C’est rafraîchissant une petite fête à la crèche La Maison du Petit Enfant surtout quand ma petite-fille fait partie des pensionnaires et que la bibliothèque Bernheim est en face. C’est le cœur historique de Nouméa les arbres de la cour comme ceux du parc de la bibliothèque, ils sont plus que centenaire. C’est paisible. Cette crèche est un havre de bonheur. JP
Maison du Petit Enfant
Située au centre-ville, la crèche La Maison du Petit Enfant a une capacité d’accueil de 106 enfants dont 12 places dédiées aux enfants en situation de handicap. Les petits sont accueillis dès 3 mois et jusqu’à l’âge de l’entrée à l’école maternelle. 27 personnes travaillent ensemble pour le bien-être et l’éveil des enfants.
La Maison du Petit Enfant accueille des modèles familiaux dont les origines sociales, culturelles et géographiques sont diverses. Faire de ses différences une richesse est l’une des volontés de la crèche. Chaque enfant grandit à son rythme et s’épanouit autour d’un projet pédagogique porté par une éducatrice de jeunes enfants et les 18 personnels encadrant.
Lieu de partage et de rencontre, la crèche propose des activités thématiques libres ou semi-dirigées au cours desquels les enfants apprennent le « vivre ensemble ».
Un livre savant pour découvrir cette notion définie comme « l’aptitude à comprendre et à utiliser l’information écrite dans la vie courante, à la maison, au travail et dans la collectivité en vue d’atteindre des buts personnels et d'étendre ses connaissances et ses capacités » (sic) Wikipédia dans sa définition de la littératie, ou lettrure.
Le terme littéracie est actuellement utilisé par une minorité de chercheurs français. C’est ce que j’ai pu constater en me demandant pourquoi ces deux orthographes. Il y a surement des nuances à découvrir. Est-ce que littéracie veut dire la même chose que littératie ? Ce livre devrait éclairer les curieux. Les enseignants et les érudits vont surement apprécier cet ouvrage. JP
Littéracies en Océanie : enjeux et pratiques
De Claire Colombel-Teuira, Véronique Fillol et Stéphanie Geneix-Rabault
Ce livre a pour ambition de contribuer à élargir le champ conceptuel de la notion de littéracie à partir de réflexions et travaux de recherche en Océanie. Il vise aussi à réhabiliter ou à (re)découvrir quelques usages littéraciques et à ouvrir de nouvelles perspectives de recherche sur la base de ces réflexions interdisciplinaires.
Cet ouvrage souhaite ainsi contribuer au repositionnement épistémologique du terme à partir d’une ouverture du concept de littéracie à la prise en compte des modalités de communication dites traditionnelles et technologiques, mais aussi à la nécessité d’une littéracie plus inclusive de la diversité linguistique et culturelle des sociétés océaniennes.
Claire Colombel-Teuira, sociolinguiste et didacticienne enseigne à l’Institut de Formation des Maitres de la Nouvelle-Calédonie. Ses recherches concernent les langues océaniennes, avec une focalisation particulière sur l’éducation et les pratiques plurilingues en contexte pluridiglossique.
Véronique Fillol, sociolinguiste et sociodidacticienne enseigne à l’université de la Nouvelle-Calédonie. Elle a publié Stéréotypes et représentations en Océanie (Corail) et Vers une école plurilingue dans les collectivités française d’Océanie et de Guyane (l’Harmattan) avec Jacques Vernaudon ; et Terrains océaniens : enjeux et méthodes avec Pierre-Yves Le Meur (l’Harmattan) dans la collection « Cahiers du Pacifique Sud contemporain ».
