Un célèbre mythe polynésien voit l’île de Tahiti naître sous les traits d’un poisson. En des temps très reculés, au nord de Tahiti, dans l’île de Rai’ātea – qui se nommait encore Havai’i –, une énorme anguille avala la jeune fille. Possédé, l’animal se mit à ébranler la terre, dont un morceau se détacha, prenant le large, devenant le poisson Tahiti. Les paroles finales du mythe sont très dépréciatives : Tahiti, île subalterne, n’aurait autrefois eu ni dieu, ni chefs sacrés (ari’i), contrairement à sa glorieuse terre-mère Ra’iātea-Havai’i. Qu’en est-il en réalité ? C’est à cette question que tente de répondre l’auteur, dans ce riche ouvrage qui interroge notamment le rayonnement régional du grand marae – temple – international de Tāputapuatea de Ra’iātea, classé au patrimoine mondial de l’Unesco en 2017.
Benoît Saudeau, malgré le temps qui passe, est resté le même homme, celui du petit écran que l’on attendait à l’heure du journal en Nouvelle-Calédonie. Les Calédoniens venus le saluer avaient l’impression de revoir le journaliste comme s’il avait présenté le journal télé de la veille. Les journalistes et animateurs deviennent au fil du temps des familiers, des membres de la famille. Le temps n’a pas de prise sur eux. Ils deviennent intemporels comme les acteurs de nos films favoris. Pourtant son dernier journal télévisé date de 1995 !
Benoît vit en Bretagne, c’est un écrivain à plein temps maintenant mais pour les habitants du Caillou, il restera toujours un peu le journaliste RFO. C’est pourtant bien pour parler de sa nouvelle vie de son travail d’écrivain qu’il était là. Il a dédicacé et s’est entretenu avec la gentillesse qu’on lui connait, une noblesse de l'âme naturelle chez lui pour chaque personne présente. Il a évoqué ses projets littéraires qui seront plus ancrés sur la Bretagne à l’avenir mais notre île de la France australe aura toujours droit à une petite place car il se sent îlien. Ses séjours en Nouvelle-Calédonie lui ont laissé des stigmates indélébiles. Vous trouverez ci-dessous l’extrait d’un article des Nouvelles Calédoniennes sur l’auteur Benoît Saudeau. Cathie Manné, présente à cette dédicace hors les murs, est à votre disposition dans sa librairie place « des lumières de Noël », anciennement des Cocotiers avec les ouvrages de Benoit Saudeau pour ceux qui ont raté le rendez-vous de ce matin.
Vidéo de présentation d'Ulysse Cadenas, un régal de lecture
Quelques photos de cette sympathique dédicace
Une suggestion de livres récents de son éditeur Humanis que je lis en ce moment
ENTRETIEN AVEC Benoît Saudeau, journaliste et écrivain
« L’identité, c’est une histoire universelle, ça fait partie des grands mythes… »
Propos recueillis par Christine Lalande | Crée le 07.12.2019 à 04h25 | Mis à jour le 07.12.2019 à 04h25 (court extrait)
Benoît Saudeau, visage des journaux télévisés calédoniens dans les années quatre-vingt puis directeur régional de RFO dans les années 2000, partage aujourd'hui sa vie entre Paris et la Bretagne. A la faveur d'une visite, il propose une causerie ce samedi autour de ses romans.
Les Nouvelles calédoniennes : Comment êtes-vous venu à l’écriture ?
J’ai écrit pendant des années et des années les histoires des autres. Et au bout de quasiment quarante ans de carrière, au moment où je me suis retiré, j’ai ressenti le besoin de me libérer des contraintes éditoriales que j’avais connues et de changer de temporalité. M’affranchir des contraintes déontologiques, professionnelles, et me faire plaisir. Et quand on a 68 ans et qu’on a un petit peu roulé sa bosse, on a deux trois choses à raconter. J’ai voulu faire de la fiction, non pas que j’aie honte de quoi que ce soit dans ma vie, mais mes mémoires n’auraient aucun intérêt et je ne suis pas assez vieux pour les écrire. Je pense que les situations et les gens que j’ai pu rencontrer, notamment ici en Nouvelle-Calédonie, méritent largement qu’on parle bien d’eux. Et je ne suis pas sûr qu’en 1 minute trente d’antenne ou en trois feuillets, on puisse toujours bien parler des choses.
Vous l’avez même écrit dans Presque Ilien :
« A la télé on n’entend jamais la clameur des tempêtes.
Il y a toujours un journaliste émotif pour en faire des phrases à rallonges »
dites-vous… C’est ce que l’écriture vous permet ?
Là en l’occurrence c’est un coup de pied que je me donne à moi-même (rires) puisque ça fait référence au cyclone Jiane. J’avais été envoyé à Koumac, c’était mon premier cyclone. Et les Calédoniens qui me faisaient le bonheur de me suivre à l’époque m’avaient alors dit : « mais arrête de parler et fais-nous écouter le cyclone ! » C’est effectivement une autocritique.Suite à lire sur votre quotidien Les Nouvelles Calédoniennes
Photo adaptée à l’événement de Évelyne Andre-Guidici
Une sélection accueillie comme une grande nouvelle par l’éditeur Humanis et Évelyne Andre-Guidici : Le Feu des Immortels, roman jeunesse, a été sélectionné par l'Éducation nationale en tant que sujet pour le Brevet des collèges 2019, pour la rédaction et pour la dictée.
