Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Conférence à la bibliothèque Bernheim avec Seloua Luste Boulbina

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Le directeur de la bibliothèque, la conférencière Seloua Luste Boulbina , Paul Fizin, notre docteur en histoire et la collaboratrice de Christophe Augias, le directeur

Le directeur de la bibliothèque, la conférencière Seloua Luste Boulbina , Paul Fizin, notre docteur en histoire et la collaboratrice de Christophe Augias, le directeur

La coutume, (cliquez pour agrandir et voir l'image dans son intégralité)
La coutume, (cliquez pour agrandir et voir l'image dans son intégralité)La coutume, (cliquez pour agrandir et voir l'image dans son intégralité)

La coutume, (cliquez pour agrandir et voir l'image dans son intégralité)

Chercheuse associée à l'Université de Paris VII (France), Seloua Luste Boulbina s'intéresse aux questions postcoloniales dans leurs dimensions politiques et culturelles. Le thème de sa conférence Ataï et les coupeurs de tête à quelques mois notre dernier référendum aurait pu dissuader le public de venir l’écouter, mais les Calédoniens sont curieux, ils veulent être éclairés. Le public a répondu présent. Une preuve qu’en Nouvelle-Calédonie nous avons la maturité pour aborder les sujets qui fâchent ou délicat.

Comme le veut la coutume et en présence des représentants coutumiers du sénat Paul Fizin a fait le geste, avant de préciser le thème de la conférence qui n’était pas de refaire l’histoire d’Ataï  mais de parler du symbole, de la tête et cette restitution, un retour comme le précisera la chercheuse, car la France a soigneusement évitée restitution pour préférer le terme retour. Paul Fizin a bien tracé le contour de la conférence dans sa présentation en parlant surtout de la mémoire et de la signification de la tête, personnalisation du chef. C’est sur ce terrain que la chercheuse philosophe a d’emblée orientée sa conférence en évoquant la guillotine du musée de Bourail et même la tête de Jean-Baptiste sur un plateau de la bible. Le ton était donné. Les coupeurs de têtes ne sont pas ceux que l’on croit. On a beaucoup étêté dans les colonies. Un réquisitoire contre le colonisateur assumé par la chercheuse qui a dénoncé les horreurs de l’anthropologie physique. Les théoriciens des races avaient besoin de trophées pour les étudier et les exposer. Le musée de l’homme à Paris détient 18 000 crânes et 23 000 restes humains, la plus grande collection du monde, dit-on. Il n’y a pas de quoi être fier. Mais c’était avant, comme on dit. Paul Fizin, en fin de conférence, a ramené un peu de sérénité en rappelant à la chercheuse que « la restitution », a été et sera l’objet de cérémonies de la part de toutes les communautés. Un consensus étonnant, une preuve de la volonté de vivre ensemble que Seloua Luste Boulbina a qualifiée d’œcuménique. Je pense que la réalité du pays échappe un peu aux gens de l’extérieur, car un gros travail de compréhension mutuelle est fait par les Calédoniens depuis quelques années. Un gros effort de mémoire reste encore à faire. Ces docteurs, chercheurs, historiens y contribuent. JP

Les ouvrages sur Ataï sont nombreux en Calédonie

L'Afrique et ses fantômes : Écrire l'après de Seloua Luste Boulbina

Un ouvrage de 2015 disponible sur Amazon ou FNAC

« Me demandant comment introduire au mieux une réflexion sur le devenir décolonial, il m’a semblé qu’un témoignage était sans doute la meilleure entrée en matière. Ce que vivent les gens, ce qu’ils portent en eux mais aussi entre eux, quoique souvent imperceptible, n’est pas toutefois inaccessible. Les troubles coloniaux, les issues postcoloniales, les devenirs décoloniaux ne sont pas seulement des événements historiques, des phénomènes politiques. Ils sont, également, des perturbations ou des améliorations de la communication, en soi et entre soi. »

Seloua Luste Boulbina introduit ainsi son texte qu’Achille Mbembe commente de la façon suivante dans la préface qu’il en donne : « L’histoire, la langue et la colonie sont, dans ce texte sobre et incisif, mis en relation avec l’architecture (intérieure), la politique (interne), l’espace sexué et le genre dévoilé. Seloua Luste Boulbina se démarque de toute une tradition de la critique aussi bien anglo-saxonne que francophone (...)

