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La littérature est résiliente pendant ce confinement sur le Caillou

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La littérature est résiliente pendant ce confinement sur le Caillou

La Maison du Livre de Nouvelle-Calédonie a lancé l'opération "Allo, À lire ! Une rencontre littéraire par téléphone ... Une rencontre humaine par la lecture".

Les auteurs de la revue "Sillages 2021" sont depuis quelques jours tous les soirs sur nc1ere la radio dans l'émission "Pour un soir" de Bruno Rouviere.

Les radios et les médias de la presse écrite ne sont pas en reste. Le confinement, malgré le report de l’événement littéraire annuel le Salon du Livre Océanien, SILO ne tuera pas la littérature. Il faut aussi noter les efforts des libraires pour trouver des solutions à la fermeture des commerces.

« Écrire, à raison de vingt minutes par jour, c’est bon pour la santé ! Matthew Lieberman, prof de psychologie à l’Université de Californie, à Los Angeles (UCLA), appelle ça le “Bridget Jones effect”, du nom du Journal de Bridget Jones, un roman publié en 1996 qui a popularisé le journal intime. “Le cerveau a plus de facilité à gérer un problème à l’écrit. À l’oral, le sujet a tendance à s’énerver, il revit le mauvais moment. Écrire régulièrement […] permet donc de mieux réguler ses émotions”, explique l’expert. Pour t’aider à devenir un ou une super diariste (ça s’appelle comme ça !), on te donne plein d’idées. Lance-toi ! »

En savoir plus : https://www.jebouquine.com/numeros-hors-series/je-bouquine-n452/

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Le billet d’humeur de Ibn Khaldoun Sören Platon, une rubrique spéciale confinement. Humeur 21 et 22

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Humeur 21 Joseph Caihe

En drehu Caihe signifie Tête. La Nouvelle-Calédonie perd une Tête. Le premier reportage télé qui m’ouvrit une lucarne médiatique, je le dois à lui à Joseph. Pourtant sur un sujet polémique, le magazine Expressions, dont une partie portait sur les peintures des guérites de bus de la côte est : d’Ataï à Machoro. J’avais insisté pour que soient filmées en gros plan les peintures … ainsi que les anciens de Tuo. Il tint promesse. Il le fit. Bien entendu Nouméa la Blanche s’offusqua scandalisée. J’ignorais alors qu’il avait été propulsé par Jean-Marie Tjibaou et Melanesia 2000. Il dépassa les petites peurs des censures. Il était kanak. Homme ! Qui va à l’essentiel ! La culture kanak est universelle et singulière. Peu importe qu’il bifurqua vers un parti centriste calédonien. Je retiens sa générosité. Sa Calédonitude de Kanak. Sa grandeur et simplicité.  Sa grande simplicité. Une Tête. Une vraie. Celle du Pays.

Joseph, d’où tu es, nous te savons proche. Pars repose en Paix! Vieux Frère ! Mes condoléances à la famille.

Humeur 22 Sens Non-sens In-sens de la vie

Quel est le sens de la vie ? La vie vaut-elle d’être vécue ? La seule question est-elle de vivre cette vie ou de se suicider ? Ces questions sont banales. Pourtant elles sont posées reposées avec l’approche de la mort. La mort est toujours présente. L’oubli de celle-ci n’est pas son absence. La vie n’a pas de sens sauf que les gens n’arrêtent pas de lui donner ou de vouloir lui donner du sens. Au point d’oublier de vivre et de se projeter vers une finalité toujours au-delà ou encore de se priver de vivre pour espérer vivre une vraie vie meilleure pleine de bonheur après cette vie après la mort. Poser le sens de la vie a-t-il du sens ? Le sens est-il un non-sens ? La folie du monde n’est-ce pas y voir que l’in-sens gouverne la planète. Einstein avait-t-il raison contre la thèse : « Dieu joue aux dés ». Beaucoup ne se pose jamais et ne se poseront probablement jamais la question du sens de la vie. Certains tiennent à leur vie plus qu’à la bourse d’autres à la bourse plus qu’à la vie. Tout ça est-ce du pareil au même ?

