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Les cœurs barbelés de Claudine Jacques

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Claudine Jacques

Claudine Jacques

Voix d’Océanie, aux éditions Noir au blanc, 2016

Roman

La réédition du premier roman de Claudine Jacques, écrivaine calédonienne était encore attendue. J’avais adoré ce roman dès de sa première parution. Je vous invite à vous procurer ce roman qui avait posé la question du vivre ensemble bien avant les événements tragiques des années 80 à travers une belle histoire d’amour. JP

Réédité plusieurs fois, vendu à plus de 5000 exemplaires, Les Cœurs barbelés racontent l’histoire tourmentée de Malou et de Sery, tous deux enfants rebelles de la Nouvelle-Calédonie. Elle, Calédonienne, lui Kanak, ils ne devaient pas s’aimer.

Cette histoire d’amour s’inscrit dans l’histoire d’un conflit majeur qui pose la question de l’avenir partagé de la Nouvelle-Calédonie.

L’auteur :

Née à Belfort, Claudine Jacques arrive adolescente en Nouvelle-Calédonie et s’y enracine profondément.

Après avoir dirigé un Centre de formation professionnelle, elle cesse toute activité en 1994 pour se consacrer exclusivement à l’écriture.

Membre fondateur de l’Association des écrivains de Nouvelle-Calédonie (1996) et past présidente, elle créé en 2002 le Festival de la Bande dessinée de Boulouparis BD Folies qu’elle préside depuis, puis en 2008 l’association Écrire en Océanie destinée à promouvoir par le biais de l'édition de jeunes auteurs la littérature du pays.

Pour en savoir plus : http://www.ecrire-en-oceanie.nc/

Publié dans Ecrivain calédonien

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Remises des prix à l'île d'Ouessant (suite)

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Remises des prix à l'île d'Ouessant (suite)
Remises des prix à l'île d'Ouessant (suite)

Le Grand prix des îles du Ponant 2016 pour “Corse, les fromages Casgi, furmagli è brocci”. Voir résultats littérature générale et scientifique sur ce blog, mon article précédent.

Deux lauréats ont été primés, par le jury du concours de nouvelles du Salon international du livre insulaire

Deux lauréats ont été primés, par le jury (notre photo) du concours de nouvelles du Salon international du livre insulaire, cette année, à Ouessant. Première dans la catégorie « Adolescents », Élise Gatteau est récompensée pour une nouvelle intitulée « Fausse route ». Sylvain Grand, lui, l'emporte en catégorie « Adultes », pour un texte intitulé « Corcra », qu'il faut lire pour comprendre de quoi il s'agit. Ces deux textes sont destinés à être publiés et les auteurs ont respectivement reçu une dotation de 100 et 150 €.

© Le Télégramme

Quatorze livres étaient en compétition cette année pour le secteur jeunesse. « Nous avons tout de suite sélectionné quatre livres », explique Elisabeth Barbe, membre du jury, dans un article du Télégramme, mais il y a eu débat entre deux d'entre eux : « Le fils de l'ombre et de l'oiseau », d'Alex Cousseau, aux éditions du Rouergue, et « Le roi du lys », de Patrick Durville, aux éditions du Cyclone.

Quatre adultes et trois adolescents sur un bateau

« Ça a été le combat des scientifiques contre les littéraires, et les scientifiques ont gagné », explique Elisabeth Barbe en relatant les débats des membres du jury, trois adultes et quatre adolescents. C'est en effet un manuel pratique de survie que met en scène « Le roi du lys », qui a remporté le prix jeunesse au Salon du livre. Une tempête en mer, un petit garçon de 12 ans seul sur un canot de survie et voilà un Robinson Crusoé des temps modernes isolé sur l'île où son canot s'est échoué. Comment va-t-il survivre ? Le livre a enthousiasmé les adolescents.

Françoise Le Mer, lauréate du Prix du polar insulaire 2016, pour son ouvrage : Le baiser d'Hypocras, dont l'action se situe à l'íle-aux-moines.

Golfe du Morbihan - Île aux Moines Vincent Delteil n’est sans doute pas un homme né sous une bonne étoile. Socialement, il exerce un métier difficile, qu’il aime et respecte, mais dont tout le monde a peur… Il est thanatopracteur. S’il mettait sa vie privée en pâture, il serait surement la risée de plus d’un… pourtant, Vincent est un homme bien. C’est du moins ce qu’affirme l’ex-épouse du commissaire Le Gwen qu’il a connue dans sa jeunesse. Il vit dans un endroit dont chacun rêve: l’ile aux Moines. Ce lieu magique, tendre comme l’enfance, va être le théâtre de plusieurs crimes, homophobes, autant qu’on puisse en juger. L’esprit retors qui les orchestre trouve son arme dans la nature. La ciguë! N’est-ce pas ainsi qu’a été exécuté Socrate.

L'auteur :

Françoise Le Mer Née à Douarnenez en 1957, Françoise Le Mer enseigne aujourd’hui le français en collège à Quimper. Dès son plus âge, elle écrit. Passionnée de lectures policières, elle publie le premier titre de sa série bretonne en 1998. Ses intrigues, basées sur la psychologie des personnages, alternant descriptions poétiques, dialogues humoristiques, et suspense à couper le souffle, sont régulièrement saluées par la critique pour leur finesse. Auteur de : 1. Colin-Maillard à Ouessant 2. La Lame du Tarot 3. Le Faucheur du Menez-Hom 4. L’oiseau noir de Plogonnec 5. Blues Bigouden à l’île Chevalier 6. Les santons de Granite rose 7. Les ombres de Morgat 8. Le mulon rouge de Guérande 9. L’Ange de Groix 10. Buffet froid à Pouldreuzic 11. Amours sur Bélon 12. Maître-chanteur à Landévennec 13. Maux de tête à Carantec 14. Les âmes torses 15. Arrée sur image 16. Le baiser d’Hypocras

éditions Palemon

  

de samedi 20 août 2016 09:16 – Ouessant (un article de Ouest France) sur ce salon

Salon du Livre insulaire à Ouessant. Sous le signe de l'Utopie ...

A Ouessant, Paul Jézéquel, Jean-Yves Colin et Florent, fidèles bénévoles du Salon du livre insulaire. © Ouest-France

18 ans de salon du livre insulaire, une utopie dont la vie dure ! Au début, personne n'y croyait beaucoup à ce projet, passablement utopique, de relier Ouessant et littératures... Et pourtant, l'histoire continue...