Elle inscrit son effort théorique et méthodologique dans la logique de la vieille injonction de se connaître soi-même, qui implique la reconnaissance de l’émergence du sujet comme expérience d’émergence à la parole et au langage, et par ricochet à la voix. (...) Plus qu’une doctrine, c’est donc une démarche qui est proposée. Cette démarche fait une large place à l’indétermination, à l’instabilité, à l’hésitation et au mouvement. Mais elle postule également que la postcolonie est, avant tout, un "entre mondes", une relation non seulement externe et objective, mais aussi interne et subjective. »

Un public très attentifs composé de personnes très au fait du sujet.

Un public très attentifs composé de personnes très au fait du sujet.

Publié dans conférences

Partager cet article
Repost0

Publicité

Mon école, son histoire, une conférence de Christiane Terrier Mercredi 25 août 2021

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Mon école, son histoire, une conférence de Christiane Terrier Mercredi 25 août 2021

En amont de l'exposition qui sera présentée au musée de la Ville, Christiane Terrier animera une conférence sur l'Histoire des écoles publiques de Nouméa.

Depuis la fondation de la première école en 1859, jusqu'à la fièvre de construction entre les années 1960 et 1990, venez découvrir une histoire étroitement liée à la démographie de la ville.

Les écolos de Nouméa feront l’objet d’une publication de l’historienne prochainement.

Entrée libre et gratuite

Mercredi 25 août de 18h à 19h15

Immeuble Cheval, 3-5 rue Jean-Jaurès, centre-ville

PS : C’est une belle occasion pour découvrir cet immeuble mythique rénové. (« fin joli »)

Une exposition est aussi consacrée aux écoles de Nouméa suivre ce lien pour en savoir plus

Nouméa, Nouvelle-Calédonie, 1900, un ouvrage remarquable de 2014 est toujours en vente à Calédo Livres au prix de 4 995 XPF TTC

Colons, Canaques, Coolies

Ce catalogue, hommage à l’histoire et à l’œuvre de tous les Anciens qui ont édifié la ville de Nouméa, permet – grâce à de nombreux documents inédits – de mieux comprendre le Nouméa et la Nouvelle-Calédonie des années 1900.

 

Christiane Terrier ci-dessous en 2019 lors de sa conférence Itinéraires à travers un pays martyr : la Pologne, au musée de la guerre

Mon école, son histoire, une conférence de Christiane Terrier Mercredi 25 août 2021

Publié dans conférences

Partager cet article
Repost0

Flocons anonymes de Bob Cooper, le dernier ouvrage du plus prolifique auteur calédonien est en librairie

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Jean-Marie Creugnet sur le Deck au SILO 2020

Jean-Marie Creugnet sur le Deck au SILO 2020

Jean-Marie Creugnet est intarissable pour témoigner à travers ses personnages du 19e Siècle, du début de la colonie. Avec 18 romans Bob Cooper a dépassé son maître Creugnet. JP

Auteur : Bob Cooper

Éditeur : Paterna Paternis éditions, une publication d'août 2021

Comme beaucoup de Lorrains et Alsaciens, chassés par la guerre de 1870, la famille Merlebach a trouvé refuge en Nouvelle-Calédonie.

D’abord séminariste à Ars-sur-Moselle, puis militaire conscrit, le Lorrain Léopold avait trouvé une place à la poste de Metz. Cela l’amena à solliciter, de préférence à la vie de colon en brousse, un emploi à la poste de Nouméa en 1872.

Ayant reçu une concession gratuite de dix hectares à Moindou, il tenta l’expérience agricole calédonienne pendant une trentaine d’années.

Chez Calédo Livres à 2 200 XPF TTC

 

Jean-Marie Creugnet est né à Nouméa en 1940. Après des études secondaires au petit séminaire de St Léon à Païta, complétées par deux années de philosophie et une année de théologie. Il fût un temps contrôleur des postes, agent immobilier, agent spécial d'assurances et courtier. Il a entrepris de décortiquer les événements du temps passé sur une période débutant en 1855 et allant jusqu'à sine die.

Une saga de dix ouvrages couvre la période de 1855 à 1893. Deux autres livres nous amènent à 1900 et une autre série, La Gazette de la Belle Époque en quatre tomes à 1901, 1902, 1903 et 1904. Jean-Marie Creugnet continue à nous faire découvrir son histoire du pays jusqu’en 1911, à travers six autres ouvrages.

