Didier Poidyaliwane a œuvré pour la culture et le patrimoine Calédonien en tant que Ministre en charge de la culture de 2017 à 2021. La photo ci-dessus est du SILO 2020, il avait fait un beau discours. Je présente mes condoléances à sa famille. Joël PAUL
Dominique Carrier souhaite véritablement contribuer à l'existence d'une poésie calédonienne, une poésie écrite avec les mots ordinaires de chacun, donc très accessible. Une poésie visuelle et courte, telle un tableau sur une page, palette complémentaire de celle du peintre, non pour illustrer des œuvres existantes mais pour exprimer des émotions intraduisibles comme elle le fait par les moyens de la peinture. Cette complémentarité est sa signature d'artiste.
Dominique se sent Métisse culturelle, calédonienne, de sang mêlé de la Métropole et du Caillou. Dans ce deuxième recueil qui fait suite à La Mémoire des Gaiacs(EEO), Ce recueil, Les Constellations du Frangipanier, nous propose 87 Poèmes. Les deux tiers sont inspirés par la Nouvelle-Calédonie, le dernier tiers est inspiré de sa terre natale.
Il figure au catalogue des Editions Spinelle. Déjà en vente en ligne, il faudra un peu de patience pour le trouver en libraire à Nouméa mais la commande est passée.
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« Le rire des jeunes filles s’envole
et leur gaîté perce la rue sonore
D’un trottoir à l’autre
Si le soleil se lève pour tout le monde
Le rire des jeunes filles aussi. »
De formation littéraire universitaire et autodidacte en arts plastiques, Dominique Marinet-Carrier se définit ouvertement comme « une métisse culturelle ».
Artiste reconnue, elle choisit la poésie, sa deuxième palette, pour parler de son ancrage en Nouvelle-Calédonie depuis 1982. Les Constellations du frangipanier, après La Mémoire des gaïacs, paru en 2018, réaffirme cet ancrage sur le sol calédonien où elle a choisi de vivre tout en évoquant sa terre natale, source de réminiscences affectives.
La coloriste qu’elle est se laisse deviner dans ces poèmes aux atmosphères proches de la gaîté et de la spontanéité sensible de sa peinture.
De l’humour perle, sous-jacent, frais comme cette part d’enfance qui court entre les lignes, sauvegardée.
Une poésie à la fois visuelle, dense, fraîche avec laquelle le lecteur se trouvera en complicité.
Paru le 18 novembre 2021 Essai (broché), cette nouvelle publication de Frédéric Angleviel est en vente à Nouméa sur les lumières et les ombres de la colonisation à la française !!
Un ouvrage publié par un éditeur national à Paris, chez Ed. de Paris-Max Chaleil, qui aborde cette question fondamentale, non pas au niveau de la Nouvelle-Calédonie, mais au niveau mondial.
Première partie les lumières
Deuxième partie les ombres
Troisième partie : la colonisation fut-elle un mal nécessaire ?
Dans ce livre original, l'auteur aborde la colonisation française en essayant d'objectiver sa description et surtout ses logiques, énoncées ou inconscientes. Un travail rarement tenté car les analyses ici sont souvent brouillées par les présupposés idéologiques des deux décryptages du passé qui s'affrontent. Une phrase du préambule de l'accord de Nouméa de mai 1988 exprime bien la dualité de la perception française de ses réalités coloniales : « Le moment est venu de reconnaître les ombres de la période coloniale, même si elle ne fut pas dépourvue de lumière ». L'auteur, spécialiste de l'histoire coloniale dénommée désormais l'histoire d'outre-mer, s'est approprié cette phrase afin de l'appliquer à l'ensemble de la « colonisation à la française » entre 1830 et 1962. Cet essai prend en compte la grande diversité géographique de « l'empire colonial français », initié par la royauté, poursuivi par le Second Empire, et surtout développé et administré par la République. Si l'objectif de cet ouvrage n'est pas de valoriser ou de critiquer cette colonisation, réalité complexe qui était imbriquée dans la vie de la Nation, il est de l'interroger et de l'analyser sans parti-pris. A contrario, il se demande pourquoi des peuples constitués ou en devenir ont pu accepter d'être vassalisés aussi longtemps par une puissance exogène souvent lointaine ? Leurs différentes colonisations et leurs mutations furent-elles une étape nécessaire à leur entrée dans la mondialisation triomphante ? Comprendre ces phénomènes humains de domination et d'exploitation de l'autre dans le cadre de l'empire-patrie des droits de l'homme, participe tout autant à la compréhension des enjeux post et néo coloniaux dans les espaces francophones qu'à une nouvelle appréhension de la société hexagonale d'hier et d'aujourd'hui.
