Une victoire historique des peuples aborigènes en Australie
Explication
La justice australienne, saisie en appel par les aborigènes du territoire du Nord d’Australie, a reconnu, mercredi 13 mars, une spoliation des droits des populations autochtones.
Le territoire du Nord devra verser plus d’un million et demi d’euros d’indemnité à deux peuples.
Le salon de la Gastronomie des Outre-Mer porté par la chef Babette de Rozieres revient du 31 janvier au 2 février 2020 à la Porte de Versailles.
Pour promouvoir la cuisine des Outre-mer, Babette invite plus de 100 chefs, producteurs et artisans d'outre-mer à Paris, pour un salon grand public du 31 janvier au 2 février 2020 : le Salon de la Gastronomie des Outremers.
Ce salon sous le signe des cuisines exotique, antillaise et créole vous permettra de découvrir et goûter à toutes les saveurs venues d’Outre-Mer. Un voyage dans la Gastronomie et les Arts Culinaires des Antilles à l’Océan Indien, du Pacifique à l’Amérique du Sud.
Vous pourrez découvrir au travers d’une large exposition les grands classiques de la cuisine des Outremers, mais aussi les évolutions et les nouvelles tendances. Les plus grands chefs, dont Babette de Rozières, fondatrice du Salon et célèbre chef de cuisine, seront présents pour vous initier aux secrets de la cuisine créole et vous présenter leurs dernières créations.
Est-ce que nos cuisiniers et auteurs d’ouvrages de gastronomie Pacifique iront défendre nos couleurs ? J’espère bien. Si cet article pouvait donner des idées à certains, j’en serait très heureux car c’est « fin bon » nos préparations et nos produits ! JP
Flexi food Cuisine saine et gourmande de Valérie Muller
Au vent des îles, 2019
Embarquez pour un voyage culinaire passionné et passionnant où gourmandise et diététique se marient pour notre plus grand plaisir. L’auteure partage sa cuisine santé en nous livrant une foule d’informations et d’astuces. Quels sont les meilleurs modes de cuisson, qu’est-ce qu’un glucide ? Faire le point sur les huiles et les farines, quelle orientation alimentaire choisir pour conserver ou retrouver la santé ?
140 recettes pour se régaler, recevoir ses amis, faire attention à sa ligne et se faire du bien !
Saveurs polynésiennes à quatre mains de DESPERIERS Jean-Pierre et Taina
Au vent des îles, 2015
Un livre de recettes composées « à quatre mains » pour ouvrir l’appétit des choses essentielles : la simplicité, le goût et le savoir-faire longuement éprouvé. Jean-Pierre Desperiers dévoile ici son art de la bonne chère, de la confection des mets les plus variés au dressage des assiettes sans omettre l’accord d’un vin dûment sélectionné. Et la magie opère… laissant se révéler l’aliment cuisiné, à nous faire saliver. En fervent promoteur des produits locaux, qui cette fois s’est allié les talents et papilles de Taina, sa fille, il donne libre cours à sa créativité qui invite au voyage entre un bouquet français et les saveurs îliennes de la Polynésie.
Cuisine couleurs locales Alejandra RINCK RAMIREZ, David CANO
De bas en haut, 2018
Cet ouvrage, au concept original, propose 24 recettes élaborées par un chef, attaché à la mise valeur de la culture culinaire du pays. Entièrement illustré de dessins d’artiste, il s’adresse à ceux qui recherchent un livre de cuisine calédonien, mais également un cadeau à offrir ou à s’offrir !
Cuisine faim facile en Nouvelle-Calédonie de Mike Hosken
Editions Footprint Pacifique, 2006
Ce livre, sans être exhausif de la multitude des mets qu’on peut trouver en Nouvelle-Calédonie, est cependant une collection de soixante recettes, toutes faites avec amour, ingrédient indispensable dans toute cuisine. “Cuisine Faim Facile” à réaliser et à partager entre amis.
Les feuilles comestibles du Pacifique.
Mettez du vert dans votre assiette !
Communauté du Pacifique Sud (CPS), 2019
Cet ouvrage présente les principales feuilles comestibles qui sont consommées en Océanie, ainsi que la façon de les préparer et de les accommoder, à travers une cinquantaine de recettes.
Ces plantes – que l’on trouve facilement sur les étals des marchés – présentent un intérêt nutritionnel certain. Elles sont excellentes pour la santé et permettent d’augmenter la consommation quotidienne de légumes à moindre coût, de façon durable et responsable.