En mars 2015, il a reçu le prix Arembo qui récompense un auteur résidant en Océanie, écrivant en français, notamment pour sa contribution au développement culturel de son pays ainsi que pour sa capacité à livrer un témoignage sur son époque.

Bob Cooper en Dédicace pour soulager Jean-Marie après son passage sur le Deck

Bob Cooper en Dédicace pour soulager Jean-Marie après son passage sur le Deck

Publié dans Roman

Partager cet article
Repost0

Une belle initiative pour le mois du Patrimoine

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Ancien barrage de Yahoué du site office du tourisme province sud

Ancien barrage de Yahoué du site office du tourisme province sud

Monique Villisseck et Mélody Cimoa veulent créer une association dans le but de valoriser l'histoire et les patrimoines du sud de la Nouvelle-Calédonie. La ferme de Yahoué, la mission de La Conception, Saint-Louis, les mines, les exploitations forestières, la mission de Yaté, la chapelle américaine de Plum, la briqueterie, etc. Le patrimoine du Grand Sud est riche. Ces deux amoureuses du Sud souhaitent faire connaître ces trésors en créant une association autour de l'histoire et du patrimoine du Grand Sud.

Afin de lancer la création de cette association, une après-midi découverte de l'histoire du quartier de Yahoué est proposée le samedi 18 septembre, à 13h30, au départ du parking de la pharmacie mutualiste de Pont-des-Français. Le nombre de places est limité à vingt personnes et il est nécessaire d'avoir son propre moyen de transport.

Plus sur LNC, un article réservé aux abonnés

Les personnes intéressées pour intégrer l'association peuvent envoyer un mail à : asso.patrimoines@gmail.com

Photo de Mélody Cimoa, Melody Cimoa, directrice de l’office du tourisme du Grand Sud, au Salon du tourisme Actualité publié(e) le 04/06/2018 sur le site de la province Sud ainsi que la photo de l'ancien barrage de Yahoué au début du billet.

Capture d'écran

Monique Villisseck, historienne spécialiste de la commune du Mont-Dore

Une vidéo de 2017 pour faire connaissance avec Monique Villisseck

Publié dans Evénement culturel

Partager cet article
Repost0

Publicité

L'Eté des Poètes - Désir, impair et manque Music Station vendredi 27 à 20h00

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Huguette en répétition. Admirable Huguette, c'est bien parti. Voir ci-joint

Huguette en répétition. Admirable Huguette, c'est bien parti. Voir ci-joint

« Désir, impair et manque. »

Club des Amis de la Poésie. Répétition à Music Station. Voir les photos ci-joint aimablement fournies par le club.

Music Station - 16, rue Jean Jaurès, Nouméa, Centre Ville

Cette année, le Printemps des Poètes célèbre ... le Désir!

"Quelle profonde inquiétude, quel désir d’autre chose,

Autre chose qu’un pays, qu’un moment, qu’une vie,

Quel désir, peut-être d’autres états d’âme…"

Fernando Pessoa

En écho, à Nouméa, les membres du Club des Amis de la Poésie proposent "Désir, impair et manque", un spectacle poétique et drôlatique, dans le cadre du premier "Eté des Poètes", présenté à Music Station le vendredi 27, samedi 28 et dimanche 29 août.

Venez vous régaler de poèmes dits par leurs auteurs qui alternent avec des chansons populaires et des registres lyriques, textes, savoureux, drôles, percutants, coquins! Tout un programme avec des surprises différentes chaque soir! Petit entr'acte sucré, salé.

Places limitées!!!

Séances :
- Vendredi 27 août 20h00
- Samedi 28 août 19h00
- Dimanche 29 août 19h00

Places en ligne: https://www.tickets.nc/index.php?id_category=815...

Points de vente : (Paiement par Chèque ou Espèces uniquement svp)
- Internet (CB) : www.tickets.nc (voir ci-dessous)
- Nouméa : Optic 2000 (25, rue de Sébastopol - Place des cocotiers : Du lundi au vendredi de 8h à 18h et samedi de 8h30 à 17h30)
- Anse Vata : Optic 2000 (Complexe La Promenade Hilton : Lundi de 14h à 18h, du mardi au samedi 9h-13h et 14h-18h)
- Dumbéa : L'Opticien (Dumbéa Mall : Lundi de 11h à 19h, mardi-mercredi de 09h à 19h, jeudi de 09h à 21h, vendredi-samedi de 9h à 19h et dimanche de 9h à 13h)
- Nouméa : Music Station (16, rue Jean Jaurès)

Quelques clichés des répétitionsQuelques clichés des répétitions
Quelques clichés des répétitionsQuelques clichés des répétitions
Quelques clichés des répétitionsQuelques clichés des répétitions

Quelques clichés des répétitions

Publié dans Poésie

Partager cet article
Repost0

Le numéro 65 de Nuelasin est disponible et en téléchargement dans cet article

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Le numéro 65 de Nuelasin est disponible et en téléchargement dans cet article

èTéléchargez le dernier numéro de Nuelasin

Le plus de la rédaction : 

Bozu, bozu.

