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Rencontre au sommet de la poésie pour Nicolas Kurtovitch avec Adonis. C'était en 2017 mais ce samedi 10 c'est à Boulouparis qu'on parlera poésie

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Photo de Nicolas avec Adonies et son ami Thatchom

Photo de Nicolas avec Adonies et son ami Thatchom

Il peut être fier notre Nicolas. En résidence en Chine, il trouve le moyen de rencontrer des Syriens. Ce qui prouve bien que la poésie n’a pas de frontière. JP

Adonis est le pseudonyme d'Ali Ahmed Saïd Esber, poète et critique littéraire syrien d'expression arabe et française, né le 1ᵉʳ janvier 1930.

NB : Nicolas Kurtovitch animera une séance de poésie acoustique ce samedi 10 juillet 2021 au festival de poésie de Boulouparis : Plus sur l'événement, suivre ce lien

Publié dans Poésie

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Vernissage de l’exposition : Hommage aux Calédoniens d’origines asiatiques

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Vernissage de l’exposition : Hommage aux Calédoniens d’origines asiatiques
Vernissage de l’exposition : Hommage aux Calédoniens d’origines asiatiquesVernissage de l’exposition : Hommage aux Calédoniens d’origines asiatiques
Vernissage de l’exposition : Hommage aux Calédoniens d’origines asiatiques

La Ville de Nouméa présente, à la maison Higginson, un nouveau chapitre du cycle d’expositions « Hommage », consacré aux travailleurs venus apporter leur aide à la construction de la Nouvelle-Calédonie.

Ce mardi un public nombreux a fait le déplacement pour le vernissage. On peut dire que la mairie de Nouméa sait faire plaisir à ses administrés. Le métissage de la population, le melting-pot des habitants du Caillou saute aux yeux dans une soirée comme celle-là. Le bonheur des personnes de toutes les ethnies d’origine ou descendantes d’asiatique étaient palpable. Ils sont venus en nombre, certaines personnes, très âgées parfois, ne voulaient pas rater ce vernissage. C’était très émouvant de les voir. Maintenant, c’est l’exposition qu’il faut aller voir. Ce n’est pas que visuel. Il faut lire les panneaux pour se remémorer les circonstances de la venue de ces familles, c’est un pan de l’histoire du Caillou. Véronique de France, responsable du musée de la ville de Nouméa et toutes les personnes qui ont apporté leur aide pour cette exposition peuvent se féliciter, c’est réussi ! JP

À travers près de 400 photos, cette nouvelle exposition retrace l’histoire des familles d’origine asiatique : vietnamiens, javanais, japonais, indonésiens, indiens… dont de nombreux descendants ont joué un rôle particulier au sein de la société calédonienne.

Après avoir mis en lumière 132 familles de pionniers entre 2016 et 2019, ce nouveau volet est dédié aux Calédoniens d’origine asiatique et à l’histoire de ces familles de travailleurs sous contrat. Leurs histoires de vie, souvent difficiles, racontent les aléas et les traumatismes liés notamment à l’histoire : exil forcé, séparations familiales, retour au pays natal… Ainsi que l’intégration de leurs descendances au sein de la société calédonienne.

Tous ces immigrants ont apporté une aide conséquente au développement du pays. Nombreux y sont enterrés. Aujourd’hui métissées, leurs descendances sont fières de leurs racines et de leurs ancêtres, tout en appartenant pleinement à la Nouvelle-Calédonie. Suite du dossier de presse ville de Nouméa

Vernissage de l’exposition : Hommage aux Calédoniens d’origines asiatiques
Vernissage de l’exposition : Hommage aux Calédoniens d’origines asiatiquesVernissage de l’exposition : Hommage aux Calédoniens d’origines asiatiques
Vernissage de l’exposition : Hommage aux Calédoniens d’origines asiatiquesVernissage de l’exposition : Hommage aux Calédoniens d’origines asiatiques
Vernissage de l’exposition : Hommage aux Calédoniens d’origines asiatiquesVernissage de l’exposition : Hommage aux Calédoniens d’origines asiatiques
Vernissage de l’exposition : Hommage aux Calédoniens d’origines asiatiques
Vernissage de l’exposition : Hommage aux Calédoniens d’origines asiatiques
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Vernissage de l’exposition : Hommage aux Calédoniens d’origines asiatiques

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Conférence La Bataille de Trafalgar par Florent Franchette à l’UPNC jeudi 08 juillet

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Conférence La Bataille de Trafalgar par Florent Franchette à l’UPNC jeudi 08 juillet

L'Université Populaire de Nouvelle-Calédonie a le plaisir de vous inviter à la conférence de Florent FRANCHETTE, Docteur en philosophe des sciences et des techniques

"La Bataille de Trafalgar"

Jeudi 8 juillet à 18H00 dans l'amphithéâtre du lycée Blaise Pascal.

La conférence sera suivie d'échanges avec le public.

Résumé :

La bataille de Trafalgar oppose le 21 octobre 1805 la flotte franco-espagnole sous les ordres du vice-amiral Villeneuve, à la flotte britannique commandée par le vice admiral Nelson. Si Nelson y trouve la mort, la victoire des Britanniques est totale, malgré leur infériorité numérique.

Un livre récent sur ce sujet de Rémi Monaque (Auteur) Paru le 12 mai 2021 voir FNAC

« Nous étions fermement persuadés que le vaisseau coulerait sous peu d'heures et, néanmoins, le feu continuait avec la plus grande vivacité, aux cris de "Vive l'Empereur !". » Malgré le panache et la bravoure des marins de l'Empire, pour les Français la bataille de Trafalgar signifie désastre et renoncement. Pour les Anglais, c'est une apothéose : ce 21 octobre 1805, la flotte commandée par l'amiral Nelson parvient à défaire l'armée navale franco-espagnole. Nelson en sort déifié, la Royal Navy en tire un immense prestige,...