La Nouvelle-Calédonie entend ainsi poursuivre son investissement pour la promotion de la francophonie dans la région. Une prochaine étape sera d’ailleurs d’évoluer du statut de membre associé de l’OIF à celui de membre à part entière. « Des démarches en ce sens sont en cours », a assuré Yoann Lecourieux, membre du gouvernement notamment en charge de la francophonie le mercredi 28 août au cours de la présentation du 12e Forum francophone du Pacifique a lieu du 5 au 7 septembre 2019, à Nouméa.
Pays francophone le plus éloigné de la France hexagonale, aux antipodes, un avant-poste dans la région, la Nouvelle-Calédonie peut et doit probablement servir de relais pour la promotion de la langue française et des valeurs portées par l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Si nous avons un petit rôle à jouer, c’est néanmoins l’Afrique le principal vecteur de la langue française et qui le sera de plus en plus, c’est le sujet de ce petit article pour vous faire découvrir des auteurs africains qui l’abordent une vidéo de 2019 sur la francophonie vue d’Afrique. JP
NB : Ce sont des informations piochés dans le Monde et Le site Mondesfrancophones.com avec deux titres que j’ai choisi. JP
I La francophonie, oui, le ghetto : non !
Alain Mabanckou a déclaré dans un article de 2018 : « La littérature-monde en langue française est la reconnaissance et la prise de conscience de notre apport à l’intelligence humaine, avec cet outil qu’est la langue française, cet outil que beaucoup ont hérité de manière conflictuel, d’autres part choix, d’autres encore parce que leurs ancêtres étaient Gaulois — mais faut-il passer notre existence à accuser le passé ou à bâtir un avenir ? Notre tâche est de suivre la marche de cette littérature-monde en langue française, (…) de regarder dans un ensemble plus étendu, plus éclaté, plus bruyant, c’est-à-dire le monde. La fratrie francophone est en route. Nous ne viendrons plus de tel pays, de tel continent, mais de telle langue. Et notre proximité de création ne sera plus que celle des univers.» (« La francophonie, oui, le ghetto : non ! ». Le Monde
Son dernier livre : Dictionnaire enjoué des cultures africaines d'Abdourahman Waberi et Alain Mabanckou
Description : Abécédaire buissonnier, ce livre propose une sorte de portrait ou plus exactement une mythographie qui donne à voir et à sentir le pouls de l’Afrique. Un très grand continent dont la puissance culturelle est en train de se déployer sous nos yeux. ... Plus
II Vive la « littérature-monde en langue française »
L’auteur présenté dans cet article considère que :
« La francophonie et ses littératures sont une opportunité d’humanisation de la mondialisation »
Extrait d’une rubrique de Marcel Ateufack Dongmo que l’on peut retrouver en intégralité en suivant ce lien Marcel Ateufack Dongmo
Rodrigue Marcel Ateufack Dongmo est né à Dschang, une petite ville de la région de l’Ouest Cameroun. Membre de la “Cameroon Debete Association“, Initiateur de “l’Association pour la Défense et la Promotion du CamFranGlais“ (ADPC). Rodrigue Marcel Ateufack Dongmo est originaire de l’Ouest Cameroun. Il a été assistant de littératures de langue française au romanisches seminar de l’université de Zurich (Suisse), où il défendu une thèse de doctorat PhD sur les représentations littéraires de la diaspora africaine de France. Il est auteur de plusieurs articles et d’un ouvrage intitulé "L’intermédialité comme paradigme de l’écriture romanesque". Ses travaux s’articulent autour des rapports de la littérature aux autres médias et aux autres domaines du savoir ; les questions identitaires et les représentations littéraires de l’Afrique.