Biographie
Frédéric Angleviel, professeur des universités en histoire contemporaine, spécialiste de la colonisation, de l'évangélisation chrétienne et de l'Océanie francophone, a publié une quinzaine d'ouvrages principalement axés sur des problèmes d'outre-mer. Il travaille sur la région Asie-Pacifique, notamment l'Indochine et la Nouvelle-Calédonie. Il a reçu, en 1995, le prix Auguste Pavie de l'Académie des sciences d'outre-mer pour Les missions à Wallis et Futuna au XIXe siècle et, en 2015, le prix « sciences » du Salon du livre insulaire d'Ouessant pour Un drame de la colonisation. Ouvéa, Nouvelle-Calédonie, mai 1988. Depuis trois ans, il vit à mi-temps au Vietnam et travaille sur l'histoire de la confédération indochinoise ainsi que sur une vision plus globale de la colonisation (à la) française.
La rédaction: Heureuse année 2022. Je voudrai m’excuser à vous chères lectrices et lecteurs pour ce long silence. C’aurait pu être un silence définitif vu que j’ai contracté le virus de la covid qui a nécessité mon isolement. Depuis, je me remets mais avec des séquelles comme l’essoufflement qui ne me quitte pas. … Voir la suite dans le PDF à Télécharger suivre le lien
Responsable de la publication: Léopold Hnacipan
Si je ne reprends pas Nuelasin, c’est comme si je suis parti dans le mauvais vent. Non, faut que j’écrive pour prouver à moi-même que j’existe. J’exulte!
J’aurai pu le faire depuis, mais je ne le pouvais pas. Je rêve beaucoup mais on dirait que cette faculté-là (si c’en était une) m’a quitté. Elle revient petit à petit. L’usage des doigts me revient aussi. Je n’avais pas repris le travail depuis septembre. C’est que je m’essoufflais pour monter les escaliers à côté de la guérite pour aller au collège.
À l’heure où je vais publier Nuelasin pour repartir, j’ai une grande pensée à celles et ceux qui nous ont quitté. Certains sont des lecteurs fidèles. Oleti. En ce moment, c’est le deuil de la maman des fils Ukeiwe. Cela me va droit dans le cœur surtout qu’ils sont de ma famille mais sutout aussi qu’ils me sont très proches par leur travail qui touche à la littérature. Nous avons les mêmes sensibilités. Qu’ils reçoivent mes condoléances en ces jours difficiles.
Je reprends aussi en plus du journal, l’écrit (une interview) auprès de mama Waitha. C’est chez elle qu’a vécu Drikona Jean Ukeiwe, lorsqu’il enseignait à Hunöj. C’est de lui, Ataï (combien de temps encore ?), Troni a treijepin lo itre drai hnapane (repris par Reglyss le groupe de l’Hérault) et bien sûr Rozanë. Allez, je vous laisse en espérant vous retrouver vendredi prochain. Wws
Le puits de Hunöj. (suite et fin)
Je suis chez Mama Waitha[1], ma grande-sœur[2] mais qui est aussi une des grands-mères de la tribu. Elle habite devant le temple. J’allais tout le temps la rencontrer lorsque j’arrivais à la tribu. Elle est une des personnes ressources de l'ancienne génération dont nous avions toujours besoin. Aujourd'hui, Mama Waitha a 79 ans. Elle était née en 1936. Je suis venu cette après-midi pour lui poser quelques questions au sujet de l'eau de la tribu. Je voulais savoir comment les gens de son époque se comportaient et comment l’eau était gérée quand Mama Waitha était arrivée à la tribu en épousant un homme de Hunöj.
Wawes: Et, à cette époque-là comment faisiez-vous pour vous baigner ?
Mama Waitha: Chacun se baignait avec l’eau d’une seule bouteille et c'était suffisant. Moi, j'avais ma bouteille et pareillement pour les autres. Il n'était pas question de se baigner avec plusieurs bouteilles et de dépenser l'eau comme on le fait au temps d'aujourd'hui.
Wawes: Et vous arriviez à vous savonner tout le corps avec votre manière de vous baigner ?