Douze ans que Jean-Yves Colin, authentique Ouessantin (du Nord !) prend ses congés en août. Tout spécialement pour le salon du livre insulaire, où il devient le chauffeur officiel des auteurs invités. Pour ce 18e salon, placé sous le signe de l'utopie, en hommage au célèbre récit d'anticipation écrit il y a 500 ans, par Thomas More, sa curiosité est restée intacte :

" C'est l'esprit d'ouverture qui me plaît, tout simplement", commente celui qui s'est construit, au fil des années, un petit bijou de bibliothèque insulaire, signée de grandes plumes planétaires : " J'ai des souvenirs extraordinaires de discussions, de rires, de balades avec des écrivains incroyables, dont je ne connaissais pas du tout les bouquins mais avec lesquels la connivence s'installait très vite. Peut-être parce que l'on partage certaines préoccupations insulaires et aussi, sans aucun doute, un certain sens de l'humour…"

"Petit papy très marrant"

Comme celui de Joseph Zobel, ce "petit papy très marrant" qu'il promène dans ses coins favoris de l'île avant de réaliser qu'il s'agit de l'auteur martiniquais, mondialement reconnu, de Rue Cases-Negres.

"Je n'aurais imaginé rencontrer, aussi naturellement, de tels personnages", continue Jean-Yves Colin, "marqué à vie" par cette confidence que lui fit, tard dans la nuit, un écrivain mahorais. Originaire de Mayotte, en tenue coloniale complète, ce dernier se fit beaucoup remarquer à Ouessant lors de sa venue au début des années 2000 : " Il m'a raconté que, jusqu'à ses 20 ans, il ne savait ni lire ni écrire. Ce qui, sur cette île riche de traditions orales, n'avait rien d'exceptionnel. Mais il a appris pour pouvoir écrire l'histoire de son ami musicien, disparu dans un accident…"

De nouveaux défis

Évidemment, en 18 ans, l'histoire du Salon a connu des hauts et des bas : " On a du affronter de nouveaux défis, confie Isabelle Le Bal, présidente du Salon. Comme l'île qui perd ses habitants au profit des résidences secondaires ou le bouleversement du monde des livres, et la révolution numérique…"

Et pourtant, autre utopie réalisée, le Salon a aussi fait des petits, comme le Silo, le Salon international océanien, qui se déroule depuis 2002 en Nouvelle-Calédonie : " Quand, venue en ma compagnie à Ouessant, l'écrivaine kanak Déwé Gorodey, élue du gouvernement, a annoncé à un des auteurs corses présents qu'il viendrait bientôt nous rejoindre sur la plage de Tiéti pour notre propre salon, il n'y croyait évidemment pas ! raconte l'écrivain de Nouméa Nicolas Kurtovitch… Et pourtant, il y est venu ! Et même revenu !"

Qui a gagné Le Grand Prix Utopique ?

 Vêtu d'un impeccable smoking blanc au nœud papillon noir assorti, la veste décorée d'un œillet rouge et de décorations diverses, cet écrivain américain originaire d'Haïti, quand il a débarqué, mercredi à Ouessant, pour l'inauguration du Salon, était, déjà, loin de passer inaperçu. Ca s'est corsé quand Il a expliqué qu'il venait spécialement de New -York, via Paris et Le Conquet, pour recevoir, enfin, son prix bien mérité, 12 ans s'étant déjà écoulés depuis sa première sélection par le jury du livre insulaire. Alors que ce 18e salon célèbre justement les utopies, le prix que pensait recevoir l'écrivain s'est révélé hélas , lui aussi, totalement utopique : être sélectionné, même pour la seconde fois, ne veut pas dire être primé. Ni être invité ! Sans hébergement réservé, l'écrivain, sans aucun doute dépité, est reparti sans tambour ni trompette !

Transmission

Comme quoi, l'utopie, ça vous gagne ! "Si le Salon a atteint sa majorité, ça reste encore notre bébé, que l'on aime porter et, aussi, bien sûr, passer de bras en bras, sourit l'écrivain Yves Goulm, partie prenante depuis les débuts de l'aventure. Cette 18e édition ne s'appelle pas Utopia pour rien ! Quand Isabelle a eu cette idée un peu folle à l'époque, de relier L'Île d'Ouessant et la littérature, peu y croyaient… Et pourtant… vive l'utopie !"

18e salon international du livre insulaire, à Ouessant, avec rencontres, dédicaces, et une trentaine  jusque tard dans la nuit ce samedi, entre le gymnase, le musée des phares et balises (lectures en musiques à 18 h) , le chapiteau Mezareum… Ragoût d'agneau cuit dans les mottes, à 20 h (18 €), fest-noz avec Tri Horn à 21 h 30, gratuit.

Frédérique GUIZIOU.   Ouest-France  

Publié dans Divers

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18 ème Salon du Livre Insulaire à Ouessant. Les premiers résultats Tahiti et la Calédonie à l’honneur

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

18 ème Salon du Livre Insulaire à Ouessant. Les premiers résultats Tahiti et la Calédonie à l’honneur
Prix du Livre Insulaire - Priz levrioù an inizi 2016
Pour la littérature scientifique, le jury a mis, comme l'année dernière, la Corse à l'honneur, avec « Corse. Les fromages », aux éditions Albiana, ainsi que « La Corse en mutation », dirigé par Jean-Pierre Bonafoux, aux mêmes éditions Albiana.
La Polynésie a aussi été distinguée à travers l'ouvrage de Daniel Morgueron, « Flots d'encre sur Tahiti », aux éditions L'Harmattan. C’est un peu aussi un honneur pour la Nouvelle-Calédonie puisqu’Hélène Colombani de la collection Lettres du Pacifique a écrit la préface et que ce livre fait partie de sa collection.
Pour la littérature générale, les prix ont été attribués à « La mer des lumières », de Kenneth White, aux éditions Le mot et le reste ; à « Côté chambre, côté jardin », de Joseph-Antoine d'Ornano, aux éditions Michel de Maule et, enfin, à « Vol à vif », de Johary Ravaloson, paru aux éditions Dodo vole.

