméra pour des films comme "Saxo" d'Ariel Zeitoun (1987), "Lacenaire" de Francis Girod (1990), "La Passion Béatrice" (1987) et "La Vie et rien d'autre" (1988) de Bertrand Tavernier. Il a également été le premier assistant caméra de Roman Polanski pour "La jeune fille et la mort" (1994).

En 1983, il se lance dans l'écriture de romans noirs, tout d'abord en commun avec Philippe Dorison pour son premier roman "Canine et Gun", puis seul pour son roman parodique "Barjot ! " (1988).

Après ses débuts à la "Série noire", Jean-Hugues Oppel arrive chez Rivages où ses romans obtiennent à peu près tous les prix polar de France. "Chaton : trilogie", sorti en 2002 - une histoire de tueur à gages au service d'hommes politiques - est récompensé doublement par le Prix du Polar de Cognac et le Prix "Sang d'encre" des lycéens à Vienne, l'ouvrage initie une trilogie thématique suivie de "French Tabloïds" (2005) et "Réveillez le président" (2007).

Parallèlement à sa carrière de romancier et nouvelliste, Jean-Hugues Oppel s'est forgé une solide réputation d'auteur jeunesse, à partir de 1993, avec près d'une vingtaine de publications au Père Castor, chez Syros et chez Albin Michel.

Son œuvre, bien que difficile à classer, se caractérise par un jeu sur les poncifs du genre policier. L'ensemble de l'œuvre ne saurait toutefois être enfermé dans des définitions et des carcans. Le ton change radicalement de roman en roman. Ses écrits se placent donc résolument sous le sceau d'un univers mental protéiforme. Grand amateur de cinéma, de cigares, de motos, de chats et de rousses, on en retrouve dans ses récits.

Il est à présent écrivain à plein temps et vit en région parisienne. (Source Babelio)

Trop fort Jean Victor de la Croisée des Livres l’interview de Jean-Hugues Oppel !
Trop fort Jean Victor de la Croisée des Livres l’interview de Jean-Hugues Oppel !

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Imasango et Lê Hải Phương, un duo qui a fait merveille chez Marc

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Les deux artistes
Les deux artistes Les deux artistes
Les deux artistes

Les deux artistes

Les ouvrages de vraies pièces de collection étaient proposées Les ouvrages de vraies pièces de collection étaient proposées

Les ouvrages de vraies pièces de collection étaient proposées

On y vendait des bambous sur l’emplacement de l’épicerie-snack mais hier on tapait sur les bambous en écoutant déclamer des poèmes. Un merveilleux mariage tout en finesse comme les produits vendus. Cet endroit devrait devenir un lieu de rencontre à la mode. L’endroit est convivial, Marc très accueillant.

Un trung, celui de Lê Hải Phương, une cithare pour accompagner Imasango dans un lieu approprié entouré de plantes et de torches flambeaux à huile. La musique et la poésie étaient réunies pour le bonheur du partage par deux artistiques, deux femmes. La poétesse humaniste, bien de chez nous qui devient de plus en plus une performeuse avec ses prestations travaillées et la joueuse émérite de Dan Trung, un xylophone en bambou, utilisé par les ethnies montagnardes du Vietnam ont ravi le public. Un réel plaisir pour moi et ma petite Kinh, ma tonkinoise à moi d’écouter les mots d’Ima emportés par les notes des instruments de Lê Hải Phương. C’était ce vendredi « Chez Marc », route de l’Anse-Vata, un endroit que je vous invite à découvrir.

 

Imasango et Lê Hải Phương, un duo qui a fait merveille chez Marc
Imasango et Lê Hải Phương, un duo qui a fait merveille chez Marc
Imasango et Lê Hải Phương, un duo qui a fait merveille chez Marc
Imasango et Lê Hải Phương, un duo qui a fait merveille chez Marc
Imasango et Lê Hải Phương, un duo qui a fait merveille chez Marc
Imasango et Lê Hải Phương, un duo qui a fait merveille chez Marc
Imasango et Lê Hải Phương, un duo qui a fait merveille chez Marc
Imasango et Lê Hải Phương, un duo qui a fait merveille chez Marc
Imasango et Lê Hải Phương, un duo qui a fait merveille chez Marc

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POÉSIE AU SON DU XYLOPHONE EN BAMBOU et DE LA CITHARE VIETNAMIENNE avec IMASANGO

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POÉSIE AU SON DU XYLOPHONE EN BAMBOU et DE LA CITHARE VIETNAMIENNE avec IMASANGO

Poésie en musique avec Imasango et Phúóng.

