Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

François Garde « La baleine dans tous ses états »

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

François Garde « La baleine dans tous ses états »
François Garde « La baleine dans tous ses états »

François Garde est actuellement à Nouméa pour la promotion de son livre. La Nouvelle-Calédonie est aussi son pays. Il est considéré sur le Caillou comme un auteur presque calédonien. JP

François Garde « La baleine dans tous ses états »

Collection Blanche, Gallimard  Parution : 05-03-2015

Ni récit de voyage ni traité scientifique, ce livre part sur les traces d'une des plus fascinantes créatures du règne animal, la baleine. Loin des grilles d'analyse des spécialistes, François Garde a choisi au contraire de mener son enquête le nez au vent, débusquant dans les recoins les plus inattendus de notre planète et de notre culture histoires, souvenirs, paysages, qu'il a tissés ensemble pour former une sorte d'épopée.

On découvrira ou redécouvrira ici la baleine des livres : Jonas, Moby Dick, Pinocchio. La baleine des baleiniers : chasses héroïques, usines baleinières à l'abandon, gestes oubliés. Les secrets de la place de la Baleine à Lyon ou de la rivière de la Baleine au Québec. Les baleines des images publicitaires, les baleines en peluche, les baleines de musée et tant d'autres traces énigmatiques ou familières, monumentales ou presque invisibles des rencontres entre l'homme et la baleine.

Animé tout du long par la curiosité insatiable et l'inventivité narrative de François Garde, La baleine dans tous ses états est un livre méditatif et ironique, burlesque et profond, poétique et érudit. Un livre ouvert sur le monde, inquiet parfois, sans jamais être mélancolique ou moralisateur.

François Garde a reçu le prix Goncourt du Premier Roman en 2012

Diplômé en 1984 de l'ENA (promotion Louise Michel),

Secrétaire général adjoint de la Nouvelle-Calédonie de 1991 à 1993

Administrateur supérieur des Terres australes et antarctiques françaises (du 25 mai 20002 au 19 décembre 20043),

Secrétaire général du gouvernement de Nouvelle-Calédonie, (août 2009 - août 2010),

Vice-président du tribunal administratif de Dijon, puis de Grenoble.

Haut fonctionnaire du corps préfectoral, auteur du roman Ce qu’il advint du sauvage blanc, François Garde a fréquenté la baleine lorsqu’il était en poste en Martinique et aux îles Kerguelen. Jeudi soir, il a donné une conférence à la bibliothèque Bernheim pour communiquer sa passion pour cet animal fantastique devant un public nombreux. – François Garde compte de nombreux amis en Nouvelle-Calédonie –

Ce samedi matin, c’est à la librairie Pentecost à Nouméa que l’on pouvait le rencontrer. Son ami Frédéric Ohlen édité comme lui chez Gallimard était aussi présent à l’heure où je m’y suis moi-même rendu cela valait donc le déplacement. François Grade qui repart mardi après un séjour pas seulement littéraire n’a pas chômé pendant cette grosse semaine.

La Baleine, l'une des plus fascinantes créatures du règne animal, François Garde a voulu en parler dans un livre qui est ni récit de voyage, ni traité scientifique, mais qui est à la fois une quête personnelle, une enquête, une illustration et défense du cétacé en péril, a-t-il expliqué dans de nombreux interviews et conférences.

Le livre est composé d'une trentaine de chapitres et divisé en trois parties - « L'animal », « La chasse », « Le ciel ». Les arguments de François Garde pour convaincre les futurs lecteurs ne manquent pas. La baleine pèse autant que 27 éléphants ; sa langue, seule, pèse trois tonnes. Aux quatre coins du monde, en bord de mer, des rues portent son nom. Qu’est-ce qui justifie une place de la Baleine à Lyon ? L’une des filles de l’auteur (il en a deux) lui pose cette colle un matin. Nous sommes heureux d’apercevoir sa famille : son obsession baleinière ne le coupe pas du monde. Il enquête et trouve la réponse : la rumeur courait au Moyen Age qu’une baleine circulait dans le Rhône. Une rue de la Baleine à Saint-Jean-de-Luz ? Rien de plus normal : inventeurs de la baïonnette, du nom du port de Bayonne, les Basques furent les rois de la chasse à la baleine.

