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Céline Ripoli une auteure prolifique du Pacifique à découvrir.

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Céline Ripoli une auteure prolifique du Pacifique à découvrir.

Son message aux Calédoniens :

Iaorana. Vous aimez les contes de Polynésie et d'Océanie?

Je suis Céline Ripoll, conteuse et autrice de 17 albums et recueils de contes sur l'Océanie,  au Seuil, Seuil jeunesse, La Martiniere jeunesse, Moai Editions et Grandir.

Je réside sur l'île de Pâques et si vous êtes professeur et souhaitez établir une correspondance entre vos classes et moi-même, si vous travaillez sur un de mes livres, je serai ravie de répondre à vos questions ou même faire un Zoom call avec vos élèves.

N'hésitez pas et suivez moi sur fb et Instagram.

Merci

Biographie de l'auteur

Céline Ripoll est une "passeuse d'histoires". Partie pour un premier voyage en 2005 dans le Pacifique sud, à la recherche de la légende d'un guerrier au visage à moitié tatoué, elle est revenue bouleversée par la puissance et la profondeur des récits reçus des anciens. Depuis elle n'a de cesse de mettre en lumière les légendes transmises, cette tradition orale à la racine de leur culture. Établie sur l'île de Pâques, elle revient chaque année créer les visites contées des expositions océaniennes du Musée du Quai Branly où elle officie depuis son inauguration, et où elle côtoie de nombreux ethnologues qui nourrissent sa recherche artistique. Ainsi, à travers ses spectacles ou ses écrits, elle s'efforce de nous ouvrir les portes des cultures océaniennes, en nous donnant un autre regard sur ce monde encore trop souvent méconnu.

Elle est notamment l'auteur des Contes des sages de Polynésie, 2013, et des Contes des sages de Papouasie-Nouvelle-Guinée, 2015, mais aussi de livres pour la jeunesse : Hina et le prince du lac Vahiria, Le Sorbier, 2009 ; Le tatouage de Mataora, Grandir, 2011 ; Varua, enfant de l'île de Pâques, Moai Éditions, 2017.

un échantillon de ses ouvrages
un échantillon de ses ouvrages
un échantillon de ses ouvrages
un échantillon de ses ouvrages
un échantillon de ses ouvrages

un échantillon de ses ouvrages

Publié dans Ecrivain du Pacifique

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Pwaola Ögeme Ni, un documentaire d'Aurélie Chiron-Neaoutyine en compétition au Festival Anûû-rû Âboro

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

L'anthropologue Alban Bensa est l'auteur du livre "Les sanglots de l'aigle pêcheur", qui recueille des témoignages et récits de personnes qui portent l'histoire de 1917. 42 ans après son dernier passage, il rend visite au grand-père de la réalisatrice en revenant à Tiwaka. Un moment très émouvant à découvrir dans le film.

Pwaola Ögeme Ni, un documentaire d'Aurélie Chiron-Neaoutyine en compétition au Festival Ânûû-rû Âboro, à ne pas manquer vendredi à 19h20 sur CALEDONIA !

 

À la tribu de Netchaot sur la côte Ouest, la révolte kanak de 1917 est sévèrement réprimée par l’armée coloniale. Les maisons sont brûlées, les hommes tués et les champs détruits… les familles sont forcées de fuir. Luc Waly, descendant du chef Pwädé, nous raconte cet épisode douloureux, du départ de Netchaot jusqu’à l’installation de son clan à Tiwaka, de l’autre côté de la montagne.

 

Aurélie Chiron-Neaoutyine, journaliste à CALEDONIA, signe son premier documentaire Pwaola Ögeme Ni (Paola nous sommes là) en compétition au Festival Anûû-rû Âboro. Une projection est prévue pour la cérémonie coutumière d'ouverture et il sera diffusé en même temps sur CALEDONIA ce vendredi 18 octobre 2019 à 19h20.

 

Des articles de mon blog :

 

Alban Bensa, a donné une conférence ce lundi 28 septembre à la bibliothèque Bernheim pour son récit de la rébellion de 1917, un soulèvement réprimé dans le sang, environ 300 Kanak sont tués, sans compter les déplacements de populations et la destruction d’habitations. Un livre magistral qui fera date, avec un titre magnifique inspiré par un poème qui retrace sur 800 vers cet épisode douloureux de l’histoire du Caillou recueilli par l’anthropologue chez les habitants de la région de Koné… Suite de cet article

Un autre article sur la présentation du livre

 

NB : Adrian Muckle coauteur des Sanglots de l’Aigle Pêcheur fait une causerie ce soir à la librairie Calédo Livres et un conférence au centre culturel JMT demain. JP

Publié dans Colonisation

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Un auguste sur les bancs du congrès, un essai de l’ouvrage collectif SILLAGES D’OCEANIE 2021 - TRESSONS LE MONDE

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Couverture du livre et Gif extrait du film Effroyables Jardins
Couverture du livre et Gif extrait du film Effroyables Jardins

