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Lancement d’un nouvel ouvrage sur Canala, causerie poétique et remise de prix.

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Lancement d’un nouvel ouvrage sur Canala, causerie poétique et remise de prix.

Une semaine chargée pour la littérature calédonienne.

- Du 23 novembre au 4 décembre de 7h30 à 18h30 au centre culturel du Mont Dore à Boulari, l’association « Négropo mémoires et racines », née sous l'impulsion d'éric Gay et d'une trentaine d'habitants et anciens habitants de cette vallée de Canala, présente une exposition photo sur les familles pionnières de la région de Canala. Le nouvel ouvrage « Canala - de Napoléonville à la Grande Guerre ».

Cet ouvrage a demandé 3 ans de travail aux auteurs. Il sera en vente en salle d’Honneur de la Mairie au prix de 6 000 F. Le vernissage aura lieu ce mercredi 23 novembre à 18h00.

- Causerie avec Françoise DELMAS ce mercredi 23 novembre à 18h autour de l'ouvrage Passeurs de rives de Françoise et Sonia DELMAS à librairie CalédoLivres au centre ville de Nouméa. Un témoignages poétiques a ne pas rater. Des mots écrits à deux mains, souffle poétique et humaniste, passent des rives vers d’autres possibles.

- Remise du prix FÄRÄ PECII 2016

La Médiathèque municipale de Thio/Maison Page et l’ensemble de ses partenaires, vous invitent ce vendredi 25 novembre, à partir de 18 h, à la Maison du Livre / Célières pour la remise du prix littéraire Färä Pecii (2d édition).

Tristan l'auteur priméSuite aux votes des lecteurs des différentes médiathèques partenaires, cordonné par la médiathèque de Thio, le lauréat 2016 est l’écrivain Tristan Derycke pour son roman

« Protocole Fatal » (éd° Noir au blanc, 2015).

- Vernissage ce jeudi 24  novembre à la bibliothèque Bernheim de l'exposition des Batons De Souhaits

Lancement d’un nouvel ouvrage sur Canala, causerie poétique et remise de prix.
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EDMOND CAILLARD Sous la direction de Jean-Claude Roux et Max Shekleton

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

EDMOND CAILLARD Sous la direction de Jean-Claude Roux et Max Shekleton

Parution de novembre 2016 chez l’Harmattan

Les souvenirs du colon aux Nouvelles-Hébrides (Vanuatu)
1903-1913 Une jeunesse aux colonies d'antan
Collection Portes océanes
HISTOIRE OCÉAN PACIFIQUE Vanuatu

Cette suite de récits pris sur le vif présente les facettes variées de l'expérience vécue d'un jeune colon installé en 1902 avec sa famille au Vanuatu, un étrange archipel devenu alors un Far West insulaire disputé âprement entre France et Grande-Bretagne. Alors que son époque exalte "le devoir de colonisation", le jeune Edmond Caillard fait une plongée durable dans "le milieu indigène". Il mesure ainsi le choc de l'occidentalisation, avec ses nouveaux modes de consommation, ses pratiques commerciales, l'apparition des plantations.

Extrait d’un article de Laroche Marie-Charlotte. Edmond Caillard (1885-1969). In: Journal de la Société des océanistes, tome 25, 1969. pp. 301-302 dans notices nécrologiques.

Edmond CAILLARD. 1885-1969.