Stéphanie Geneix-Rabault, ethnomusicologue enseigne à l’Université de la Nouvelle-Calédonie. Ses recherches, qui concernent les langues océaniennes, participent à la production de ressources multilingues en/sur les langues océaniennes, principalement sur les expressions artistiques et la littérature orale. Elles visent également à renforcer leurs visibilité et audibilité dans les médias. Elles ont collaboré à un programme de recherche sociolinguistique mettant en lumière la richesse et la complexité des dynamiques de contacts de langues et de cultures à Nouméa (Nouvelle-Calédonie). Elles travaillent conjointement à une meilleure contextualisation didactique des enseignements en Nouvelle-Calédonie, notamment en créant des outils d’éveil aux langues cultures océaniennes ou en accompagnant des pratiques innovantes dans les établissements scolaires.
Les lauréats du concours de bande dessinée Bulles de mémoire ont reçu leurs prix, ce mercredi 26 juillet, à la Maison du combattant.
Vingt élèves, collégiens et des lycéens de 11 à 18 ans ont participés à la création de planches de BD sur le thème de « la guerre ailleurs ».
Les lauréats sont : trois du collège Saint Joseph-de-Cluny, treize de Normandie et quatre du Lycée Lapérouse.
Ce concours est organisé par l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) depuis deux ans. Jacques Astakof, directeur de l’ONACVG a déclaré dans les Nouvelles Calédoniennes sa satisfaction. Il a tenu lui-même à saluer tous les élèves ayant participé à ce concours. Les élèves qui ont ensuite pu rencontrer Niko, le dessinateur de la BD « Frimeur des îles », qui leur a donné de nombreux conseils au sujet du dessin 2.0 et des nouvelles technologies qu’il utilise au quotidien Adrien Hilaire et Jonathan Wapae sont les gagnants du prix « 11- 14 ans » et Kilian Plantin est le gagnant du prix « 15 ans.
Nicolas MARTIN (Niko, Aj'na) dessine depuis son plus jeune âge. Il commence par des illustrations pour la presse et publie dès seize ans.
Au fil des années, sa palette s'étoffe de nouveaux styles graphiques qui lui permettent de travailler dans plusieurs domaines professionnels artistiques, tels que le story-boarding, l'illustration, le concept design.
Dessinateur de plusieurs séries de bandes dessinées, c'est notamment entre 2002 et 2010, qu'il collabore avec Solo sur la série à succès Frimeurs des Îles. A ce jour, plus de 60 000 exemplaires ont été édités à travers 8 albums. (Source bio Bookin)
L’ouvrage d’un océaniste hongrois, que je viens de découvrir et parcourir (un peu) avant de m’y remettre, parce que j’y ai vu des noms de gens connus ici, me semble remarquable. Ils sont impressionnants, pour moi, ces jeunes cerveaux bien pleins, comme le sien.(Károly Sándor Pallai écrit et publie de la poésie en dix langues).C’est probablement pour cela que je ne comprends pas toujours les messages de Paul Tavo notre intellectuel du Vanuatu, mon ami Face Book. JP
Károly Sándor Pallai, Mosaïque des océans : Idées, identités et enjeux dans les littératures contemporaines de la Caraïbe, de l'océan Indien et de l'Océanie (Sous la direction de Adrián Bene
Référence bibliographique : Károly Sándor Pallai, Mosaïque des océans : Idées, identités et enjeux dans les littératures contemporaines de la Caraïbe, de l'océan Indien et de l'Océanie (Sous la direction de Adrián Bene), Presses de l'Université de Pécs (Département d'Études Françaises), collection "Acta Romanica Quinqueecclesiensis (III.)", 2017. EAN13 : 9789634291169.
Dans Mosaïque des océans, Károly Sándor Pallai réunit les idées et les réflexions d’une dizaine d’écrivains, de poètes et d’acteurs culturels majeurs de la Caraïbe, de l’océan Indien et du Pacifique pour la première fois pour donner naissance à des échanges enrichissants, pour montrer les parallèles, les superpositions et inclusions au niveau des textes, des sujets abordés, des questions, des principaux enjeux et problèmes ainsi que les éventuelles différences et divergences des opinions.