Mama Waitha: À notre époque, on économisait l'eau et le savon. Et nous étions très propres. Quand je vois la génération de maintenant, je remarque que même après vous être lavés, vous paraissez toujours sales. J'ai l'impression que vous ne savez pas vous baigner. Vous vous lavez, vous vous savonnez et après vous vous essuyez. Et, quand on regarde la couleur de la serviette, elle est sale. Et elle est toute noire parce que vous n'avez pas frotté votre corps d'un linge ou de je ne sais quoi.
Wawes: Est-ce que les gens de votre époque avaient beaucoup de poux dans les cheveux ?
Mama Waitha: Effectivement, les filles comme les garçons. Ils avaient des poux dans les cheveux mais je ne pense pas que ce soit comme les filles et les garçons de votre époque. Quand on sentait qu’on avait des poux, on pressait du citron dans la chevelure. C'était suffisant. Sinon, on s’épouillait des après-midis entières. Il n'y avait rien d'autre à faire. Les peignes à poux viennent tout juste d'arriver. Comme les autres produits d'ailleurs que nous trouvons dans le commerce.
Wawes: Et les gens des deux bouts de la tribu, Hnyamala et Drepo, venaient-ils aussi pour puiser de l'eau dans le puits à côté du temple[3] ?
Mama Waitha: Le puits en effet était la propriété de toute la tribu. Et tout le monde venait pour puiser son eau. Comme je le disais, chacun venait avec son seau. Une fois qu'ils ont fini de tirer ce qui leur fallait, chacun repartait avec sa bouteille et son seau. Tu sais, si nos vieux n’avaient pas creusé ce puits, je ne pense pas qu’il y aurait eu une tribu par ici ou alors… la vie serait très dure[4].
Wawes: Et pour nettoyer le puits, comment faisiez-vous ?
Mama Waitha: Avant, c'était le vieux Ixöeë[5] qui descendait pour nettoyer le fond. On le descendait parce qu'il était aveugle ou malvoyant. On disait de lui qu’il n'avait pas le vertige et surtout qu’il n'avait pas peur. C'était comme ça. On attachait alors un siège au bout de la corde comme on le faisait pour un seau et on laissait descendre le vieux Ixöeë jusque dans le fond du puits. Il ramassait alors les feuilles mortes, les brindilles de bois mort et de l'herbe sèche qui était tombée dedans à cause du vent et qui pourrissait dans le fond. Il y avait aussi un autre vieux que Ixöeë, c’était Kamenu-qatr.
Wawes: Et comment ce puits avait-il été creusé ?
Mama Waitha: Je ne sais pas. Mais pour le nettoyage, les vieux avaient une technique. Ils descendaient dans le puits le vieux Ixöeë ou le vieux Kamenu, au bout d'un siège à l'aide d'une poulie. Les deux vieux ne descendaient pas directement dans le vide ; de chaque côté du trou il y avait comme des marchepieds que les hommes tâtaient au fur et à mesure qu'ils descendaient.
Wawes: Est-ce que les vieux avaient déjà sorti des poissons, des anguilles ou des bêtes de ce genre de l'eau du puits ?
Mama Waitha: Du tout.
Wawes: Y avait-il eu des accidents survenus à l'époque liée à l'entretien de ce puits ?
Mama Waitha: Même pas.
Wawes: A qui revenait la tâche de puiser l'eau ?
Mama Waitha: Cette tâche incombait aussi bien aux hommes qu'aux femmes de la tribu. Pour nous ici à la maison, tout le monde pouvait aller puiser de l'eau ; les enfants mon mari et moi-même. Parfois on se retrouvait tous là-bas mais la plupart du temps, c’était juste moi.
Wawes: A quelle heure de la journée vous vous retrouvez au puits pour assurer cette corvée ?
Mama Waitha: À la maison, on allait puiser de l'eau plutôt vers la matinée. Mais la tendance était générale. Toute la tribu se retrouvait au point d'eau. Je pense que c'était parce que le petit chef de la tribu avait décrété qu'on laissait les gens se servir au puits dans la matinée pour leur besoin de la journée après c'était fermé jusqu'au lendemain. C'était encore l’époque de Hmeleu qatr[6]. C’était lui qui avait décidé cela.
Wawes: N'y avait-il pas de quotas de bouteilles d'eau pour chaque maison ?
Mama Waitha: Non, on pouvait remplir autant de bouteilles que l'on voulait. Pour nous à la maison, on remplissait nos bouteilles qu'on laissait là-bas à côté du puits et après on faisait des allers et retours pour les ramener chez nous. Les gens qui avaient de la force pour tirer le seau du puits avaient beaucoup d'eau aussi. Tu sais, l'eau du puits provient sûrement d'une grande nappe phréatique. Une source intarissable.