Lecture des recueils d’Imasango publiés aux Éditions de la Margeride, des livres d’artistes numérotés et signés, édités en série limitée. Chaque livre est une œuvre d’art unique.

Lecture accompagnée d’instruments de musique traditionnels, en provenance du Vietnam. Un très beau voyage en perspective.

La force vitale du bambou accompagnera la marche sur ce chemin inédit à la rencontre de la nature.

La cithare vietnamienne vous conduira vers les cimes de la création artistique, à l’écoute des vibrations des cordes et du cœur.

Venez vivre l’harmonie et l’intensité du moment présent.

Lecture musicalisée suivie d’une séance de dédicace du recueil « Arbre ».

Imasango est poète de Nouvelle-Calédonie. Elle écrit parce qu'elle a reconnu tôt le poids des mots et la force du verbe. "Profondément attachée à son pays et aux hommes qui l'habitent, elle rend hommage à l'identité de sa terre natale, avec générosité, émotions, et conviction.

Imasango est née à Nouméa, dans une famille dont l’arbre généalogique témoigne de la complexité historique et humaine de l’archipel.

Femme, mère, agrégée d’espagnol, poète humaniste. Elle œuvre pour les valeurs fondamentales de respect des droits de l’homme, contre toute forme d’oppression et d’enfermement, elle choisit d’enseigner et d’incarner une poésie vivante.

Le Hai Phuong qui jouera du Dan Trung, instrument traditionnel vietnamien !

Le Hai Phuong a appris à jouer le Dan Trung à partir de 7 ans en 1979, initiée par son père Le May compositeur de musique traditionnelle. Dès 8 ans, elle a suivi une formation à l’Académie nationale de musique du Vietnam et au Conservatoire de Ha Noi. Elle a débuté sa carrière en 1991 en entrant dans la troupe musicale « Thang Long Theater » de Hanoi, une des troupes les plus célèbres de musique traditionnelle du Vietnam, jusqu’en 2014 . Elle est devenue depuis une joueuse émérite de Dan Trung, un xylophone en bambou, utilisé par les ethnies montagnardes du Vietnam.

Publié dans Poésie

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Nouvelle-Calédonie l'incroyable archipel de Marie-Ange Le Rochais, une nouveauté disponible chez Calédo Livres

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Photo du site de l'auteure
Photo du site de l'auteure

Photo du site de l'auteure

"Nouvelle-Calédonie l'incroyable archipel" de Marie-Ange Le Rochais

 100 pages illustrées plus Site Marie-Ange Le Rochais (Lien à suivre pour découvrir un peintre et une auteure avec une biographie très fournir)

Marie-Ange Le Rochais, peintre et illustratrice, nous livre dans ce carnet de voyage un récit personnel relatant les moments forts de son voyage en Nouvelle-Calédonie.

Contact : Marie-Ange Le Rochais au 01 39 95 85 04 ou 06 12 34 77 18 ou par mail. Elle vous dédicacera avec plaisir son ouvrage.

Deux pages du livres (cliquez pour agrandir la vue)

Deux pages du livres (cliquez pour agrandir la vue)

Publié dans Vie Pratique

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Nouveauté : Le pouvoir de voir et d'écouter Auteur : Nadine Rouvoune

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Aux éditions Jet d’Encre 2 290 F xcp en librairie à Nouméa, aussi chez Calédo Livres

Depuis toute petite, Nelly a un don : elle ressent les défunts, leurs énergies aussi positives que négatives. Dans un centre commercial, dans la rue, à la banque, ces âmes perdues viennent à elle pour lui parler, lui raconter leur histoire ou encore exprimer leur frustration. Si ces évènements peuvent en effrayer plus d’un, ces rencontres, souvent épuisantes et bouleversantes, ont changé sa vie…

Dans ce récit empreint de spiritualité, Nadine Rouvoune ouvre les portes d'un monde mystique souvent rejeté à tort, proposant une nouvelle approche sincère et bienveillante de certains phénomènes extraordinaires.