Couverture du livre et Gif extrait du film Effroyables Jardins

Un auguste sur les bancs du congrès, un essai de l’ouvrage collectif SILLAGES D’OCEANIE 2021  -  TRESSONS LE MONDE

N’ayant pas encore reçu mon exemplaire de cette nouvelle édition qui devait être présentée au SILO de Poindimié, je ne peux pas faire la promotion d’un texte en particulier d’autant que cette année la qualité est, paraît-il au rendez-vous. Le choix aurait été difficile. Je vais donc vous parler de la contribution d’un auteur que je connais bien, moi ( : J’ai écrit un essai Un Auguste sur les Bancs du congrès, un texte sur l’importance du vivre ensemble inspiré d’une lecture Effroyables jardins de Michel Quint et du film, Le Pont, de Bernhard Wicki, deux souvenirs émouvants pour moi. J’ai tressé, non pas le monde, mais ma natte avec nos propres discordes comme celle des deux poilus de Koné avec une chute que je réserve aux lecteurs de Sillages 2021. Ci-dessous les premières lignes de mon essai en attendant la fin du confinement et une présentation de l’auteur. On peut se procurer l’ouvrage en le commandant à la librairie Calédo Livres. JP

Plus sur Sillages en suivant ce lien une anthologie publiée depuis 2007 par l’AENC.  

Quelques lignes du début de l’essai :

Un auguste sur les bancs du congrès

Au cours du long week-end de mai 2013, lors d’un pont du genre viaduc, pour fêter l’armistice, l’ascension, l’abolition de l’esclavage et la fête de l’Europe, j’ai lu Effroyables jardins de Michel Quint[1].

Aussi loin que je puisse me retourner […], les clowns m’ont déclenché le chagrin. Des désirs de larmes et de déchirants désespoirs, de cuisantes douleurs, et des hontes de paria. Plus que tout, j’ai détesté les augustes.

EJ : 14-15

Effroyables jardins, pour ceux qui n’ont pas eu la chance de lire ce court roman, est un livre dans lequel Michel Quint raconte les souvenirs d’un jeune garçon honteux des clowneries incessantes de son père. Il apprendra, par son oncle, un secret familial datant de la deuxième guerre mondiale qui lui fera comprendre pourquoi son père faisait le clown dans des situations qui ne s’y prêtaient pas en apparence. Une péripétie qui donne une telle saveur à ce roman.

Le titre de l’œuvre fait référence au poème Les grenadines repentantes de Guillaume Apollinaire. Véritable succès, Effroyables jardins a été traduit en 25 langues, adapté au cinéma et au théâtre, offrant l’occasion à Michel Quint de se faire connaitre d’un large public. En 2002, l’auteur propose un second volet, Aimer à peine, dans lequel il raconte les difficultés pour le narrateur, qui découvre l’amour, d’être confronté à l’un des officiers qui ont arrêté son père.

 Résumé (source PetitLittéraire.fr)

« Le récit commence par la présence inhabituelle d’un clown lors du procès de Maurice Papon, homme politique et haut fonctionnaire qui a collaboré à la déportation des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Le narrateur rappelle plusieurs lois de Vichy : il s’agit de mesures prises contre les Juifs pour les empêcher d’accéder à un travail, d’exercer le métier de comédien ou pour les priver de nationalité. Il déteste depuis toujours les clowns à cause de son père qui se costume régulièrement ; il lui en veut énormément de jouer ce rôle. Avant chaque représentation de clown, après le coup de fil lui annonçant le lieu où il doit se rendre, au moment de partir, le père hésite, mais sa famille, excepté le narrateur, l’encourage toujours. Le narrateur est révolté contre sa famille : « Moi, leurs manières à tous m’emmerdaient » (p. 17). Lorsqu’il apprend que son père, André, va recevoir la Légion d’honneur, il ne comprend pas, mais le récit que lui fait son oncle Gaston change tout ».

Dans Effroyables jardins, lorsque l’oncle raconte la guerre à son neveu, cela réveille mes propres souvenirs. Dans ce passage, Gaston raconte à son neveu un acte de résistance accompli par son père et lui. Ce sabotage, un attentat, et surtout son dénouement, expliquait les clowneries du papa. Il lui révèle cet épisode de leur vie pendant l’occupation, dans un petit café, tandis que le père s’était éloigné à une autre table. Ils sortaient tous du cinéma après avoir vu le film, Le Pont, un film allemand de Bernhard Wicki[2], sorti en 1959. Ils étaient allés à la séance en famille, avec les parents du narrateur, le neveu de Gaston et sa femme.

Lorsque j’ai vu ce film en 1962, j’avais 10 ans…

Joël Paul Né en 1952 en Picardie débarque en Nouvelle-Calédonie à la fin des années soixante après un voyage de 45 jours à bord du Calédonien, paquebot des Messageries Maritimes. Marié et père de quatre enfants. Après une carrière de technicien dans le domaine de l’électricité, il est devenu écrivant en dilettante et blogueur littéraire ecrivainducaillou sur over-blog.

