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Festival Voix Vives 2016 : Dewe Gorode et Imasango

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

" Chaque fois qu'elle se manifeste, la poésie est une fête. Une fête globale: l'homme dans la vie, les murmures et les grondements de la vie dans l'homme. C'est cela que va offrir la merveilleuse ville de Sète pendant les neuf jours où des poètes, hommes et femmes, venus de tout le pourtour méditerranéen et ses prolongements, vont échanger à voix haute, selon le chant intime de chacun, leur amour, leurs soucis, leurs rêves, leurs espérances. L'amour surtout, orienté ou désorienté, qui est l'inspirateur original, l'eau où vient boire la parole. Et nous tous, poètes, nous lèverons un verre plein de la densité légèrement écumeuse de la parole, à celle qui nous abrite de son soleil, la Poésie, notre aimée, au-delà de tout, de tous et de toutes "

Salah Stétié
Président d'honneur du Comité International du Festival

 

Publié dans Poésie

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Ouessant 18 e Salon International du Livre Insulaire 17 au 20 août 2016

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Ouessant 18 e Salon International du Livre Insulaire 17 au 20 août 2016

Du mercredi 17 au samedi 20 août 2016, la 18e édition du Salon international du livre insulaire vous ouvre grand ses portes avec son fil rouge sur l'Utopie.

Après une traversée maritime en mer d'Iroise, rejoignez-nous pour rencontrer les écrivains, les éditeurs, les artistes. Participez gratuitement aux  ateliers, conférences, lectures, à nos belles rencontres autour de l'écrit et des mots.

Le prix du Livre insulaire 2016 sera remis : le mercredi 17 août à 17 H 07 pour les catégories littérature générale et scientifique et le jeudi 18 août à 18 H 08 pour les catégories roman policier et littérature jeunesse.

Le palmarès du  concours de nouvelles 2016 sera proclamé le samedi 20 août à 12 H 02

La soirée Haïtienne c’est le jeudi, avec un hommage rendu à Franketienne, la lecture utopique des écrivains sera le samedi à 18 H 00 dans le Musée des phares et balises, et le Fest-Noz le samedi en soirée.

De nombreuses surprises pour les amoureux du livre et des îles.

Salon International du Livre Insulaire  (18e) à Ouessant du 17 au 20 août 2016 Utopia -500 ans dans tous ses états

Nos partenaires : bateaux, logements : 

Compagnie maritime Penn ar Bed  Tel. : 02 98 80 80 80 www.pennarbed.fr - Office du tourisme  Tel. : 02 98 48 85 83 www.ot-ouessant.fr

Après Utopie 2015 − Utopia 2016

Nous avons choisi l'Utopie comme thème de cette 18e édition du Salon International du Livre Insulaire; comme fil rouge littéraire des nos conférences et cafés littéraires, car Thomas More, écrivit l'Utopie en 1516. Le mot « utopie » est formé à partir du grec ou-topos, qui signifie en aucun lieu ou bien lieu du bonheur (du grec eu : « bien, heureusement » et topos : « lieu, endroit »). Bien évidemment cet endroit est une île dans l'œuvre originale de 1516.

Créé en 1999, en lien avec le Salon International du Livre Insulaire de l'île d'Ouessant, le 18e PRIX DU LIVRE INSULAIRE sera attribué en août 2016. Il est doté de prix récompensant les ouvrages parus entre le 1er avril 2015 et le 30 avril 2016. Les lauréats sont choisis par trois jurys composés de personnalités du monde littéraire insulaire.

Soixante six ouvrages sont en lice dont cinq livres calédoniens : Dans le ciel splendide de Nicolas Kurtovitch, 3 minutes avant la fin du monde de Joël Paul, Les mains d'Isis de Frédéric Ohlen, Les Tortues de la baie de Catherine Laurent, et Mayotte, Archipel des songes de Alain Lincker (Un toujours Calédonien de cœur)

LES OBJECTIFS LITTERAIRES

Le Prix du Livre Insulaire a pour objet de mettre en valeur des écrivains et des livres de la matière insulaire pour des ouvrages récents. Les prix sont décernés aux auteurs.

L’insularité s’entend soit par :

L’INSULARITÉ DES AUTEURS

Il s’agit des auteurs nés, vivants, travaillants sur une île, et qui proposent dans leurs ouvrages une inspiration marquée par l’insularité.

L’INSULARITÉ DES OUVRAGES

Il s’agit des livres écrits par des auteurs extérieurs au milieu insulaire, mais dont l'inspiration est nourrie par les îles (îles réelles ou imaginaires).