Wawes: Et comment tu trouves cette eau comparée à l'eau de nos jours ?
Mama Waitha: L’eau d'avant à mon avis était beaucoup plus propre. Elle était plus claire et au niveau du goût, on ne sentait pas le plastique ni la tuyauterie moderne. Maintenant on sent aussi que dans l’eau il y a des produits qui y sont ajoutés.
Wawes: Avez-vous été malade d'avoir bu cette eau du puits ou vous est-il arrivé de vous trouver face à des personnes qui avaient souffert d'avoir bu cette eau ?
Mama Waitha: Non à vrai dire. D'abord tout le monde était obligé de boire cette eau mais il ne m'était jamais arrivé de penser que quelqu'un puisse tomber malade d'une diarrhée par exemple ou d'une autre maladie quelconque.
Wawes: Est-ce que quelqu'un était venu à l'époque pour analyser cette eau ? Un scientifique par exemple.
Mama Waitha: L'analyse de l'eau n'était jamais arrivée ni dans mon esprit ni dans celui des autres. On ne pensait pas qu'on pouvait tomber malade de cette eau que nous avons bue du puits à côté du temple et cela depuis des générations.
Wawes: Est-ce qu'il y a déjà eu des histoires je veux dire des mésententes ou des querelles à cause de l’eau ?
Mama Waitha: Pas à ma connaissance. Au contraire, ce puits nous rapprochait. Il rapprochait nos familles, nos clans, il n'y avait à aucun moment des problèmes à cause de l'eau. Je trouvais qu'il y avait plutôt une bonne gestion de la denrée mais surtout qu'il y avait de l'amour de l'eau. Tu sais des fois, on n'avait pas besoin de nous déplacer vers le puits de la tribu ; quand on n'avait pas d'eau on demandait à la famille d'à côté, à l'oncle, à la cousine, etc.… avant de nous rendre au puits.
Pour se laver, chacun prenait sa douche chez lui. Il n'y avait pas de douche publique[7]. Cette idée-là était venue bien après mais dans les autres tribus. Chez nous, nous n'avions pas de douche pour la collectivité ; les sanitaires qu'ils appelaient. Pour nous laver, nous n’avions besoin que d'une seule bouteille. Et nous arrivions vraiment à nous débrouiller avec.
Wawes: Est-ce que vous aviez du savon à l'époque ?
Mama Waitha: Tu sais, à l'époque nous allions couper des branches de Feja, nous enlevions la peau après nous grattions l'enveloppe jusqu'au cœur. Nous mélangions de l'eau à tout cela et la mousse montait. Il moussait beaucoup. Avec cela on se baignait et on lavait aussi notre linge. On était aussi éclatant que le linge que nous portions.
Wawes: Est-ce qu'il y a eu des histoires d'amour à cause de ce puits ?
Mama Waitha: Je ne sais pas.
Wawes: Je pose la question autrement ; y a-t-il eu des histoires adultérines au bord du puits ?
Mama Waitha: Oui, c'était le cas de Joséphine[8] et du Vieux André. À cause d'accompagner pour puiser de l'eau la femme de quelqu'un d'autre au puits, le vieux André a fini par en être amoureux. Pareillement pour la vieille Joséphine qui n'allait pas au puits avec son mari mais elle allait aussi au champ avec le mari de quelqu'un d'autre.
Wawes: Vous est-il arrivé de puiser de l’eau pour faire boire vos animaux comme des chevaux par exemple ?
Mama Waitha: Ici à la maison, mon beau-père avait cinq chevaux, des mâles et des femelles. À côté, il y avait le vieux Leitre qatr, il possédait un troupeau. Ces vieux-là amenaient leurs chevaux au puits du temple pour les faire s’abreuver.
Wawes: Et, vous ne vous fâchiez pas que les autres fassent boire leur troupeau dans le même puits que vous ?
Mama Waitha: Non. Ils faisaient boire leurs bêtes en puisant l’eau du puits comme nous le faisions pour notre usage domestique. On ne peut pas reprocher aux uns et aux autres de faire boire leur bête à cet endroit. Nous faisions aussi appel à eux lorsque nous avions des charges lourdes à rapporter de nos champs. Dans les coutumes ; ils amenaient leurs cochons pour la viande. Il n'y avait pas beaucoup de maisons qui avaient des bêtes pour les coutumes. Chez nous, mon beau-père donnait un seau par bête et c'était suffisant. Et, il les faisait boire tous les trois jours non pas qu'il pensait à la réserve d'eau qui s'épuisait mais plus parce que c'était difficile de tout le temps aller pour faire boire les bêtes.