Dans cet article Marcel Ateufack présente le livre ci-dessous :
Francophonie, postcolonialisme et mondialisation, un livre d’Yves Clavaron
Francophonie, postcolonialisme et mondialisation est un ouvrage d’yves Clavaron publié en 2018 aux éditions Classiques Garnier. Comme l’indique son titre, il s’articule autour des notions de francophonie, de postcolonialisme et de mondialisation, trois notions dont l’auteur se propose de « mettre en jeu les interrelations » (13). « Les littératures postcoloniales ou migrantes [découplent] l’association langue/nation » (11), soulignant ainsi les limites d’une telle association dans les études littéraires. Par ailleurs, le contexte de mondialisation rend obsolète « le schéma traditionnel de l’Etat-nation et de ses frontières, [ce qui invite à nous] déprendre du « nationalisme méthodologique» pour prendre en compte la « cosmopolitisation » contemporaine » (11). A partir de ces deux constats, l’auteur entreprend « d’examiner la place des littératures d’expression française dans le cadre de la mondialisation tout en élargissant la réflexion à des phénomènes non spécifiquement francophones, de relier les cultures de la décolonisation, de l’immigration et de la mondialisation dans une planétarité où s’entend encore le français » (13). Il se propose ainsi de « construire des espaces littéraires transnationaux inédits, où la langue française renouvelle les modèles politiques qui lui sont traditionnellement associés (…) par une pratique poétique de la différence (…) et de la résistance dans les domaines mondialisés qu’elle investit (…) » (13). Ce projet est fondé sur l’hypothèse selon laquelle les « Globalization Studies » constituent une voie de sortie « des représentations sociopolitiques exclusivement nationales et un prolongement des études postcoloniales » (12). [A ce titre], elles marquent la fin «d’un intérêt pour les processus d’impérialisme culturel ou de néo-colonialisme [au profit] des phénomènes d’ambivalence, de relativisme et d’interrelations au sein d’une société globale innervée par des flux transnationaux (…) » (12). Dans cette dynamique de passage et d’échange, « la dimension conflictuelle ou antagoniste s’estompe » (12). L’auteur considère également que « la francophonie » et ses littératures sont une « opportunité d’humanisation de la mondialisation » (12). Globalement, la réflexion de cet ouvrage comporte deux mouvements structurés en cinq sections qui charrient la thèse suivante : le déclin de l’Etat-nation nourrit des pratiques culturelles et littéraires qui se veulent transculturelle, hybride et anti-impérialismes, suggérant ainsi une « post-francophonie » à l’échelle planétaire portée par une « littérature-monde » qui transcende les frontières culturelle, nationale et linguistique et qui invite par son anti-impérialisme et son caractère monde à prendre en compte les « problématiques écologistes ». Le concept de « littérature-monde en français » apparaît ainsi comme un catalyseur à l’élaboration de dynamiques nouvelles. L’originalité de l’ouvrage réside entre autres dans sa proposition de deux outils d’analyse globalisant pour cerner un monde globalisé : le « comparatisme global » et l’ « écocritique postcolonial ».
Pour une approche nouvelle des littéraires francophones
Le premier mouvement de cet ouvrage — correspondant à sa première section : « Le monde en français » (17-47) —, est la théorisation d’une post-francophonie (par la mise en relation des études postcoloniales et du monde anglophone en général) débarrassée du francocentrisme et considéré comme un contrepoids de l’impérialisme occidental…Suite
PS : Professeur des universités, Yves Clavaron enseigne la littérature générale et comparée à l'Université de Saint-Étienne. Ses travaux portent sur les littératures coloniale et postcoloniale, sur la littérature de voyage et sur les relations entre littérature et espaces. L’Ecrivain du Caillou suppose que les universitaires arriveront à suivre mais je n’y suis pas arrivé totalement, mon bagage est trop léger pour ce chercheur. Cet article n’a qu’un seul but l’ouverture d’esprit de ceux qui cherchent comme moi à comprendre. JP
La francophonie avec une vidéo pour faire le point sachant que :
Le continent africain abritera 70% des francophones en 2050.
En 2016, un Français sur deux a acheté au moins un livre, et un quart plus de 5 livres. Autre fait intéressant : 11,5% des Français ont acheté au moins un livre d’occasion imprimé, alors qu’ils ne sont que 4,5% à avoir acquis un livre numérique. Bref, le marché du livre-objet, qu’il soit neuf ou d’occasion, a encore de beaux jours devant lui. Pierre Faessel l’ancien libraire et animateur de la célèbre émission littéraire « Des Livres et Nous » sur NC 1er vend ses livres. Il y a du choix exposé dans la galerie mais ce n’est qu’une infime partie de ses trésors. Pierre est un grand collectionneur, il faut lui demander ce que l’on cherche. Sa réserve de livres est colossale.