Les auteurs, éditeurs, acteurs de la littérature insulaire présents au salon seront :

Les voyageurs : Solange et Yves Dussin à L'ancre de Chine;  Sylvie Bargain, Anne Quéméré;  Françoise Sylvestre, Loïc Quintin,

Les auteurs jeunesse : Daniel Pagès, auteur jeunesse; Yucca éditions, Alex Cousseau, auteur jeunesse ; Julien et Catherine Weber Acquavivia éditions du rhu; deux pies tant mieux.

Le Grand Prix de la BD Bretonne : Sébastien Morice, Grand Prix de la Bd Bretonne (jeudi et vendredi en dédidaces)

 

L'Océanien : Nicolas Kurtovitch

NB : Cet écrivain calédonien a reçu en 2003 le Prix poésie du Salon du livre insulaire d'Ouessant pour Le piéton du dharma, et le prix Antonio Viccaro 2008 pour l’ensemble de son œuvre poétique. Et tout récemment (2011) le prix Popaï, de la littérature Néo Calédonienne pour son roman : « Les heures italiques ».

Les photographes : grégory Pol,   Anne Deveber , Francis Pessein

Les écrivains-jurés : Christophe Grenier, Président du Jury 2016, Catherine Domain, Jacqueline de Roux, Gilbert David, Henri Belbeoch, Membres du Jury Général

Les auteurs de polar : Gérard Chevalier, site  vendredi et samedi , Yvon Ollivier.

Le marquisien : Vagamundo.

Le rabelaisien : René Moniot Beaumont , Intervention surRabelais et les îles

Les poètes : Alexis Gloaguen,  Pierre-Vincent Roux, Poète

Les historiens : Claude Youenn Roussel,.

Les sciences humaines : Editions Petra,

Les Indiens : dodo vole, site, Johary Ravaloson, no-comments,

Les Haïtiens : Editions Janus, hommage à Jean Metellus.

Les guetteurs sémaphoristes : Le sémaphor'ile est la rencontre annuelle des auteurs venus écrire au Sémaphore du Créac'h en résidence de longue de création. Un espace leur est dédié pendant le salon ainsi que des temps de rencontres littéraires et une soirée exceptionnelle au Musée des Phares et Balises. Cette année nous recevons :

 Alexis Gloaguen, Sébastien Monod, Gwenaëlle Abollivier, Johary Ravaloson, Laure Morali, David Fauquemberg.

Ouessant 18 e Salon International du Livre Insulaire 17 au 20 août 2016
Ouessant 18 e Salon International du Livre Insulaire 17 au 20 août 2016
Ouessant 18 e Salon International du Livre Insulaire 17 au 20 août 2016
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Upiko Hnawang d’Hamid Mokaddem

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Upiko Hnawang d’Hamid Mokaddem

Peintre miniaturiste de Nouvelle-Calédonie

Hamid Mokaddem - Expressions, 2016

Sociologie, anthropologie

Dans cet ouvrage, Hamid Mokaddem couple analyse esthétique et description ethno-graphique pour comprendre comment la pratique picturale d’Upiko Hnawang manifeste la vie quotidienne des pays kanak de la Nouvelle-Calédonie. La peinture dévoile un pan de l’archipel d’Océanie encore méconnu. Ce livre participe et cherche à contribuer au sauvetage des œuvres éparpillées de l’artiste ; leurs reproductions en couleur contredisent les oppositions binaires entre Tradition/Modernité, Abstrait/Figuratif et Artisan/Artiste. Le lecteur découvrira une sorte de Breughel kanak dont l’art miniaturiste saisit la Nouvelle-Calédonie en train d’advenir.

Publié dans Ecrivain calédonien

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Nidoïsh Naisseline, de Wallès KOTRA et YKSON pour son album jeunesse pour le Des livres et Nous n°5 2016

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Emission NC 1er animé par Virginie Soula

Emission NC 1er animé par Virginie Soula

Hikson, Wallès Kotra et Louis-José Barbançon

Hikson, Wallès Kotra et Louis-José Barbançon

Nidoïsh Naisseline, de Wallès KOTRA et YKSON pour son album jeunesse pour le Des livres et Nous n°5 2016

Les invités de cette émission enregistrée dans le grand salon de la maison Célières

Wallès KOTRA et Louis-José BARBANÇON pour les entretiens « Nidoïsh Naisseline, dernières paroles » (éd° Au vent des îles, 2016).

YKSON pour l’album jeunesse (conte bilingue français-Drehu) « Aji et le soleil / Aji me jö », illustré par Julie Dupré (éd° Plume de Notou, 2016).

Musique : I&I (Reggae)

Lectures : Stéphane Piochaud (comédien)

Sur NC 1ère direct radio dans les conditions du direct, mardi 26 juillet 2016 à 20h00. Différé télé le mardi 02 août à 22h00.

« Nidoïsh Naisseline, dernières paroles » (éd° Au vent des îles, 2016).