Rémi Monaque, né le 24 août 1936, est un contre-amiral français. Passionné d'histoire, il a écrit plusieurs ouvrages sur l'histoire de la Marine française. Il s'est intéressé notamment à la marine impériale au temps de Napoléon Iᵉʳ

Publié dans conférences

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Nuelasin numéro 58, avec téléchargement gratuit disponible sur cet article

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Nuelasin numéro 58, avec téléchargement gratuit disponible sur cet article

Le numéro 58 de Nuelasin est disponible, j’ai eu le plaisir de rencontrer le rédacteur en chef au centre culturel Jean-Marie Tjibaou ce vendredi, il avait fait le déplacement pour rencontrer des lycées à l’occasion de la rencontre Prix Vi Nimö.   JP

è Téléchargez le Nuelasin 58 en suivant ce lien

Le plus de rédaction :

Tiéta le 02 juillet 2021

Bozusë. Avant de partir au centre JMT pour la rencontre avec les lycéens cet après-midi à 13h, je vous livre le mariage Amekötine, comme les gens de Hunöj l’avaient nommé. C’était le mariage de ma grande sœur à la tribu, célébré bien avant les années 80. Ci-dessous, un extrait de mon livre Simano paru en 2015. Amekötine signifie diriger. Littéralement, rendre droit. 

C’est la traduction de petit-chef dans la langue drehu. Je n’ai pas l’explication de son statut officiel dans les registres de l’administration. Grand-chef, petit-chef sont des termes attribués par les européens aux indiens des Amériques (je suppose) Dans la langue drehu, Grand-chef est traduit par angajoxu dont le radical est joxu qui signifie dieuAngajoxu serait Dieu le père dans le lexique judéo-chrétien. Grand Dieu !

« Il existe à Huiwatrul[1] un mariage que les gens de la tribu ont fini par dénommer le mariage Amekötine. 

L’homme et la femme vivaient en concubinage depuis de très longues années chez la famille de la fille. La famille du garçon ne voulait pas de Macojukö à cause de la filiation, mais aussi pour d’autres raisons. Les leurs. 

Amekötine demanda alors aux deux êtres concernés les raisons qui les empêchaient de se marier. Nyineu lui répondit que sa famille ne voulait pas de la fille qu’il aimait. Amekötine reconsidéra la question en insistant sur le fait que le plus important pour la vie du couple était l’avis des deux êtres concernés. Il leur demanda s’ils voulaient être mariés par lui sans passer par le consentement des familles. Ils lui donnèrent leur parole. 

Le petit chef alla après voir les chefs des deux familles respectives, chacune de son côté. 

Il évoquait toujours la raison que les hommes et les femmes ne doivent pas vivre en concubinage dans la tribu. Cela relevait des pratiques anciennes qu’il fallait bannir. 

La religion avait amené la lumière avec le mariage... Les gens n’étaient plus à l’époque du cannibalisme et de la polygamie. Et patati et patata… 

Tout le monde en convenait.

Certaines personnes firent encore de la résistance, mais le vieux Amekötine partait confiant, fort de ses certitudes. Une fois les deux familles averties, il invita toute la tribu à la célébration du mariage chez lui. Une grande journée festive. Il alla prévenir la grande chefferie Boula, l’officier d’état civil et le pasteur de la paroisse. Les trois P, comme il disait pour les trois personnalités. 

Le jour du mariage fut enfin annoncé dans le temple comme s’il s’agissait d’un mariage ordinaire. 

Ce jour-là, chacune des deux lignées apporta un gros bougna cuit au four traditionnel et porté par plusieurs hommes. Ces deux bougnas furent échangés. Celui, confectionné par la famille du garçon fut donné à la famille de la fille, et le bougna apporté par la famille de la fille fut donné au clan du garçon. 

Les mamans confectionnèrent d’autres bougnas, de taille normale, qui furent mangés par tous les membres des deux maisons réunies. 

Le clou du « mariage Amekötine » était la cérémonie des cadeaux. 

L’alchimie voulut que chaque personne de la tribu apportât un présent. Oh ! Pas d’appareils électroménagers ni électroniques. Ce n’était pas encore l’époque d’Internet, et parmi les cadeaux on pouvait voir seulement les biens que les gens possédaient à la tribu. Des ignames et divers tubercules. Il y avait moult couples d’animaux. On aurait dit Noé qui allait s’embarquer dans l’arche. Ainsi la paire de bétail côtoyait la poule et son coq, le chien et le chat faisaient bon ménage. Une cane et un canard se trouvaient aux côtés d’un bouc puant et sa bique. Les mamans avaient aussi apporté divers plants et diverses variétés de fleurs. Les gens parlaient et chantaient au milieu des animaux qui geignaient. Tous ces animaux sociaux s’égosillaient ce jour-là. Il y avait de la joie d’un coté et des plaintes de l’autre. Et tous ces cris à l’unisson montaient droit comme un louange vers les cieux.

Tous les cadeaux restèrent chez le petit chef, jusqu’au jour où la tribu eut fini de construire la case du couple ; le bois et la paille avaient été offerts par un autre couple en promesse de don parmi les cadeaux. Un entrepreneur, originaire de la tribu, qui venait de s’installer à Drehu avait aussi participé en amenant des feuilles de tôles ondulées. Les vieux et les gens qui étaient venus partager la journée avec la famille des deux mariés s’extasièrent devant l’ampleur et surtout le succès de cet événement. 