Du 07 au 31 Janvier BD, Romans, livres de poche et DVD vous attendent à la Galerie Lec Lec Tic sur l’Anse Vata. Il faut savoir que Pierre Faessel vend ses livres à l’unité mais qu’il dispose de fonds, des collections de plusieurs milliers d’ouvrages vous êtes collectionneur ou vous avez envie de le devenir, allez à la rencontre de Pierre Faessel, il détient dans un dock de 60 m2 la plus belle collection d’ouvrages francophone de Mélanésie. Il préfère vendre des lots de livres par collection pour les amateurs. On peut lui rendre visite à l’Anse Vata simplement pour parler littérature ou cinéma. Pierre est un « Trésor territorial calédonien vivant », mais comme il n’est pas Japonais, disons du patrimoine vivant. Une conversation avec lui est toujours enrichissante.
NB : La galerie expose comme d’habitude et les livres de l’éditeur LEclectique sont aussi disponibles à la vente.
PS : Des fonds de livres de Pierre Faessel sont disponibles à la bibliothèque de l’université de Nouvelle-Calédonie qui met à disposition des participants de l’université du temps libre une large offre documentaire. Une petite information qui n’est connu que des rats de bibliothèques et des étudiants.
De 14h30 à 18h30 jusqu’au 31 janvier
Voyez ci-joint quelques images de cette première journée pour illustrer cet article.
On peut reconnaître Vincent Vuibert, lauréat du prix Michel Lagneau 2013, publié aux éditions Madrépores venu fouiner
Photo du télégramme lors de sa dernière rencontre avec ses admirateurs bretons le 26 décembre
Lundi 30 décembre, pour son dernier jour à Ouessant, Nicolas Kurtovitch, écrivain kanak en résidence au sémaphore du Créac’h depuis quatre mois, avait invité l’auteur-compositeur Gweltaz Ar Fur. Ensemble, ils ont participé à une lecture au Musée des Phares et Balises. Le premier lisait en français, le second avait adapté en breton quelques-uns de ses poèmes. « Adapté » et non pas « traduit » a-t-il expliqué, « parce que certains jeux de mots et de sonorités ne sont pas transposables du français au breton ».
Extrait d’un article Gweltaz Ar Fur adapte Nicolas Kurtovitch du journal Le Télégramme Publié le 02 janvier 2020 à 14h19
Gweltaz Ar Fur et Nicolas Kurtovitch entourés par les membres de l'association Cali.
Nicolas Kurtovitch a quitté l’île le mardi 31 décembre, le cœur gros de tout ce qu’elle lui a donné. Son texte sur Ouessant fera l’objet d’une édition en breton.
NB : Je relaie avec plaisir le périple de cet écrivain, un copain, mais aussi parce que les images de Bretagne me touchent toujours. Mon grand-père Robert Le Gohlisse est né à Crac'h qui est située dans le canton d'Auray. Mais Nicolas connait mieux la Bretagne que moi, (il écrit en breton !). J’y suis allé une seule fois. JP
PS : Gweltaz Ar Fur (Gildas Le Fur en français, "Ar Fur" = "Le Sage") est un auteur-compositeur-interprète breton, né à Hennebont (près de Lorient) le 25 avril 1950.
Zacharie Blondel, voleur de poules est son premier roman publié. Ce texte a pour but d'illustrer la parole de Jim Harrison : « La responsabilité de l'écrivain, c'est de donner une voix à ceux qui n'en ont pas. »
Dans ce roman, inspiré de l'histoire d'un vrai bagnard de Nouvelle-Calédonie, rend la parole et le droit au souvenir à des hommes dont la « déchéance » servit de prétexte pour en faire des esclaves oubliés de tous, broyés en toute légalité.
Prix de vente : 3150 F
Résumé :
Après la Commune de Paris, de nouvelles lois vont réprimer les populations potentiellement dangereuses. La politique d'épuration sociale, déjà violente sous le Second Empire, se durcit sous la IIIe République. Déportation, transportation et relégation remplissent les bagnes de métropole ou d'Outre-Mer. Les travaux forcés, vantés par d'honorables ministres républicains, doivent aboutir à une forme de rédemption laïque que les bagnards sont censés porter jusqu'aux antipodes. Mais cette image colonisatrice d'une France modernisée, industrielle et triomphante, n'est qu'une façade. En réalité, on nettoie le territoire de cette intarissable veine de misère, on rassure les honnêtes gens, on offre ainsi aux puissantes exploitations agricoles et minières une main d'œuvre à bas prix. L'administration pénitentiaire signe avec la direction de la Société Le Nickel des « contrats de chair humaine ».