Il s’agit notamment d’auteurs caribéennes : Gerty Dambury (Guadeloupe), Suzanne Dracius (Martinique), indianocéaniens : Jean-Louis Robert (Réunion), Jean-François Samlong (Réunion), Umar Timol (Maurice), Khal Torabully (Maurice) et océaniens : Stéphanie Ari’irau Richard-Vivi (Polynésie française), Flora Devatine (Polynésie française), Vaimu’a Muliava (Wallis-et-Futuna), Chantal Spitz (Polynésie française), Paul Tavo (Vanuatu)…
L’ouvrage est disponible en ligne dans son intégralité en accès libre :
Károly Sándor Pallai est océaniste, chercheur, traducteur, poète et éditeur. Il a soutenu une thèse de doctorat avec félicitations du jury sur les littératures contemporaines de le Caraïbe, de l’océan Indien et de l’Océanie dans laquelle il a consacré une analyse psychologique et philosophique détaillée à l’identité dans les œuvres littéraires (La micrologie de l’identité archipélique). Membre de plusieurs sociétés savantes et littéraires (États-Unis, Australie, île Maurice, France, Colombie, Grèce, Thaïlande, Pays-Bas), il écrit et publie de la poésie en dix langues.
Auteur d’articles sur l’histoire littéraire de la Polynésie française (Topoï de contre-exotisme dans l’écriture de Titaua Peu; Corporéité, histoire et mémoire dans la littérature polynésienne contemporaine; Langue(s), identité(s), folie(s), dans Les gens 2 la folie de Philippe Neuffer; Histoire et identité dans l'écriture de Chantal Spitz; Jegyzetek a polinéziai irodalom történetéhez; Discontinu et fragmentaire dans l'écriture contemporaine de la Polynésie française), de Suriname (Suriname kortárs költészete) et des îles néerlandaises de la Caraïbe (A karibi holland szigetek költészete).
Il est le premier traducteur hongrois de plusieurs langues étrangères (papiamento, saramaka, hindoustani caribéen, créole seychellois, haïtien, guadeloupéen).
Il a été le premier chercheur à consacrer des articles à la poésie contemporaine de Wallis et Futuna (Identité, héritage et histoire dans la poésie contemporaine de Wallis-et-Futuna; Histoire, mythe et le paradigme identitaire dans la poésie wallisienne et futunienne).
Après avoir consacré des articles à la littérature seychelloise (Résonances, langages, écritures; Konzigezon filozofik size poetik; Paradigms of Space and Corporeity in the Contemporary Poetry of the Seychelles; Mondes multiples, chiralité; Lapoezi kontanporen seselwa), en 2017, il a publié une monographie sur la poésie seychelloise contemporaine (Subjectivités seychelloises, Presses de l’Université de Pécs, Département d’Études Françaises, 113 p.) consacrée à l’analyse psychologique et philosophique de l’identité dans les textes poétiques.
Dans Microlectures polynésiennes (Presses de l’Université de Pécs, 2017), il étudie les notions de l’île, de l’insularité, de l’héritage, de la pluralité linguistique et des langues dans les œuvres poétiques et romanesques de la Polynésie française… (Source FABULA)
Biographie (« exfiltrée » de son site)
Károly Sándor Pallai est chercheur doctorant à l’Université de Budapest – ELTE. Il est le concepteur, le fondateur et l’éditeur en chef de la revue électronique Vents Alizés, conçue pour assurer une diffusion d’accès libre étendue aux auteurs de l’océan Indien, de la Caraïbe, du Pacifique et d’ailleurs. Il est également le créateur et le directeur de la maison d’édition Edisyon Losean Endyen, créée pour améliorer l’accessibilité de la production littéraire de l’océan Indien, de la Caraïbe et du Pacifique.
Il est membre du comité de lecture de la revue littéraire seychelloise Sipay. Il écrit et publie des poèmes en français, en anglais, en créole seychellois, en hongrois et en espagnol. Ses poèmes étaient publiés en France, aux États-Unis, aux Philippines, aux Seychelles, en Hongrie, au Canada.