– Le « mariage Amekötine», voilà le genre de mariage qu’on devrait célébrer sur toute l’île, cria un vieux séduit par la sincérité de l’événement. 

Au niveau des dépenses, il n’y en avait pas, ou peu. Chacun avait apporté selon son cœur. Ce mariage fit grand bruit sur toute l’île. N’en déplaise aux familles qui voulaient toujours fixer la barre haute en mariant leur fils pour faire étalage de leur richesse. Le couple vécut heureux jusqu’à la mort de l’épouse. Mais le mariage reste encore dans la conscience tribale. Et quand surviennent des problèmes conjugaux ou d’une autre nature, les personnes qui avaient célébré le « mariage Amekötine », n’hésitaient pas à se remémorer leurs agréables souvenirs. »

Hnacipan Léopold (extrait de Simano 2015, éd. Écrire en Océanie)

Publié dans Culture Kanak

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Journée de rencontres entre les élèves et les auteurs en lice pour le Prix Vi Nimö au centre culturel Jean-Marie Tjibaou

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

La coutume
La coutumeLa coutume
La coutumeLa coutumeLa coutume

La coutume

Environ 110 jeunes qui participent au Prix Vi Nimö se sont retrouvés ce vendredi 2 juillet au CC Tjibaou pour une journée de rencontres avec les auteurs. Une belle journée et une bonne organisation qui a commencé par une coutume, un geste obligatoire au centre culturel comme ailleurs maintenant par respect des traditions kanak.  Cette journée culturelle littéraire laissera un beau souvenir aux participants, c’est plus que certain. Des auteurs des îles et du nord ont fait le déplacement seul Akel Waya était enfermé dans la « boite à image » mais il n’a pas été le moins bavard. Sans aucun complexe, les élèves ont posé des questions aux auteurs pour enrichir leur connaissance du métier d’écrivain. Voir le planning ci-dessous fourni par la cheville ouvrière de ce prix Daniel Collet, documentaliste au Lycée Do Kamo :

  • 8h00      Arrivée au CCT
  • 8h30      Coutume d’arrivée
  • 9h00      Début des ateliers culturels, les élèves sont répartis en 5 groupes (composés d’élèves des différents établissements) qui tournent
  • 12h15    Repas sur place dans l’espace Bord de mer (casse-croûte à prévoir)
  • 13h00    Rencontre avec les auteurs : Isa Qala, Léopold Hnacipan et Nicolas Kurtovitch, Akel Waya sera en visioconférence ; invités spéciaux hors sélection : Alexandre Rosada, Sylvie Baille et Catherine Laurent
  • 15h25    Départ

Outre la rencontre avec les auteurs, l’objectif de cette journée est de se faire rencontrer des jeunes de milieux différents, d’établissements différents (publics, catholiques, protestants), d’origines géographiques et culturelles différentes, pour vivre ensemble une journée de partage autour de la culture et de la littérature.

Les établissements qui participent à la rencontre sont les lycées Do Kamo, Blaise Pascal et Williama Haudra (ils viennent à Nouméa spécialement pour la journée), et les collèges Champagnat et Mariotti.

Les autres établissements qui participent à l’édition 2021 (Lycée St Jean 23, collèges Nathalo et Tuband) n’ont pas pu se déplacer, mais participeront au vote début septembre et peut-être au voyage à Poindimié pour remettre le Prix Vi Nimö 2021 à l’auteur lauréat lors du SILO. En tout plus de 200 élèves de troisième ou de seconde de ces établissements participent à cette opération.

La sélection 2021 s’articule autour du récit court, nouvelle, ou roman :

  • "Fleurs de Potr » - Léopold Hnacipan
  • "Mon amoureuse » - Akel Waya
  • "La tribu des veuves » - Isa Qala
  • "Caledonia Blues » - Claudine Jacques
  • "Trois femmes » - Nicolas Kutovich
  • Et un texte coup de cœur de « Sillage d’Océanie 2020 »

Le Prix Vi Nimö existe depuis 2005 et remet tous les 2 ans ce prix à un auteur calédonien. Ici la liste de tous les livres sélectionnés, et les lauréats depuis 2005. Plus suivre ce lien

Journée de rencontres entre les élèves et  les auteurs en lice pour le Prix Vi Nimö au centre culturel Jean-Marie Tjibaou
Journée de rencontres entre les élèves et  les auteurs en lice pour le Prix Vi Nimö au centre culturel Jean-Marie Tjibaou
Journée de rencontres entre les élèves et  les auteurs en lice pour le Prix Vi Nimö au centre culturel Jean-Marie Tjibaou
Journée de rencontres entre les élèves et  les auteurs en lice pour le Prix Vi Nimö au centre culturel Jean-Marie Tjibaou
Journée de rencontres entre les élèves et  les auteurs en lice pour le Prix Vi Nimö au centre culturel Jean-Marie Tjibaou
Journée de rencontres entre les élèves et  les auteurs en lice pour le Prix Vi Nimö au centre culturel Jean-Marie Tjibaou
Journée de rencontres entre les élèves et  les auteurs en lice pour le Prix Vi Nimö au centre culturel Jean-Marie Tjibaou
Journée de rencontres entre les élèves et  les auteurs en lice pour le Prix Vi Nimö au centre culturel Jean-Marie Tjibaou
Journée de rencontres entre les élèves et  les auteurs en lice pour le Prix Vi Nimö au centre culturel Jean-Marie Tjibaou
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Lancement officiel de la semaine de la francophonie à la Bibliothèque Bernheim de Nouméa avec la présentation des 10 Mots 2021 Dis-moi dix mots