Charles Zacharie Blondel, petit agriculteur ruiné, braconnier et voleur de poules, condamné à la relégation à l'île des Pins, fut victime au bagne de Nouvelle-Calédonie de ce tout premier avatar du néo-esclavagisme colonial.
Kyklos Editions, à l’image de son logo, définit sa politique éditoriale sans discrimination de temps, de lieu, d’identité, d’idée ou de style des œuvres qui forment son catalogue.
Maison d’édition indépendante, Kyklos a pour but d’assurer la sélection, la publication et le suivi des œuvres de ses auteurs.
Son catalogue est constitué de titres multiples, éclectiques au sein d’une unité cognitive, en vue de poser les bases de l’intérêt et de la réflexion chez ses lecteurs.
La politique éditoriale de Kyklos Editions ne se cantonne ni géographiquement ni culturellement.
Au travers de deux cents millions de francophones répartis sur cinq continents, du recours à la traduction, Kyklos Editions n’a pas de trajectoire linéaire, soutient la polémique par une liberté d’expression non assujettie à sa politique éditoriale.
Le ton des éditions est rigoureux, divertissant et intellectuellement stimulant. Si les ouvrages présentés s’avèrent dérangeants, Kyklos Editions en assumera les conséquences, s’opposant énergiquement à toute forme de censure, restant fidèle à sa voix dissonante par laquelle elle tente de séduire, sans forcément chercher à plaire.
Du nouveau, de l’ancien pour du renouveau, au moyen d’une communication multi supports, Kyklos Editions entend renouer avec la vocation première d’un éditeur : mettre en relation textes et lecteurs.
L'auteur en dédicace à Nouméa la semaine dernière (photo JF Vernay)
Dans la jungle des ouvrages qui parlent de la lecture et des livres, voici un essai qui se propose d’expliciter les raisons complexes qui nous attachent à la littérature de fiction, utilisant notamment les récentes découvertes en matière de neurosciences et autres sciences cognitives. Petit traité de séduction à mettre à profit avec nos élèves.
Le départ de la réflexion est matérialisé par ce dessin de Courbet, placé en exergue du livre, qui représente un portrait de Juliette Courbet enfant dormant sur un livre ouvert, et dont l’ambiguïté de l’interprétation est discutée dès les premières pages : est-ce un trop plein de satisfaction qui a mené à ce bienheureux sommeil ou au contraire un ennui irrépressible ? Ainsi La séduction de la Fiction, titre de l’essai de Jean-François Vernay, ne pose pas une évidence, et pourrait s’envisager avec un point d’interrogation. Le livre se donne pour objectif de répondre à trois questions : qu’est-ce qui séduit le lecteur ? Qu’est-ce qui, au contraire, peut rebuter certains non-lecteurs ? Et enfin, dans une orientation plus pédagogique, comment donner à ceux qui ne l’ont pas l’appétence pour la lecture ? Voilà le triple et ambitieux projet de cet essai. C’est ainsi que vont être convoqués tous les domaines de la recherche, théories littéraires, narratologie, stylistique, psychologie, psychanalyse et autres neurosciences.
Les écueils existent, car aborder une notion aussi polysémique que la lecture qui relève à la fois d’un processus, d’un procédé, d’une activité voire d’un phénomène n’est pas aisé, et nécessite bien cette ouverture d’esprit qui permet de traiter la question de façon multimodale.
Tout d’abord quelle lecture ? La liste au début du chapitre III a de quoi nous amuser. On y découvre des « lecture-critique », « lecture inspirée », « lecture sémantique », « lecture au premier ou au second degré », « lecture en progression »… et même une « lecture ordinaire » qui dans le flot peine à se faire une place. Cependant si la quantité prête à rire, elle émane de noms incontestables de la réflexion littéraire comme Umberto Eco ou Vincent Jouve, ce qui donne un aperçu de la subtilité que le traitement du problème requiert. De son côté, l’auteur va s’intéresser essentiellement à deux pôles : ceux de la « lecture en amateur/lecture en professionnel », et de la « lecture hédonique/lecture anti-hédonique ».