Eh ! bien ! Non ! Tout ne se vaut pas. Tout n’est pas pareil au même. L’heure n’est plus celle de Camus : il n’y a qu’une seule question c’est celle du suicide. Ni déjà plus la boutade de Malraux : la vie ne vaut rien mais rien ne vaut une vie. La mort toujours présente nous la fuyons ne pouvant comme le soleil la regarder fixement (La Roche Foucault). Je me suis toujours demandé pourquoi Foucault s’était soucié de la biopolitique/thanatopolitique régime de suppression ou soin de vie des populations pour passer à la gouvernementalité de soi  et courage de la vérité. N’est-ce pas nous reposer la question oubliée ? Foucault de manière sobre intitula ses deux derniers livres parus juste avant sa mort L’usage des plaisirs et Le souci de soi. Mais qu’est-ce que se soucier de soi ? Qu’est-ce que souci et qu’est-ce que soi? Qui fait l’objet du souci ? N’oblige-t-il pas à se soucier des autres ? Au moins une valeur du souci de soi et du souci de l’autre se décline en plusieurs rapports et portent plusieurs noms : respect, amour, amitié, la mort volontaire ou involontaire voire gérer et user avec art et  intelligence des plaisirs.

Que de questions autour d’une seule. Et que de coachs philosophes par les temps qui courent! 

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Études françaises et francophones contemporaines de Nicolas Kurtovitch

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Études françaises et francophones contemporaines de Nicolas Kurtovitch

Un ouvrage publié dans une revue de l'Université du Nebraska, qui publie les derniers travaux d'universitaires, de romanciers, de poètes, d'artistes, de cinéastes et d'autres personnes impliquées dans les études françaises et francophones des 20e et 21e siècles. Nicolas Kurtovitch devait s’y rendre suite à une invitation, en 2020 mais la pandémie est passée par là.

À partir des modelages en terre de Maryline Tidjepache Nicolas Kurtovitch To cite this article: Nicolas Kurtovitch (2021)

À partir des modelages en terre de Maryline Tidjepache, Contemporary French and Francophone Studies, 25:3, 264-267, DOI: 10.1080/17409292.2021.1902688

To link to this article: https://doi.org/10.1080/17409292.2021.1902688

À partir des modelages en terre de Maryline Tidjepache de Nicolas Kurtovitch

Texte à télécharger en suivant ce lien (Texte intégral)

Extrait :

Je sais mon immédiat, j’ouvre les yeux, me reconnais.

  • Kurtovitch, Modelages

Le texte qui suit est un hommage, à la fois, au talent et au travail, de Maryline Tidjepache, sculptrice, ainsi qu’à la vie en Nouvelle-Calédonie, dans ses multiples dimensions, celles de la joie et du désir, des angoisses et des espérances. Une vie simple cependant.1

***

Je suis née de la terre par la volonté de l’eau des pierres des montagnes du vent du souffle du ciel, transformée en boules mouillées puis plaquées sur l’air, corps kanak.

Il faut du silence, laisser la tristesse s’en aller; il faut du silence, l’amertume trouve son chemin du ventre à la bouche ; il faut du silence et s’endormir enfin en laissant les mains bouger lentement, à petits coups et seules.

La vie est solitude à quoi bon s’attendre à trouver quelque part son amant, mais il faut aussi se tenir nue sur la terre, celle que je vais pétrir de mes talons, de mes genoux, des paumes de mes mains; celle sur laquelle je crache et pleure avant de la prendre encore mouillée et donner formes humaines aux esprits.

Après-tout il ne s’agit peut-être que de remonter les témoins du fond des âges, d’en appliquer les signes sur les ventres, les visages et les nuques; d’attendre la terre sèche l’humidifier de nouveau.

Garder tout contre soi l’amour des siens s’y perdre

Et comment ne pas danser en surgissant de nulle part comme surgissent du sol, des pierres et des souches ? Comment ne pas plier les genoux, se poser sur la plante des pieds, lever la tête le regard le cœur, armer son bras pour un lancer ? Pourquoi ne pas voir les yeux fermés ce qui ne se voit pas, ce qui se sent dans le mouvement et le déséquilibre d’un instant ?

Danser toujours, danser, se suspendre au ciel, se libérer de la boue. Voilà ce que je fais.