— Edmond Caillard, une des personnalités les plus marquantes des Nouvelles-Hébrides et de la Nouvelle-Calédonie, vient de disparaître à l'âge de 84 ans. Tous ceux qui l'ont connu conserveront le souvenir de son activité inlassable, de son intelligence à la fois réaliste et entreprenante, jointes à un esprit d'observation qui faisaient de lui un des plus sûrs experts des problèmes économiques et politiques de ces territoires, devenus sa seconde patrie. Né à Périers, en 1885, dans la Manche, Edmond Caillard avait 17 ans quand il quitta sa Normandie natale avec sa mère et son frère pour rejoindre aux Nouvelles-Hébrides, en 1902, « l'oncle Briault ». C'est à la rude école de ce bourlingueur des Mers du Sud qu'il s'initie à la vie de colon et aux difficultés du recrutement de la main-d'œuvre autochtone, la grande affaire des planteurs de l'époque. Très marqué par ces expériences de jeunesse, Edmond Caillard aimait à évoquer ce passé. Dans des récits encore inédits, il a décrit le défrichement et l'exploitation de sa plantation d'Aoré, les difficultés et les dangers des voyages à travers les îles. L'archipel hébridais était encore en ce début du xxe siècle le refuge de trafiquants d'armes et d'alcool, d'évadés du pénitencier de Nouméa. Les meurtres et les rixes étaient fréquents. Les bateaux de guerre chargés d'assurer la régularité des opérations de recrutement et la protection des indigènes avaient bien du mal à assurer la sécurité des individus. A travers ces pages, revit une époque maintenant révolue. Elle n'a pas été sans tremper fortement le caractère du jeune homme qui y participa. Vers 1920, attiré par la politique et même par la polémique, il s'installa en Nouvelle-Calédonie. Il est nommé Conseiller général. Il fait paraître de nombreux articles dans la France Australe. On y trouve de pertinentes informations sur les 302 SOCIETE DES OCEANISTES problèmes économiques et financiers des années 20 à 30, fruits d'une expérience acquise lors des années passées dans les terres françaises du Pacifique austral. Bientôt, il est repris par le goût d'une vie plus active et la nostalgie des terres quasi-vierges des Hébrides. Il devient le directeur d'une importante société : la Compagnie cotonnière des Nouvelles- Hébrides, qui s'implante à Mallicolo. Là, durant 25 années, avec dynamisme et sagacité, il gère les intérêts qui lui sont confiés sans cesser pour autant de collaborer régulièrement à la France Australe, au Néo-Hébridais et à Océanie Française. Sa grande connaissance des problèmes et des difficultés auxquelles doivent faire face les planteurs hébridais pour l'exploitation de leurs propriétés, le désignait pour défendre les intérêts de ceux dont il avait si longtemps partagé la vie et les préoccupations. Nommé Président du Syndicat des Planteurs des Nouvelles-Hébrides, il s'attache particulièrement à résoudre la question de la main-d'œuvre. Pour cela il voyage, il organise un courant de travail avec ce qui est alors l'Indochine ; regarde du côté de Wallis dont la population cherche des débouchés. Il semble qu'Edmond Caillard ait eu une vive et sensible compréhension des problèmes que posait entre les deux guerres cette période de développement économique. Très attaché à ces territoires, il a grandement contribué à leur mise en valeur : d'une part en réalisant lui-même une œuvre créatrice, d'autre part, en faisant connaître par la voie de la presse non seulement les immenses possibilités de ces terres isolées dans le Pacifique sud, mais aussi en proposant des solutions aux difficultés suscitées par l'éloignement, un climat souvent malsain et les contacts à établir avec une population autochtone aux mœurs et aux coutumes traditionnelles. La lecture de ses souvenirs auxquels Edmond Caillard avait donné le titre de Scènes de la vie hébridaise et dont nous espérons bientôt publier des extraits, ainsi que celle de bon nombre de ses articles nous fait mieux connaître la valeur de ce caractère et la qualité de sa personnalité, mais aussi la finesse d'un esprit philosophique qui savait tirer des conclusions pertinentes des riches expériences d'une vie bien remplie. Marie-Charlotte LAROCHE.

Carte postale 1910-1920

Carte postale 1910-1920

EDMOND CAILLARD Sous la direction de Jean-Claude Roux et Max Shekleton

Publié dans Ecrivain calédonien

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Une bonne idée de cadeau pour les fêtes, De fleur en fleur

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Une bonne idée de cadeau pour les fêtes, De fleur en fleur
L’ouvrage est disponible en librairies et grandes surfaces ou chez l’auteur-éditeur à prix réduit, dès maintenant. Plan ci-joint. Il est prudent de téléphoner avant (26 49 40). 

Avec ses 1 400 photos « De fleur en fleur » représente des centaines d’heures de patiente traque sur le terrain, tant dans les milieux naturels que dans les jardins, espaces verts et même les terrains vagues…

L’objectif de l’ouvrage est de mieux cerner quelles sont les plantes les plus fréquentées par les abeilles. Les espèces traitées sont indigènes (40 % du total) et introduites.

Ce projet participatif a fait appel à trente-cinq collaborateurs dont les principaux sont :

-       le Centre de promotion de l’apiculture,

-       Anne-Marie Sémah, palynologue (spécialiste des pollens) et de

-       Bruno Marchand, apiculteur passionné de photos d’abeilles.

 Ce guide de 528 pages en format A5 passe en revue 467 espèces classées par couleurs de fleurs. 95 % des fiches montrent les photos d’abeilles en action de butinage.

Chaque fiche fait généralement l’objet d’une page. On y trouve les infos essentielles : origine, présence sur le territoire, description succincte, époques de floraison, appréciation de l’importance (une, deux ou trois abeilles) des substances récoltées par l’abeille : nectar, pollen ou miellat. Enfin, quelques anecdotes choisies en rehaussent l’intérêt.

Un grand nombre de fiches sont accompagnées de photos de grains de pollen qui sont propres à chaque espèce végétale, comme les empreintes digitales chez les humains. La présence de ces « marqueurs » dans les miels précise la traçabilité des fleurs visitées et permet même d’évaluer les pourcentages respectifs de pollen présents pour chaque espèce végétale.

Bernard Suprin était consultant en études et formation, mais aussi prospecteur botaniste, spécialiste de l’étiquetage botanique passionné de photographie.

Il a retrouvé en mai 2002 le Pittosporum tanianum réputé disparu. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la botanique néo-calédonienne et du « Guide botanique du jardin Lacroix à Dumbéa ». « Mille et une plantes en Nouvelle-Calédonie », le livre de poche préféré des randonneurs, son précédent ouvrage, est un guide botanique de terrain pour faciliter la reconnaissance des espèces traitées en détail dans ses précédents ouvrages « Plantes du littoral en Nouvelle-Calédonie » et « Florilège des plantes en Nouvelle-Calédonie » qui ont eu un grand succès et reçus le prix POPAI 2013 au salon international du livre océanien. (voir sur ce blog un article sur Bernard Suprin)

Une bonne idée de cadeau pour les fêtes, De fleur en fleur
Une bonne idée de cadeau pour les fêtes, De fleur en fleur

Publié dans Ecrivain calédonien

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Goncourt 2016 à Leila Slimani. Berhneim avait aussi fait le bon choix avec Gaël Faye

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Photo du site de l'académie Goncourt

Photo du site de l'académie Goncourt

Le Prix Goncourt 2016 a été attribué à Leila Slimani pour Chanson douce, chez Gallimard au 1er tour de scrutin par 6 voix. Ont obtenu 2 voix : Gaël Faye Petit pays Grasset, 1 voix à Catherine Cusset L'autre qu'on adorait Gallimard et 1 voix à Régis Jauffret Cannibales Seuil.