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Lancement officiel de la semaine de la francophonie à la Bibliothèque Bernheim de Nouméa avec la présentation des 10 Mots 2021 Dis-moi dix mots
Lancement officiel de la semaine de la francophonie à la Bibliothèque Bernheim de Nouméa avec la présentation des 10 Mots 2021 Dis-moi dix motsLancement officiel de la semaine de la francophonie à la Bibliothèque Bernheim de Nouméa avec la présentation des 10 Mots 2021 Dis-moi dix mots

À 18h, la soirée francophonie à la Bibliothèque Bernheim de Nouméa avec la présentation des 10 Mots 2021 “Dis-moi dix mots qui (ne) manquent pas d’air” illustrés par des bandes dessinées a débuté ce mardi 29 juin. (Dix mots à illustrer par des récits, des poèmes, des chansons, des dessins, des arts plastiques dans tous les établissements scolaires de l’enseignement primaire comme de l’enseignement secondaire dont la déclinaison se déroulera sur plusieurs mois). Comme à chaque lancement de la semaine de la Francophonie, exceptionnellement en hiver cette année, un public nombreux a fait le déplacement. Yoann Lecourieux, membre du gouvernement a lancé la soirée avec un petit discours pour parler de l’importance de la culture et du rôle de la Nouvelle-Calédonie pour la francophonie dans la région avant de céder la parole à un responsable de l’enseignement et au président de l’Alliance Champlain.

Josiane Boudière a réussi à enchanter les spectateurs avec sa prestation sur le thème des dix mots. Josiane était devant un public inhabituel pour elle et un peu plus âgé mais elle a de l’expérience. Elle a bluffé le public avec ses contes « pour enfants ». Vous trouverez ci-dessous une partie du discours de Daniel Miroux, inusable président de l’Alliance Champlain, et un lien sur un autre article avec le programme complet de cette semaine qui a débuté vendredi à la médiathèque Denise Frey au Mont-Dore. La semaine de la francophonie se termine toujours ou commence par la Dictée du Pacifique qui se déroulera samedi prochain dans la grande salle d’honneur de la mairie de Nouméa à 13h30. (Programme)

Mesdames, Messieurs,

Tout d’abord un grand merci à la Bibliothèque BERNHEIM et à son Directeur Christophe AUGIAS de nous avoir permis, une fois de plus, de nous réunir ici. Merci d’être venus aussi nombreux à cette soirée “francophonie” Merci aux personnalités qui se sont déplacées : M. Sylvain BOURGET, M. Yoann Lecourieux membre du gouvernement. Madame Pascale SERVENT, adjointe au Maire, qui représente celle-ci, Le Président du Lions Club Doyen, M. Stéphane GRANGETTE qui souhaite remettre une aide à l’Alliance Champlain.

Cette soirée aurait dû avoir lieu le mardi 16 mars dernier mais elle fut annulée pour cause de confinement. L’artiste que nous avions pour cette occasion invité, Atonio LAGIKULA, se trouve d’ailleurs toujours bloqué à Wallis. Il s’est fallu de 48 heures pour qu’il arrive à Nouméa. Il aurait alors été contraint de rester ici pendant plusieurs semaines. Cela nous rappelle l’artiste de Kinshasa de l’année dernière qui était arrivé peu avant le confinement le 10 mars 2020 et qui fut contraint de rester en Nouvelle-Calédonie jusqu’au 5 juin pour cause de pandémie, son aéroport de destination étant fermé. Aujourd’hui nous avons le plaisir de recevoir la conteuse calédonienne Josiane BOUDIÈRE qui excelle dans son art et qui est bien connu du public calédonien. Elle nous contera dans quelques instants l’Enchant… euse qui comprendra, portez bien l’oreille, les 10 Mots 2021.

Ces mots, qui sont depuis 2008 choisis chaque année par les ministères de la culture de France, Belgique, Suisse, Québec et aussi par l’Organisation internationale de la Francophonie, sont devenus au fil des ans le socle mondial de cette semaine de la langue française et de la francophonie. Cette année, outre la bibliothèque Bernheim (Vous pouvez d’ailleurs admirer autour de vous les affiches du thème de l’année “dis-moi 10 Mots qui ne manquent pas d’air”) ce sont les médiathèques de Kaméré et Rivière Salée qui se sont joints à celles de Dumbéa, Mont-Dore et Païta pour ne parler que du Grand Nouméa pour célébrer ces 10 Mots. Les médiathèques de Koumac, Poindimié et Thio participent également à cet évènement. Que toutes ces médiathèques soient remerciées pour leur dynamisme à fêter la langue française et la francophonie. Une précision, les 10 Mots existent depuis 1999 et depuis l’année dernière, chaque mot, comme vous pouvez le voir dans l’exposition, est illustré par une bande dessinée de deux pages qui est réalisée par autant de graphistes différents venant de toute la Francophonie. Des concours sont, par ailleurs, lancés dans de nombreuses classes du secondaire du territoire qui seront récompensées en fin d’année. À cet effet nous remercions le Lions Club Doyen ici présent pour sa dotation pour récompenser les classes les plus méritantes.