Finalement arrivera le jour (où) poussé par les racines et tiré par mes mains à la lumière au vent, au regard de mes frères, se tiendra un corps de terre, d’eau et d’amour, clamant à la surface du Monde : Je suis enfin debout, peut-être encore courbée et incertaine ; mais je me tiens là, par mes pieds encore mêlés au sol, par mon souffle indissocié du souffle de la forêt

où réside mon clan. Je suis là, à la fois être de rage et d’amitié. Regardez ! Arrêtez-vous ! Lisez sur ma peau encore fragile ! Je suis de cette île ! Lisez au fond de mes crevasses la douleur de la muette qui aujourd’hui, s’échappe de la gangue, frappe au cœur.

Et maintenant, je n’ai plus qu’à oublier l’eau et la terre, oublier également l’esprit et ma volonté. Oublier le désir de donner naissance, me contenter de mes mains abandonnées, libres indépendantes et reposées, les laisser, elles seules, agir, oubliant du même coup doigts et pouces, boue et lianes. Je ne désire plus rien d’autre qu’être là, accroupie ou debout, légère ou ployée sous le fardeau. Droite, appuyée sur mon ventre, allongée sur les grains de terre et regarder mes paumes lisser les corps, délivrer mon cœur des angoisses.

(Ainsi) ai-je franchi une porte, un passage et une étape, une passe dans le récif qui borde ma vie. (Ainsi) les mains boueuses à la rencontre de mes Vieux, les exhibant du passé. Je sais mon immédiat, j’ouvre les yeux, me reconnais. Ce n’est pas tout, j’invite à passer le regard au travers du voile, à s’enfoncer en moi, découvrir la force d’aimer, de connaître la force de dire le désir de ne plus voyager seule… Suite

Nicolas Kurtovitch is one of the leading voices in New Caledonian literature. His collections of poetry, short stories, and novels have received several awards, notably the Antonio Viccario International Poetry Prize, the Poetry Prize of the Ouessant Island Book Fair (for Le Piéton du Dharma), the Vi Nimö Prize (for Les Arbres et les rochers se partagent la montagne), and the Popaï Prize (for Les Heures italiques). He has been named a Chevalier in France’s Order of Arts and Letters, served as the first president of the Writer’s Association of New Caledonia, and is a founding member of the Geopolitics Center of New Caledonia.

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Le billet d’humeur de Ibn Khaldoun Sören Platon, une rubrique spéciale confinement. Humeur 19

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Humeur 19 C’est pas sorcier !

Ce matin je me promenais et le chien Arès avec moi vers un endroit proche d’où je vis et où il existe encore des lieux-espaces non exploités/détruits par les prédations capitalistes des profits égoïstes de l’espèce humaine. Pas loin vivent des gens paisibles que les normes appellent « squatteurs ». Je ne vous dirais pas où par désir de tranquillité. En face d’un palétuvier je trouve plantée la sculpture d’une femme qui regarde en face. Non loin  il y a aussi une paire de godasses. Je respecte ce lieu et je ne prends qu’une photo de la sculpture dont la couleur usée grisâtre fond avec les cieux bleus-gris. 

Respect humilité sied à l’autel approprié oui l’art kanak existe et persiste…en dehors des musées-prisons.

La sculpture paisible m’inspire une prière aux puissants de ce monde.

Pourquoi ne faîtes-vous pas une deux trois émissions télévisées style « c’est pas sorcier » expliquant « c’est quoi le covid ? » ou « c’est quoi ARN ? » ou encore « comment fonctionne un vaccin ? » On peut conjointement guérir et informer les gens. 

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Bon plan : la maison du Livre de Nouvelle-Calédonie lance l’opération Allo, à lire !

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Bon plan : la maison du Livre de Nouvelle-Calédonie lance l’opération Allo, à lire !

Allo, à lire ! Une rencontre littéraire par téléphone… Une rencontre humaine par la lecture

La situation sanitaire du pays nous pousse à repenser nos dispositifs et les événements que nous organisons.

Aussi, la maison du Livre de Nouvelle-Calédonie lance l’opération « Allo, à lire ! » pendant le confinement.

Une façon d’amener la littérature calédonienne au plus près des populations et de créer du lien humain, artistique et littéraire… Une rencontre par la voix, par le texte, gratuite et innovante.