Son recueil, Soleils invincibles a paru en 2012, sa pièce de théâtre, Mangeurs d’anémones en 2013 (Éditions Arthée). En reconnaissance de son travail théorique, poétique et éditorial, il est choisi et primé dans le concours national « 50 jeunes talents hongrois » du magazine La femme. En 2013, Le Ministre de la Culture des Seychelles lui décerne un certificat de reconnaissance ministérielle pour ses activités réalisées pour la promotion de la littérature et de la culture seychelloises.
Károly Sándor Pallai - Nationalité : Hongrie Né à : Miskolc , le 5 juin 1986
Mon prochain livre, un roman, sera édité chez l’Harmattan dans la collection « Portes Océanes ». Sa parution est prévue pour la fin de l’année. Son titre « Les moustaches de tigre ». L’action se déroule dans la tourmente de la décolonisation de l’Indochine. J’ai hâte de vous le présenter.
Pourquoi ai-je choisi l’Harmattan ? Parce que j’ai déjà fait l’expérience de taper aux portes de nombreuses maisons mais les éditeurs ne sont pas des philanthropes. Ils essaient de miser gagnant pour ne pas perdre d’argent. On les comprend, donc ils acceptent peu manuscrits par rapport à la quantité qu’ils reçoivent. Il y a peu d’élus, je n’ai même pas cherché cette fois. J’avais la possibilité de retravailler avec Humanis mais mon roman est historique et comme Portes Océanes est dirigé par l’historien Frédéric Angleviel cela m’a semblé judicieux de le publier dans sa collection.
Il faut aussi rétablir la vérité sur l’Harmattan. Les controverses sur le contrat à compte d’éditeur mais à 0 % de droits d’auteur sur les 500 premiers livres n’a pas beaucoup d’importance pour les Calédoniens. Nos tirages sont limités, à l’échelle du pays, on peut se faire plaisir, mais il n’y a rien à gagner avec des romans ou des recueils de nouvelles. Il n’y a que la BD et la littérature jeunesse, me semble-t-il, qui peuvent rapporter. On peut néanmoins partager nos écrits avec nos amis du territoire sans passer par une grande maison d’édition. Nous avons l’aubaine d’avoir deux collections, Lettres du Pacifique et Portes Océanes, chez l’Harmattan, dirigées par des Calédoniens. Ces deux collections ont une centaine d’ouvrages au compteur depuis une dizaine d’années. Elles sont ouvertes et faites pour les auteurs d’ici. N’hésitez pas si vous cherchez une solution d’édition. Il y a encore des éditeurs en Calédonie et l’association Ecrire en Océanie mais ils ne manquent pas de travail. La Nouvelle-Calédonie compte autant d’écrivains que de lecteurs comme l’Islande. (La fibre littéraire de l’île est tellement développée là-bas que l’Islande est championne du nombre d’ouvrages publiés par habitant). JP
Lorsque l’on pose la question pour être publié dans la collection Portes Océanes. La réponse est la suivante :
« Oui, la collection Portes Océanes éditées aux éditions L’Harmattan serait heureuse de publier votre ouvrage.
D’une part, vous serez publié au niveau national, y compris une présence à la FNAC et à Gibert.
D’autre part, Pacifique Bookin (un des deux grossistes calédoniens) a une convention avec L’Harmattan et vend donc tous les ouvrages de la collection à Calédo livres et les propose aux autres libraires. »
Pour plus de détails on peut contacter Frédéric Angleviel (Tél. 25 15 98) ou Paul Fizin, co-directeur de la collection Portes Océanes.
Ci-dessous quelques-uns des derniers ouvrages parus en attendant Les Moustaches de tigre.
Bibliobs rubrique littéraire de l’Obs propose pour l’été dans l’hémisphère nord une rubrique « La Book Machine » : ce bon génie qui trouve le livre fait pour vous avec les 150 meilleurs romans, récits et polars du moment, sélectionnés par le service littéraire de "l’Obs".voir plus sur l’Obs JP
Exemple :
Le Fabuleux et triste destin d’Ivan et Ivana, par Maryse Condé
JC Lattès, 250 p., 19 euros.