Avant de terminer mon propos, je voudrais vous informer de la tenue d’une nouvelle édition de la Dictée du Pacifique qui se déroulera samedi prochain dans la grande salle d’honneur de la mairie de Nouméa à 13h30. Nous remercions les médiathèques de Païta et de Thio d’avoir eu la même initiative. La particularité de cette Dictée est que le texte est tiré de l’œuvre d’un auteur calédonien. C’est ainsi qu’au fil des dernières années nous avons eu : Jacqueline SÉNÉS, Dora WADRAWANE, Fernande LERICHE et Léopold HNACIPAN…

 

Lancement officiel de la semaine de la francophonie à la Bibliothèque Bernheim de Nouméa avec la présentation des 10 Mots 2021 Dis-moi dix mots
Lancement officiel de la semaine de la francophonie à la Bibliothèque Bernheim de Nouméa avec la présentation des 10 Mots 2021 Dis-moi dix motsLancement officiel de la semaine de la francophonie à la Bibliothèque Bernheim de Nouméa avec la présentation des 10 Mots 2021 Dis-moi dix mots
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Hélène Bessette l’oubliée de l'histoire littéraire, une conférence de Thierry Charton, écrivain philosophe du Caillou

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Thierry en conférence avec Julien Doussinaul et une photo en lecture de la liste des personnes à remercier
Thierry en conférence avec Julien Doussinaul et une photo en lecture de la liste des personnes à remercierThierry en conférence avec Julien Doussinaul et une photo en lecture de la liste des personnes à remercier

Thierry en conférence avec Julien Doussinaul et une photo en lecture de la liste des personnes à remercier

Un choix cornélien se présentait cet après-midi aux amateurs de culture ce samedi 26 juin, l’omelette de Dumbéa ou Bessette de Nouméa. Faire le plein de produits locaux et déguster l’omelette au saucisson de « serfe » sera pour dimanche. J’ai opté pour la nourriture intellectuelle après avoir trouvé cette citation de Gustave Le Bon « La nourriture intellectuelle donnée par l’instruction est comparable à la nourriture matérielle. Ce n’est pas ce qu’on mange qui nourrit, mais seulement ce qu’on digère ». En doublant ma dose de Duphalac, ça devrait le faire. Je sais tout maintenant de cette auteure grâce à Thierry Charton qui avait préparé à sa manière la finale du top 14 entre La Rochelle et Toulouse en lisant les 14 romans de l’écrivaine dont La Grande Balade le plus calédonien de tous. (Voir ci-dessous)

Je pense que je n’aurai pas besoin de médicament pour digérer, la conférence de Thierry Charton était brillante, limpide. Une conférence éclairage sur un partie de sa vie en Calédonie complètement méconnue comme l'a souligné son biographe Julien Doussinault qui est intervenu en direct en visioconférence. Dans la salle des témoins de l’époque étaient présents. Billy Watopro a clôturé la conférence avec un petit discours. Il fallait faire cette conférence. Bravo !

J’adore une phrase de cette écrivaine disons « maudite », elle n’a pas connu la reconnaissance de son vivant. « J’ai besoin que l’on soit gentil avec moi », c’est fait mais c’est un peu tard. Le monde littéraire, le microcosme est souvent injuste. C’est triste. C’est vrai en Nouvelle-Calédonie, maintenant, à l’époque de Jean Mariotti et de celui d’Hélène Bessette. JP

NB : Causerie le 30 juin chez Calédo Livres autour de l’ouvrage « La grande balade » de Hélène Bessette avec Thierry Charton, Nicolas Kurtovitch et Jacques Eschenbrenner.

La grande balade

« Toi qui peux tout. Baisse les rideaux. Les paupières de ceux qui pourraient voir.» 

 

Roman français d’Hélène Bessette - Couverture de Dominique Bordes

Le livre

La vie crève. La réalité explose. Et Hélène Bessette vous invite au voyage. « Embarquement pour l’Etrange » ! Forcez le destin, ouvrez l’horizon, La Grande Balade est un manifeste en faveur de l’inconnu, synonyme de grande vie, de grands fonds, et d’une recherche intérieure aussi sereine que le décor en est grandiose et pur.

Ce poème universel de la nature axé sur une traversée des océans dense en couleurs emporte le lecteur comme un livre d’images, un roman d’aventures, un catalogue de destinations exotiques. Dépaysement total au pays du verbe.

L’auteure Hélène Bessette

Hélène Bessette (1918-2000) a publié 13 romans chez Gallimard entre 1953 et 1973, gagné le prix Cazes en 1954, été à deux reprises en lice pour le prix Goncourt et le prix Médicis. Acclamée par plusieurs auteurs et critiques renommés, cette écrivaine majeure reste encore aujourd’hui étrangement peu connue. Ses romans avant-gardistes mettent à mal les codes narratifs traditionnels. En plus de son œuvre romanesque, elle a tenu une série de journaux et d’œuvres autobiographiques dans lesquelles elle analysa ses influences littéraires, de Chandler à la poésie aborigène, et la souffrance causée par l’absence de reconnaissance qui la mena au bord de la folie.

Cet oubli injustifié fut comblé par l’éditrice et écrivaine Laure Limongi, qui a publié sept romans d’Hélène Bessette aux Éditions Léo Scheer : Le Bonheur de la nuit (2006), MaternA (2007), Suite suisse (2008), Ida ou le Délire (2009), La Tour (2010), Si (2011), N’avez-vous pas froid (2011), tandis que Julien Doussinault lui a consacré une biographie, la première, en 2008. (Source le nouvel Attila éditeur)

En amont de ce cette conférence dès l’été 2018, lors d’un colloque d’une semaine consacré à l’écrivaine au Centre international de Cerisy-la-Salle, sous la direction de Claudine Hunault, Cédric Jullion et Julien Doussinault (biographe d’Hélène Bessette), Anne Bihan, avait œuvré à un premier défrichage et éclairage à propos du séjour calédonien d’Hélène Bessette, et de son rôle majeur dans sa trajectoire littéraire. Fondée, nous précise-t-elle, sur un travail ayant mobilisé tout particulièrement Ismet Kurtovitch et Christophe Dervieux du Service des archives de Nouvelle-Calédonie, ainsi que de nombreux témoins dont Madame Evelyne Lèques, fille du pasteur Lacheret ayant connu Hélène Bessette, son intervention intitulée « Hélène Bessette – D’un autre hémisphère » paraîtra très prochainement dans les actes de ce colloque au Nouvel Attila. Anne poursuit ses recherches et interventions relatives à Hélène Bessette, son œuvre et la Nouvelle-Calédonie. Une rencontre est notamment prévue le 22 septembre au Théâtre – Scène nationale de Saint-Nazaire, à l’invitation de l’association L’Ecrit parle. Elle a également évoqué l’œuvre à l’Institut français de Stockholm, et lors de diverses lectures.