Née le 4 septembre 1981 à Nouméa en Nouvelle-Calédonie, Nadine Rouvoune est passionnée de lecture, de cinéma et de stand-up. Écrire a toujours été un grand rêve, et il a fallu cette pandémie de ce début d’année 2020 pour qu’elle se lance dans l’aventure. Pour cette grande sensible, l’écriture est aussi thérapeutique qu’exutoire.

Publié dans Vie Pratique

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Nuelasin numéro 54 fidèle au poste avec téléchargement possible dans cet article

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Nuelasin numéro 54 fidèle au poste avec téléchargement possible dans cet article

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Le petit plus de la rédaction :

Bozusë

Mois de janvier 2021.

Un jour, je reçus la visite d’un ami qui me donna l’idée de partager avec lui le parcours que je faisais habituellement, lorsque je sortais de la maison, histoire de prendre l’air et de marcher un peu. Nos pas nous portèrent alors jusqu’à Hnamelangatr. L’école de la tribu. Dans 10 (dix) ans, elle aura 100 (cent ans.) Elle sera comme Havila et Hnaizianu les deux autres établissements, de l’ASEE. 

En arrivant sous la véranda du premier bâtiment, je tentai de situer les anciennes bâtisses (de mon époque), celles qui avaient abrité mon enfance. Mais tout a changé. Je tournai alors mon regard vers la cour. Seul le grand badamier trônait royalement. Il ombrageait désormais une aire de jeux d’enfants. Des balançoires traînaient ça et là. Eparses, et toujours avant d’entrer dans la forêt de caféiers qu’ombrageaient les troncs massifs argentés de peupliers. Le grand arbre n’a pas changé. Oui, et j’ai déjà posé la question à plusieurs personnes de la génération du dessus au sujet de ce géant. Elles disaient, qu’il est resté le même depuis qu’elles aussi, étaient enfants. Immuable. Le soleil est le seul témoin de la main qui a mis la graine dans cette terre de Hnamelangatr. Les enfants de notre génération, nous jouions au loup en grimpant sur l’arbre. Nous sautions de branche en branche. Certains avaient même lâché prise et étaient tombés. Mais ça, nous le cachions aux parents. Sauf pour les fractures. Cas extrême qui finissait toujours par des séances d’astiquage. Heureusement qu’il n’y avait jamais eu de départ précipité vers l’au-delà, à cause de nos jeux d’insouciance. Le cimetière de la tribu étant tout juste à quelques encablures. Des branches du badamier, la vue donnait sur les tombes qu’on évitait de regarder de peur d’être appelé par nos familles parties avant nous. C’était dans notre conscience commune d’enfant de cette époque-là et la formule était quasi obsessionnelle. 

Lewatr était le plus agile de tous. Il arrivait à sauter dans le vide pour se saisir d’une branche à deux mètres ou plus dans l’autre ramure. Impressionnant ! Là-dessus personne ne l’imitait. On tombait seulement d’accord pour dire qu’il était le meilleur. Mais j’ai toujours en tête l’accident de mon grand frère. 

Un après-midi d’un dimanche. Pierre était perché tout en haut d’un oranger. Oui, chez nous, il n’y avait que cette variété d’agrume qui couvrait toute la propriété.  Une grande sœur mariée dans les environs était venue pour demander des oranges. Pierre, plus prompt, a tout de suite grimpé sur l’arbre. Comme un singe, dirais-je. Je n’ai même pas vu comment il était tombé. Il a eu la vie sauve en s’accrochant machinalement sur une branche d’un grand caféier qui poussait non loin du grand tronc d’oranger. Il s’était accroché dessus. Il geignait. Mon autre grand frère l’a fait descendre précautionneusement des branchages. Il l’a allongé sur le sol et avec les dents il a sorti un long morceau de bois qui lui était rentré dans le pied. Maman a alors saisi des feuilles médicamenteuses pour crachoter dessus la blessure. Pierre s’est levé après et a marché. Il boitillait au début, mais après, il avait retrouvé l’usage de son pied. C’était comme si ce dimanche après-midi était d’ordinaire. La grande sœur a ramassé ses oranges et a disparu. Nous, les enfants de la maison, sommes partis devant l’église pour jouer avec les autres enfants de la tribu. La Terre n’a pas fait cas de l’accident de mon grand frère. Elle a continué sa révolution sans que rien change au monde. 