L’écriture, Maryse Condé y est venue tard, à 42 ans, après douze années de galères en Afrique. Elle ne s’est jamais arrêtée. Son œuvre, que l’on étudie beaucoup aux Etats-Unis, ne se limite pas au grand succès remporté en 1984 par «Ségou », puissante saga historique sur le naufrage de l’empire bambara aux XVIIIe et XIXe siècles (« Ségou » vient d'entrer dans la collection « Classics » de Penguin). Elle compte une vingtaine de titres qui vont d'« Heremakhonon » à « la Vie sans fards », remarquable autobiographie qui court sur la première moitié de son existence, en passant par « les Derniers rois mages », « la Belle créole » ou « Histoire de la femme cannibale ».
Elle n’est jamais arrêtée d’écrire, mais à 80 ans, affaiblie par la maladie, la romancière de « la Vie scélérate » dit tirer sa révérence avec « le Fabuleux et triste destin d’Ivan et Ivana », qu'elle a dicté à son mari faute de pouvoir désormais utiliser elle-même un ordinateur. Ce sont les tribulations de deux jumeaux qui, après neuf mois fusionnels, restent fous amoureux alors que toutes les lois humaines condamnent leur passion. Ce couple maudit n’est pourtant pas née, prévient-elle, d’une méditation sur l’inceste, mais d'un événement passé inaperçu quand il y a eu l'attentat contre “Charlie Hebdo” : « Une policière municipale d'origine martiniquaise a été abattue par un terroriste. Ce terroriste était noir et venait du Mali. Il ne la connaissait pas mais s’en foutait, il l’a tuée. Pour moi, c’était un effondrement, un bouleversement terrible. C’était la fin de la négritude. La fin de la croyance selon laquelle les noirs sont des frères. »
A l'arrivée sa fable créole est un roman dont le réalisme magique, à la fois tragique et plein de fantaisie, navigue de la Guadeloupe à la banlieue parisienne en passant par les coulisses maliennes du djihadisme. C'est parfois drôle, souvent intelligent, toujours sensible. C'est même une manière assez gonflée de réfléchir aux liens entre la colonisation, ce fléau d'hier, et le terrorisme islamiste, cette plaie contemporaine. La preuve, en tout cas, que Maryse Condé reste une grande conteuse.
LE SAVIEZ-VOUS ? "La chanson des poissons" et "Cagou", les deux best-sellers des éditions Plume de notou sont disponibles en FILM (fichier MP4).
sur le site de Pacific Bookin pour seulement 590F. Dans la langue de votre choix : français, drehu, nengone, iaai ou fagauvea. (texte du site Facebook plume de notou)
L'auteur du "Le roi absent"au salon du livre de Huahine. Crédit photo : DR
Depuis qu’il est élu de la république, il fait parler de lui et son ouvrage littéraire "Le roi absent" est en tête de gondole. Voir ci-dessous un article qui lui est consacré. JP
"Le roi absent" par le néodéputé Moetai Brotherson
Jeudi 13 Juillet 2017 - écrit par Lucile Bambridge
Alors que Moetai Brotherson, premier député du Tavini Huira'atira fraîchement élu, occupe le devant de la scène politique depuis son arrivée tant remarquée dans l'hémicycle en tenue "décontractée", voilà l'occasion de revenir sur le parcours littéraire de cet intellectuel engagé en faveur de la culture polynésienne et de la réappropriation identitaire de son peuple. Un engagement déjà largement dévoilé dans son roman Le Roi absent, publié en 2007. Rencontre avec l'homme de lettres et immersion au cœur d'une fiction pétrie d'oralité.
Enfant curieux et ouvert d'esprit, Moetai Brotherson s'affirme indépendantiste à 11 ans et manie la plume facilement à 14 ans. Dès la parution de son premier roman Le Roi absent, alors qu'il est responsable du Service des Postes et Télécommunications au sein du gouvernement Temaru, il s'inscrit dans la lignée des écrivains autochtones engagés, telles que Chantal T. Spitz et Titaua Peu. L'auteur signe une fiction étonnamment enrichissante, oscillant entre le conte, les évocations à la mythologie polynésienne et la quête identitaire d'un peuple spectateur de sa propre perdition. La littérature polynésienne acquiert ainsi...