En 1988, tandis que François Garde occupe son premier poste comme sous-préfet en Martinique, il doit trouver le moyen de débarrasser une plage d’une baleine morte : « J’avais appris deux ou trois choses à l’ENA, mais rien sur les baleines.» L’unique solution consiste à faire exploser l’animal pensait-il. Un militaire était à deux doigts de refuser ses hommes : « Ils sont soldats, pas bouchers ! »

Un caporal se lance. Une fois hissé sur le dos de l’animal, il a le plus grand mal à percer son lard. Il supporte le jaillissement d’un « geyser de matières liquides en décomposition», puis enfonce le bras jusqu’à l’épaule pour déposer les pains de plastic. Le capitaine avait vu juste : c’est une vraie boucherie. « A ma façon, j’avais porté atteinte à la dignité d’un cadavre», écrit F. Garde.

La baleine dans tous ses états est un livre à la fois méditatif et ironique, poétique et érudit, dans un esprit très XVIIIe siècle. Un livre ouvert sur le monde, soulignant la richesse autant que la vanité des aventures humaines, inquiet parfois, sans jamais être mélancolique ou moralisateur peut-on lire sur les blogs des critiques littéraires. JP

CalédonianPost

Joël PAUL, François GARDE, Frédéric OHLEN

Joël PAUL, François GARDE, Frédéric OHLEN

François Garde « La baleine dans tous ses états »

Publié dans Ecrivain calédonien

Partager cet article

Repost 0

La poussière des âmes de Sandra Dumeix

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

La poussière des âmes de Sandra Dumeix

Publié par les éditions Humanis de mon ami Luc Deborde, mon éditeur pour mon roman « Les Visiteurs du Château Hagen », à qui je souhaite un prompt rétablissement. Ce premier roman d’une jeune auteure calédonienne a reçu le soutien de la province Sud. JP

Invitée à partager la vie d’une communauté aborigène, Athénaïs, une jeune femme grecque, découvre un monde qui la bouleverse. Elle s’éprend de Tjukurpa, un enfant meurtri qui l’accepte peu à peu pour mère, et envisage de s’installer à jamais dans cette nouvelle existence, si proche de la nature et de ses richesses. Mais son ancien compagnon, Georgio, est à sa recherche… C’est sa propre expérience romancée que l’auteur nous invite à découvrir dans ce récit puissant et émouvant. Deux années inoubliables qui ne tarderont pas à hanter vos propres rêves.

Petit extrait du début livre

Sandra Dumeix

La poussière des âmes
(White Mama)

Tjukurpa

Désert australien, Broome, terre ancestrale des Aborigènes.

Une longue traînée de terre rouge signale l’unique route qui mène vers le désert australien. À ce moment de l’année, le vent souffle avec force sur les espaces poussiéreux du Grand Nord. La saison des cyclones s’annonce, et avec elle, le regain des esprits et la régénération de la nature. Toutes les communautés aborigènes sont dans l’attente de cette phase brève et intense.

À l’écart de sa communauté, tournant le dos à la mangrove, Tjukurpa, assis en tailleur, laisse errer son regard sur les étendues austères que la lune montante baigne d’une lueur diffuse. La lune… sa mère. Tout comme le soleil est son père.

C’est ainsi qu’il voit les choses depuis la perte de ses parents. Sa communauté lui a servi de pilier familial, mais c’est dans la Nature qu’il trouve l’apaisement. C’est elle qui le berce comme une mère aimante berce son enfant. C’est elle qui le ramène parfois violemment sur son chemin, en lui fouettant le visage d’un vent corrosif.

L’esprit vif, le jeune Tjukurpa montre une intelligence agile et une maturité précoce, comme si les forces de la terre, souvent confuses au moment de la conception des âmes, s’étaient accordées sur celle de ce petit être. Au moindre sourire, son visage semble éclater d’une lumière qui contraste avec la teinte sombre de son corps. Et quand la tristesse le gagne, elle teinte ses yeux noisette de nuances profondes.

Une mystérieuse agitation l’a tiré du sommeil ; il est parti affronter la froideur de la nuit, longeant un maigre ruisseau qui reflétait le ciel, jusqu’à la lisière du désert silencieux. Une vacuité propice au dialogue avec les esprits des ancêtres. Ce lieu est son refuge depuis son plus jeune âge.

Il songe au temps du rêve où sont nées toutes les légendes. Il chante.

Rien ne nous appartient, nous sommes des âmes qui naissent sur terre, et nos corps retournent à cette terre avant nos réincarnations.

Editions Humanis

Publié dans Ecrivain calédonien

Partager cet article

Repost 0