 

Le Goncourt des lycéens 2016 a été attribué à Gaël Faye pour Petit pays Grasset

Comme chaque année, le comité de lecture de Bernheim a voté en même temps que le Jury du prix Goncourt et a choisi " Petit Pays" de Gaël Faye.

Le Prix de la bibliothèque Bernheim est attribué à « Possédées » de Frédéric Gros

Et le coup de cœur du jury est enfin allé à « tropique de la violence » de Nathacha Appanah

Goncourt 2016 à Leila Slimani. Berhneim avait aussi fait le bon choix avec Gaël FayeGoncourt 2016 à Leila Slimani. Berhneim avait aussi fait le bon choix avec Gaël FayeGoncourt 2016 à Leila Slimani. Berhneim avait aussi fait le bon choix avec Gaël Faye

A noter : ce samedi 19 novembre à 9 h 30 en salle d'animation jeunesse.

"L'ours et la Lune", spectacle animé par Cécile Alix, lauréate de Livre mon Ami 2016.

Entrée libre et gratuite

Publié dans Nouvelle-Calédonie

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Pito Mā 11 Radio Cocotier de Gotz, Marotea

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Pito Mā 11 Radio Cocotier de Gotz, Marotea

De la BD 100% tahitienne de l’éditeur Au vent des îles, 2016

Déjà le onzième album des aventures de Pito Ma. Clins d’œil humoristiques sur la vie polynésienne, avec comme fil conducteur de cet album, les ragots qui nourrissent le quotidien des îles …

GOTZ

Gotz est né en 1964. Artiste peintre, il a abordé toutes les formes d’expression plastique avant de se consacrer à son art : la peinture. Il vit depuis 1991 à Tahiti, sur l’île de Moorea au milieu de l’exubérante végétation d’une vallée où est installé son atelier. Illustrateur, il est l’auteur des planches de « Pito ma », une bande dessinée dans laquelle il croque la vie polynésienne avec humour. Gotz a également réalisé plusieurs ouvrages sur le tatouage polynésien, un sujet qui le passionne. C’est avec gourmandise que, tout môme, Gotz dévorait les histoires de Spirou, Gaston Lagaffe et Astérix… Il en recopiait avec soin les personnages et les décors, s’en inspirant pour créer de petites histoires. Il a travaillé seul sur les cinq premiers albums, il s’est adjoint les services d’un scénariste depuis quelques temps. Toerau sur les épisodes 6 à 8, et Marotea parolier et chroniqueur radio depuis le N°9. «J’avais besoin de me renouveler. Je commençais à être en décalage avec l’ambiance générale de Papeete » explique Gotz qui vit souvent reclus dans sa vallée de Moorea dans un article du 16 septembre 2014 dans Tahiti Infos. Grâce à l’arrivée de scénaristes certains points de vue changent et la famille Pito Ma s’enrichit de nouveaux personnages. Le club des cinq camarades du début est devenu une brochette d’une douzaine de figures.

Autre BD illustré par Gotz L’ALLIANCE MA’OHI chez le même éditeur

Le peuple Pacifique vit en parfaite harmonie sur le grand continent Hawaiki Nui jusqu’à l’arrivée de ce grand navire inconnu. À son bord, le terrible Byron se révèle être un tyran sanguinaire assoiffé de pouvoir.

Publié dans Ecrivain du Pacifique

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Pina de Titaua Peu Littératures du Pacifique, Au vent des îles, 2016

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Pina de Titaua Peu Littératures du Pacifique, Au vent des îles, 2016

Roman

Dans une famille tahitienne qui cumule toutes les misères, Pina, dernière de sa fratrie, observe, du haut de ses huit ans, cette comédie humaine sur fond de révolte, de désamour et de violence. C’est pourtant elle, petite enfant noire aux cheveux crépus, la moins aimée, qui deviendra le guide du clan familial. L’histoire dramatique d’une famille de neuf enfants qui dépeint avec réalisme et finesse les rapports complexes qu’entretiennent les membres d’une même lignée qui se méconnaissent, se heurtent et souffrent dans le silence. Pina brosse le portrait d’une Polynésie déchirée où deux mondes parallèles se côtoient sans se voir. Un livre coup de poing, un grand cri de rage trempé dans la sueur, le sang, le sperme et les larmes.