Trawel est toujours resté meilleur pour moi et pour nous tous de la génération. La cime des arbres. Lewatr. 

Bonne lecture et surtout bon chant.

Wws

 Ci-après, un requiem. Définition : Prière, chant pour les morts, dans la liturgie catholique. (J’ai extrait Hnenge hna awe d’un recueil de chants de l’église autonome commission chant version 1984)   

Hnenge hna awe 

Hnenge hna awe (j’ai gémi) ngöne melöhlem (dans le noir, dans les ténèbres) tha öhne köni la gojeny (je ne voyais pas le chemin/la route) sihngödri la ajai Angakaka (le choix du Père Céleste n’était pas explicite) miti drai hë la hnengödrai, (le ciel s’est assombri) Kola iwatratra nöjei atr (la foule s’est mise à se détester/les gens se sont mis à se haïr) matre menu menuhë la unge,(raison pour laquelle mon esprit s’est troublé) ini a thele Akötresieti (je me mis à la recherche de Dieu. Dans d’autres versions Akököjëti plutôt que Akötresieti. Le sens reste le même. Dieu le père) ngo kösë hnei nyidrë hna zae (mais il s’était caché, semble-t-il.

CH - Tro ni a lö,(je vais rentrer) sesë, sesë, (en sautillant, sautillant) kösë neköi kau a lö qa hnuma (comme un veau qui sort de la maison /l’enclos) Ke tro Iesu a xomi ni kowe la ga tingetinge me lolo (bis) (pour que Jésus me guide/prenne/m’amène vers la paix et le bien/le pays où règnent le calme et la paix.)

Publié dans Culture Kanak

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Séance de dédicace de Nicolas Kurtovich et de Thierry Charton ce samedi à la FNAC

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Séance de dédicace de Nicolas Kurtovich et de Thierry Charton ce samedi à la FNAC
Séance de dédicace de Nicolas Kurtovich et de Thierry Charton ce samedi à la FNAC

La Libre Mort par l’auteur

Le plus difficile n’est pas d’accepter le peu de temps que la vie nous accorde mais de continuer à aimer la vie totalement. Semblable à l’opprimé que les fers ont rendu insensible au pardon et qui réclame vengeance, nous condamnons par désespoir l’univers qui nous écrase parce que nous ne choisissons guère le chemin sur lequel nous allons mourir. Devant ce gouffre d’où maintes de nos peurs s’enracinent, nous possédons néanmoins cette lumière inextinguible de notre intelligence qui nous aide à apprécier la voie la plus sûre pour aimer le temps qu’il nous reste à vivre et vivre au mieux le temps qu’il nous reste à aimer. Cette voie de sagesse sur laquelle les meilleurs s’acheminent, nous la refusons encore au soir de notre vie. Alors, le cœur rongé par l’amertume, avançant dans l’ombre de nous-mêmes, nous mourons en vaincus sans jamais avoir laissé à notre révolte la chance de se convertir. Combien d’illusions creuses gouvernent nos principes au regard d’une sagesse moins ambitieuse qui incline à nous faire accepter de devenir un serviteur sur les terres de notre propre royaume.

La libre mort - TC

Alexandre Rosada est président de l'AENC

Présentation de trois femmes par l’éditeur Au vent des îles

Des vies « sans défaite ni combat », dans tout ce que l’ordinaire peut offrir de merveilleux pour celui qui sait observer, ressentir et dire le moindre souffle, la plus infime palpitation. Nicolas Kurtovitch compose ici l’un de ses recueils les plus personnels où souvenirs, contes et réflexions poétiques s’entremêlent. Tisserand, il noue un à un les fils des mémoires et des instants vécus ou imaginaires pour nous dire l’importance d’être au monde en pleine conscience, de transmettre, de célébrer le pouvoir de la littérature et de l’humanité.

Cet ouvrage a bénéficié du soutien de la Province Sud.