Hélène Bessette l’oubliée de l'histoire littéraire, une conférence de Thierry Charton, écrivain philosophe du CaillouHélène Bessette l’oubliée de l'histoire littéraire, une conférence de Thierry Charton, écrivain philosophe du Caillou
Hélène Bessette l’oubliée de l'histoire littéraire, une conférence de Thierry Charton, écrivain philosophe du CaillouHélène Bessette l’oubliée de l'histoire littéraire, une conférence de Thierry Charton, écrivain philosophe du Caillou
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𝐏𝐢𝐭𝐨 𝐌𝐚̂ 𝟏𝟐, douzième tome de la série de BD Pito Ma Tahiti imaginée par Gotz

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Ouvrage édité par l'éditeur du fenua AU Vent Des Îles

Ouvrage édité par l'éditeur du fenua AU Vent Des Îles

Des aventures drôlissimes et pleines de rebondissements sous les latitudes de Tahiti !

Gotz nous fait découvrir la vie polynésienne à travers les aventures de Pito et ses amis Pua, Bob, Lee Fou et Rimap dans un douzième album. Toujours avec un ton humoristique, ce numéro désormais en couleurs sensibilise sur une thématique importante : l'éco-mobilité.

Disponible dès maintenant dans vos librairies ! (en Polynésie et bientôt à Nouméa)

En 2017 Gotz avait laissé un beau souvenir à la bibliothèque de Boulouparis, une fresque sur bois sur trois panneaux, un triptyque comme au Moyen Âge. Une grande peinture qu’il affectionne de faire. Une femme noire qui était le thème du festival de la BD 2017. JP

Gotz est né en 1964. Artiste peintre, il a abordé toutes les formes d’expression plastique avant de se consacrer à son art : la peinture. Il vit depuis 1991 à Tahiti, sur l’île de Moorea au milieu de l’exubérante végétation d’une vallée où est installé son atelier. Illustrateur, il est l’auteur des planches de « Pito ma », une bande dessinée dans laquelle il croque la vie polynésienne avec humour. Gotz a également réalisé plusieurs ouvrages sur le tatouage polynésien, un sujet qui le passionne. C’est avec gourmandise que, tout môme, Gotz dévorait les histoires de Spirou, Gaston Lagaffe et Astérix… Il en recopiait avec soin les personnages et les décors, s’en inspirant pour créer de petites histoires. Il a travaillé seul sur les cinq premiers albums, il s’est adjoint les services d’un scénariste depuis quelques temps. Toerau sur les épisodes 6 à 8, et Marotea parolier et chroniqueur radio depuis le N°9. «J’avais besoin de me renouveler. Je commençais à être en décalage avec l’ambiance générale de Papeete » explique Gotz qui vit souvent reclus dans sa vallée de Moorea dans un article du 16 septembre 2014 dans Tahiti Infos. Grâce à l’arrivée de scénaristes certains points de vue changent et la famille Pito Ma s’enrichit de nouveaux personnages. Le club des cinq camarades du début est devenu une brochette d’une douzaine de figures. Plus sur ce blog

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Nuelasin numéro 57, avec téléchargement gratuit disponible sur cet article

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

l'en-tête du journal 57

l'en-tête du journal 57

Une fois de plus, Bravo Léopold Hnacipan à toi et a ton élève pour le 1er prix Collège FELP de Tiéta – Voh- Nouvelle Calédonie à Jill WRIGHT (5ème A) pour « Le trésor de Kephren » du concours de Contes et Nouvelles d’Opalivres ! En France ! Tu peux embaucher ce garçon pour la rédaction du journal, je pense qu’il fait déjà partie de l’équipe. JP

  è Téléchargez le Nuelasin 57 en suivant ce lien

Le plus de rédaction : Tiéta le 25 juin 2021.

Bozusë.

J’ai une grande pensée aux enfants du pays qui reviennent pour les vacances après les mois difficiles de confinement qu’ils ont vécus loin des leurs. Il y en a parmi elles/eux qui ont réussi dans leur cursus. Félicitations. Les autres qui n’ont pas eu leurs partiels d’avant juin, je leur souhaite un grand courage et un redoublement d’effort pour les exams de rattrapage. Bonnes vacances à ces étudiant(es) qui aussi lisent Nuelasin.

Une grande joie de vous offrir le texte qui suit pour accompagner votre journal Nuelasin 57 de ce vendredi. Je vous demande de retenir le nom de l’auteur, il est de Hunöj. La relève ? Vous êtes témoin de son envol. Je dédie son texte aux jeunes arrivants de Métropole et à ceux qui y sont restés, loin des yeux. C’est pour vous cette envolée superbe.

Bonne lecture à vous de la vallée. Wws

Une envolée superbe

            L’amour est un sentiment très fort qui nous élève. Dans ma famille, il m’a permis d’avoir une enfance heureuse et de créer une dynamique pour m’envoler dans la vie.