Chef coutumier, militant indépendantiste à l’origine des Foulards Rouges, figure de la vie politique et économique de la Nouvelle-Calédonie, Nidoish Naisseline aura marqué son époque autant que les mémoires. Ce troisième ouvrage d’entretiens réalisé par Wallès Kotra nous ouvre non seulement le cœur d’un homme d’exception tant par son rôle au sein de la coutume kanak que par le parcours qui le conduisit au côté de Jean-Marie Tjibaou et au sein des instances décisionnelles de la Nouvelle-Calédonie. Un parcours de chef, de décideur, mais aussi d’homme, sensible, profond, interrogeant perpétuellement le présent et l’avenir.

NB : Le nationalisme kanak est une réalité que certains chercheurs étudient depuis longtemps tandis qu’une partie de la population n’en a peut-être pas encore pris assez conscience. C’est une réalité qui intéresse surtout les intellectuels, les anthropologues, les historiens ou les sociologues.

Sur ce sujet, on peut trouver l'ouvrage en anglais :"THE KANAK AWAKENING" (The Rise of Nationalism in New Caledonia) de David CHAPPELL. C'est le résultat de plus de vingt années de recherche, il a étudié de façon chronologique la montée du nationalisme en Nouvelle-Calédonie.

David Chappell est professeur agrégé à l'Université d'Hawaii. Il a obtenu un doctorat consacré à l'histoire du Pacifique.

A lire aussi l’article Eddy Banaré, "Littérature et identité postcoloniales kanak : lire, écrire et agir avec Fanon (1969-1973).", EspacesTemps.net, Travaux, 07.02.2014

« Aji et le soleil / Aji me jö »

L’histoire

Les animaux de la forêt sont réunis autour du grand banian pour accueillir un nouveau venu, Aji, le petit rat. Celui-ci doit s’occuper de la cueillette des fruits, mais c’est un  rêveur. Il passe son temps à admirer le soleil et serait prêt à tout pour s’en approcher…

Les illustrations

L’artiste a réalisé les illustrations à la gouache sur tapa. Elle a également utilisé le collage et des empreintes de végétaux pour créer une ambiance océanienne et mettre en valeur le thème de la  nature.

Le texte en drehu

Un soin particulier a été apporté à la traduction en drehu afin de permettre une lecture de ce livre aussi bien dans les familles que dans les écoles. Le texte a été traduit par Jeannette Xölawawa et le centre hnëxujia situé à la tribu de Hnadro, à Lifou, relu par Kama Fulilagi et un comité de locuteurs.

L’auteur

Jean-Philip Katreie Ihnomadra, alias Ykson, est un artiste autodidacte multidisciplinaire : musicien, plasticien, poète. À la fois enfant de l’île de Lifou et du quartier populaire de Montravel, à Nouméa, Ykson fait partie de cette nouvelle génération d’artistes kanak qui s’inspirent de formes d’expression traditionnelles pour alimenter une pratique artistique actuelle. Son objectif, en musique, en peinture ou, comme ici, dans le conte, est de faire revivre le dialogue dans une société qui en manque cruellement. Intervenant engagé dans les quartiers et les tribus, il est particulièrement attentif à la transmission des savoirs et au respect de l’environnement.

L’illustratrice

Après avoir grandi en Polynésie, Julie Dupré étudie à l’université d’Arts plastiques à Paris. Riche de nombreux voyages à travers le monde, elle revient à ses premières amours : la mer et les îles océaniennes qui ont bercé son enfance.

Nidoïsh Naisseline, de Wallès KOTRA et YKSON pour son album jeunesse pour le Des livres et Nous n°5 2016
Nidoïsh Naisseline, de Wallès KOTRA et YKSON pour son album jeunesse pour le Des livres et Nous n°5 2016
Nidoïsh Naisseline, de Wallès KOTRA et YKSON pour son album jeunesse pour le Des livres et Nous n°5 2016
Nidoïsh Naisseline, de Wallès KOTRA et YKSON pour son album jeunesse pour le Des livres et Nous n°5 2016
Nidoïsh Naisseline, de Wallès KOTRA et YKSON pour son album jeunesse pour le Des livres et Nous n°5 2016

Publié dans Maison du livre NC

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NISEI, LES DESCENDANTS DES JAPONAIS EN NOUVELLE-CALÉDONIE

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NISEI, LES DESCENDANTS DES JAPONAIS EN NOUVELLE-CALÉDONIE

Jeudi 21 juillet 2016, à 18h15 en salle Sisia ADCK

Rencontres de la Médiathèque

UNE ANTHROPOLOGIE DE LA MÉMOIRE

Conférence de Françoise Cayrol, Anthropologue, Université de la Nouvelle-Calédonie Comme bien d'autres, le formidable et passionnant travail de mémoire mené ces dernières années par les Nisei et leurs enfants, son aspect profondément résilient, ses limites, son encadrement associatif, sont à questionner.