1998, La balade du petit tricot (prix jeunesse Bernheim) édité en 2007 par la direction provinciale de l’enseignement traduit en plusieurs langues vernaculaires, 2001 Le Ben Ameur, nouvelle, 2006 Coup de soleil sur le Caillou, recueil de nouvelles, 2008 Le Calédonien, roman, sélectionné dans plusieurs concours, 2009, Entropie Edilivre, 2011, Che si ascuiga le castagne ora, nouvelle prix des bibliothécaire de la province nord, C’est ça le destin commun une nouvelle/scénario pour le théâtre lauréate d’un concours de la bibliothèque Bernheim, 2012, Le Vigile du dispatcheur sélectionné dans le cadre du festival Ecrits d’ici : Métiers de nuit, monologue théâtraux a été lu, par la compagnie toulonnaise "Le bruit des hommes", 2013, Mes nuits avec Roymata, recueil de nouvelles, Cthulhu et le tabou kanak finaliste du concours du Très très court Short Edition, 2014, "I'have a dream" monologue concours "lâchez-vous" pour la fête des Fous à Lier, Les visiteurs de Château Hagen, roman, Nostalgie pour la compagnie théâtrale "Les Artgonautes, 2015, Allāhu ākbar", maison du livre (MLNC) en soutien à la liberté d'expression suite à l'attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo, 2016, participation à l’écriture de Paroles de Thio, un spectacle de la compagnie Les Artgonautes, 2017, Les Moustaches de Tigres, roman lancé au salon de Papeete. Depuis 2017, participation dans de nombreux ouvrages collectifs, les Sillages de l'AENC, 2018, 2019,2020 et 2021 pour les SILO, salon international du livre océanien et Chroniques Insulaires 2019,2020 (paroles de Nouvelle-Calédonie) et Le Chaudron de Nick, une nouvelle paru chez Ecrire en Océanie en 2020.

 

[1] Michel Quint est un écrivain né le 17 novembre 1949 à Leforest dans le Pas-de-Calais

[2] Bernhard Wicki, né le 28 octobre 1919 à Sankt Pölten (Autriche) et décédé le 5 janvier 2000 à Rosenheim, Allemagne, est un réalisateur et acteur suisse.

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Escales en Polynésie par Lamazou père et fille

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Escales en Polynésie par Lamazou père et fille

4 200  XPF sur le site Au Vent des Îles

D’îles en archipels polynésiens, Titouan Lamazou et sa fille Zoé révèlent une fresque vibrante, toute en couleurs, sensibilité et humanité.

D’île en île, Titouan Lamazou dessine une fresque vibrante, à la fois réaliste et onirique, du pays où il a choisi de poser son sac après quarante ans d’errance : la Polynésie. Dans ce coin du monde qui ressemble au paradis, il cherche un havre impossible où les êtres humains se souviendraient de leur lien essentiel au Vivant. Son trait précis, à même de saisir une âme, et sa quête de diversité révèlent toute la complexité de l’océan où il s’attarde aujourd’hui.

Sa fille, Zoé, le suit dans ce voyage. Elle fait émerger la parole de ceux et celles dont Titouan fait le portrait. Ces voix des archipels témoignent d’une très ancienne relation à la terre, à la mer et au ciel, réinventée face à une colonisation aux multiples visages. Père et fille nous convient à une odyssée au portant à travers cinq archipels et leurs myriades d’îles, semées sur la houle Pacifique comme autant d’astres dans le ciel des navigateurs : Marquises, Tuamotu, Gambier, îles de la Société et îles Australes. Une chatoyante mosaïque de paysages contraires et de personnages aux destins romanesques. Une traversée inspirante et salutaire aux confins d’un monde en quête de sens.

Lire un extrait en suivant ce lien (C’est magnifique)

- UNE AFFAIRE DE FAMILLE – (Source Zoé sur FB de l’éditeur)

Depuis trois ou quatre ans, on me pose souvent cette question :

« Alors, c’est pas trop difficile de travailler avec son père ? »

Ma mère, qui a le sens de la répartie, se marre en haussant les épaules et me souffle une réponse à dégainer aux curieux légitimes : « Vous ne penseriez même pas à demander ça à votre boulanger, artisan de père en fils dans la même boulangerie depuis 1956… »

C’est vrai. Mais en général, je me contente de dire que non, ça n’est pas difficile de travailler avec mon père, bien au contraire. Et que sinon je ne le ferais pas.

En fait, notre collaboration dure en pointillés depuis environ vingt ans. Elle a sans doute commencé sans que nous ne nous en apercevions, alors que j’étais une ado vernie et que, le rejoignant le temps de vacances scolaires dans quelque bout du monde, je m’asseyais à côté de lui pour dessiner tandis qu’il réalisait ses Carnets de voyages – ceux qui l’ont consacré en artiste populaire, dans les années 1990.