FLOTS D'ENCRE SUR TAHITI de Daniel Margueron

250 ans de littérature francophone en Polynésie française

 Préface d'Hélène Colombani

Lettres du Pacifique aux éditions l'Harmattan

Du mythe occidental inventé au XVIIIe siècle par les circumnavigateurs à la littérature autochtone contemporaine, en passant par une abondante littérature exotique et coloniale qui parcourt les XIXe et XXe siècles, Tahiti et les archipels sont déclinés comme un lieu majeur où naît et se diffuse une production littéraire, certes pleine de clichés, mais aussi variée, dynamique et originale.

CORSE, LES FROMAGES (ouvrage collectif)

Casgi, furmagli è brocci

Le premier ouvrage sur le fromage fermier, fleuron gastronomique de la Corse.

Descriptif

Savoureux, doux ou piquants, fondants ou secs, les fromages corses sont un des piliers de la gastronomie du terroir insulaire. Leurs modes de fabrication et d’affinage, leur lieu de production, la qualité du lait (brebis ou chèvre) déterminent au moins cinq types principaux, auxquels s’ajoute la célèbre préparation fromagère, unique en son genre, le broccio.

Un beau-livre, le premier en son genre, consacre enfin les fromages insulaires et révèle les secrets (mode d’élevage, technologie, saveurs recherchées…) d’un pastoralisme et d’une fabrication sans doute plusieurs fois millénaire.

Aujourd’hui, le fromage corse pourrait aussi constituer une référence en matière d’intégration des traditions dans le cadre d’un développement économique à échelle humaine (proximité, traçabilité, bio, authenticité, etc.).

Affiner les connaissances

Le projet d’offrir au lecteur un ouvrage de qualité sur la production fromagère de l’île est né avant tout du triple constat de l’absence d’un tel ouvrage, de la pertinence des questions et des enjeux que soulève le pastoralisme dans la société corse d’aujourd’hui (culturels, économiques, politiques et territoriaux) et de la qualité du travail fourni par les scientifiques malgré une certaine confidentialité de leurs recherches.

L’objectif premier était donc de réunir les compétences et d’ouvrir le chantier d’un ouvrage qui soit en tout point le reflet des savoirs actuels sur l’ensemble des métiers et des pratiques qui concourent à faire de la Corse un « haut lieu » du patrimoine fromager méditerranéen.

Aujourd’hui en difficulté, le monde agropastoral doit pouvoir compter sur un ouvrage de référence qui aide à l’approfondissement des savoirs et favorise sa visibilité auprès de la société locale et au-delà de la communauté insulaire. Les consommateurs y trouveront matière à « s’approprier » un patrimoine dont ils sont, aux côtés de producteurs, à la fois les « ayants droit » et les protagonistes.

Corse, les fromages s’emploie ainsi à objectiver et stabiliser des savoirs aujourd’hui fragilisés par l’absence de références. Ainsi, il s’agit bien au moyen d’un tel ouvrage de répondre à un enjeu de transmission de savoirs qui ne peut plus se limiter à une « imprégnation » ou au « ouï-dire ».

L’ambition était également de contribuer à valoriser le pastoralisme corse en affrontant sa complexité pour en révéler toute sa richesse, la profondeur de ses traditions, de ses savoirs et de ses ressources. Autant d’atouts qui peuvent demain constituer un « modèle » fondé sur une agriculture à taille humaine, respectueuse des équilibres environnementaux et sociaux selon les valeurs dans lesquelles les Corses aiment à se reconnaître (rapports de sociabilité, liens à la nature et transmission des savoirs, de l’histoire, des goûts, etc.).

L’ouvrage revient ainsi sur chacun des aspects des processus à l’œuvre depuis des millénaires, en axant très fermement le regard sur la réalité d’aujourd’hui. Le plan en explicite le cheminement : pastoralisme – produits – enjeux.

Le but de ce travail était en définitive de mettre en valeur, au cœur de l’ouvrage, le produit fini, c’est-à-dire les fromages, comme un révélateur de l’ensemble des problématiques en question.

Le lecteur y trouvera donc aussi – et surtout – les grandes variétés, les façons, l’art de consommer, etc.

Editions Albiana

18 ème Salon du Livre Insulaire à Ouessant. Les premiers résultats Tahiti et la Calédonie à l’honneur
Utopia une peinture de 2009, Des bretonnes et l'affiche du salon
Utopia une peinture de 2009, Des bretonnes et l'affiche du salon
Utopia une peinture de 2009, Des bretonnes et l'affiche du salon

Utopia une peinture de 2009, Des bretonnes et l'affiche du salon

Publié dans Ecrivain du Pacifique

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Les ressources minérales profondes en Polynésie française

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Deep-sea mineral resources in French Polynesia

La Polynésie française se caractérise par une immense zone économique exclusive, constituant la moitié de la zone maritime française, elle-même deuxième mondiale. Les enjeux de conservation et d’exploitation durable des océans et des ressources marines (objectif 14 de l’agenda onusien du développement durable) y sont considérables. Dans un contexte international marqué par une hausse de la demande en matières premières minérales et une « course à la mer », nouvelle frontière d’expansion territoriale, la question des ressources minérales profondes en Polynésie française suscite aujourd’hui un intérêt accru.

Pour se procurer ce livre :

On peut le commander par le net 2 888 XPF / 24.2€ sur le site de pacific Book'in ou en librairie à Nouméa et à l'IRD

 

Publié dans Ecrivain du Pacifique

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39 ème édition de la foire de Bourail

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Photo du site Province Sud

Photo du site Province Sud

Événement culturel calédonien incontournable, entre Far West, crêpes bretonnes, Bami et bougna, sur trois jour, la foire de Bourail a accueilli 15 000 personnes.
Ci-dessous une vidéo Foire de Bourail 2016 d’Agnès Calligaro postée sur YouTube.

Publié dans Nouvelle-Calédonie

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A bord de La Loire Conférence de Nicole Poilvé-Bader et Christiane Terrier

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La Loire en rade à Nouméa

La Loire en rade à Nouméa

Christiane Terrier historienneJournal de voyage vers la Nouvelle-Calédonie en 1883, une conférence du jeudi 11 août 2016

Georges Féret, sous-officier de l’infanterie de marine, séjourne en Nouvelle-Calédonie de 1883 à 1887. Doté d’un esprit curieux et observateur, il rédige un véritable journal précis et détaillé de son séjour, depuis son départ de Brest jusqu’à son retour en France.