« Il y a comme des pages dont le hasard est fait qu’on aimerait déchirer et jeter loin, très loin. Moi, pour rien au monde je ne renierais mes souvenirs. Ces clichés m’ont aidé à me connaître pour me situer dans ma généalogie, puis dans ma trajectoire dans le rapport au monde. C’est alors que je me suis senti plus rassuré. « Je sais d’où je viens et où je vais. » me disais-je. Je ne me posais plus de questions quant à ma place dans le monde ni dans la coutume. Toutes ces questions qui taraudent l’esprit de tous jeunes gens de ma génération à vrai dire, au fond définissaient mon identité, ma place en tant qu’homme, ce à quoi j’inspirais à devenir. »

Les chiens commençaient à s’exciter autour du champ au moment même où retentissait le trille du « eatreu » petit oiseau jaune à lunettes venant de la forêt toute proche. Il donnait l’alerte, signal pour marquer la fin de toutes activités dans les champs. « Il est temps de rentrer à la maison. » : fit mon père craintif et aussitôt avec maman, ils se mirent à ramasser les derniers tubercules fraîchement récoltés, disséminés ça et là sur le sol. Ils serviraient de provision pour notre séjour à « Mele » dans l’arrière-pays, derrière les falaises quand on allait au bord de la mer. A cette heure le soleil a déjà touché la cime des arbres de Sez, signe qu’il nous fallait nous empresser de tout mettre à l’abri. Le monde des esprits allait se confondre avec le nôtre.

En ce temps-là, je devais avoir quatre ou cinq ans et mon père m’expliquait déjà beaucoup de choses importantes pour la vie et tout cela s’entremêlait dans ma tête.

Tôt, le lendemain, papa fermait le dernier sac. Mon grand frère qui s’excitait, était tout comme nos chiens qui hurlaient de bonheur. Ils ne semblaient pas ignorer où on allait. Et ils s’impatientaient en poussant de petits cris et en tournoyant autour de papa. Mes parents ma sœur et mon frère avaient chacun un sac accroché aux épaules. Et moi j’étais haut perché à califourchon sur la nuque de papa. « Nous devons être dans la grande forêt avant que le soleil soit plus haut et darde plus fort ses rayons. » : enjoignit mon père d’un air plus appuyé en remuant la tête de haut en bas.

C’était mon baptême, la première fois que j’allais au bord de la mer. Et dans un ravissement profond, je m’enthousiasmais en sautillant sur mon siège. Papa me gronda.

Sur le sentier qui serpentait à l’ombre des grands arbres, ma curiosité monta d’un cran… elle venait de très loin, je suppose. Et le fond de mon être, me poussait chaque fois à faire des remarques auxquelles papa répondait toujours par des chuu… en portant l’index sur les lèvres. Chaque réponse à une question avait son temps. Sur ce chemin-là, nos interrogations demeuraient interdites, tous nos pas étaient mesurés ; pour ne pas déranger l’esprit de la forêt, disait-on.

A cet âge, je ne mesurais aucunement le degré de dénuement dans lequel vivaient mes parents. C’était criard et cela sautait grandement aux yeux des autres familles de la tribu. Aucun des deux ne travaillait pour avoir droit aux allocations. Alors, ils se donnaient inlassablement corps et âme au travail des labours pour nous faire vivre. Nous vivions de la chasse et de la terre. Ainsi pendant les vacances scolaires mes parents emmenaient toute la marmaille dans le littoral du pays pour assurer ce que mon père appelait ‘le tonnage,’ pour bien manger. Je ne sentis même pas le regard de nos familles pesant sur nous, à vrai dire dans le cœur de la fratrie, c’était tout le temps le printemps.

Dans la forêt, nous marchions. Les fourmis me dévoraient alors que la chaleur se faisait sentir et la douleur des morsures devenait de plus en plus insupportable. Mon grand frère, le torse nu courait devant avec les chiens. Et maman qui fermait la marche, racontait à ma grande sœur sa première virée au bord de la mer. Mon père quant à lui, m’expliquait l’importance des arbres, des « husapa » point d’eau dans la forêt et des feuilles mortes. Il m’apprenait ensuite à lire les pistes d’animaux comme dans un livre. Sur son dos, je me surprenais à deviner des odeurs et à citer le nom des arbres et des fougères. Les « sö », « trelewegeth », « hnë » et hmana, comme leurs branches, dansaient en écran derrière mes paupières. Je me sentais tellement heureux que la douloureuse morsure des fourmis n’est plus qu’un lointain souvenir. Le trajet était long mais personne ne se plaignait. Le plus important, c’était que nous soyons en famille. Unie, pour ne pas sentir notre situation et échapper aux regards de la tribu.

Soudain, nous arrivâmes devant une grande falaise que nous escaladâmes sous le regard des roussettes posées sur un banian. Elles ne semblaient guère effarouchées. « Il semble qu’elles nous encouragent à marcher plus vite » : s’écria ma sœur. Ils feraient partie de notre menu, le « boeboel » de la cuisson ce soir reprit mon frère. Arrivés au sommet de la paroi, mon père fit halte et me dit d’écouter. Je tendis l’oreille : « C’est calme. » Mais papa me reprit disant de faire un peu plus attention. « Écoute bien mon fils. Tu ne t’es pas bien concentré. » Rajouta-t-il.

Du haut de cette muraille le ressac de la houle qui se heurtait aux rochers, me parvenait. Le vent traversait la forêt en survolant les arbres et en emportant le chant des oiseaux. Au loin, se dressaient les pins colonnaires sombres comme des ombres voilées par la brume. Ils rendaient l’endroit à la fois magique et hostile. Nous entrions dans un monde féerique et surnaturel. La mer était agitée. 

Avant la descente en rappel, une odeur de mousse et de feuilles mortes sur les rochers, m’envahirent les narines. Dans une crevasse un crabe rose, l’air méfiant, m’épiait. Les pinces dressées au-dessus de la carapace.