Depuis, aux voyages d’agrément je préfère les reportages. J’aime arpenter les territoires qui me sont inconnus avec une mission en bandoulière : un bouquin à écrire, un film à réaliser. De la même manière, je ne suis jamais amie plus dévouée que lorsque je peux travailler avec mes proches ou ma famille. Il n’y a là aucun mystère. Les solitaires qui comme moi connaissent la joie de cheminer en équipe le savent, chaque nouvelle création est une aventure, enrichissant d’une complexité subtile les liens de l’amitié sincère. Travailler avec Titouan relève de ce même engagement fait d’enthousiasme réciproque et de diplomatie. Et puis, le temps du « projet » n’est jamais assez long pour laisser s’installer autre chose que cette complicité forgée dans la besogne. Quand l’ouvrage est achevé, un autre est à imaginer, seule ou avec d’autres fidèles acolytes. Il sera toujours temps de collaborer encore ensemble.

J’ajoute que travailler avec Titouan, c’est rejoindre un équipage. Le dernier était composé de très belles âmes : José Lamazou (suivi de production), Gwen Le Bras (photo et réalisation vidéo), Julianne Cordes (conception graphique et réalisation), Alexis Lambotte et Serge L’Estimé (infographie et photogravure), Sabine Beaufils Fievez (transcription), Frédéric Torrente (conseil scientifique), Christian Robert et Lucile Bambridge (éditions Au Vent des îles), Jasmine Badr (relecture et correction).

Il y a aussi bien sûr les rencontres avec les 48 personnes dont j’ai retranscrit la parole dans les pages de notre livre, et tous ceux.celles dont nous avons eu la chance inouïe de croiser la route dans cinq archipels de cette chatoyante Polynésie qu’on appelle « française ».

Voilà, avec mon paternel, nous co-signons Escales en Polynésie. Et j’en suis très fière.

 

Rochefort Pacifique : Le territoire Wallis & Futuna, le pays à l’honneur de cette 15ème édition.

Cette 15ème édition présente 18 films, 9 livres, visite 9 pays ou territoires du Pacifique et reçoit 37 invités. Festival Rochefort Pacifique c’est 5 000 à 6 000 entrées sur 5 jours.

Titouan Lamazou, parrain de l’édition 2019, revient à Rochefort le mercredi 6 octobre à l’occasion d’une tournée en métropole de présentation de son nouvel ouvrage  Escales en Polynésie, édité aux éditions Au vent des îles. Il sera reçu l’après-midi par la librairie l’arbre à mots pour une séance de dédicaces.

L'artiste dans son atelier ! Une photo de Christian Robert

 

Escales en Polynésie par Lamazou père et fille

Publié dans Ecrivain du Pacifique

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Réalités Calédoniennes de Pierre Bretegnier une nouveauté bientôt en Kiosque à Nouméa déjà disponible en ligne

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Réalités Calédoniennes de Pierre Bretegnier une nouveauté bientôt en Kiosque à Nouméa déjà disponible en ligne
Réalités Calédoniennes de Pierre Bretegnier une nouveauté bientôt en Kiosque à Nouméa déjà disponible en ligne

La Nouvelle-Calédonie disséquée en 100 coups de scalpel

Collection : Portes océanes chez L’Harmattan

Cet ouvrage est d'autant plus précieux que peu de Calédoniens s'expriment au « pays du non-dit ». De fait, certaines communautés privilégient l'oralité à l'écrit. Beaucoup considèrent que s'exprimer c'est s'exposer. Enfin, la majorité des réflexions politico-économiques repose sur des demi-vérités et des omissions regrettables. Or, nous avons ici, un ancien acteur de premier plan de la vie publique calédonienne, lucide commentateur des évolutions en cours, qui décortique et dissèque sans concession les comportements souvent paradoxaux des différentes communautés calédoniennes. D'une part, chaque pique d'actu nous oblige à nous poser des questions quasiment existentielles : Qui sont les Néo-calédoniens ? ; D'où viennent-ils ? Quels sont leurs faux conflits et leurs vraies différences ? ; Que vont-ils devenir ?

Date de publication : 28 septembre 2021

Pierre Bretegnier, né au Maroc en 1949, est arrivé en Nouvelle-Calédonie dans les valises de ses parents en 1956. Après des études de sciences politiques, il devient chef d'administration territoriale avant que Jacques Lafleur ne l'appelle auprès de lui pour préparer les Accords de Matignon de 1988 et, ensuite, pour gérer la province Sud en même temps que les affaires économiques et fiscales relevant du congrès.

Publié dans Essai

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Festival de Rochefort : La littérature de Nouvelle-Calédonie sera bien représentée !

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Festival de Rochefort : La littérature de Nouvelle-Calédonie sera bien représentée !
Festival de Rochefort : La littérature de Nouvelle-Calédonie sera bien représentée !

La littérature calédonienne serait moins belle sans l’éditeur du fenua, Au Vent des Îles. JP

LE MÉMORIAL DU BAGNE CALÉDONIEN

5 octobre 2021 - 18:00 - Service Historique de la Défense

INTERVENANT Louis-José BARBANÇON - Historien

LE LIVRE

Longtemps, la terre de Nouvelle-Calédonie a retenti des bruits de chaînes.