A travers ce témoignage, cette conférence se propose de vous faire revivre les péripéties de ce long voyage de presque quatre mois sur La Loire, un grand voilier transportant à la fois des militaires mais aussi un convoi de bagnards. Une fois parvenu dans l’archipel, Georges Féret se révèle être très curieux de la vie sur place, et notamment celle de la population Kanak.

Le récit de Georges Féret a comme toutes les conférences du musée maritime passionné les auditeurs. Vous trouverez ci-dessous quelques passages de l'histoire de ce trois mats que vous pourrez aussi consulter intégralement sur le site de Bernard Guignard. JP

Les voyages de la Loire pour le bagne

La Loire était un navire de transport mixte de type trois-mâts à hélice et à voiles, avec une coque en bois. Ses dimensions étaient de 62 mètres 86, par 16 mètres 84,  par 8 mètres 04, déplaçant 4 450 tonneaux (en 1872). Sa vitesse était de 10 nœuds. L'effectif était composé de 883 hommes. La propulsion se faisait au moyen de 2 hélices, et d'une machine Schneider de 650 chn à charbon, nécessitant 548 tonnes de combustible. Quant à la voilure, elle était de 2710 m². L'armement en 1858 était constitué de deux batteries, une de 24 canons de 30 et 8 de 22, et une de 26 canons de 30 et 6 de 22 et sur le gaillard de 4cannon de 30 (NR1) et 14 de 30 (NR4). Le navire était doté d'un blindage de bordé de 20 cm d'épaisseur.

La Loire est sortie des chantiers navals de Lorient. Sur cale le 17 septembre 1827, elle est lancée le 2 décembre 1853, pour entrer en service le 1er septembre 1854, avant d'être rayée le 13 juillet 1886.

Selon un document envoyé par Patrice Bochereau et émanant d'Anne-Marie Edeline, du Fil d'Ariane, la Loire fut été mise en chantier à Lorient en 1827 sous le nom d'Annibal, et fut mise à l'eau le 2 décembre 1853. Ce navire aurait été armé la première fois sous le nom de Prince Jérôme… Suite sur le site de Bernard Guignard

…Mais sa carrière va rebondir. En effet, le bagne de Toulon est encombré, et le Gouvernement veut augmenter les déportations pour pallier le problème, ce qui demande des moyens de grandes capacités. L'Ingénieur de 2nde classe Vidai soumet un projet de transformation du Hoche en transport à voile pouvant embarquer 800 condamnés, 200 passagers libres et 400 hommes d'équipage. Le 27 septembre le projet est approuvé par le Directeur des Constructions Navales et les travaux débutent en octobre. Le navire est réinscrit sur les listes de la Flotte comme transport à voiles. Il est alors rebaptisé la Loire, avec début des travaux de transformation. En novembre et décembre, s'opère une nouvelle transformation, avec débarquement de l'artillerie et de la machine, le remplacement de l'ancienne mâture par un gréement plus léger, l'installation de la nouvelle artillerie et de ses munitions, l'agrandissement de la dunette, la construction d'une teugue (superstructure peu élevée, puis par extension surélévation à l'avant d'un bateau) à l'avant pour loger une partie de l'équipage, installation de bouteilles latérales en dehors de la coque, dans la batterie haute aménagement d'un poste à l'avant pour le reste de l'équipage et de prisons pour 350 détenus environ avec une infirmerie les séparant, et aménagement du faux-pont pour loger les passagers libres. Les prévisions en vivres sont de 10 mois pour l'équipage et les passagers, et 5 mois pour les condamnés. Le 20 février 1873, c'est la fin des travaux et le 1er mars, le navire est armé et placé sous les ordres du capitaine de vaisseau Jacques, dit Lapierre.

Le 19 avril 1873, la Loire appareille de Toulon sous les ordres de son commandant, le réputé très cruel capitaine Jacques Lapierre. Le navire embarquait 1352 personnes, dont 415 hommes d'équipage et 287 colons et soldats plus 650 transportés. Parmi ces derniers, il y avait 6 marins, 1 gendarme, 82 artilleurs, 51 fantassins, 40 civils, 26 femmes, 18 enfants, 16 agents de surveillance. Le 27 avril elle franchit le détroit de Gibraltar. Elle fait escale à Dakar du 9 au 11 mai, où elle débarque 60 fantassins de la Marine destinés à la colonie du Sénégal. Le 31 mai la Loire naviguait par le travers de l'île de la Trinité.

Le 17 juillet 1873, un des transportés, Nicolas ECKER décède. Il était né le 15 mai 1823 à Metting (Meuse), était célibataire, et exerçait la profession de maréchal-ferrant. Sergent en 1871, il fut commissaire de Police sous la Commune. Il aurait participé à l'arrestation de l'abbé DEGUERRY, curé de la Madeleine. Il fut condamné le 11 novembre 1872 par le 6ème Conseil de Guerre à la peine de 10 ans de travaux forcés. Il était arrivé au bagne de Toulon le 28 novembre 1872.

Un autre transporté, Antoine BARDIAUX, décède en mer le 23 juillet 1873, apparemment juste avant l'arrivée en Nouvelle-Calédonie. Né le 4 mai 1832 au Vernet (Allier), il avait été condamné aux travaux forcés à perpétuité. Mais on ne sais pas si c'est pour des faits liés à la Commune ou pas.

Essuyant un très mauvais temps pendant le reste de la traversée, la Loire arrive à Nouméa le 23 juillet 1873, 92 jours après son départ de Toulon, et 72 après le départ de Dakar.

Pendant cette traversée, le seul incident notable, selon un article de journal, fut une rupture de la barre de gouvernail, pièce qui fut changée en plein ouragan. La Loire quitte Nouméa le 21 août avec à son bord 411 hommes d'équipage et 83 passagers. Le 15 septembre le cap Horn était doublé, et le 1er novembre la Loire entrait en rade de Brest, où elle est désarmée le 10 décembre 1873. La Loire avait établi un record pour ce tour du monde, puisqu'il lui avait fallu seulement 165 jours pour le faire, comme en témoigne l'article.