Les objectifs ?

Cette opération a plusieurs objectifs:

  • Faire découvrir et aimer les nouveautés littéraires calédoniennes de façon ludique et personnelle.
  • Établir un lien humain pendant cette période d’isolement qu’est le confinement.
  • Promouvoir la vente d’ouvrages et faire fonctionner la filière du livre en Nouvelle-Calédonie.

Comment ça marche ?

Un comédien vous appelle et vous lit des extraits d’un des dix ouvrages sélectionnés.

Pour être appelé ? Rien de plus simple : je remplis le formulaire sur le site www.maisondulivre.nc et j’attends l’appel !

Qui peut participer ?

Tout le monde dés 6 ans. Il faut avoir un numéro de téléphone.

Et c'est gratuit !

Qui est au bout du fil ?

Nos comédiens calédoniens: Maité Siwéné, Stéphane Piocahud, Olivia-Manissa Panatte, Marie Murtini, Julie Dupré, Sylvain Lorgnier, Jean-Brice Peirano, Nicole Kurtovich, Marcela Pizarro.

Quels sont les livres dont les extraits seront lus ?

En fonction de ton âge un ouvrage adapté te sera proposé:

Pour les enfants

  1. "Le temps passe, l'igname pousse"- Julie Dupré- Plume de Notou
  2. " L'esprit du papillon"- Catherine C. Laurent- Cépages
  3. "Les ani'mots calédoniens"- ouvrage collectif- Ecrire en Océanie
  4. " Kirinata et Doka"- Isa Qala- De Bas en Haut
  5. "Sedrenila"- Isa Qala- Plume de Notou

Pour les plus grands:

  1. "Sillages d'Océanie"  - ouvrage collectif- Association des écrivains de NC
  2. "Les enchainés"- Franck Chanloup- Aux vents des Iles
  3. " Les vertiges de l'orée" - Leslie Gobille- Madrépores
  4. " La libre mort"- Thierry Charton- Spinelle
  5. " Battements de Lune" - Christine Bourelly- Ecrire en Océanie

Pour faire cette découverte ... et cette rencontre sur se rendre sur le site www.maisondulivre.nc !

Dossier de presse pour découvrir les lecteurs en suivant ce lien

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Le numéro 70 de Nuelasin est disponible et en téléchargement dans cet article

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Le numéro 70 de Nuelasin est disponible et en téléchargement dans cet article

èTéléchargez le dernier numéro de Nuelasin

 

Le plus de la rédaction : Bonne lecture à vous. Wws

Bonjour, avec un peu de retard (16h03). Je vous propose une partie d’un entretien avec une grande sœur, grand-mère de la tribu. C’est au sujet de l’eau, un problème récurrent aux îles Loyauté et notamment à Hunöj. Bonne lecture à vous. Wws

         Le puits de Hunöj.

         Je suis chez Mama Waitha, ma grande-sœur qui est aussi une des grands-mères de la tribu. Elle habite devant le temple. J’allais tout le temps la rencontrer lorsque j’arrivais à la tribu. Elle est une des personnes ressources de l'ancienne génération dont nous avions toujours besoin. Aujourd'hui, Mama Waitha a 79 ans. Elle était née en 1936. Je suis venu cette après-midi pour lui poser quelques questions au sujet de l'eau de la tribu. Je voulais savoir comment les gens de son époque se comportaient et comment l’eau était gérée quand Mama Waitha était arrivée à la tribu en épousant un homme de Hunöj, Naxue Luanana.

         Wawes : Mama Waitha, je voulais te poser des questions au sujet du Grand puits à côté du temple. Je voulais connaître ta pensée mais surtout comment les gens de la tribu utilisaient l’eau de ce puits.

Mama Waitha : Personnellement, je ne connaissais pas trop bien l'histoire de ce puits. Quand j’étais arrivée ici pour la première fois pendant mon mariage il y avait déjà le puits.

Wawes : Et vous, vous n’aviez pas de puits ici chez vous à la maison ?

Mama Waitha : Non, nous n'avions pas de puits ni de citerne ni de réservoir d’eau.

Wawes : Et du coup, vous vous rendiez au puits de la tribu pour vos besoins domestiques.