Je suis très heureux de ma journée d’hier (et des autres jours d’ailleurs, mais bon !) où je suis allé à la tribu de l’Embouchure pour rendre visite à Mme Dewe. Cela fait longtemps que je ne l’ai pas vue. J’ai failli rater la rentrée de la maison. Heureusement, un groupe de jeunes gens se trouvaient de l’autre côté de la route en face de la maison commune. Je me suis arrêté pour leur demander les renseignements. « Ah ! Je vous connais, je vous ai déjà vu à la télé. » Me lança le jeune homme en me montrant la route. Je suis resté quelques minutes avec elle, quoi ! Une vingtaine de minutes et c’est la route à nouveau. Aujourd’hui, je vous propose la parole du banian de chez les Fëmeigötr. 

Bonne lecture et bon weekend. Wws

Paroles de banian 

Jeudi 8 juin 2006 (4H20) Eika de Ponoz 

            La case de la cousine Nyiatrë n’est pas encore terminée. La pose de la couverture arrive seulement vers le hnë thipi tepolo. Et puis, il faut aller demander d’autres de paille chez les uns et les autres qui en ont dans leurs champs. Là où elle pousse dru. Hier, toute la compagnie a passé le reste du jour chez les Pöj. Nous avons plus ri qu’arraché. Ede qatr, Dra, Zorro et Trehle sont nos vieux. Ils étaient avec nous à se dépenser pour arracher et les plaisanteries étaient notre carbure. Fallait bien entretenir la morale de la troupe. J’étais haut perché. Dans les nuages. Heureux de fouler les terres de la tribu. Fier que mon corps se plante dans les champs de mes aïeuls. Au milieu de la famille avant de repartir à Voh pour le travail, je remuais discrètement les lèvres pour m’adresser à l’Invisible de l’endroit pour ces moments qu’on ne peut savourer qu’une fois. Ma joie ne me quitte pas. Elle colle à ma peau comme l’habit que je vêts. Sauf que ma joie va au plus profond pour me réchauffer. Tout de l’intérieur. 

            Hier, j’ai donné mon billet à Hnyela. Elle devait réserver ma place à l’agence d’Air-cal de Wé. Je ne connais pas où l’affaire en est en ce moment. Le doute ne me vient pas. Je ne m’inquiète pas pour mon billet et je ne sais pas pourquoi. La vie pourvoie toujours. Partirai-je après avoir couvert la case de la grande sœur ? Certainement. Le vrai est au-dessus de tout. Je bénis le ciel pour qu’il me vienne en aide. La rentrée scolaire : lundi. 

            Vendredi 9 juin 2006 (21H25) Eika de Ponoz

            Je viens d’arriver de Hnyamala avec Pasteur Belë où nous avons mangé la soupe. Le Dieu de nos aïeuls s’est encore manifesté. Il continue d’agir dans les secrets de nos vies. Je n’ai pas de place pour repartir sur Nouméa. A koië, certains de mes neveux se posaient aussi des questions à mon sujet. Ils s’inquiétaient pour moi. Les vols sont pleins jusqu’à mardi. De mon côté, la vie a toujours coulé sans heurt. Je ne m’inquiétais même pas. Je suis rempli d’une assurance, d’abord celle d’être sur mon île. Il est vrai que je me suis déjà habitué à passer ma vie en dehors de Lifou. Alors je continuais de rester à Hnyamala à donner la main aux neveux pour finir le chantier de la case. Jusqu’à la fin, je resterai. 