Ce 2ème convoi de transportés avait vu son effectif de forçats amputé de 60 décès et avait compté 60 malades à son bord. Le navire qui effectuait son premier convoi de transporté avait embarqué, nous l'avons vu, 650 forçats, dont il ne restait plus que 400 survivants à l'île Nou quelques mois plus tard d'après Roger Pérennès. Cependant les recherches effectuées par José Barbançon n'aboutissent qu'à la découverte de 25 décès enregistrés dans les 3 mois après l'arrivée de ce convoi, car 617 sont immatriculé sur les registre l'île Nou, donc bien vivants, ce qui donne 33 décès en mer. Cependant 5 de ces transportés par la Loire meurent le 25 juillet 1873. Ce fait est confirmé par une lettre du révérend père P. Lambert, aumônier à l'île Nou : Le 23 juillet arriva la Loire avec un convoi de condamnés presque tous malades. Le jour de leur arrivée à l'hôpital j'en administrais plusieurs. Fatigué, je me retirai assez tôt pour aller prendre un peu de repos. Le lendemain au point du jour me rendant à l'hôpital je rencontrai trois cadavres qu'on portait à l'amphithéâtre (du camp principal)... Car il n'y avait et il n'y a encore, ni amphithéâtre ni cimetière à portée du nouvel hôpital. Ce fut selon José Barbançon le convoi le plus meurtrier des 75 convois de transportés entre 1864 et 1897. Il faut cependant remarquer que ce convoi de la Loire correspond au transfert des derniers forçats du bagne de Toulon, lequel devait fermer en décembre 1873. Le soin apporté à l'état sanitaire des transportés les années précédentes ne fut certainement pas respecté cette fois ci. Lors de cette même période de fin 1873, la Garonne et le Var transféreront respectivement 500 et 366 transportés à Nouméa, avec 5 et 3 décès lors de la traversée. De plus le chiffre de 650 forçats embarqués sur la Loire fut un chiffre record, ce qui ne se reproduira plus par la suite.

De janvier à mars 1874, le navire est de nouveau transformé afin de réduire la capacité en condamnés au profit de celle des passagers libres. En avril la Loire est réarmée et placé sous les ordres du capitaine de vaisseau Mottez. Le 18 mai, elle est à Brest où elle embarque 280 forçats et 50 déportés arabes à Quélern, puis appareille. Elle arrive le 7 juin au mouillage de la rade l'île d'Aix, où elle embarque 700 passagers, dont 40 femmes, et 320 déportés. Le 9 juin elle appareille pour Nouméa. C'est le 9ème convoi de déportés, qui fait escale le 23 juin à Santa Cruz de Ténériffe, pour arriver à Nouméa le 16 octobre 1874. Il y aura 2 décès en mer. Le 10 novembre de la même année, elle quitte Nouméa pour la France.

Le 24 janvier 1875, la Loire est en escale à Sainte-Hélène puis, ayant escorté depuis cette île par le trois-mâts le Lamentin, le commandant de ce dernier craignant une révolte de ses passagers indiens, arrive à Fort-de-France (Martinique) le 26 février, qu'il quitte le 1er mars. Le 26 mars la Loire arrive à Brest et entre en carénage.

Le 15 janvier 1876 elle est en réarmement, avec un effectif de 409 hommes, sous les ordres du capitaine de vaisseau Salmon, et quitte Brest le 7 mars, remorquée par le Valeureux. Elle transporte 516 passagers et déportés, dont 210 forçats. Elle arrive à l'île d'Aix le lendemain 8 mars et reste au mouillage jusqu'au 17 mars à cause du mauvais temps. Elle repart ce jour-là, remorquée par le Travailleur, en direction de Nouméa où elle arrive, après une escale à Santa Cruz de Ténériffe le 28 mars, le 22 juin 1876. On compte deux décès en mer. Ce sera le 16ème convoi de déportés de la Commune et le 33ème convoi de transportés.

La Loire appareille de Nouméa le 13 juillet 1876, fait escale en Australie à Sidney le 8 août, puis à Papeete (Tahiti) le 11 septembre, et est de retour à Brest le 29 novembre pour entrer de nouveau en carénage.

Le 1er mars 1877, le navire est réarmé et se dirige sur l'île d'Aix pour y embarquer des prisonniers. On la retrouve en escale à Ténériffe le 9 mai, puis elle arrive à Nouméa le 6 août. Elle avait embarqué 360 forçats dont 1 décède en mer. Le 9 septembre, le navire quitte Nouméa sous les ordres du capitaine de vaisseau Hyacinthe Aube, fait escale à Papeete le 29 septembre, puis le 4 décembre 1879 à Sainte-Hélène. Elle est de retour à Brest en janvier 1878, désarmée et entre en carénage.

Le 12 juillet 1878 la Loire effectue la traversée de Brest à Rochefort, qu'elle quitte le 17 juillet avec 360 déportés, fait une escale à Ténériffe le 26 juillet, puis arrive à Nouméa le 25 octobre. Ce sera le 20ème et dernier convoi de déportés de la Commune, et le 39ème convoi de transportés, avec 360 forçats, dont 1 décès en mer. Elle en repart le 30 novembre 1878, rapatriant 71 déportés de la Commune graciés ou malades, accompagnée par la Vire, fait escale à Sainte-Hélène le 3 février 1879, arrivant à Brest le 18 mars.

Le 1er juin 1879, le navire appareille de nouveau de Brest, fait escale à Rochefort le 5 juin pour embarquer ses passagers, puis fait une escale à Ténériffe du 23 au 30 juin, et arrive à Nouméa le 30 septembre, débarquant les 348 forçats de ce 41ème convoi de transportés sur lequel il n'y eut aucun décès. Le 1er novembre la Loire quitte Nouméa, avec à son bord 295 déportés de la Commune amnistiés, fait escale à Sainte-Hélène le 11 janvier 1880, et est de retour à Brest le 5 mars.

Du 20 au 22 septembre 1880, nouvelle traversée de Brest à Rochefort, qu'elle quitte le 26 septembre, fait une escale à Ténériffe le 12 octobre, et arrive à Nouméa le 20 janvier 1881, avec les 297 forçats de ce 44ème convoi de transportés. Au cours de cette traversée, elle subit des dégâts aux mâts suite à un gros temps, et une grave avarie de la chaudière distillatoire, mais il n'y a aucun décès. Le 20 février départ de Nouméa en direction de la France, avec escale à Sainte-Hélène le 28 avril, et arrivée à Brest le 5 juin.