FICHE DÉTAILLÉE

Dans une famille tahitienne qui cumule toutes les misères, Pina, dernière de sa fratrie, observe, du haut de ses huit ans, cette comédie humaine sur fond de révolte, de désamour et de violence. C’est pourtant elle, petite enfant noire aux cheveux crépus, la moins aimée, qui deviendra le guide du clan familial. L’histoire dramatique d’une famille de neuf enfants qui dépeint avec réalisme et finesse les rapports complexes qu’entretiennent les membres d’une même lignée qui se méconnaissent, se heurtent et souffrent dans le silence. Pina brosse le portrait d’une Polynésie déchirée où deux mondes parallèles se côtoient sans se voir. Un livre coup de poing, un grand cri de rage trempé dans la sueur, le sang, le sperme et les larmes.

Source de ce résumé et fiche détaillée le site de Pacific Book'in

Titaua PEU, PINA, interview au salon du livre de Tahiti 2016

Ajoutée le 14 nov. 2016 Interviewée par Titaua Porcher-Wiart, notre auteure choc nous livre quelques clefs d'approche de son écriture. Apauraa rotopu ia Titaua PEU, aito vahine papa'i buka e o Titaua Porcher-Wiart, 'orometua no te pae o te papa'i. Fa'a'ite mai o PEU vahine tetahi mau ha'amaramaramara'a faufa'a roa.

Publié dans Ecrivain du Pacifique

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La vieille dame de Déwé Gorodé Madrépores, 2016

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

La vieille dame de Déwé Gorodé Madrépores, 2016
C’est le dernier recueil de nouvelles de Déwé Gorodé où s’entremêlent souvenirs nostalgiques, valeurs traditionnelles et combat militant pour l’avenir du pays.

 

Femme politique et femme de Lettres, Déwé Gorodé est aujourd’hui l’une des grandes figures de la littérature kanak contemporaine. Une œuvre importante, traduite en anglais, de la poésie au roman en passant par la nouvelle et le théâtre, est emblématique de son parcours.

La vieille dame est le quatrième recueil de nouvelles de cet auteur. Elle avait publié Le Vol de la parole, avec Weniko Ihage aux éditions Édipop, Nouméa, 2002.

Ses autres recueils de nouvelles chez le même éditeur (sa bibliographie chez Madrépores)

L’AGENDA

Recueil de nouvelles octobre 2015

Photographie de couverture : une libellule rouge (Diplacodes haematodes), photographiée par Nicolas Petit, 2008. Commande en ligne possible sur : www.pacific-bookin.com

À l’occasion du Silo 2015, les éditions Madrépores rééditent les deux premiers recueils de nouvelles de Déwé Gorodé qui avaient fait l’objet d’une première édition par l’association culturelle Édipop et les éditions Grain de Sable.

L’Agenda est le deuxième recueil de nouvelles de Déwé Gorodé, paru en 1996 : il est aujourd’hui réédité avec deux textes inédits : « La Robe de mariée » et « La Libellule rouge », qui surgissent comme de nouveaux échos aux textes préexistants.

Ancrées dans un questionnement sur l’origine, la descendance, le lien à la terre face aux aspirations contemporaines, ces nouvelles témoignent d’un certain rapport au monde, transmis de génération en génération…

Douze nouvelles à découvrir

Extrait de la nouvelle « La case », (source Editions Madrépore)

« La case de grand-père est sans doute l’une des images les plus limpides qui me restent de mon enfance. En ma mémoire, cette image est toujours aussi lumineuse qu’une matinée ensoleillée de Kanaky, près de la mer. Elle a laissé en moi une impression de clarté et d’immensité. Elle paraissait si grande, alors, à la fillette que j’étais. Si bien qu’aujourd’hui, je me souviens d’elle quand j’essaie de compter les étoiles au clair de lune ou de situer la ligne d’horizon séparant, là-bas, le ciel azuré du bleu Pacifique. Et la grande case me renvoie l’image d’une minuscule fourmi face au monde, à l’univers.

Elle était là, ronde, immense matrone perchée sur une petite butte entourée de grosses pierres bâties, au bout de l’allée bordée de hauts cocotiers. Une ancienne allée de pins colonnaires, plus large, s’étalait là, derrière celle des cocotiers, autre trace vivante des ancêtres qui vécurent ici autrefois. »

Utê Mûrûnû, petite fleur de cocotier

Recueil de nouvelles octobre 2015 - Photographie de couverture : Éric Dell’Erba

À l’occasion du Silo 2015, les éditions Madrépores rééditent les deux premiers recueils de nouvelles de Déwé Gorodé qui avaient fait l’objet d’une première édition par l’association culturelle Édipop et les éditions Grain de Sable.

Le tout premier, Utê Mûrûnû, petite fleur de cocotier, parait en 1994 et reçoit un accueil très enthousiaste, dès sa sortie.

Ce recueil évoque, à travers plusieurs générations, la condition de la femme kanak, fille, épouse, mère, amoureuse, tiraillée entre le respect de sa culture millénaire et l’appel d’une société en mouvement.

Les nouvelles De West Papua, pour guérir ta blessure… et UM 2014 publiées dans le recueil Utê Mûrûnû, petite fleur de cocotier sont inédites.

Sept nouvelles à découvrir

Extrait de la nouvelle « Utê Mûrûnû, petite fleur de cocotier » dans le recueil éponyme :

« Ces voix de la Terre, enseignait donc ma grand-mère Utê Mûrûnû, n’étaient autres que celles de la mère, celles de la femme.