(…) Un moment, un des fils de la maison me surprit : « Oncle, tu as une place, il sourit en même temps, mais il faut rester pour terminer la maison de nos deux mamans (Ixoe et Nyiatrë. Leurs deux mamans de Fëmeigötr, sont mes deux sœurs par nos liens) L’esprit de la maison t’accompagne. » J’ouvris grand les yeux. Il se fit plus précis : « Le banian a des yeux et des oreilles. » tout en continuant sa besogne. Il grattait une gaulette qu’il maintenait ferme dans la main. Ce langage, je le connais. Lotip orienta mon regard en levant ses sourcils vers la petite forêt derrière la case en construction en faisant un coup de bouc. Geste qu’il gratifia d’un sourire. Derrière la maison, poussait un très grand banian plus que centenaire. Il étendait ses gigantesques troncs tentaculaires à plusieurs mètres à la ronde et en plongeant puissamment ses racines dans les entrailles de la terre. C’est l’habitat des Finiwan, premiers occupants des terres claniques de chez eux. Ils sont les petits diables du clan.  

… à mon réveil, je retournais à Koië pour manger les grattons que Saipö a cuisinés la veille. Et au retour chez Drikone, je prévins Kiri d’aller m’informer à Eika si Hnyela revenait de Wé. Hnyefe s’était mise en deux pour me trouver une place. Fini le tour de Willy. Je sentis la fatigue me gagner. Une fatigue physique à cause des veillées à Koië et psy, la mauvaise tendance venait à pas de loup. Je m’endormis aussitôt sur mon matelas, de l’autre côté du foyer. Même que Iloie, le neveu, mari de Hélène m’avait vu. Il était passé à Eika pour voir Pasteur. 

Vers une heure, Kiri arriva et me réveilla. « Papa Wawes, voilà ton billet. Hnyela a dit qu’il n’y a plus de place jusqu’à mardi. Mieux vaut aller voir sur place. » Je pris le temps de me réveiller et de bien me rendre compte de ma situation qui devenait alarmante. Je pris le billet que ma nièce me tendait. Elle se rendait bien compte de mon abattement qui gagnait peu à peu. Je relevai un pan de la natte sur laquelle je dormais pour glisser le billet dessous et je me remis à dormir en tirant vers l’autre partie de la journée. 

Mon réveil fut brutal. Pasteur était debout à la porte. Il voulait que je l’amène à sa réunion à Hnaeu. Je me levai de ma couche en reprenant le billet. Je me préparais et on partit. Il pleuvait fort sur la route. « Grand bien qu’il pleuve maintenant que nous avions fini le chantier. » fit-il, en remontant très haut la vitre de sa portière. J’enjoignis la promesse du neveu dans notre discussion au sujet de la ‘parole’ du banian. « Mais tu sais Wws, ces êtres invisibles-là, sont toujours avec nous. Ils se manifestent au besoin. D’extrêmes nécessités… » Foi de pasteur, j’acquiesçai en me concentrant toujours plus sur ma conduite. J’évitais même des nids de poule imaginaires sur la chaussée. 

            A Wé, devant l’agence, il n’y avait plus la foule des grands jours. Je rentrai. La guichetière qui me connaissait, affichait le sourire. « Bonjour M. Hnacipan, vous voulez une place pour quand ? » me demanda-t-elle. « Demain, si c’est possible » lui répondis-je. 

- la matinée ou dans l’après-midi ?

- pourquoi, vous avez de la place ? 

- Ben oui. Aujourd’hui, demain et toujours. (Je tiquai et cela ne lui a pas échappé. Elle ria très fort que la dame de l’autre guichet se retourna.) Oui, M. Hnacipan ; y a de la place pour vous. Mais restez encore quelques jours avec nous. Vous autres, êtes toujours pressés de repartir. 

- T’arrêtes. Je reprends les cours lundi. Je voudrai bien partir demain matin, s’il te plait.

- Dans le vol de 10H, je te confirme. Mais il y a aussi de la place dans le dernier vol de ce soir. (Elle attendit un instant pour me laisser réagir avant de pianoter son clavier)

Quelques temps après, elle me tendit mon titre de transport en me souriant. Je sortis de l’agence tout radieux. Je lançai même des remerciements à Oncle Taïn qui, du bureau annexe me donna tout en riant des nouvelles du dernier mariage de Kumo. Chez les oncles de ma mère où, avec Lönë, nous avions préparé la soupe le vendredi, une semaine plutôt.

            Avant de repartir et reprendre Pasteur au lieu de sa réunion, je remerciai le grand banian du neveu et de son clan en levant les yeux au ciel. L’impossible n’existe pas ou alors rêveusement il attend … pour un autre défi. 

Mais ça ?... 