En deux volumes, intitulés Les chaînes, consacré à la phase de répression subie par les forçats à la suite de leurs condamnations, et La terre qui traite des phases d’amendement et de réhabilitation, cet ouvrage de plus de 1 000 pages et 1 000 illustrations se propose de mettre à la disposition des lecteurs une somme de la connaissance actuelle sur le bagne de « la Nouvelle ». L’image y est première. Pour autant, les commentaires historiques abondants concernent pratiquement toutes les facettes du bagne calédonien, son côté obscur comme ses rares mais précieux instants d’espoirs. L’histoire de l’archipel calédonien constitue un tout mais le bagne la rattache à l’histoire des bagnes australien et guyanais et à ce choix des sociétés européennes d’éloigner au-delà des mers ou des espaces sibériens celles et ceux qu’elles ne jugent alors pas dignes de garder en leur sein. Une terre kanak a reçu ces exclus, ces maudits, ces damnés, à la fois terre-tombeau et terre-phénix qui leur a permis de renaître.

L’ouvrage de Louis-José BARBANÇON a reçu le prix Popaï, prix spécial du jury au SILO 2020.

LA PRÉSENTATION

Le mémorial du bagne calédonien sera présenté le mardi 5 octobre au Service Historique de la Défense lors de la conférence Chaînes et Charrues. Louis-José BARBANÇON interviendra en visioconférence en direct de Nouvelle-Calédonie où il sera 4h00 du matin. PLUS

Avec la participation de la Société de Géographie de Rochefort et du Service Historique de la Défense.

L’ÉDITEUR

Éditions Au Vent des Îles / 2020, qui ont reçu le Trophée de la fabrication du Livre – Livres Hebdo 2020.

Les Enchaînés

5 octobre 2021 - 18:00 - Palais des congrès

 

Séance de dédicace de l’écrivain calédonien Franck Chanloup le 05 octobre au palais des congrès de Rochefort à 18h00 !

En présence de l’auteur !

Article sur cet ouvrage suivre le lien

L’ÉDITEUR

Éditions Au Vent des Îles / 2021

CALEDONIA BLUES

7 octobre 2021 - 11:15 - Palais des congrès

INTERVENANTE Claudine JACQUES - Auteur

LE LIVRE

À travers une galerie de portraits souvent tragiques, Claudine JACQUES dépeint dans ce recueil de nouvelles, un tableau sans concession de la Nouvelle-Calédonie contemporaine.  Des squats miteux aux somptueuses villas de Nouméa, des stations d’élevage aux lotissements étranglés dans la ville, des êtres se démènent pour garder ou trouver un cap dans leur quotidien. Comme un miroir de la complexité d’une société pétrie de métissages, de coutumes, de croyances mais aussi de tensions, d’inégalités et de violence, Calédonia Blues souligne, au-delà de l’opposition Kanak-Caldoche l’incroyable équation calédonienne.

LA PRÉSENTATION

Claudine JACQUES présentera par visio-conférence Calédonia blues le 7 octobre 2021 à 11h15 au Palais des congrès. Plus

L’ÉDITEUR

Éditions Au Vent des Îles / 2020

Aussi projection du film : LES VOIES DU CAILLOU d’Éric Beauducel

À l’heure où la Nouvelle-Calédonie est en passe d’obtenir de plus en plus d’autonomie, elle doit faire des choix de développement. Qu’envisager pour l’industrie du nickel et son avenir?

Production : Ekla Production, NC la 1ère Sélection FIFO : Films Hors compétition – 2021 Documentaire / Nouvelle-Calédonie / 53 mn / 2019 INTERVENANT Jean-François Merle le 07 octobre à 14h00 Palais des congrès CINÉ-DÉBAT

  • RÉALISATION : Un film écrit par Nathalie Darricau et Eric Beauducel et réalisé par Eric Beauducel
  • Format : HD
  • Durée : 52 minutes
  • En coproduction avec Nouvelle-Calédonie La 1ère, la Fonds de soutien de la Nouvelle Calédonie, la Maison de la Nouvelle Calédonie et avec le soutien du CNC

Ci-dessus ce n’est qu’un aperçu programme complet suivre ce lien

LE MOT DU PRÉSIDENT Quinze ans déjà ! On se retourne, et que voit-on ? Qu’entendons-nous ? Que ressentons-nous ? Nous voyons les visages familiers des personnes connues et rencontrées, que nous retrouvons tous les ans. Des fidèles… Puis des visages plus fugaces de passants dans cette aventure océanienne, tellement humaine et riche de dons, de savoirs partagés et d’actions magnifiques dans cet esprit désintéressé qui caractérise et donne toute sa noblesse au bénévolat. Et tout à coup, nous entendons les paroles de nos amis du Pacifique. Ces accents qui roulent les mots comme des galets dans une « creek », ces chants polyphoniques qui chantent la ferveur pour un dieu importé.

Nous vibrons au « haka », rythmé par les pieds qui foulent le sol de la place Colbert et les incantations gutturales et rauques des soldats « rugbymen » du quinze du Pacifique qui ont résonné dans les rues de Rochefort.