Et elles s’adressaient, en premier lieu, à nous les femmes qui, mieux que personne, pouvions les comprendre. Porteuses de semences, nous étions lardées d’interdits, marquées de tabous comme autant de pierres pour obstruer la vie. Ornières de plaisir, nous devenions des Éva mordues par le serpent inventé par les prêtres de la nouvelle religion. Âdi, perles noires du mariage coutumier, nous étions échangées comme autant de poteries scellant une alliance entre deux guerres. Voies et pistes interclaniques, nous survivions tant bien que mal à nos enfances et à nos pubertés trop souvent violées par des vieillards en état de lubricité. Prestige, virilité, guerre, des concepts mâles pour la grande case des hommes bâtie sur le dos large des femmes ! Partage, solidarité, humilité, paroles féminines conçues, nourries, portées

dans nos entrailles de femmes battues ! « Auu ! Tu le sais déjà, petite sœur, ce monde érigé sur notre ventre, nos bras, notre tête, cet univers parasitant notre corps, n’est qu’un leurre qui nous force à la soumission. Mais il est tout aussi vrai, petite mère, que tous les hommes ne sont que nos fils ! Et si nous n’avons pas demandé à venir au monde, si nous n’avons pas choisi de naître femmes, nous n’avons qu’une vie, ici et maintenant, alors tentons au moins de la vivre au lieu de la subir ! »

Biographie de Déwé Gorodé sur Madrépores

Publié dans Ecrivain calédonien

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Le testament de Lapérouse de François Bellec

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Le testament de Lapérouse de François Bellec
Editions JC Lattès, 6 mai 2015 - 250 pages
À la mi-septembre 1827, un capitaine marchand britannique, Peter Dillon, fut conduit par un habitant de Tikopia dans l’île de Vanikoro, au sud de l’archipel des Salomon. Il y recueillit les preuves du naufrage des frégates de Lapérouse disparues depuis trente-neuf ans. La tradition orale lui rapporta que les survivants avaient construit un petit navire. Ils étaient tous repartis sauf deux hommes. L’un était mort quelques années plus tôt, l’autre venait de quitter l’île emportant leur secret.

François Bellec imagine la vie du célèbre navigateur sur l’île, abandonné, solitaire, cherchant à s’adapter à la vie sauvage pour survivre et prêt à tout tenter pour se sauver. Le romancier nous raconte l’expédition malheureuse qui fit de Lapérouse un ermite forcé. Il dresse surtout le portrait intime d’un homme admiré, auréolé de gloire, passionné par le savoir et les découvertes de son temps, privé de tout, dépouillé de tout, et seul face à son destin.

Ancien directeur du musée national de la marine, François Bellec est un des experts du dossier Lapérouse. Il est allé pour la première fois à Vanikoro en 1970. Il y est retourné deux fois en 2005 et 2008 avec deux expéditions archéologiques. Il a pris sa plume d’écrivain de marine pour construire un roman sur une trame attestée par les archéologues et par l’histoire, mêlant intimement le vrai et le possible.

Pour en svoir plus ci-dessous, un article sur ce roman publié vendredi 7 août 2015 sur le site Suisse le temps

Un roman donne enfin des nouvelles du célèbre explorateur Lapérouse

François Bellec, contre-amiral et ancien directeur du Musée de la Marine, imagine le navigateur, disparu en 1788, en Robinson coincé pendant quarante ans sur une île peuplée de sauvages

Un roman donne enfin des nouvelles du célèbre explorateur Lapérouse

François Bellec imagine le navigateur, disparu en 1788, en Robinson coincé sur une île peuplée de sauvages

Robinson Crusoé a vécu pendant 28 ans sur une île déserte à la suite d’un naufrage, mais le bateau tant attendu finit par arriver pour le délivrer de sa solitude. En 1788, soit 69 ans après la parution du Robinson Crusoé de Daniel Defoe, l’expédition commandée par le comte de La Pérouse, lancée sous l’impulsion de Louis XVI, se termine en tragédie sans retour au large de l’archipel des îles de Santa Cruz. Les deux navires, La Boussole et L’Astrolabe, vont s’échouer successivement sur les récifs de l’île encore inconnue de Vanikoro.

Il y a bien sûr le désastre réel, plus de 200 hommes disparus, et, parmi eux, de nombreux scientifiques de l’époque (naturalistes, physiciens, médecin, etc.), mais encore le naufrage symbolique des ambitions du roi de France qui avait voulu en faire en 1785 l’une des plus grandes expéditions de son époque. Dans l’esprit des Lumières, il s’agissait notamment de rectifier et d’achever la cartographie de la planète afin de parfaire l’œuvre du capitaine Cook.

Contre-amiral

Ancien directeur du Musée national de la Marine, le contre-amiral François Bellec se fait romancier pour mieux raconter ce drame historique. Romancier, car malgré huit expéditions officielles, des recherches et des fouilles dans l’île de Vanikoro, le double naufrage n’a pas livré tous ses secrets. Sur une trame attestée par les archéologues et par l’Histoire, l’auteur peut jouer du probable et de l’improbable en évitant l’impossible.