Mama Waitha : Eh bien, c'était là-bas que nous allions puiser de l’eau pour notre foyer. Nous puisions de l'eau en tirant sur une corde.

Wawes : Et avec quoi vous puisiez votre eau ?

Mama Waitha : Nous amenions avec nous le seau de la maison. Arrivé au bord du puits, nous attachions l’anse à la corde que nous descendions dans le puits. La corde était la propriété de la communauté. Elle restait là-bas à côté du puits. On descendait le seau dans le puits à l'aide d’une poulie et on le remontait une fois qu'il était rempli. Il était toujours plus facile de puiser de l'eau en groupe. Individuellement, le travail était plutôt pesant. Le poids de l'eau et du seau était très lourd. Le seau était une marque américaine arrivée chez nous après la deuxième guerre mondiale. C'étaient les Américains qui nous avaient fait parvenir cet ustensile. Je disais que le travail était moins pénible si nous nous retrouvions en groupe mais lorsqu'on était tout seul, le travail était très corvéable. C'était le cas pour nous autres ici à la maison parce qu’on était seulement deux à aller puiser de l'eau. C'était une très lourde tâche. On retirait alors l'eau du puits et nous remplissions nos bouteilles que nous disposions à côté de l'ouverture. Beaucoup de bouteilles en verre. À l'époque, on ne laissait pas traîner les bouteilles vides. On les récupérait pour les stocker à la maison. On trouvait toujours leur utilité. Celle de contenir l'eau pour notre usage domestique. 

On pouvait voir le fond du puits à cause de l'eau aux reflets d'argent. Elle bougeait comme si elle coulait doucement. On pouvait même regarder le seau descendre jusqu'à toucher le fond. Avec le recul de l'âge surtout, je me rends compte que le puits était quand même très profond. Avant, je ne m'en rendais pas compte. C'était peut-être à cause de mon âge et de ma force. Quand on se retrouvait à plusieurs, on se mettait à deux ou à trois pour tirer sur la corde qui allait de l'ouverture du puits jusqu'à l'autre côté de la route vers chez le vieux Ixöeë à une trentaine de mètres si ce n'était pas plus.

         Quand quelqu'un passait et rencontrait une personne en train de puiser de l'eau, il courait tout de suite à son secours. Il se rendait alors au puits pour donner un coup de main parce que tout le monde savait que puiser de l'eau était une tâche quotidienne et pénible. Un travail d'homme tout le temps assumé par les épouses. Une fois que nous avions retiré le seau du puits, chacun disposait son récipient à l'entrée et une personne se chargeait de remplir une à une ses bouteilles vides. On pouvait faire facilement notre travail quotidien sans être dérangé un moment par une voiture. Aucune voiture ne passait pas non plus sur la route. Nous avions largement notre temps mais aussi notre espace pour accomplir la tâche.

Wawes : Et le seau à qui il appartenait ?

Mama Waitha : Le seau était une propriété individuelle. Chaque femme amenait son seau de la maison.

Wawes : Et votre seau, était-il en quelle matière. ?

Mama Waitha : Notre seau était très lourd parce qu'il était en métal. Il était aussi très grand. Il n'y en avait pas d'autres que celui-là que nous étions obligés de l'utiliser, en plus, il y avait très peu de récipients par ici. Quand on se retrouvait à plusieurs autour du puits, le travail était allégé parce qu'on se mettait à deux ou trois pour tirer sur la corde. Mais le travail était tout autant harassant parce qu'il fallait puiser de l'eau pour une femme puis pour une deuxième puis pour le reste. On avait honte de remplir notre seau et de ne pas remplir le seau d'une autre femme. C'était comme ça chez nous.

Wawes : Et les bouteilles, de quelles matières étaient-elles ? Etait-ce déjà la période des dames-jeannes ?

Mama Waitha : À cette époque-là, nous ne connaissions pas encore l'existence des dames-jeannes. Une fois revenue à la maison avec les bouteilles d'eau, nous les rangions soigneusement dans un coin. Nous n'utilisions pas l'eau n'importe comment vu qu'elle était une denrée plutôt rare.

Wawes : Et cette eau que vous retiriez du puits, est-ce que vous la buviez ou vous en faisiez un autre usage ?