Nous ressentons ce souffle parfumé aux fleurs de tiaré de ce vent du Pacifique qui durant 5 jours va nous débarrasser de nos préjugés, nous ouvrir les yeux sur d’autres civilisations et nous apprendre à vivre l’interculturalité.

Cette équipée collective de bénévoles détourne depuis quinze ans les obstacles pour que puisse se perpétuer, dans l’excellence, cette rencontre. La voilà, la magie de ce festival singulier et atypique qui depuis 2007 a su forger les valeurs et l’éthique de notre action qui sont de faire connaître le Pacifique Sud et de témoigner des cultures des peuples qui l’habitent, sans exotisme aucun et en portant un regard fraternel par l’image et par l’écrit. Merci donc à vous toutes et tous, bénévoles, public, intervenants, partenaires et hôtes qui offrez vos logis aux invités pour tout simplement... être là.

Publié dans Evénement culturel

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Le billet d’humeur de Ibn Khaldoun Sören Platon, une rubrique spéciale confinement. Humeur 23

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Humeur 23 Mauvaise humeur Manque d’humour

Ah ! Fichtre ! Bigre ! Ce matin de mauvais poil longtemps je me suis levé comme encovidé. J’ai même fait de la peine à ma mie elle qui ne m’en a point fait. C’est fou ces chansons apprises par cœur étant gosse qui vous reviennent et font sens. Je m’étais toujours demandé ce que ça voulait dire « mie » et pourquoi l’auteur gémissait de l’avoir peinée. L’avait-il baffée volée injuriée ? Et ce refrain ridicule et comique : « Qu’il est difficile d’aimer qu’il est difficile... » Dans son traité de l’éducation l’Émile Rousseau fustige les fables de La Fontaine trouvant stupides et dogmatiques ces fictions enseignées aux enfants.  L’éducateur imite la critique de Platon contre les poètes. Les enfants ne peuvent comprendre le sens moral des fables à cause de la langue. Rousseau déconstruit les fables et les ridiculise montrant leur non-sens en se mettant à la place de la compréhension des enfants. 

Laissons tomber ! Il ne faut jamais lire à la lettre Rousseau. Robespierre et Saint-Just l’ont fait et ont appliqué le couperet de la volonté générale du Contrat social avec le tranchant de la guillotine.

Mais revenons à ma découverte. Pourquoi étais-je de si mauvaise humeur ? Euréka ! J’ai saisi au moment de la digestion. Méditant sur les effets physiologiques des nourritures sur les humeurs, je me disais qu’il n’y avait pas que ça !

Quoi alors ? Mais bon sang mais c’est bien sûr. Une overdose de télévision. J’avais trop regardé hier la télé en plus la télé locale. D’abord une mise en scène d’une pulsion irrespectueuse sous couvert d’amour de la patrie et d’océanitude d'un monsieur qui monopolisait la parole et qui occupait l’écran vociférant les mêmes mots d’ordre. Ensuite erreur de ma part, je me suis dit pour une fois je vais assister jusqu’au bout à une émission animée (comme l’on dit d’un dessin animé) avec trois médecins et un éminent scientifique en science humaine. J’ai résisté et j’ai tenu à regarder l’émission jusqu’au bout. Et voilà ! Toute la matinée, j’étais sous le coup des effets secondaires n’étant pas encore vacciné contre la télé. La mauvaise humeur provient à coup sûr des réactions du système immunitaire contre la … enfin ça commence par la même consonne que « covid » mais ne finit pas par un nombre ou chiffre mais pas le contraire du verbe pleurer.

Cette fois, promis, on ne m’y reprendra plus ! 

Humeur 24

Pas d’humeur à écrire.

Me laisser bercer par la douce sonorité de la pluie.

FIN D’HUMEUR 

Billets doux Billets durs.

Ce sera ici le dernier. 25 suffiront maintenant.

Je passe à autre chose. 

Il s’agissait d’égayer pas de lasser.

Prenez soin de vous et faîtes de vos vies des vies apaisées!

Publié dans Essai

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Imasango - Nos vols d'oiseaux à Marseille

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Imasango - Nos vols d'oiseaux à Marseille

Ce mardi 5 octobre à 18 heures, 16 rue d’Anvers à Marseille Imasango déclamera ses poèmes. Tandis que nos auteurs Calédoniens Louis-José Barbançon, Claudine Jacques et Franck Chanloup se prépare à affronter les visiteurs de Rochefort Pacifique. Bravo à ces valeureux diffuseurs de culture du pays de faire rayonner nos talents d’ici. JP

Femme insulaire, Imasango transporte les mots d’un continent à l’autre, comme autant de passagers porteurs d’histoires ; celles d’une femme, d’un peuple, d’une terre natale, la Nouvelle Calédonie.

Le mardi 5 octobre, à l’occasion d’une résidence d’écriture à la Fondation Saint John Perse et dans le cadre du prochain recueil à paraître aux éditions Bruno Doucey, la mandole d’Oussama Escid se fera l’écho d’une lecture à voix haute par la poétesse, dialogue sonore comme terre de rencontre des cultures.