Publié dans Culture Kanak

Partager cet article
Repost0

La dernière pile à lire de Jean-Victor Colombani-Jaffré

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Retrouver les vidéos de Jean-Victor sur sa chaîne You Tube à la Croisée des Livres en suivant ce lien. Jean-Victor est la coqueluche des médias qui aiment la littérature. Comment pourrait-il en être autrement !

En dessous de sa dernière vidéo j’ai mis en ligne sa vidéo traduite en langue des signes pour que les amoureux de la lecture, même malentendants, puissent se régaler de la présentation de ces deux romans : Pêche et piraterie dans les quarantièmes rugissants de Marcel Barbarin ainsi que Bluff de David Fauquemberg, un roman que j’ai personnellement beaucoup aimé. JP

PS : Il essaie de n'oublier personne Victor, bravo !

Publié dans video

Partager cet article
Repost0

En quête de sens d'une identité partagée avec Permalove

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

En quête de sens d'une identité partagée avec Permalove
En quête de sens d'une identité partagée avec Permalove

Sari Oedin se dévoue et se dépense sans compter pour réussir à attirer du monde autour de ses nombreux projets. C’est aussi un écrivain biographe. (avec l'aide de ses amis car il ne se prêtant pas du tout écrivain mais il se lance et est à l'origine d'un ouvrage). Il est le bienvenu sur ce blog.

Il est tellement entreprenant qu’on a du mal à le suivre c’est un héros du quotidien avec des superpouvoirs pour favoriser le vivre ensemble et sauver la planète. Il mérite d’être soutenu. 

Il nous parle de son dernier bébé Permalove :

« Vous êtes intéressé ? Venez à un atelier "mémoire familiale" que notre association Permalove Culture Innovation NC organise en septembre et octobre prochain dans le cadre du Mois du Patrimoine et du festival Big Bang sur le thème : "en quête de sens d'une identité partagée"… »

Cet événement se déroulera fin octobre. Ci-dessous une vidéo de présentation et le programme avec les dates.

Permalove, c’est quoi exactement ?

Ses missions :

1. Favoriser par la créativité libérée et l’intelligence collective humaine, l'émergence de solutions aux problèmes de société et anticiper l'avenir. Privilégiant l'approche communautaire et une vision holistique, l'association a pour buts d'innover dans les domaines environnementaux, social, éducatif, culturel, artistique et de promouvoir la bonne santé physique et mentale des Calédoniens.

2. Créer des potagers (si possible en agro foresterie), en particulier en milieu urbain, intégrant des actions pédagogiques, intergénérationnelles et de réinsertion sociale pour participer à la promotion et à la mise en place d'une alimentation saine et végétale, tout en favorisant l’activité physique par la culture de la terre.

3. Animer des ateliers de réflexion philosophique dont les réalisations viendront alimenter la saga littéraire « BIG BANG » (nouvelles qui envisagent des futurs possibles) et tout autre support artistique (musique, théâtre, peinture…) afin de réaliser un recueil des idées pour le futur et alimenter les innovations.

4. Favoriser le travail de mémoire personnel, familial en animant des ateliers « Raconte-moi ton histoire » ou en créant des supports adaptés (films documentaires...). Savoir d'où l’on vient en exprimant ses besoins identitaires, permet d’être mieux ancré dans le présent pour savoir ou aller.

5. Animer des conférences, des évènements publics, des campagnes de communication grand public pour promouvoir le concept Big Bang – 3 Générations Santé NC (BB-3GSNC) qui consiste à sensibiliser la population à penser l’avenir social de la Nouvelle Calédonie sur au moins 75 ans. L’idée est d’être force de proposition dans l’élaboration de politiques visionnaires dans le domaine du développement humain. La question essentielle traitée de différentes manières sera la suivante : Comment les générations futures pourraient être mieux émotionnellement et psychologiquement dans le monde de demain qui sera bien différent du nôtre ? Cette vision prend en compte la transformation de notre modèle économique et social qui est en cours et offre un espace de réflexion sur l’après.

Pour préparer Big Bang

Pour préparer Big Bang

Publié dans Vie Pratique

Partager cet article
Repost0

Publicité

Vivres et vivre en terre A’jië, cuisine et culture en Nouvelle-Calédonie, un publication de l’ALK

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Vivres et vivre en terre A’jië, cuisine et culture en Nouvelle-Calédonie, un publication de l’ALK
Vivres et vivre en terre A’jië, cuisine et culture en Nouvelle-Calédonie, un publication de l’ALK

L’Académie des langues a publié cet ouvrage sur les pratiques culinaires, une des multiples missions de l’ALK. Weniko Ihage, est le directeur de cet établissement.