Le 4 décembre 1881, la Loire quitte Brest, puis l'île d'Aix le 11 décembre, avec 400 passagers et prisonniers, dont 323 forçats pour le 47ème convoi de transportés. Elle fait escale à Ténériffe le 29 décembre 1881 et arrive à Nouméa le 26 mars 1882. Il faut noter le décès d'un prisonnier en mer. Le 28 avril 1882, le navire quitte Nouméa pour la France, fait escale à Sainte-Hélène le 6 juillet, et arrive à Brest le 24 août, puis est désarmé pour carénage.

Le 1er août 1883, la Loire quitte Brest avec à bord 1200 passagers, équipage compris. Parmi les membres d'équipage, il y avait un certain Jean-Claude LE GALL. Cet homme était matelot de 3ème classe, quand il fait ce voyage aller-retour vers la Nouvelle-Calédonie. Agé alors de 19 ans, c'est le seul voyage qu'il effectua avec ce navire, avant de participer à l'expédition du Tonkin, où il arrive en janvier 1885 sur le croiseur de 1ère classe Primauguet, affecté depuis le 15 décembre 1884, jusqu'au 17 janvier 1887. Il est ensuite affecté sur le navire hôpital et transport de troupes Bien Hoa, jusqu'au 30 mars 1887, et sera décoré de la médaille du Tonkin le 18 avril de la même année. Le 1er janvier 1890 il acquiert la spécialité chauffeur, puis est nommé quartier-maître le 20 septembre 1892. Il prendra sa retraite le 20 septembre 1908 avec le grade de quartier-maître chauffeur de 1ère classe.

On retrouve la Loire en escale à Ténériffe le 21 août 1883, puis à son arrivée à Nouméa le 24 novembre, où elle débarque les 373 forçats de ce 51ème convoi de transportés, sans qu'il y ait eut de décès en mer. Elle repartira le 22 décembre 1883 avec 620 passagers pour retourner sur Brest, fait escale à Sainte-Hélène le 16 février 1884, et arrive à Brest le 6 avril, est désarmée et entre en carénage.

Le 1er novembre 1884 la Loire est réarmée et,  elle appareille le 8 pour Toulon, où le navire fait escale du 26 au 30 novembre 1884 pour charger ses passagers, puis effectue la traversée vers Nouméa où il arrive le 15 mars 1885. Elle y débarque les 319 forçats de ce 54ème convoi de transportés. Le 15 mars 1885 départ de Nouméa, escale à Sainte-Hélène le 29 juin, puis la Loire porte assistance à la goélette Don Juan dont 3 hommes avaient assassiné le second et lui procure des vivres, et arrive à Brest le 30 août. Le 22 septembre 1885 elle est désarmée et, le 13 juillet 1886 elle est rayée pour la deuxième fois des listes de la Flotte.

La Loire est le navire qui a effectué le plus de transfert de prisonniers vers la Nouvelle-Calédonie, soit 10 convois, pour un total de 3525 forçats, avant l'arrivée des navires à vapeur affrété par la Compagnie Nantaise de Navigation (Cette compagnie privée effectuera 10 convois de 1891 à 1897, transportant 2917 prisonniers). La Loire transporta aussi 56 déportés politiques sans compter les décès en mer.

Le 10 décembre 1886 la Loire est de nouveau en réarmement, affectée comme ponton à la Division Navale de Cochinchine. Du 15 janvier au 2 février 1887 elle effectue la traversée Brest Toulon, et appareille pour Saïgon en mars. Le contre-amiral de La Jalle effectue une tournée dans le delta du Tonkin en janvier 1889 avec la Loire, l'Alouette et la Sagaie. Le 21 mars, c'est le départ de l'amiral de La Jalle, qui passe à bord du Turenne, le capitaine de vaisseau de La Maisonneuve revenant à bord de la Loire. Le 7 avril 1891, au cours du séjour à Saïgon d'une escadre russe le tsarévitch, futur tsar Nicolas II, est reçu à bord de la Loire. Le 26 décembre 1695, le navire est relevé par la Triomphante, à bord de laquelle passe le commandant et tous les services, et la Loire est désarmée.

Enfin en 1896, le navire est condamné, remis à l'Administration des  Domaines, et mis en vente pour le prix de 60000 francs.                                           

9ème convoi de déportés

Le 5 juin 1874, sous les ordres du capitaine de frégate Lapierre, la Loire quitte Brest. Elle avait embarqué 40 arabes internés au fort de Quélern suite à la Révolte de Kabylie. Mais il n'y avait qu'un seul insurgé de la Commune.

Il s'agit de Jean Louis Nicolas Fayon, dit "de Lafayette", matricule 808, né le 21 septembre 1842 à Montigny-sur-Chiers (Moselle), célibataire, se disant ingénieur-dessinateur, mais en réalité employé au Chemin de Fer du Nord. Condamné en 1862 pour coups et blessures, il s'est engagé pour sept ans en 1865. Après la Commune, il fut condamné par contumace à la déportation dans une enceinte fortifiée. Le 21 février 1873 il fut condamné à 5 ans de prison pour vol, puis le 19 septembre 1873 à dix ans de travaux forcés pour vol avec effraction. Entre temps, arrêté, il est traduit devant le 4ème Conseil de Guerre qui le condamne, en plus des autres condamnations, à la déportation en enceinte fortifiée. Le 14 avril 1874, il réussit à s'évader du fort de Quélern mais, repris, il fut envoyé peu après en Nouvelle-Calédonie.

Sur les 40 arabes mentionnés, 39 sont destinés à la déportation simple à l'île des Pins, et un à la déportation en enceinte fortifiée.

Quittant donc Brest, la Loire se dirige vers la rade des Trousses, où elle embarque 300 forçats provenant du pénitencier de Saint-Martin-de-Ré selon Roger Pérennès (José Barbançon parle de 293 forçats), et destinés au bagne de l'île Nou. C'est le 26ème convoi de transportés.

Après une escale à Santa Catarina, la Loire arrive à Nouméa le 16 octobre 1874, après un voyage de 133 jours.