Et c’est ce qu’il fait avec talent, mettant en scène un Robinson d’un genre nouveau en la personne de Lapérouse lui-même, accompagné dans son malheur par Rollin, le naturaliste, médecin et chirurgien de l’expédition, et, en guise de Vendredi, par son domestique Caraurant.

Le récit historique évoque l’existence d’un groupe de naufragés établis dans la baie limoneuse et boueuse de l’île de Vanikoro, sur le territoire du village appelé Paiou. Ils y auraient construit un bateau de fortune pour prendre la mer avant de disparaître à tout jamais dans un naufrage final. Deux, voire trois naufragés seraient toutefois restés sur l’île.

Bellec fait le pari littéraire, historiquement peu probable, qu’il s’agit de Lapérouse lui-même. Le célèbre explorateur aurait été blessé avant le naufrage, lors d’une attaque des Kanaks contre La Boussole, et transféré dans l’autre frégate. L’épave de L’Astrolabe a été retrouvée dans la baie et il est vraisemblable, comme le raconte Bellec, que ce navire ait à son tour chaviré au cours d’une tentative de porter secours à d’éventuels survivants de La Boussole.

Le roman de François Bellec décrit un Lapérouse cloîtré dans l’île de Vanikoro pendant 39 ans, jusqu’à la mort. Il passe le plus clair de son temps à méditer et à converser avec Rollin, un être lumineux qui finit pourtant par se suicider lorsque tout espoir de retour à la civilisation occidentale s’effondre. Caraurant vaque à son confort, puis devient son interlocuteur après la mort de Rollin. Le domestique s’adapte plutôt bien, au point d’épouser une Mélanésienne. Au fil des années, l’explorateur met toute son énergie à conserver sa dignité et à demeurer un «homme civilisé», évitant tout contact avec les indigènes et refusant d’apprendre un seul mot de leur langue.

Contrairement à Robinson, Lapérouse n’est pas naufragé dans une île déserte. Vanikoro est habitée par une peuplade mélanésienne, alors qu’une autre partie est colonisée périodiquement par des Maoris, venus d’une autre île de l’archipel. Ces deux peuplades sont en guerre permanente. On coupe volontiers la tête de son ennemi et l’on est occasionnellement anthropophage. Le récit de ce naufrage est d’autant plus poignant que ses survivants rêvent de retour dans un pays agité par des bouleversements si radicaux qu’il n’existe plus tel qu’ils le connaissaient et vénèrent un roi décapité.

Selon une légende apocryphe, Louis XVI aurait demandé, peu avant de passer sur l’échafaud : «A-t-on des nouvelles de Monsieur de Lapérouse ?» Fussent-elles imaginaires, les lecteurs de l’an 2015 ont toutes les raisons de remercier François Bellec de leur en donner.

Au musée maritime de Nouméa il y a des trésors sur Lapérouse qui fait l’objet d’une exposition permanente.

La Pérouse, une expédition au siècle des Lumières

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En 1785, une grande expédition maritime, commandée par Jean-François Galaup de La Pérouse, quittait Brest pour un voyage de découvertes dans le Pacifique qui devait durer quatre ans. Mais les deux navires de l'expédition, l'Astrolabe et la Boussole, ne rentreront jamais en France.

Par la mise en valeur d'une collection exceptionnelle d'objets archéologiques sous-marins, plongez au cœur de cette passionnante histoire, des préparatifs de l'expédition jusqu'aux recherches entreprises depuis la découverte du site du naufrage à Vanikoro, aux Iles Salomon.

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Alain Lincker, un poète à découvrir ou redécouvrir

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Alain au Silo 2013 au premier photo JP

Alain au Silo 2013 au premier photo JP

Une bonne surprise pour moi hier soir. On frappe à ma porte et un petit chien avec une houppette rose fait irruption dans mon salon avec au bout de sa laisse Fabienne Fabre qui venait me livrer à domicile le livre de mon ami Alain Lincker, une vraie joie de retrouver Fabienne et le beau livre d’Alain que toute ma famille a feuilleté immédiatement tandis que je discutais avec mon facteur. Ci-dessous, pour le remercier et parce que ce poète mérite d’être connu, un petit article sur son travail. Venu sur le tard à l’écriture, il est néanmoins très prolifique, le succès est un bon booster. JP

À noter Fabienne anime depuis plusieurs années l’atelier d’écriture de la maison du livre de Nouvelle-Calédonie. Plus http://atelierdecrituredelamaisondulivre.unblog.fr/

Alain Lincker parle de sa passion du livre

Après une immersion dans le vaste Pacifique, de février 2011 à décembre 2014, en Nouvelle-Calédonie où ma plume s'est déclarée autour des activités foisonnantes de la maison du Livre à Nouméa (Conférences sur la bibliophilie, Ateliers d'écritures, Club des Amis de la Poésie, Slam, partages artistiques), j'ai poursuivi mes voyages en terres d'écriture sur l'île de Mayotte (février 2015). D'îles en îles, au fil de mes voyages en pays d’ailleurs, découvertes et dévoilements des splendeurs d'Outremer : « écrire sur l'écume des mots, les bleus de l'océan. Écrire dans l'or du quotidien, celui des rencontres, des partages : autant d'espaces où se crée le lien, où résonne la beauté du monde et se dévoilent les talents. La passion des livres m'a toujours habité, mais je ne saurais dire par quelle étrangeté l'empire de la poésie s'est blotti dans mon âme. Sous les éblouissements du Pacifique j'ai succombé à son appel. Ici encore, sous les feux de Mayotte, je cède à son emprise». Au partage des arts, sous l'aiguillon de la bibliophilie, mes œuvres tentent d'allier textes et illustrations, parfois musique afin d'inciter chacun à lire et se plonger dans l'univers exaltant du Livre.