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Doubler le Cap Horn", une expression qui évoque des voiles claquantes sous la tempête sur la mer déchaînée des cinquantièmes hurlants...
Jacques Nozeran nous invite à revivre l'époque prodigieuse de ces grands voiliers, les cap-horniers, qui pendant 100 ans ont assuré le commerce maritime entre l'Europe et les ports du Pacifique en doublant ce cap mythique et dangereux au large de la pointe extrême de l'Amérique du Sud. A l'appui d'un diaporama richement illustré, un hommage est rendu à ces valeureux équipages et ces majestueux voiliers dont le déclin commence avec l'ouverture du canal de Panama en 1914.
Héros malgré eux, ils ont écrit l'Histoire de la Révolution française. Un bel hommage à ces hommes et femmes anonymes, évincés du mythe.
Au fond, il n'y a pas de petites gens. Et s'il y en a, ils sont capables de choses inouïes. Chaque nouveau récit d'Eric Vuillard nous le rappelle. L'auteur nous a appris, avec Congo (2012), La Bataille d'Occident (2012) ou Tristesse de la terre (2014), à regarder autrement ces héros malgré eux, ces hommes ou femmes qui font l'Histoire avant d'être dévorés par elle, jusqu'à l'oubli. Avec 14 juillet, il ne trahit pas cet engagement. Cette prise de la Bastille, la République l'a érigée en mythe, mais où sont passées la chair, la poussière sous les semelles, la peur au ventre de celles et ceux qui l'ont faite ? Reprenons l'assaut depuis le début. En partant des jardins de Versailles, parmi les gueuses et les gueux qui, sans y croire peut-être, sans le savoir sûrement, allaient faire basculer le destin du pays — et de l'humanité. Michelet ou Lavisse nous ont laissé les portraits des « grands » hommes ? Vuillard donne un nom aux petits. Comment s'appelaient-ils, d'ailleurs ? « Ce jour-là, à la Bastille, il y a Adam, né en Côte-d'Or, il y a Aumassip, marchand de bestiaux, né à Saint-Front-de-Périgueux, il y a Béchamp, cordonnier, Bersin, ouvrier du tabac, Bertheliez, journalier, venu du Jura, Bezou, dont on ne sait rien, Bizot, charpentier, Mammès Blanchot, dont on ne sait rien non plus, à part ce joli nom qu'il a et qui semble un mélange d'Egypte et de purin. » Des riens du tout, des invisibles, des intouchables, des « pauvres filles venues de Sologne et de Picardie, [...] mordues par la misère et parties en malle-poste, avec un simple ballot de frusques. Nul n'a jamais retracé leur itinéraire de Craponne à Paris [...]. Nul n'a jamais écrit leur fable amère. »
14 juillet leur rend justice. Et nous fait bondir de 1789 à 2016, d'une incise l'autre, de cette petite voix discrète qui, à intervalles réguliers, vient nous dire : « Hier, c'est aujourd'hui ! », et qui est aussi la signature de Vuillard. Car ces individus sans droits, qui ont ébranlé un régime archaïque et donné un nouveau « sens » à l'Histoire, nous parlent. Ils auraient pu se briser les poings sur la pierre de la Bastille, ils nous laissent la liberté et l'égalité en héritage. Et l'idée que ce qui a été fait une fois... Comme d'habitude, Eric Vuillard n'entre pas par effraction dans l'esprit de ses « héros ». Il ne leur invente pas des motivations, ne leur dresse pas de stèle. Il raconte simplement, avec un talent fou, les hésitations, mais aussi la trouille, la générosité et le grain de folie de ces « ci-devant » du 14 juillet — ses soeurs et ses frères, et finalement les nôtres aussi. — Olivier Pascal-Moussellard