Pendant la traversée, cinq arabes sont décédés. Sur les 300 forçats du convoi, 250, atteints du scorbut, mourront dans les semaines suivant leur arrivée en Nouvelle-Calédonie d'après Roger Pérennès. Dans Mémoires d'un Communard, Jean Allemane  évoque une épidémie meurtrière : Je dus, la dysenterie ayant  décimé les transportés que la Loire venait de débarquer, aider à en enterrer un très grand nombre. Commencée dès l'aube, notre besogne ne se terminait souvent qu'à la nuit... Les hommes morts de la dysenterie offrent un spectacle auquel j'étais loin d'être préparé. Plus de deux cents condamnés venus par la Loire moururent presque aussitôt leur débarquement. Cependant José Barbançon nous signale que sur les registres d'état-civil du Bagne, qui étaient très bien tenus du reste, seuls 28 décès de forçats venus par la Loire apparaissent dans les 6 mois après l'arrivée du navire.

16ème convoi de déportés

Le seizième convoi appareilla le 7 mars 1876 de Brest avec onze déportés à bord, provenant du "dépôt spécial de Saint-Brieuc. Un des déportés, nommé Victor Alphonse Richard, est débarqué à Rochefort et admis à l'hôpital de la Marine en raison de son état de santé. Né le 7 mai 1813 à Troyes (Aube), il était marié et père d'un enfant. Séparé de sa femme, il vivait en concubinage et exerçait la profession de bonnetier. Il avait été condamné à la déportation simple.

La Loire, une fois pris en compte son chargement de forçats, appareille le 17 mars 1876 de la rade des Trousses à l'île d'Aix, pour arriver à Nouméa le 21 juin 1876, après un voyage de 96 jours. Ce voyage est le second voyage le plus court, après celui du troisième convoi, qui était de 88 jours. Il semblerait que la Loire, à la hauteur de Pernanbouc au Brésil, a viré de bord, évitant l'escale de Santa-Catarina, pour se diriger directement sur le cap de Bonne Espérance.

20ème convoi de déportés

Le vingtième convoi quitta Brest le 10 juillet 1878. Il avait embarqué les 4 derniers déportés, à savoir Louis Badin et Alfred Lucine Joseph Prudot dit "Voinot" pour les condamnés à la déportation en enceinte fortifiée, et André Jules Louis Meunier et Augustin Poquet, pour les condamnés à la déportation simple.

La Loire fait escale le 15 juillet à Rochefort. Elle y embarque un chargement de forçats en provenance de l'île de Ré, dont un certain Louis Ouvrard, puis appareille le 15 juillet 1878, pour arriver à Nouméa le 25 octobre 1878, après un voyage de 102 jours. C'était le dernier convoi de déportés de la Commune envoyés purger leur peine en Nouvelle-Calédonie.

Rapatriements

La Loire participa aussi au rapatriement de certains déportés. Elle quitta ainsi Nouméa le 1er septembre 1877, avec à son bord 75 déportés dont la peine est commuée en détention, 1 arabe libéré, et 5 transportés dont 3 libérés (2arabes et 1 français), un pour révision de jugement, et le dernier dont la peine est commuée en réclusion. Le navire arrivera à Brest le 14 janvier 1878.

Après avoir effectué l'acheminement du vingtième et dernier convoi de déportés destinés à la Nouvelle-Calédonie, la Loire quittera Nouméa le 30 novembre 1878, avec à son bord 71 déportés dont un gracié, et 70 dont la peine est commuée. Le navire arrivera à Brest le 18 mars 1879.

La Loire arrive à Nouméa le 30 septembre 1879 avec le 41ème convoi de transporté. Elle repartira le 1er novembre 1879, avec à son bord 295 déportés graciés ou dont la peine est commuée, plus 19 femmes et 14 enfants de déportés. Elle n'a pas trop souffert du passage du cap, fait escale à Sainte-Hélène le 10 janvier 1880, et tarde apparemment à rentrer. Le navire est en effet attendu à Brest depuis plusieurs semaines, comme le montre une article du Rappel du 16 février 1880. La Loire arrivera enfin le 5 mars suivant.

Enfin la Loire effectuera le dernier transport de déportés ou transportés en direction de la France. Rappelons que la loi du 12 juillet 1880 avait amnistié tous les insurgés de la Commune. Le Loire quitte donc Nouméa le 19 février 1881, avec à son bord 7 déportés graciés. Elle arrivera à Brest le 5 juin 1881.

Sources :

- Déportés et forçats de la Commune : de Belleville à Nouméa, par Roger Pérennès, Nantes, Ouest Editions, 1991.

- Site Internet http://dossiersmarine.free.fr:fs.html.

- Dossiers des navires au Centre des Archives d'Outre-Mer à Aix-en-Provence, série H30.

- Le Républicain de la Loire et de la Haute-Loire du 24 décembre 1873, page 4.

- Courriel de José Barbançon du 21 avril 2014.

- Le Rappel du 16 février 1880.

A bord de La Loire Conférence de Nicole Poilvé-Bader et Christiane Terrier
A bord de La Loire Conférence de Nicole Poilvé-Bader et Christiane Terrier
A bord de La Loire Conférence de Nicole Poilvé-Bader et Christiane Terrier
A bord de La Loire Conférence de Nicole Poilvé-Bader et Christiane Terrier

Publié dans Nouvelle-Calédonie

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Et Dieu créa le rêve de Danick Loquet

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Et Dieu créa le rêve de Danick Loquet
Conte philosophique

Lettres du Pacifique, L'Harmattan, 2016

Contes et légendes

S'inspirant de croyances kanak, ce conte moderne mêle la fantaisie à la réflexion. Vous y trouverez des compagnons ordinaires du narrateur, du balbuzard au héron de la mangrove, et un esprit kanak qui lui livre la clef de la création et de la connaissance. Trait d'union insolite entre la philosophie ou les arts occidentaux, et les croyances et traditions mélanésiennes, le récit de cette initiation onirique en pays Kanak, vous tiendra sous son charme.

 Ce livre est disponible en librairie à Nouméa

Du même auteur

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JOURNÉE DES PEUPLES AUTOCHTONES au centre culturel Jean-Marie Tjibaou

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La Journée internationale des populations autochtones est une journée internationale créée en 1994 par l'ONU et fixée au 9 août.
Il s'agit ainsi de célébrer 350 000 personnes qui réclament en vain depuis plusieurs dizaines d'années la reconnaissance de leur existence, leurs particularismes culturels, et leurs droits territoriaux.

À l'initiative de l'UNESCO, l’ADCK a organisé cette journée du 09 août avec le sénat coutumier. Une occasion d'avoir un temps de réflexion autour de la vie des peuples autochtones dans un monde qui s'est globalisé. Comment faire entendre sa voix, marquer sa différence, faire perdurer sa culture à l'heure de l'Internet, des délocalisations et de la mondialisation ?