Mama Waitha : L'eau nous servait pour notre consommation domestique. Nous buvions cette eau et nous nous en servions aussi pour la cuisine. Mais jamais nous la buvions directement du seau. Mais des fois, il nous arrivait de la boire directement en la sortant du trou ; pendant des travaux communs de la communauté ; un mariage, un deuil etc.… Alors on pouvait se concocter une citronnade avec.

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Désobéissance pacifique de Naouiâme Yewéno et Bruno Lahaye

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Désobéissance pacifique de Naouiâme Yewéno et Bruno Lahaye

Source des informations Présence Kanak - Présentation de la société Kanak traditionnelle et moderne (Nouvelle-Calédonie)

Ce livre a été publié par les éditions Naouîame.

« Désobéissance pacifique » est un ouvrage écrit à quatre mains. Il aborde les difficultés d’accès à l’ensemble des services audiovisuels pour les habitants de Nouvelle-Calédonie non pas comme un pamphlet en faveur de la liberté numérique mais à travers des échanges riches, respectueux et constructifs.

Résumé

Le livre est un dialogue entre Naouiâme Yewéno et Bruno Lahaye. La première interroge le second puis vice-versa pour se retrouver dans une discussion faite de partage d’idées, de visions, de solutions pour aider la Nouvelle-Calédonie à sortir de ce qu’ils nomment « l’apartheid numérique ». A travers leurs dialogues, leurs échanges, ils présentent leurs histoires, leurs cultures mais aussi leurs expériences professionnelles dans le domaine de l’audio-visuel en Nouvelle-Calédonie ; ils racontent la culture, la société Kanak. La première est Kanak, le second est Métropolitain et leur dialogue illustre à merveille la devise du Pays « Terre de parole, terre de partage ». plus et extrait sur Présence Kanak

NB : Préface de Claudia Rizet-Blancher, Fondatrice du Blog « Présence Kanak »

Les auteurs

Bruno Lahaye a travaillé près de 40 ans pour la TDF, il en a été le directeur délégué Nouvelle-Calédonie pendant 4 ans. Aujourd’hui retraité, il continue à travailler bénévolement pour différentes associations humanistes et enseigne aussi la légitime défense en tant que bénévole. Naouiâme Yewéno travaille depuis des années dans le secteur de la culture ; comme de très nombreuses femmes du Pays, elle s’investit également au sein de sa famille et de plusieurs associations.

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Sedrenila d'Isa Qala pour les 10 ans de la maison d’édition calédonienne Plume de Notou

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Le Salon International du Livre Océanien était une belle occasion pour fêter les 10 ans de la maison PLUME DE NOTOU avec la sortie du nouveau titre, un roman jeunesse "Sedrenila" d'Isa Qala, dessins de Nicolas Yann Martin. L’épidémie et le confinement ont contrarié cet événement. La directrice de cette maison mérite qu’on lui rende hommage car c’est une actrice importante de la filière livre du Caillou. JP

Ci-dessous la nouveauté et la présentation de la maison d’édition :

Sedrenila

Auteur : Isa Qala - Illustrateur : Nicolas Yann Martin

Sedrenila, Cendrillon en français, est une petite fille de dix ans dont la vie est loin d’être un conte de fées : son grand-père est notoirement grincheux, son père est souvent absent, sa mère crie beaucoup, et ses sœurs se disputent tout le temps… Mais, avec amour et détermination, elle va changer le cours des choses pour toute sa famille !

Isa Qala est originaire de la tribu de Kirinata dans le district de Wetr sur l’île de Lifou en Nouvelle-Calédonie, où elle a passé toute son enfance et où elle enseigne aujourd’hui. Sa passion pour les livres l’a conduite à obtenir une licence de lettres modernes puis elle a suivi, en Métropole, une formation en politique culturelle et une autre en graphothérapie, rééducation de l’écriture. Par ailleurs elle contribue à la transmission du patrimoine culturel, notamment par son implication dans la troupe de danse du Wetr bien connue dans le paysage calédonien. En effet, la culture, l’écriture et la littérature sont ses terrains de jeu favoris.