Afin d’ancrer cette soirée dans l’aventure éditoriale d’Azulil, nous publions une xylogravure de Marianne Conan, empreinte subjective d’un vers choisi. Cette estampe imprimée à l’atelier en édition limitée, numérotée et signée sera exposée et disponible à la vente. (Source Azuli maison d’édition)

Rendez-vous le mardi 5 octobre dès 18h à l’atelier Azulil au 16 rue d’Anvers à Marseille, pour partager avec nous ce moment de poésie !

Un article notre poétesse du Caillou Imasango sur ce blog

Son dernier ouvrage :

En hommage au magnifique et mystérieux poème de pierre que sont pour moi les pétroglyphes de Nouvelle-Calédonie. La voix des paysages, publié aux Éditions de la Margeride. Sur papier Olin 250 g, format 21 x 28 cm. Accompagné d’une gravure au Carborundum et 4 linogravures de Robert Lobet. Gravures en couverture.

Chaque livre est unique, numéroté et signé : gratitude pour cette beauté.

Et aussi : 

 

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Le billet d’humeur de Ibn Khaldoun Sören Platon, une rubrique spéciale confinement. Humeur 21 et 22

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Humeur 21 Joseph Caihe

En drehu Caihe signifie Tête. La Nouvelle-Calédonie perd une Tête. Le premier reportage télé qui m’ouvrit une lucarne médiatique, je le dois à lui à Joseph. Pourtant sur un sujet polémique, le magazine Expressions, dont une partie portait sur les peintures des guérites de bus de la côte est : d’Ataï à Machoro. J’avais insisté pour que soient filmées en gros plan les peintures … ainsi que les anciens de Tuo. Il tint promesse. Il le fit. Bien entendu Nouméa la Blanche s’offusqua scandalisée. J’ignorais alors qu’il avait été propulsé par Jean-Marie Tjibaou et Melanesia 2000. Il dépassa les petites peurs des censures. Il était kanak. Homme ! Qui va à l’essentiel ! La culture kanak est universelle et singulière. Peu importe qu’il bifurqua vers un parti centriste calédonien. Je retiens sa générosité. Sa Calédonitude de Kanak. Sa grandeur et simplicité.  Sa grande simplicité. Une Tête. Une vraie. Celle du Pays.

Joseph, d’où tu es, nous te savons proche. Pars repose en Paix! Vieux Frère ! Mes condoléances à la famille.

Humeur 22 Sens Non-sens In-sens de la vie

Quel est le sens de la vie ? La vie vaut-elle d’être vécue ? La seule question est-elle de vivre cette vie ou de se suicider ? Ces questions sont banales. Pourtant elles sont posées reposées avec l’approche de la mort. La mort est toujours présente. L’oubli de celle-ci n’est pas son absence. La vie n’a pas de sens sauf que les gens n’arrêtent pas de lui donner ou de vouloir lui donner du sens. Au point d’oublier de vivre et de se projeter vers une finalité toujours au-delà ou encore de se priver de vivre pour espérer vivre une vraie vie meilleure pleine de bonheur après cette vie après la mort. Poser le sens de la vie a-t-il du sens ? Le sens est-il un non-sens ? La folie du monde n’est-ce pas y voir que l’in-sens gouverne la planète. Einstein avait-t-il raison contre la thèse : « Dieu joue aux dés ». Beaucoup ne se pose jamais et ne se poseront probablement jamais la question du sens de la vie. Certains tiennent à leur vie plus qu’à la bourse d’autres à la bourse plus qu’à la vie. Tout ça est-ce du pareil au même ?

Eh ! bien ! Non ! Tout ne se vaut pas. Tout n’est pas pareil au même. L’heure n’est plus celle de Camus : il n’y a qu’une seule question c’est celle du suicide. Ni déjà plus la boutade de Malraux : la vie ne vaut rien mais rien ne vaut une vie. La mort toujours présente nous la fuyons ne pouvant comme le soleil la regarder fixement (La Roche Foucault). Je me suis toujours demandé pourquoi Foucault s’était soucié de la biopolitique/thanatopolitique régime de suppression ou soin de vie des populations pour passer à la gouvernementalité de soi  et courage de la vérité. N’est-ce pas nous reposer la question oubliée ? Foucault de manière sobre intitula ses deux derniers livres parus juste avant sa mort L’usage des plaisirs et Le souci de soi. Mais qu’est-ce que se soucier de soi ? Qu’est-ce que souci et qu’est-ce que soi? Qui fait l’objet du souci ? N’oblige-t-il pas à se soucier des autres ? Au moins une valeur du souci de soi et du souci de l’autre se décline en plusieurs rapports et portent plusieurs noms : respect, amour, amitié, la mort volontaire ou involontaire voire gérer et user avec art et  intelligence des plaisirs.

Que de questions autour d’une seule. Et que de coachs philosophes par les temps qui courent! 