Wawes: J'arrivais chez toi et tu n'avais pas d'eau pour m'offrir un café, comment tu aurais fait ?
Mama Waitha: Pour le café nous n'avions pas d'eau. On allait seulement payer sa tasse chez le vieux Leitre qatr. Il avait une réserve d'eau suffisante parce qu'à la tribu il était le seul à préparer le café à cinq francs la tasse[9].
Wawes: Après le puits à côté du temple, apparaissaient de plus en plus des citernes d'eau dans chaque foyer. Qui c'est qui a commencé à creuser une citerne d'eau à la tribu ?
Mama Waitha: Je ne sais pas. Quand je me suis mariée ici j'ai vu qu'il y avait déjà la citerne de la tribu à côté du temple pas loin du puits mais on ne s'en servait pas. Pourquoi ? Je ne sais pas.
Wawes: Une date ?
Mama Waitha: A l'époque du vieux pasteur Mawe[10].
Entretien assuré par Hnacipan Léopold auprès de Mme Vve LUANANA Waitha qatr, le 17 juin 2015
Après un premier trimestre dédié à la découverte de la Bibliothèque Hors Concours, les clubs font leur rentrée et vous présentent leurs 5 finalistes !⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀
Félicitations aux lecteur⸱ices des clubs, aux auteur⸱ices et aux maisons d'édition !
- La Princesse au visage de nuit, de David Bry, aux éditions HSN
- Demain la brume, de Timothée Demeillers, aux éditions Asphalt
- Arthur, son ange, de Laure Beaudonnet, aux éditions L'Échappée Belle
- Les Enchaînés, de Franck Chanloup, aux éditions Au vent des îles
- Le Fiancé du feu, d'Eva Dézulier, aux éditions du Jasmin
Le prix Hors Concours est un prix littéraire français récompensant exclusivement des auteurs et éditeurs indépendants. Créé par l’Académie Hors Concours, le prix Hors Concours est décerné chaque année au mois de novembre après deux présélections successives, en juin et en octobre. Depuis 2017, il est accompagné du prix Hors Concours des lycéens.
Ce 57 ème ouvrage de la collection Portes Océanes, sorti à Paris en octobre, arrivé tardivement hier à Nouméa est disponible en librairie. Prix de 3200 F
La Nouvelle-Calédonie disséquée en 100 coups de scalpel
Cet ouvrage est d'autant plus précieux que peu de Calédoniens s'expriment au « pays du non-dit ». De fait, certaines communautés privilégient l'oralité à l'écrit. Beaucoup considèrent que s'exprimer c'est s'exposer. Enfin, la majorité des réflexions politico-économiques repose sur des demi-vérités et des omissions regrettables. Or, nous avons ici, un ancien acteur de premier plan de la vie publique calédonienne, lucide commentateur des évolutions en cours, qui décortique et dissèque sans concession les comportements souvent paradoxaux des différentes communautés calédoniennes. D'une part, chaque pique d'actu nous oblige à nous poser des questions quasiment existentielles : Qui sont les Néo-calédoniens ? ; D'où viennent-ils ? Quels sont leurs faux conflits et leurs vraies différences ? ; Que vont-ils devenir ?
Pierre Bretegnier, né au Maroc en 1949, est arrivé en Nouvelle-Calédonie dans les valises de ses parents en 1956. Après des études de sciences politiques, il devient chef d'administration territoriale avant que Jacques Lafleur ne l'appelle auprès de lui pour préparer les Accords de Matignon de 1988 et, ensuite, pour gérer la province Sud en même temps que les affaires économiques et fiscales relevant du congrès.
À l'image du banian, cet arbre dont les branches, en tombant à terre, produisent d'autres racines, La Méthode est issue de la jonction de multiples expériences existentielles et intellectuelles dont les retombées ont créé de nouvelles arborescences, distinctes mais inséparables de la souche qui les a fait naître. De ce banian en perpétuel déploiement sont sorties de nombreuses ramifications, éducatives, sociologiques, politiques, qui permettent à la pensée complexe de se concrétiser et de s'épanouir.