Nicolas Yann Martin est un illustrateur, dessinateur et scénariste de Bande dessinée en Nouvelle-Calédonie. Il dessine la série BD à succès Frimeurs des îles sous le pseudonyme NIKO en collaboration avec l’auteur Sosthène Desanges (Solo). La vie sur un voilier pendant une partie de son enfance marque son travail et l’attachement profond de son art aux îles du Pacifique via l’utilisation de couleurs vives et contrastées. Il dit avoir beaucoup de plaisir à travailler à coté de son chat qui a inspiré sa dernière Série Cat’n Cookies publiée chaque semaine dans le magazine TELE NC. Il est également l’auteur/illustrateur de la couverture de SILLAGES d’OCÉANIE 2020 et du logo de l’Association des Écrivains de Nouvelle Calédonie.

Liliane Tauru œuvre depuis 10 ans à la tête de la Maison d'édition Plume de Notou et depuis de longues années aux côtés de l'ADCK-CCT, de l'ALK, de Lire en Calédonie, avec des actions culturelles sur le Médipole, qu’il faut saluer surtout en ce moment.

Sa maison d’édition :

Parce que la Nouvelle-Calédonie est un archipel immense de cultures, de langues, d’originalité, d’universalité, de voix, et parce que ces voix ont été tues pendant une longue période, Plume de notou œuvre à les faire découvrir, notamment par les plus jeunes.

Depuis 2011 les éditions Plume de notou publient des livres pour enfants et jeunes par le biais de plusieurs collections :

La collection Petits etë destinée aux très jeunes enfants.

La collection KAMEN & TROTRO, romans écrits par Sonia Waehla Hotere et illustrés par Laurence Lagabrielle.

La collection Contes d’ici, albums illustrés.

La collection de romans et nouvelles pour adolescents et jeunes adultes qui a notamment révélé de nouveaux auteurs kanak.

La collection documentaire qui porte sur l’histoire de la Nouvelle-Calédonie est inaugurée en 2021 avec Louis, fils de surveillant au bagne de l’île Nou et La pierre verte de Jules ou les aventures de Monsieur Jules Garnier.

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Le billet d’humeur de Ibn Khaldoun Sören Platon, une rubrique spéciale confinement. Humeur 17 et 18

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Humeur 17 L'insoutenable lourdeur d’être confiné.e

Et vous ? Le confinement commence à peser. Ça devient lourd ! Certes la liberté la glose sur la liberté il y a de quoi méditer pour celles et ceux qui ont le loisir, la capacité de pouvoir le faire. L’exercice suppose tout de même une atmosphère une condition un moment souverain : le poêle de Descartes, la cuisine d’Héraclite, le jardin d’Épicure, l’Académie ou le Lycée de Platon-Aristote et Socrate son Agora. Allez soyons inclusif : BHL Onfray et la télévision. Sartre … que décidément j’ai du mal à suivre malgré une petite admiration pour certaines pages notamment ce magnifique texte « élections piège à cons » … affirme que nous n’avions jamais été aussi libre que pendant l’occupation nazie. Ouais ! Ce confinement ennuie vide de mouvement tout être. Autour de soi voir l’immobilisme du Monde ne réjouit guère n’est guère réjouissant ; sentir persister et peser l’idée de mort et de lutte de la vie contre la mort à armes inégales lutte qui dure depuis trop longtemps qui bloque la mécanique du mouvement et surtout en Océanie où lien relation mouvement perpétuel et permanent sont les essences des sociétés c’est catastrophique. Hier j’ai vu perler de tristesse et désarroi les yeux du président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie ému par le travail du personnel de la santé, j’ai vu comme tout le monde, le président du congrès de la Nouvelle-Calédonie, et je l’ai entendu dire qu’il fallait après la pandémie changer la politique publique de la santé. La pandémie mettrait à jour l’inégalité de la santé … Ce confinement certes sans doute nécessaire pèse devient lourd et ne pourra durer. Impossible d’empêcher le Monde d’être ce qu’il est : Mouvement.

Quoi ce n’est que cela ! Oui amie amis et autres je suis en proie à l’humeur. Je fais en sorte qu’elle ne devienne pas mauvaise.