Luc Deborde interrogé par un journaliste de blog ecrivainducaillou ( : nous a confié : « À ma connaissance, c'est la première fois qu'un livre calédonien est sélectionné en tant que sujet. Il faudrait vérifier, mais je ne crois pas qu'il y ait eu de précédent.
En tout cas, c'est une très belle reconnaissance pour la littérature calédonienne en général et pour ce livre en particulier.
À quand l'Académie française pour l'un de nos auteurs ? :) ». On comprend sa joie. Toutes nos félicitations à Evelyne pétrie de talent dans de multiples domaines.
Évelyne Andre-Guidici a été lauréate du prix Livre mon ami 2017 avec « Okaï et Choda », un récit de science-fiction passionnant, une fable écologique qui nous questionne sur notre place en tant qu’humain, sur Terre et dans l’univers et nominé pour le prix Natireva. (Voir photo ci-dessous)
Vient de sortir chez THEBOOKEDITION.COM un nouveau roman historique "Confessions d'une femme des Lumières". Une autre vision de la Révolution française de Philippe Prud’homme.
RÉSUMÉ
Marie-Hélène Hérault de Séchelles appartenait à cette catégorie de femmes du XVIII ème siècle qui parvint à s’émanciper des règles pesantes d’une société où leur seul droit était la procréation. Personnalité hors du commun, elle mena une existence tragique et compliquée. Cette aristocrate libérée et libertine vécut dans le premier cercle d’un pouvoir monarchique décadent. Malgré tous ses malheurs, elle maîtrisa son destin jusqu’à la fin de sa vie. Son journal personnel est un témoignage poignant sur les débuts de la libération de la parole et celle des corps encore inachevée aujourd’hui…
Ua rē i te Lauréats au Heiva i Tahiti: Peu i reira te ta'ato'ara'a 'e ha'uti ai - Fait social total
Cet ouvrage rassemble des souvenirs et connaissances sur la danse tahitienne et le contenu de trois thèmes exécutés avec talent par O Tahiti e et Tahiti ia ruru tu noa , lauréats aux Heiva i Tahiti en 2012, 2016 et 2017. A travers eux, c’est a tous les groupes et tous les partenaires de cette célébration que l'auteur rends hommage. Le Heiva, un fait social total est un clin d’œil anthropologique sur ce rituel collectif dune formidable et généreuse vitalité.
Simone Grand est une personnalité bien connue de la Polynésie française. Anthropologie, femme politique, elle s’est impliquée dans la recherche universitaire ethnologique, puis en ethno-psychiatrie.
Heiva i Tahiti : Simone Grand, entre hommage et transmission
Vendredi 29 Novembre 2019 - écrit par Dominique Schmitt
Notre chroniqueuse des "Grandes plumes", qui possède notamment une formation en anthropologie, vient de publier un ouvrage intitulé ’Ua rē i te - Lauréats au Heiva i Tahiti. Dans ce nouveau livre, Simone Grand rend hommage au plus grand événement culturel du fenua, qu’elle qualifie
de "fait social total", avec pour objectif principal : la transmission.
Interview
Qu’est-ce qui vous a motivé à écrire ce livre ? "J’écris pour transmettre et partager ce que je sais à : mes enfants, petits-enfants, la famille, les amis et à tous ceux qui sont intéressés par un regard de l’intérieur sur la société polynésienne. Regard de métisse sur sa propre société. Je préfère le mot « métisse », à « demie » qui est une traduction littérale de l’anglais half-cast, terme en soi péjoratif. Or je considère qu’être issue de plusieurs origines ethniques et nationales est une richesse et non une mutilation. J’ai commencé par les soins traditionnels avec les tahu’a, tohunga, kahuna, en les rencontrant à Tahiti, puis en Nouvelle-Zélande et à Hawaii. Je me suis fait évaluer par l’université en présentant mon travail sous forme de thèse. Ensuite, j’ai publié, avec la même exigence intellectuelle, sur le tīfaifai, les mémoires de mon grand-père paternel, les mythes polynésiens des origines, les mots de la famille et, enfin, sur le Heiva. Le prochain sera sur mes tribulations dans les arcanes des problèmes juridiques et familiaux du foncier. Je vais tenter de l’écrire sur le mode humoristique, sans déroger à l’exigence de rigueur et de clarté. Donc le livre sur le Heiva fait partie d’un projet plus global d’une grand-mère de 76 ans qui veut transmettre ce qu’elle sait et a compris de cette société et de cette planète qui l’ont mise au monde, et où elle vit et observe."