Cette journée était organisée autour de la thématique du réchauffement climatique et de ses enjeux pour les peuples autochtones.

Extrait d’un article connexe sur ce sujet :

Le Mwâ Kââ, vers la manifestation d’une appartenance commune en Nouvelle-Calédonie ?

Résumé d’un article de Benoît Carteron sur le journal de la société des océanistes plus (suivre le lien)

L'initiative du Mwâ Kââ a été lancée en 2003 par une association de la mouvance indépendantiste kanak à l'occasion du 150e anniversaire de la prise de possession de la Nouvelle-Calédonie par la France. Le monument et la cérémonie commémorative auxquels il a donné lieu ont alors été placés sous le signe de l'accord de Nouméa afin de symboliser l'avenir partagé avec les autres communautés, invitées à participer à la construction de « la grande case du pays ». Cependant, les obstacles qui ont entouré l'initiative et la contestation de son bien-fondé dévoilent les tensions politiques récurrentes, l'absence de consensus sur la citoyenneté calédonienne et les signes susceptibles de traduire une identité plurielle. En associant le culturel au politique, l'initiative du Mwâ Kââ peut-elle être vue comme l'expression d'une identité offensive et imaginative dont l'enjeu est d'opérer, à partir des référents kanak, un décloisonnement entre des groupes historiquement hostiles ?

Une journée internationale (ou journée mondiale) est un jour de l'année dédié à un thème particulier à un niveau international ou mondial. Le calendrier de l'Organisation des Nations unies prévoit 119 journées mondiales (ou internationales). La première, instituée en 1950 - la journée mondiale des droits de l'homme -, fut fixée au 10 décembre. Exactement deux ans auparavant, le 10 décembre 1948, l'Assemblée générale des Nations unies avait adopté la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Publié dans Culture Kanak

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La danse des baleines par Wam Wamland

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Drones NC - La danse des baleines Wam Wamland

Impossible de résister à ce partage, mes cousines de passage en Calédonie y vont mercredi (à la chasse à la baleine). J. PAUL

Ajoutée le 7 août 2016

Une danse de baleines sous un bateau lors d'une sortie en mer en Août 2016 en Nouvelle-Calédonie (Pacifique Sud).
Les baleines nous ont offert un ballet nautique bien au delà de nos espérances...Notre drone n'en a pas perdu une miette !

Elles sont venues directement vers nous, et ont tournées autour du bateau à l'arrêt, bien décidées à nous en mettre plein les yeux ! 
Après 15mn elles sont reparties comme elles étaient arrivées...

MERCI MÈRE NATURE !

Publié dans Nouvelle-Calédonie

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Phare Amédée, 150 ans d'éclats

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Photos JP du 07 août 2016
Photos JP du 07 août 2016

Photos JP du 07 août 2016

Six ans après la prise de possession par la France, la Nouvelle-Calédonie souffre d’une absence de signalisation qui empêche le développement du trafic maritime. En 1861, la Commission des phares à Paris décide donc d’y ériger un phare… tout en fer ! Le choix de sa localisation se porte sur l’îlot Amédée, proche de la passe de Boulari qui présente l’avantage d’être plus facile à franchir pour les navires d’Etat et de commerces. Sa construction, dirigée par Léonce Reynaud, architecte de renom, démarre en juillet 1861… à Paris ! Une fois construit, le phare est alors démonté afin d’être acheminé en Nouvelle-Calédonie en 1864, après 5 mois de navigation à bord de l’Emile Pereire. Le phare Amédée arrive à Port-de-France (aujourd'hui Nouméa)… en pièces détachées! Le chantier de reconstruction sur l’îlot mené tambour battant par Stanislas Bertin, ingénieur colonial, peut ainsi commencer….Et c’est à Madame Guillain, épouse du gouverneur de Nouvelle-Calédonie que revient l’honneur d’allumer pour la première fois l’optique du phare Amédée, le 15 novembre 1865 !

Une livre sur le Phare Amédée

LE PHARE AMEDEE : LUMIERE DE PARIS ET DE NOUVELLE-CALEDONIE Co-édité par le Musée Maritime de Nouvelle-Calédonie et Point de Vues.

Après avoir obtenu le grand prix du salon international du livre insulaire d'Ouessant, puis le Grand prix des Nickels de l'initiative, le livre Phare Amédée a été médaillé par l'Académie de Marine de Paris.

Dossier de Presse du livre :

Valérie Vattier, directrice du Musée Maritime de Nouvelle-Calédonie, et Vincent Guigueno, historien, nous proposent une visite guidée du lieu emblématique de Nouvelle-Calédonie le Phare Amédée. Cette tour métallique de 45 mètres de haut est considérée comme le deuxième plus haut phare de ce type au monde. Découvrez l'histoire de son implantation à l'autre bout du monde. Imaginé, construit, assemblé à Paris, le phare est démonté et transporté en pièces détachées en Nouvelle-Calédonie. La tour est alors remontée tel un "Meccano" sur un îlot de la barrière de corail qui protège le lagon. C'est une invitation à un voyage au XIXè siècle, siècle où l'architecture métallique s'épanouit, les ingénieurs-architectes ont l'ambition d'embrasser le progrès des sciences et des techniques, les constructions des phares se multiplient sur toutes les mers du monde. Considéré comme une prouesse technique, la maquette et les plans sont présentés à l'exposition universelle de Londres en 1862.Phare d'exception, de par son incroyable histoire, son site et son architecture, le phare Amédée a été source de très nombreux documents d'archives parfois inédits, lettres, cartes, plans, photographies dont cette publication s'est largement nourrie.

Ce livre est en vente dans les librairies et à l'annexe du Musée Maritime de Nouvelle-Calédonie située au 42 av James Cook, dans la zone portuaire de Nouville. Pour plus de renseignements contacter le (687) 28-68-21.

Couverture du livre et des photos de JP sortie au phare dimanche 07 août 2016
Couverture du livre et des photos de JP sortie au phare dimanche 07 août 2016
Couverture du livre et des photos de JP sortie au phare dimanche 07 août 2016
Couverture du livre et des photos de JP sortie au phare dimanche 07 août 2016

Couverture du livre et des photos de JP sortie au phare dimanche 07 août 2016

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