Bibliographie

" Manuscrit trouvé dans une maison de fous » E.G. Bulwer Lytton. Livre de Bibliophilie Alain Lincker

Prix des Lecteurs concours Écrire-en-Océanie 2013 pour la nouvelle « hors des routes habituelles »

 « Paysages », ouvrage collectif, éditions Écrire-en-Océanie avec les lauréats et les écrivains du Pays 2013.

" Éblouissements Pacifiques : Nouvelle-Calédonie entre îles et Grande Terre ", éditions Paterna Paternis septembre 2014 puis réédition - OR des routes habituelles- décembre 2014. Recueil de poèmes avec CD, mis en musique par Jean-Pierre Paillard.

« Mayotte : archipel des songes » mars 2016 éditions Couleurs Métisses.

Tout chaud :

« Destins pacifique », recueil de nouvelles, en négociation pour contrat d'éditeur.

Le Prince Océan (Œuvre jeunesse pour adultes à expliquer aux enfants et aux adolescents)

« Voyages en pays d'ailleurs » compilation de trois recueils de poésie dont un recueil inédit.

Dans son ouvrage « Eblouissements Pacifiques » paru aux Editions Paterna Paternis, un recueil de poésie, l’auteur parlait de sa découverte de la Nouvelle-Calédonie, « la lumière, le cœur et la fierté des hommes, la beauté d’un monde qui se donne sans réserve ». Le livre, de belle facture, est accompagné d’un CD dans lequel sont lus 28 poèmes.

Ci-dessous un extrait des lectures par des poètes calédoniens.

Publié dans Ecrivain calédonien

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Mini semaine japonaise à la médiathèque du Nord

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Photos extrait du filmPhotos extrait du film
Photos extrait du film

Photos extrait du film

mardi 08 novembre à 18h :

Projection de "NAHA SHI", un film de Sabine Jobert, (elle sera présente), évoquant l'histoire des Japonais de Nouvelle-Calédonie

Arrivé d’Okinawa en 1912 pour travailler dans les mines de nickel, Zenziro Uichi voit son destin basculer en décembre 1941, lors de l’entrée du Japon dans la seconde guerre mondiale. Comme lui, un millier de Japonais installés dans l’île deviennent alors de potentiels ennemis. Soixante-dix ans après, ses descendants et d’autres proches, implantés à Ponérihouen et Poindimié, racontent l’histoire de leur ancêtre ainsi que les tourments de leurs familles nippo-calédoniennes au moment de la guerre.

NB : Naha (那覇市, Naha-shi?) est la capitale et la ville la plus peuplée de l'île, préfecture et région d'Okinawa, ainsi que de l'archipel Nansei, au Japon. En 2010, la population était estimée à 315 504 habitants.

Le sort méconnu de Japonais en Nouvelle-Calédonie

Travailleurs de mines arrêtés par la France et déportés en Australie

Publié par K. Poupée le Mercredi 11 Septembre 2013, 10:59 dans la rubrique International (article écrit pour l'Agence France-Presse - AFP- le 4 septembre 2013)

Chevelure fournie blanche ondulée, yeux fixant un point au loin, la nonagénaire Marcelle raconte. Elle est une des 13 enfants de Zenjiro Uichi, un Japonais émigré il y a plus d'un siècle en Nouvelle-Calédonie comme travailleur dans les mines de nickel et interné en 1942 en Australie sur ordre des autorités françaises.

"Mon père n'était plus là. C'est donc moi qui ai dû aider ma mère à accoucher de mes deux derniers frère et soeur jumeaux", se souvient Marcelle lors d'une rencontre près de Poindimié, dans la Province Nord de ce territoire français du Pacifique.

Son père était originaire d'Okinawa. Il avait débarqué en 1910 en Nouvelle-Calédonie avec plus de 500 compatriotes, de la même région méridionale nippone mais aussi d'autres provinces, après avoir parcouru 8.000 kilomètres en bateau.

L'arrivée de Japonais correspondait à une nouvelle campagne de recrutement de travailleurs nippons après celles de 1892 et 1900.

"Quand les premiers Okinawaïens sont arrivés en 1905 comme ouvriers, on leur a donné une pelle et une pioche et on leur a dit, il faut couper la montagne. Ils se sont dit, +on n'est pas venus pour cela+. Ils avaient en tête l'image des travailleurs envoyés à Hawaï rentrés avec de l'argent après avoir exploité la canne à sucre. Mais là, c'était la mine", raconte Marie-José Michel, consul honoraire du Japon à Nouméa.

Une partie de ces Okinawaïens a déchanté et fui dans la brousse. "Ils se sont convertis en pêcheurs, agriculteurs et se sont installés sur toute la côte", ajoute Mme Michel, une descendante de troisième génération.