« À partir de maintenant, plus de questions ni de bruit. Nous sommes dans un monde qui n’est plus du nôtre. Nous ne sommes que de passage, on prend ce dont on a besoin et on repart. On respecte les lieux. Ici, il y a les esprits bienveillants mais il ne faut pas les incommoder. Nous devons économiser l’eau et garder l’endroit propre. » Disait mon père d’un ton un peu plus autoritaire.

De l’échelle en bois pour descendre de la falaise, jusqu’au « qahlapa » campement, on installa des pièges à crabe de cocotiers. Mon père de son coutelas coupait les cocos secs en deux, mon frère et ma sœur les accrochaient à des racines d’arbre. On viendrait dans la nuit pour les éclairer. Sur le chemin maman, ramassait quelques « hone pahatr » des cœurs d’une fougère comestible. Ce serait pour la soupe du soir.

 A Joea, on installa notre bivouac sous la cocoteraie. Avec des feuilles vertes de cocotier, maman tressait des nappes qui nous serviraient d’assiettes. Les « behno » nous serviraient de natte. Je n’en avais pas besoin parce que j’étais suspendu sur un hamac. Papa débroussait tous les cocotiers en prenant garde de ne pas faire de mauvaises rencontres comme des serpents de terre. L’endroit en était infesté. Mon frère et ma sœur n’avaient pas attendu. Ils étaient déjà partis à la mer pour faire la pêche. « Isa öni than ; chacun mange sa prise » : claironna mon frère sans doute pour m’inciter à les rejoindre.

Après le grand nettoyage de la cocoteraie, avec mon père nous descendîmes par un chemin qui rentrait dans une crevasse de la paroi rocheuse pour sortir à la mer. Alors nous parcourions le « ngöne waja » le rebord sous les falaises. De la main gauche, papa m’attrapait par la main et de l’autre, il ne quittait pas sa sagaie. Parfois il piquait un perroquet et d’autres poissons encore qui venaient trop près du bord. Mon père faisait presque un avec la falaise dont il prenait la couleur. Il semblait même danser avec les poissons qui remuaient les nageoires au rythme des vagues. Pour les attraper, mon père s’immobilisait un moment en laissant le poisson s’approcher presque jusqu’à ses pieds. Et cela fonctionnait. Il n’avait plus qu’à les piquer. Avant de remonter rejoindre maman, on remerciait l’esprit des lieux.

Le soir venu, les poissons étaient sur le « pek » fumoir. Autour du feu nous sommes tous assis. J’étais alors dans les bras protecteurs de maman. Papa était en tailleur de l’autre côté du foyer. Les flammes dansaient entre nous, en nous réchauffant après la pêche. Parfois du bleu et du vert sortaient des bûches pour lécher le « pek » sur lequel cuisait notre poisson pour le dîner. Nos âmes étaient en paix. Le vent du large nous soufflait dessus. Les légendes commençaient à entrer dans nos sens et nous pénétraient de partout. Le surnaturel venait en communion avec cette chaleur humaine et ce feu. Même les étoiles et la lune participaient à cette grâce qui naissait dans le cœur de chacun de nous.

La magie s’opérait. Cette nuit-là, j’ai lutté pour ne pas fermer les yeux. Tout était beau. Mais à une heure avancée, le sommeil eut raison de mon corps frêle.

Au petit matin les crabes de cocotier étaient accrochés sur quelques branches des arbres alentours, les ignames cuisaient dans la cendre et mon papa dormait paisiblement à côté du feu.

Aujourd’hui je suis reconnaissant envers mes parents, qui malgré le peu de ressources qu’ils avaient, ont fait de moi ce que je suis devenu. Ils m’ont offert l’essentiel d’une enfance heureuse. Je me sens aussi reconnaissant pour ces endroits qui nous ont accueilli et nourri. Et j’essaie désormais au mieux de marcher sur les pas de mon père toujours avec humilité et beaucoup de respect. 

Quand la force de l’écriture m’a pris, ma fougue dirigea droit ma plume pour noircir ces pages et donner mon témoignage à la force du seul homme, dont je suis l’héritier, et que je juge fort bien de m’avoir éduqué à aimer la vie. Son nom a exigé le respect des hommes de tous les âges à Hunöj. Je lui dois tout. Hommage ! Saipö, c’est mon père. Jim Saipö

Publié dans Culture Kanak

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Deux nouveautés jeunesse, coup de cœur de Calédo Livres

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Deux nouveautés jeunesse, coup de cœur de Calédo Livres

La collection Vert d'O des éditions Cépages souhaite éveiller les enfants à la beauté de la nature et des étonnants animaux qui la peuplent. De superbes illustrations invitent au voyage et révèlent, aux petits comme aux grands, la richesse de la biodiversité.

Suivre ce lien pour découvrir les ouvrages Vert d’O

Partez à la rencontre du monde sauvage en compagnie de Catherine C. Laurent et Bénédicte Nemo, un duo de voyageuses curieuses, qui vous proposent, avec ces petits livres pleins de poésie, de merveilleuses découvertes...

Deux nouveaux titres viennent enrichir cette collection :

- « Le cagou du Caillou »,

- « L’esprit papillon », textes de Catherine C. Laurent et illustrations de Bénédicte Némo.

Albums à partir de 3 ans.

On aime :

  • La poésie omniprésente à chaque page
  • L'éveil à l'art proposé à travers les magnifiques illustrations
  • Une jolie histoire pour sensibiliser à la protection de ces animaux endémiques
  • Le contexte local.
Illustrations des ouvrages proposés
Illustrations des ouvrages proposés

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Publié dans Livre jeunesse

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