Edgar Morin livre le récit d'une œuvre-vie, une vie nourrissant au fil du temps une œuvre, laquelle à son tour a nourri la vie. C'est l'aventure des trente années d'écriture de La Méthode, dont ce volume intègre un chapitre décisif, " Pour une rationalité ouverte ", initialement prévu dans le plan d'ensemble mais resté jusqu'ici inédit.
À travers ce cheminement de la vie de l'esprit et de l'esprit de vie, ce livre trace enfin la voie d'une refondation de l'humanisme nourrie des principes de La Méthode.
Directeur de recherche émérite au CNRS et docteur honoris causa de vingt-sept universités à travers le monde, Edgar Morin est l'auteur d'une œuvre transdisciplinaire, traduite en vingt-sept langues et dans quarante-deux pays, vouée à comprendre les complexités.
L'Aventure de La Méthode Edgar Morin Editions du Seuil - 176 pages.
J’ai reçu la parabole du banian avec l’INTERLETTRE CHEMIN FAISANT N° spécial - Nos Voeux pour 2022
Réseau INTELLIGENCE de la COMPLEXITÉ - MCX-APC
Un ouvrage de 2015 très riche, une lecture passionnante qui retrace les problématiques intellectuelles d'Edgar Morin. Peut-on lire dans les critiques. JP
L'épiphanie, « manifestation, apparition soudaine » est la compréhension soudaine de l'essence ou de la signification de quelque chose.
Le terme peut être utilisé dans un sens philosophique ou littéral pour signifier qu'une personne a « trouvé la dernière pièce du puzzle et voit maintenant la chose dans son intégralité », ou a une nouvelle information ou expérience, souvent insignifiante en elle-même, qui illumine de façon fondamentale l'ensemble.
Les épiphanies en tant que compréhensions soudaines ont rendu possible des percées dans le monde de la technologie et des sciences. Une épiphanie célèbre est celle d'Archimède, qui lui inspira son fameux Eurêka ! (J'ai trouvé !).
Deux siècles de cartographie calédonienne, un ouvrage d’Alain Le Breüs et Pascal Rota vient d’être édité par le Musée Maritime de Nouméa.
Alain Le Breüs, secrétaire du musée maritime, conférencier et ancien géomètre m’a accordé un petit entretien et une visite guidée du Musée Maritime pour l’occasion. Je lui avais donné rendez-vous pour une dédicace. J’en ai fait un petit reportage. JP
Alain est passionnant et passionné comme souvent, le sont les amoureux de la mer et des marins. J’ai eu droit une interview, (voir la vidéo ci-dessus) et à des confidences. Alain, 80 ans, a tellement de souvenirs. Géomètre, plongeur, explorateur, conférencier. Il m’a guidé dans les salles d’exposition du musée avec un long arrêt devant sa médaille, sa découverte, une pièce de 1774, preuve du passage de Cook qu’il a récupéré en brousse*. Un trésor, pour lui, et les amateurs australiens et Néo-zélandais en particulier qui auraient voulu la posséder, mais c’est au Musée Maritime de Nouméa que la pièce est exposée. Les débuts de l'hydrographie et de la cartographie en Nouvelle-Calédonie.
*la médaille de Cook a été donnée au musée maritime et, par voie de conséquence à la Nouvelle-Calédonie, par la famille Jacques. Merci à ces généreux donateurs.
Louis XVI était comme Alain Le Breüs, il aimait la cartographie
Du 28 décembre 2021 au 10 février 2022, tous les mardis et jeudis à 10h et 13h30
Dès 1774, les côtes de Nouvelle-Calédonie furent levées par de célèbres navigateurs et les hydrographes, Beautemps-Beaupré, Bouquet de la Grye, Chambeyron, Banaré, Napias…A la fin du 19ème siècle, la mission topographique militaire s’appuie sur leurs travaux pour réaliser la première carte de la Grande Terre. Après leur débarquement en Nouvelle-Calédonie, en 1942, les troupes alliées se sont très vite rendues compte de l’indigence des cartes calédoniennes et ont essayé d’y remédier. Il faut attendre les années 1960 pour que l’Institut géographique national (IGN) publie une carte terrestre fidèle et exhaustive. Côté mer, dès 1976, la mission océanographique du Pacifique (MOP-SHOM) effectue de nombreux travaux pour remplacer les cartes hydrographiques relevées par les disciples de Beautemps-Beaupré, complétées et corrigées ensuite par la Marine nationale.
Des objets et cartes qu'Alain Le Breüs m'a commenté. A voir dans les vitrines du musée.