"Mes deux grands-pères étaient japonais et ma grand-mère maternelle ne cessait d'y faire allusion. Elle admirait le côté très serviable, travailleur, généreux des Japonais", confie-t-elle.

Le père de Marcelle, lui, a fait tous les métiers : coiffeur, maçon, menuisier, soudeur, pêcheur, commerçant, restaurateur, charpentier de marine.

Outre les quelque 800 immigrants d'Okinawa, la Nouvelle-Calédonie a accueilli entre 1892 et 1919 plus de 4.500 travailleurs nippons de Fukushima, Hiroshima, Kumamoto et d'autres provinces.

Mais à partir de 1914, ces Japonais ne pouvaient plus rentrer au pays: c'était la Première guerre mondiale, le franc (qui avait aussi cours en Nouvelle-Calédonie) était dévalué et il était honteux pour ces mineurs de rentrer sans argent. Ils se sont alors installés avec des femmes locales.

Las, 7 décembre 1941 : les avions japonais attaquent la base américaine de Pearl Harbor, précipitant l'entrée des Etats-Unis dans la Deuxième guerre mondiale. La vie tranquille des Japonais de Nouvelle-Calédonie vire au cauchemar. Considérés comme des ennemis des alliés, les ressortissants du Japon sont arrêtés sur ordre du gouverneur Henri Sautot rallié à la France Libre. Les hommes et les rares familles entièrement nippones sont envoyés dans des camps australiens.

"Le trajet en bateau durait trois jours durant lesquels les détenus étaient fort maltraités par les soldats français", affirme l'historienne Yuriko Nagata qui précise: "mis à fond de cale dans l'obscurité totale, ils étaient contraints de dormir sur un sol de métal, n'étaient autorisés à monter sur le pont qu'une fois en tout, pendant 30 minutes".

Les femmes d'autres origines et enfants métis ont été laissés libres en Nouvelle-Calédonie, mais tous les biens japonais ont été séquestrés. L'attitude vis-à-vis des personnes d'origine nippone a changé du tout au tout. "Des parents d'élèves demandaient à l'instituteur que leur enfant ne soit plus assis à côté d'un descendant de Japonais, la boucherie ne servait plus les Japonais, etc.", raconte Mme Michel.

Malgré cette rupture et ces vexations, il a fallu se couler dans le moule calédonien et parfois changer de nom. "Quand mon père est allé à 14 ans demander du travail à un chef mécanicien, on lui a dit, +Takamoune, je pourrais te trouver un emploi, mais t'es d'origine japonaise alors faut que tu changes de nom, que tu prennes celui de ta mère+. Donc mon père s'appelle M. Takamoune dit René Chabaud! C'était un cas parmi tant d'autres", explique la consul.

Les Japonais de 2e génération ont grandi ainsi, tête baissée et sans mot dire, tout en ayant un profond sentiment d'origine japonaise. Puis ils ont compris, et leurs descendants encore davantage, qu'ils n'étaient pas coupables mais héritiers de cette histoire et qu'il fallait la transmettre pour avancer. "Nous avons vu nos parents souffrir. Nous avons pris cette souffrance et avons tenté de l'apaiser en recouvrant nos origines", justifie Mme Michel.

Pourtant, ces descendants de Japonais n'ont aucune connaissance de la langue nippone et ne savent pas grand chose de la vie de leurs ancêtres avant leur venue en Nouvelle-Calédonie. Quant aux proches de ces émigrés restés au Japon, ils ignoraient presque tout des pérégrinations de leur parent.

La Néo-Calédonienne Oto raconte ainsi comment son frère Félix a rencontré pour la première fois, au soir de sa vie, leur demi-soeur japonaise, née trois ans avant le départ de leur père commun pour les contrées françaises du Pacifique. "Je n'ai jamais su que mon père était mort noyé en Nouvelle-Calédonie. En 1928, il m'avait écrit +je suis là pour travailler, et l'argent que je vais rapporter, ce sera pour payer ton mariage+", a raconté cette demi-soeur nippone, restée sans nouvelle pendant trois quarts de siècle.

Marcelle eut plus de chance. Après avoir été interné en Australie et rapatrié de force au Japon à l'issue de la guerre, son père Zenjiro revint en Nouvelle-Calédonie en 1954. Il rouvrit l'hôtel-restaurant qu'il gérait autrefois, se convertit au catholicisme et décéda en 1980 à 91 ans, avant d'être décoré à titre posthume de l'Ordre du Trésor sacré par l'Empereur japonais.

Aujourd'hui, on dénombre entre 8.000 et 10.000 descendants de Japonais en Nouvelle-Calédonie, une communauté qui s'étend sur six générations.

"Les descendants des 5e et 6e générations savent qu'ils ont des antécédents japonais, et quand ils achètent un appareil électronique, ils choisissent une marque japonaise. Et puis les mangas nous aident", souligne Mme Michel, "car ils encouragent les enfants à apprendre le japonais. Ils sont intéressés par la culture nippone et ont très envie d'aller au Japon".

"Swimmy Project" - Koinobori (banderole de carpe en japonais), poisson en tissu de 10 mètres de long servant de support d’écriture de poèmes ayant pour thèmes la paix et l’espoir. 

image de la médiathèque

image de la médiathèque

Publié dans Nouvelle-Calédonie

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