Vivres et vivre en terre A’jië, cuisine et culture en Nouvelle-Calédonie

Cet ouvrage, qui s’adresse plutôt au grand public. Il est le fruit d’un travail d’Yvette Boawe  et Jacqueline de la Fontinelle-Kasarhérou, une linguiste de renom, qui a également associé plusieurs membres de sa famille. L’ouvrage part du principe que la nourriture est un moyen universel de s’ouvrir sur le monde. Elle permet d’aborder aussi bien des questions historiques que sociales. Ce livre rédigé en français, en a’jië et en anglais est une porte d’entrée sur des « rituels sociaux complexes qui donnent sens à la vie, insiste Jacqueline de la Fontinelle-Kasarhérou. La nourriture est un excellent moyen pour commencer à étudier l’environnement, les contes et les récits ».

Cet ouvrage est destiné aux Calédoniens, mais surtout aux Européens qui ne connaissent pas véritablement la Brousse, ainsi qu’aux personnes intéressées extérieures à la Calédonie, avec des explications en langue anglaise. Plus sur l’ALK avec cet article de DNC

Celeneraw est restaurant créé par Alphonse Koce, en photo ci-dessus, un grand chef cuisinier du pays maintenant très connu. Il participera à la causerie chez Calédo Livres.

 

 Celeneraw : 37 rue Jean Jaurès, Place des Cocotiers, 98800

Les crevettes d'Alphonse, dans New calédonia tourisme

 

Publié dans Culture Kanak

Partager cet article
Repost0

Les Nouvelles Comédies Broussardes de Ismet Kurtovitch mise en scène de Stéphane Piochaud

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Les Nouvelles Comédies Broussardes de Ismet Kurtovitch mise en scène de Stéphane Piochaud
Les Nouvelles Comédies Broussardes de Ismet Kurtovitch mise en scène de Stéphane Piochaud

Centre Culturel du Mont-Dore Tél. 41 90 90 ou sur eticket.nc https://www.centreculturelmontdore.nc/index.php...

NB : Ce spectacle est offert par la Cie Calédo-folies Les Incompressibles, une organisation à but non lucratif.

Pour mieux connaître Ismet et son appétence pour le théâtre.

Ismet Kurtovitch qui obtient ainsi un DEA en histoire en 1993 puis soutient une thèse en 1998 sous la direction de l'anthropologue Paul de Deckker sur La vie politique en Nouvelle-Calédonie : 1940-1953. Parallèlement à ses carrières enseignantes, militantes et scientifiques, Ismet Kurtovitch a écrit plusieurs pièces de théâtres. Il a d'abord adapté en 1982 La Putain respectueuse de Jean-Paul Sartre, version représentée sur scène sans publication. En 2000, une deuxième de ses pièces, Pastorale calédonienne, est montée sur scène au Centre culturel Tjibaou par la compagnie Calédofolies, Les Incompressibles, avant d'être traduite en anglais et publiée à Suva en 2002. Cette version anglaise, A Caledonian pastoral, est produite en Nouvelle-Zélande en 2013. En 2003, c'est au tour de la revue théâtrale Coulisses de publier L’Affaire du lieutenant américain Forrest B. Crumpley. Celle-ci est intégrée à la pièce Les Comédies broussardes, créée sur scène en 2005 pour la compagnie Calédofolies - Les Incompressibles à nouveau, dont l'une des représentations fait l'objet d'une captation vidéo et d'une diffusion télévisuelle. Les incompressibles qui ont aussi adapté une pièce de Nicolas en 2001 « Les contes de Poindi » d’après le livre de Jean Mariotti sur la scène du Centre culturel du Mont-Dore, dans une mise en scène de Steeve Garcia et Stéphane Piochaut. Cette reprise au Mont-Dore était prévisible, cette pièce est indémodable, c’est la Calédonie 

Ismet et son frère Nicolas qui prie pour que son ainé ne lui pique pas la vedette chez Calédo Livres en 2017

Ismet et son frère Nicolas qui prie pour que son ainé ne lui pique pas la vedette chez Calédo Livres en 2017

Publié dans Evénement culturel

Partager cet article
Repost0