Pour lire l'intégralité de cet interview, commandez Tahiti Pacifique n° 421 en cliquant ICI
RENCONTRE AVEC BENOÎT SAUDEAU, ce samedi 7 décembre de 10h à 12h au Boop’s Café (20, rue Eugène Porcheron au Quartier Latin) autour de ses deux livres, « Presque Îlien », une chronique romancée née de ses années calédoniennes et « La véritable histoire d’Ulysse Cadenas», l’Odyssée d’Homère revisitée dans les îles de l’Océan Pacifique.
Benoît Saudeau a consacré sa carrière à l’information des Outre-mer, tant dans les trois océans qu’à Paris, au sein de France Télévisions.
C’est en Nouvelle-Calédonie qu’il revient le plus souvent en tant que journaliste, grand reporter, puis directeur régional.
À ces différents titres, il a côtoyé les principaux acteurs de l’histoire calédonienne, sillonné le pays et partagé la vie de ses habitants.
De cette expérience, il a tiré une fresque tendre et teintée d’imaginaire (« Presque Îlien »), qui prend naissance dans les années quatre-vingt, aux premières heures de la-guerre-qui-ne-dit-pas-son-nom et se déroule jusqu’à nos jours. Jamais citée, la Nouvelle-Calédonie est le personnage principal de cette chronique vue par un témoin de son histoire mouvementée.
Résumé :
Mon nom est Ulysse Cadenas. Ce n’est pas un drôle de nom. C’est mon nom, c’est tout. D’Ulysse, vous connaissez déjà les aventures : le Cyclope, les Sirènes, mes relations troubles avec les nymphes et les dieux... Ce que la légende ne dit pas, c’est qu’il me faut composer avec Cadenas, mon double timoré, toujours prompt à contrarier mon destin. Nous ne faisons qu’un, mais tout nous sépare, et nous devrons affronter bien des épreuves avant de nous réconcilier – ou non.
Avec humour et élégance, cette variation moderne de l’Odyssée transpose l’épopée du héros éternel dans les îles de l’océan Pacifique (Une information FB Calédo Livres)
Bernard Gasser et Patrice Godin avec Catherine Laubreaux
Bernard Gasser, spécialiste de la littérature calédonienne a précisé d’emblée qu’il ne voulait pas parler de culture Kanak sauf à travers les écrits de Jean Mariotti. Il a donné son point de vue, partagé par son compagnon de canapé Patrice Godin, docteur en ethnologie : « on ne peut être porte-parole d’une culture qui n’est pas la sienne ». Un début de causerie étonnant pour donner envie de lire mais ces universitaires ne sont pas des bisounours. Ils critiquent si nécessaire. Présenter Jean Mariotti en s’interrogeant sur le fait qu’il devait ou non être classé comme un auteur qui a fait connaître la culture kanak et sur l’intérêt de le rééditer est plutôt inhabituel dans ce genre de manifestation destinées à la promotion d’ouvrages mais ces deux conférenciers n’ont peur de rien, ils ont trop d’heures de vol et de références.
Néanmoins, Jean Mariotti a été un diffuseur de la culture de son pays mais à sa manière. Avec l’amour pour son Caillou, tout en restant attaché à ses racines Corse. C’est tout l’intérêt de ses ouvrages à la croisée des chemins de plusieurs cultures. Il n’était pas, c’est une évidence, un spécialiste de la culture kanak. Il faut plutôt saluer son travail littéraire dans le contexte de l’époque. En dehors des ethnologues et des chercheurs ou des études des missionnaires, les Européens écrivaient des poncifs avec des a priori sur les kanak. Sauf peut-être Mariotti mais avec l’exotisme et le romantisme de certains de ses récits pour toucher un large public probablement, il a écrit la plupart de ses nouvelles en métropole. Est-ce que le traducteur de Fritz Sarasin Ethnographie des Kanak de Nouvelle-Calédonie et des Îles Loyauté, Bernard Gasser et l’ethnologue émérite Patrice Bodin étaient les bonnes personnes pour évoquer la sensibilité et la profondeur des écrits de Jean Mariotti ? Pas sûr, mais ils ont apporté beaucoup de clarté sur les légendes et les coutumes kanak évoqués par l’homme de Farino. C’est du public que sont venus les meilleures critiques de l’écrivain, notamment celles d’Hamid Mokadden qui ne tarit pas d’éloges pour A bord de l’incertaine pas exemple, un chef d’œuvre pour lui. Il a d’une manière très juste comparé Jean Mariotti à Albert Camus qui ont quitté une colonie parce qu’ils ne s’y sentaient pas bien tout en gardant une attache profonde avec. Ecrivain exilé, Mariotti a fait plus pour la Nouvelle-Calédonie que la meilleure agence de publicité d’aujourd’hui. La réédition des ses nouvelles est une très bonne initiative et une idée de cadeau formidable pour les fêtes. La relation des Calédoniens avec cet écrivain est fusionnelle, la rigueur scientifique ne fonctionne pas pour analyser son succès. JP
Livres écrits ou traduits par Bernard Gasser siponible sur Amazon ou en librairie à Nouméa