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Études françaises et francophones contemporaines de Nicolas Kurtovitch

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Études françaises et francophones contemporaines de Nicolas Kurtovitch

Un ouvrage publié dans une revue de l'Université du Nebraska, qui publie les derniers travaux d'universitaires, de romanciers, de poètes, d'artistes, de cinéastes et d'autres personnes impliquées dans les études françaises et francophones des 20e et 21e siècles. Nicolas Kurtovitch devait s’y rendre suite à une invitation, en 2020 mais la pandémie est passée par là.

À partir des modelages en terre de Maryline Tidjepache Nicolas Kurtovitch To cite this article: Nicolas Kurtovitch (2021)

À partir des modelages en terre de Maryline Tidjepache, Contemporary French and Francophone Studies, 25:3, 264-267, DOI: 10.1080/17409292.2021.1902688

To link to this article: https://doi.org/10.1080/17409292.2021.1902688

À partir des modelages en terre de Maryline Tidjepache de Nicolas Kurtovitch

Texte à télécharger en suivant ce lien (Texte intégral)

Extrait :

Je sais mon immédiat, j’ouvre les yeux, me reconnais.

  • Kurtovitch, Modelages

Le texte qui suit est un hommage, à la fois, au talent et au travail, de Maryline Tidjepache, sculptrice, ainsi qu’à la vie en Nouvelle-Calédonie, dans ses multiples dimensions, celles de la joie et du désir, des angoisses et des espérances. Une vie simple cependant.1

***

Je suis née de la terre par la volonté de l’eau des pierres des montagnes du vent du souffle du ciel, transformée en boules mouillées puis plaquées sur l’air, corps kanak.

Il faut du silence, laisser la tristesse s’en aller; il faut du silence, l’amertume trouve son chemin du ventre à la bouche ; il faut du silence et s’endormir enfin en laissant les mains bouger lentement, à petits coups et seules.

La vie est solitude à quoi bon s’attendre à trouver quelque part son amant, mais il faut aussi se tenir nue sur la terre, celle que je vais pétrir de mes talons, de mes genoux, des paumes de mes mains; celle sur laquelle je crache et pleure avant de la prendre encore mouillée et donner formes humaines aux esprits.

Après-tout il ne s’agit peut-être que de remonter les témoins du fond des âges, d’en appliquer les signes sur les ventres, les visages et les nuques; d’attendre la terre sèche l’humidifier de nouveau.

Garder tout contre soi l’amour des siens s’y perdre

Et comment ne pas danser en surgissant de nulle part comme surgissent du sol, des pierres et des souches ? Comment ne pas plier les genoux, se poser sur la plante des pieds, lever la tête le regard le cœur, armer son bras pour un lancer ? Pourquoi ne pas voir les yeux fermés ce qui ne se voit pas, ce qui se sent dans le mouvement et le déséquilibre d’un instant ?

Danser toujours, danser, se suspendre au ciel, se libérer de la boue. Voilà ce que je fais.

Finalement arrivera le jour (où) poussé par les racines et tiré par mes mains à la lumière au vent, au regard de mes frères, se tiendra un corps de terre, d’eau et d’amour, clamant à la surface du Monde : Je suis enfin debout, peut-être encore courbée et incertaine ; mais je me tiens là, par mes pieds encore mêlés au sol, par mon souffle indissocié du souffle de la forêt

où réside mon clan. Je suis là, à la fois être de rage et d’amitié. Regardez ! Arrêtez-vous ! Lisez sur ma peau encore fragile ! Je suis de cette île ! Lisez au fond de mes crevasses la douleur de la muette qui aujourd’hui, s’échappe de la gangue, frappe au cœur.

Et maintenant, je n’ai plus qu’à oublier l’eau et la terre, oublier également l’esprit et ma volonté. Oublier le désir de donner naissance, me contenter de mes mains abandonnées, libres indépendantes et reposées, les laisser, elles seules, agir, oubliant du même coup doigts et pouces, boue et lianes. Je ne désire plus rien d’autre qu’être là, accroupie ou debout, légère ou ployée sous le fardeau. Droite, appuyée sur mon ventre, allongée sur les grains de terre et regarder mes paumes lisser les corps, délivrer mon cœur des angoisses.

(Ainsi) ai-je franchi une porte, un passage et une étape, une passe dans le récif qui borde ma vie. (Ainsi) les mains boueuses à la rencontre de mes Vieux, les exhibant du passé. Je sais mon immédiat, j’ouvre les yeux, me reconnais. Ce n’est pas tout, j’invite à passer le regard au travers du voile, à s’enfoncer en moi, découvrir la force d’aimer, de connaître la force de dire le désir de ne plus voyager seule… Suite

Nicolas Kurtovitch is one of the leading voices in New Caledonian literature. His collections of poetry, short stories, and novels have received several awards, notably the Antonio Viccario International Poetry Prize, the Poetry Prize of the Ouessant Island Book Fair (for Le Piéton du Dharma), the Vi Nimö Prize (for Les Arbres et les rochers se partagent la montagne), and the Popaï Prize (for Les Heures italiques). He has been named a Chevalier in France’s Order of Arts and Letters, served as the first president of the Writer’s Association of New Caledonia, and is a founding member of the Geopolitics Center of New Caledonia.

Publié dans Poésie

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