Humeur 18 Les sociétés de contrôle 

Les Puissances (institutions, capitalisme, machine de l’enseignement obligatoire) sont constitutives des sociétés de contrôle. Aujourd’hui, le capitalisme de surveillance révolutionne les technologies politiques dont les pratiques administratives telles que suivi des traces, contrôle par les évaluations ou encore fabrique de l’opinion. Une caractéristique des sociétés de contrôle reste la production du « mot d’ordre ». En 1990, Deleuze dans un entretien avec Toni Negri, affirmait que « nous entrons dans des sociétés de contrôle, qui fonctionnent non plus par enfermement, mais par contrôle continu et communication instantanée » (Gilles Deleuze, Pourparlers, Paris, Minuit 1990 : 236). Et avant, en 1980, Félix Guattari avec Gilles Deleuze polémiquaient contre les théories des communications. La langue ne communique pas. Elle est un marqueur de pouvoir. L’énoncé de base de la langue n’est pas le signe linguistique mais le mot d’ordre, marqueur de pouvoir. Les communiqués ne communiquent rien. Ils sont des mots d’ordre : Voici ce que vous devez savoir ! Le mot d’ordre n’est pas un ordre qui ne prendrait que la forme impérative. La consigne pédagogique des professeur.e.s d’écoles ensigne (néologisme de Deleuze/Guattari) et encode dans une machine sémiotique les élèves. Même avec le ton mielleux ! Même avec le style « océanien » !

 

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Rien ne t'appartient de Nathacha Appanah Paru le 19 août 2021

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Rien ne t'appartient de Nathacha Appanah Paru le 19 août 2021

Dans l’océan Indien se trouve des îles où l’on parle français comme nous, l’Île de la Réunion, Île Maurice, Mayotte, Seychelles, il y a dans ces îles des écrivains talentueux. Pour sortir de notre océan Pacifique, je vous présente le dernier roman de Nathacha Appanah. JP

Nathacha Appanah, née le 24 mai 1973 à Mahébourg (île Maurice), est journaliste et romancière. Ses ancêtres, les Pathareddy-Appanah, sont des engagés indiens de la fin du XIXe siècle. Elle vit dans le Nord de l'île Maurice, à Piton, jusqu'à ses 5 ans.

Après de premiers essais littéraires à l'île Maurice, elle s'installe en France fin 1998, à Grenoble, puis à Lyon, où elle termine une formation dans le journalisme et l'édition. Elle écrit son premier roman, Les Rochers de Poudre d'Or, sur l'histoire des engagés indiens, récompensé par le prix RFO du Livre 2003. Dans son second roman, Blue Bay Palace, elle y décrit l'histoire d'une passion amoureuse et tragique d'une jeune indienne à l'égard d'un homme qui n'est pas de sa caste.

Le Dernier Frère (2007) a reçu plusieurs prix littéraires dont le prix du roman Fnac 2007, le prix des lecteurs de L'Express 2008, le prix de la Fondation France-Israël. Il a été traduit dans plus de quinze langues.

Paru en 2016, son roman Tropique de la violence est issu de l'expérience de son séjour à Mayotte où elle découvre une jeunesse à la dérive. Son livre reçoit le Prix Femina des lycéens 2016 ainsi que le prix France Télévisions 2017.

Pour le commander à la FNAC ou chez un de nos libraires du Caillou

Source : Babelio

RÉSUMÉ

"Elle ne se contente plus d'habiter mes rêves, cette fille. Elle pousse en moi, contre mes flancs, elle veut sortir et je sens que, bientôt, je n'aurai plus la force de la retenir tant elle me hante, tant elle est puissante. C'est elle qui envoie le garçon, c'est elle qui me fait oublier les mots, les événements, c'est elle qui me fait danser nue."Il n'y a pas que le chagrin et la solitude qui viennent tourmenter Tara depuis la mort de son mari. En elle, quelque chose se lève et gronde comme une vague. C'est la résurgence d'une histoire qu'elle croyait étouffée, c'est la réapparition de celle qu'elle avait été, avant. Une fille avec un autre prénom, qui aimait rire et danser, qui croyait en l'éternelle enfance jusqu'à ce qu'elle soit rattrapée par les démons de son pays.À travers le destin de Tara, Nathacha Appanah nous offre une immersion sensuelle et implacable dans un monde où il faut aller au bout de soi-même pour préserver son intégrité.

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