Mais la lecture c’est aussi la question de l’objet-livre, à plus forte raison s’il s’agit d’interroger les ressorts d’une entreprise de séduction. Or cet objet est bien d’une grande complexité : ses couleurs, son odeur, sa texture, mais aussi la communication publicitaire dont il se fait parfois le porteur, citations d’articles élogieux ou photographie de l’auteur en quatrième de couverture. C’est donc par lui-même, ou bien parce qu’il nous relie à l’auteur, ou enfin pour les vies et les aventures qu’il recèle – et souvent pour tout cela à la fois et bien plus – qu’il nous attache et qu’il nous séduit.
Ainsi la relation alchimique qui se noue entre le lecteur et le roman est d’autant plus subtile que lecteur et roman ne font pas partie de la même réalité : si le premier appartient au réel, le second, en revanche, relève en partie du monde fictif qu’il s’est créé (personnages, narrateur et diégèse), et en partie du réel (auteur, livre-objet). On voit déjà là une ambiguïté des liens entretenus entre réalité et fiction. Or pour compliquer la situation, le roman met aussi en scène des éléments qui reflètent-représentent-évoquent le réel. D’ailleurs on ne peut que s’extasier sur le nombre de romans qui traitent de … la lecture de romans et dans lesquels l’auteur va puiser une partie de ses exemples, notamment Misery de Stephen King, La Voleuse de Livres, de Zusak ou encore La Vie critique d’Arnaud Viviant. Plongée abyssale dans la spécularité qui peut donner le vertige, mais qui nous éclaire au moins sur la nature des différents problèmes qui se posent. C’est tout l’objet notamment de la démonstration du chapitre II section 3, « la fin du paradoxe de la fiction », qui réduit une fois pour toute cette question de la réalité de l’émotion ressentie au contact d’un personnage de papier.
Les neurosciences nous permettent, nous dit l’auteur, de poser une réalité physiologique de l’émotion ressentie à la lecture d’un roman, de l’empathie et même de l’identification au personnage. Aristote avait déjà l’intuition d’un effet corporel de la tragédie à travers la notion de catharsis, les sciences actuelles permettent d’aller plus loin dans cette modélisation et de considérer, avec J-M. Schaeffer, abondamment cité dans l’essai, qu’« une théorie des émotions esthétiques ne saurait se distinguer d’une théorie générale des émotions » (p.113). Autrement dit, qu’elle soit liée à un événement réel ou de papier, l’émotion est toujours identique : selon les cas, afflux d’adrénaline, d’ocytocine ou autre dopamine dans le sang. Nous apprenons aussi grâce à la découverte de Giacomo Rizzolati des « neurones miroirs », que les zones d’activités de notre propre cerveau s’activent lorsqu’elles sont confrontées à cette activité, même si c’est en spectateur. Le phénomène d’empathie n’est donc pas une chimère, le lecteur attentif vit littéralement ce que vit le personnage auquel il s’est attaché.
C’est ainsi dans cet entre-deux pas tout à fait réel mais agissant sur le corps que se situe, d’après l’auteur, le charme puissant de la lecture. C’est là que la fiction développerait ses fonctions séductrices et ce serait par le plaisir cérébral polymodal que la magie opèrerait : effet anxiolytique, création de décrochage attentionnel, assouvissement de pulsions voyeuristes, stimulations cognitive et émotionnelle, expérience de l’altérité sans se perdre soi-même, autant d’expériences créatrices de plaisir.
Un essai, si fourni, pourrait être pompeux et pesant. Il n’en est rien.
La Séduction de la Fiction évoque ce ton si particulier des Salons du XVIIe siècle, où il était aussi nécessaire d’être savant que d’être léger. L’humour n’y manque pas et l’auteur ne se refuse pas quelques élégantes gauloiseries, qui pour être situées en dessous de la ceinture, n’en sont pas pour autant gratuites. En effet, elles disent le plaisir érotique de la lecture : possession, pénétration, fusion. Ainsi peut-on lire à la page 69 (!) « notons que l’organe cérébral se veut néanmoins le plus grand allié des lecteurs puisque pendant l’acte (!) de lecture il devient une fabrique organique à plaisir, notamment par le biais de la dopamine et des endorphines, autant de petits plaisirs solitaires dont l’homme ne se lassera jamais. »
Les derniers chapitres sont consacrés à des propositions pédagogiques, conclusion de tout le discours précédent. Bien au fait des dernières réformes et de leurs philosophies implicites, l’auteur salue le retour timide mais sensible de la prise en compte de l’émotion dans le rapport à la lecture et son enseignement à tous les niveaux. L’essentiel de ses propositions, qui citent notamment Jean-Marie Schaeffer, Annie Ernaux ou Yves Citton, tourne autour de la focalisation sur l’acte de création : inviter les élèves à écrire pour mieux appréhender toutes les questions qui se posent et éventuellement mieux en apprécier les réponses données par l’œuvre, limiter les « morceaux choisis » au profit d’oeuvres complètes qui seules ont légitimité à s’appeler littérature, ne pas hésiter à proposer des écrits dits d’appropriation – terme adéquat actuel mais non utilisé par l’auteur — qui permettent le création autour d’une œuvre…
Mais au-delà de ces pistes, (il ne faut pas s’attendre à lire un manuel de pédagogie), la plus belle leçon est en acte : l’auteur réussit à nous amuser, nous divertir, nous séduire. Il y a dans ces pages un appétit et une joie de vivre et de lire irrépressibles et communicatifs, qui nous donnent un peu d’enthousiasme dans ces temps de marasme littéraire.