Lire un extrait

TROIS FEMMES, Nicolas KURTOVITCH, étude de Nicole CHARDON-ISCH

Alexandre Rosada est président de l'AENC

Publié dans Roman, Nouvelles

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Nouveauté Le soleil finit toujours par nous lever de Jeanne Raboutet éditeur Jets d'encre

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Nouveauté Le soleil finit toujours par nous lever de Jeanne Raboutet éditeur Jets d'encre

Parce que le soleil finit toujours par nous lever et l’espoir par triompher, Jeanne Raboutet entreprend dans ce témoignage poignant un travail de reconstruction, suite au viol qu’elle a subi, tâche aussi rude que nécessaire pour de nouveau pouvoir aller de l’avant.

Cet ouvrage aborde un sujet difficile mais apporte aussi la preuve que l’on peut toujours se reconstruire. Ce livre est un message aux victimes. Il est vendu 2 700 F en librairie L’illustration de couverture est de l’artiste Delphine Tetenoire.

Mafalda, infirmière en Nouvelle-Calédonie, est une femme volontaire, joyeuse, toujours pleine d’entrain et de projets. Sa prochaine aventure sera une marche sur la côte sauvage de l’île, à pied, en hommage à la vie. Elle a tout prévu : un sac à dos sur lequel elle invitera les passants à nouer des étoffes de couleur, des patients chez lesquels faire étape, une présentation du périple sur les réseaux sociaux... l’ensemble promet d’être merveilleux ! Mais il y a une chose que Mafalda n’avait pas envisagée : qu’au bord de la route, sans raison et sans pitié, un homme la violerait…

Jeanne Raboutet est née à Clichy le 30 avril 1973. À 24 ans, diplôme d’infirmière en poche, elle décide de quitter la métropole pour s’installer en Nouvelle-Calédonie, à l’autre bout du monde. Ce texte est le fruit d’une longue reconstruction suite au viol qu’elle a subi. Aujourd’hui, elle danse avec la vie, une valse à mille temps, temps de femme, de mère, d’écrivaine, de créatrice de bonheur.

Ci-dessous la vidéo d’Alexandre Rosada journaliste et président de l’AENC

Publié dans Roman

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Le livre dans son assiette, par l'Association des amis du livre et de la reliure à la maison Célières

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Le livre dans son assiette, par l'Association des amis du livre et de la reliure à la maison Célières
Le livre dans son assiette, par l'Association des amis du livre et de la reliure à la maison Célières

Le livre dans son assiette, par l'Association des amis du livre et de la reliure à la maison Célières

Une bonne idée de visite pendant les vacances la maison Célières, ancienne maison du livre, entretenue avec amour par l’association témoignage d’un passé. La maison a gardé une appétence pour le livre, les beaux livres anciens et restaurés par ses locataires relieurs. Il y en a partout sur les meubles encaustiqués à l’ancienne avec de l’huile de coude, tout est propre nette et agréable à regarder.

 « Le livre dans son assiette », c'est le nom de l'exposition proposée par la maison Célières qui présente le travail de l'Association des amis du livre et de la reliure. Des animations et des ateliers sont également au programme pour faire découvrir cet art.

La maison Célières, route du Port-Despointes, héberge depuis très longtemps l'Association des amis du livre et de la reliure (AALR). Philip Markham est président de l'AALR, qui a été créée en 1992. Madame Hélène Bonneaud et plusieurs passionnés de reliure était présents ce mardi matin et ont pris le temps de faire une pause pour une petite causette avec le reporter de ce blog.

L'association calédonienne sera présente aux Biennales mondiales de la reliure d'art, dont la 16e édition se tiendra du 22 au 24 septembre 2022, à Saint-Rémy-lès-Chevreuse, non loin de Paris. Plusieurs membres ont reçu leur exemplaire du livre choisi par l'organisation, Le lion, de Joseph Kessel.

Des relieurs de l'associationDes relieurs de l'association

Des relieurs de l'association

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Le livre dans son assiette, par l'Association des amis du livre et de la reliure à la maison CélièresLe livre dans son assiette, par l'Association des amis du livre et de la reliure à la maison CélièresLe livre dans son assiette, par l'Association des amis du livre et de la reliure à la maison Célières
Le livre dans son assiette, par l'Association des amis du livre et de la reliure à la maison CélièresLe livre dans son assiette, par l'Association des amis du livre et de la reliure à la maison Célières

Publié dans Evénement culturel

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