« Il est très difficile de garder tout son calme dès lors qu'on veut parler littératures, écritures et arts au sens large en Nouvelle-Calédonie. Il y a d'excellentes plumes et des artistes qui font vraiment une recherche esthétique. Hélas !!! Ils.elles sont mis.es au même rang que toute une pléiade de plumitif.ve.s, gribouilleu.x.es, qui siègent et occupent l'espace public culturel. Par ces tours de passe-passe et ces combines propres aux régimes politiques médiocres, dont il nous manque un Aristote, Harendt ou Ibn Khaldoun pour décrire les formes et variantes, le goût finit par être normé. C'est dommageable pour le devenir libre et souverain de tout un chacun. des artistes ont déjà dénoncé avec art ceci. Nicolas Kurtovitch dans LA COMMANDE, Pierre Gope dans MA DERNIÈRE SCÈNE. Ce n'est pas un hasard si ces deux textes sont deux pièces de théâtre. Hamid Mokaddem dans un des textes de PAPIER SVP... a théorisé la médiocratie et conformité aux goûts normés propres au régime politique de la Nouvelle-Calédonie.
La meilleure façon de contrer ces fachismes ordinaires est de créer, de bien vivre et d'ignorer tous ces miroirs et fétiches.
Et aussi, éduquer de manière critique au goût les gosses dès l'école primaire et cesser de les formater par des littératures pour enfants qui prennent les enfants pour ce que ces technocrates de l'éducation et de la culture voudraient qu'ils soient.
C'est en ce sens que tous ces espaces littéraires que les institutions finissent par imposer comme goût normé sont des formes vicieuses (détournées) de recolonisation et d'abêtissement.
Jouir du Beau par le plaisir du texte ou de tout autre art visuel n'est plus devenu un acte esthétique. C'EST DEVENU UN ACTE CIVIQUE !!!! »
L’écrivainducaillou a aussi un avis sur la question :
Ce n’est pas Zola « Platon » mais il dit des vérités. Les auteurs d’ici ne sont pas toujours récompensés à la hauteur de leur talent. Certains passent des années de recherche pour écrire des biographies passionnantes mais ils passent à la trappe en quelques secondes au moment des récompenses avec un jury composé de « Bisou, on se téléphone », il faut être proche des décideurs et faire profil bas pour être récompensé, je comprends l’amertume de certains. Beaucoup se taisent, ils sont bien gentils. Ils ont écrit parfois des ouvrages hors normes sur les tapas par exemple, sur des bagnards, des grands hommes, maire ou capitaine d’industrie, sur la biodiversité des ouvrages « documentaires ». Il faut attendre son tour, car les années paires, on récompense les uns, et les années impaires les autres. On est aussi trop politiquement correct, dans le sens du vent uniquement, sans prise de risque. C’est tout le contraire que l’on doit faire, la littérature doit parfois décoiffer. De plus à vouloir faire impérativement de l’écriture régionale les auteurs s’autocensurent en évitant de délocaliser leur sujet. Bref Jean Mariotti avait déjà compris ça, le microcosme littéraire calédonien est une pieuvre qui étouffe ses paires. Les intellectuels calédoniens doivent devenir courageux. Quand on se gausse de la repentance de notre président par exemple, je pense que l’on vit dans le passé. La chape de plomb de la colonisation est fissurée mais il y a encore du travail à faire pour comprendre, expliquer (bon courage ! à ceux qui essaieront de justifier les colonisations) Joël PAUL