Loin d'une folklorisation où sont parfois tenues les associations dites « identitaires », cet exemple nous aide à penser de possibles conditions d'une production de l'histoire, en particulier scolaire, en Nouvelle-Calédonie ainsi que le rôle clef que devraient y jouer certaines institutions de recherche et d'enseignement.

La bibliothèque universitaire de Nouville accueille l’exposition iconographique et documentaire « Dear Tatura Kids.

De l’enfance en Nouvelle-Calédonie à la déportation en Australie ». Cette exposition, prêtée par le centre culturel Tjibaou, présente une sélection de photos et de textes conçus par Mutsumi TSUDA.

L'exposition est prolongée jusqu'au 23 juillet 2016 inclus.

NISEI, LES DESCENDANTS DES JAPONAIS EN NOUVELLE-CALÉDONIE

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La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Avant-propos et mise en garde :

Ci-dessous un article pour vous donner envie de découvrir nos plantes du Caillou. Je n'ai pas les compétences pour confirmer que toutes les vertus ou utilisations de ces plantes sont réelles et applicables. Je vous invite à consulter les nombreux ouvrages ou de consulter les sites des scientifiques dans ce domaine pour en savoir plus avant d'appliquer des recettes pour vous soigner par exemple. Nous savons en Nouvelle-Calédonie que certaines plantes sont nocives pour la santé.

Préambule :

Paul QaezeLe Dr Paul Quaeze est décédé en octobre 2015 suite à un malaise, toute la classe politique et le monde du sport avait rendu un hommage à un homme apprécié de tous. Son article du 11 août 2012 est aussi une manière de lui rendre hommage. JP

Médecin de brousse en Kanaky

La vie quotidienne d'un médecin de brousse en Nouvelle Calédonie. La connaissance historique, géographique, ethnique, culturelle et artistique de la Nouvelle Calédonie La connaissance du peuple Kanak

Article élaboré à partir d’extraits d'un article du Dr Paul QAEZE et d'une interview de Patrice GODIN pour la médecine kanak http://jpcaillon.canalblog.com/ et de Wikipédia pour les images de plantes ou d’arbres.

Généralités :

La médecine occidentale peut apprendre de la traditionnelle.

Elle a voulu longtemps couper le malade de son environnement personnel. Par souci de simplification. C'était l'un des rôles essentiels de l'hôpital. Elle a fait reculer les maladies physiques, mais a aggravé le mal-être. La médecine libérale a eu des velléités de corriger ce travers. Mais les cadences et l'afflux des patients ont anéanti ses efforts. Les psys affichent complets. Manquent de temps face à la variété des intellects et des situations personnelles. Le devin du village se débrouille mieux, avec des contextes plus uniformes et des procédures mieux codifiées.

Tout semble opposer les conceptions de la santé chez le mélanésien et l'occidental : pour le premier, c'est l'équilibre entre l'homme, ses proches, sa terre, ses ancêtres. Pour le second, c'est un examen clinique normal, une tension dans la norme, un bilan biologique sans astérisque, un forum internet qui confirme que l'on est toujours en vie...

Les kanaks ont vu bien des leurs rejoindre prématurément les esprits, malgré les guérisseurs. Ils ont acquis du pragmatisme. Ils classent les maladies en 4 catégories :

1) Les maladies "normales", de cause évidente :

Intoxication alimentaire (ciguatera), maladies sexuelles, coup de chaleur, plaies.... Traitement par les plantes, connus du plus grand nombre : ça reste dans le cadre familial. Equivalent de la mère occidentale qui désinfecte elle-même les bobos de sa progéniture.

2) Les maladies du Docteur Blanc :

Imprécises avant son arrivée. Classées par défaut dans les 2 dernières catégories. Pour le kanak, ce qui ne se voit pas est plus grave. Un mal de tête, une sciatique, est plus inquiétant qu'une plaie purulente. Le Blanc est assez doué pour ce qui ne se voit pas. Il a des médicaments pour tout. Oui, mais il ne connaît pas les maladies liées aux esprits. Alors il est prudent de voir le guérisseur et de prendre une potion traditionnelle, tout en allant voir le docteur.

3) Les malheurs liés à des fautes commises :

Ce sont aussi bien des maladies que des drames personnels : échec professionnel, affectif, disparition de personne, perte d'une récolte.

Les fautes résultent souvent d'inadvertance : oubli de rituel, de coutume, irrespect, transgression involontaire. Les esprits des ancêtres sanctionnent. De façon très imaginative. Parfois, aucune relation apparente entre le trouble manifesté et la faute. Une enquête est nécessaire. C'est plus simple quand il y a eu contact direct avec un objet interdit / sacré pour lequel les symptômes sont évidents : lésions cutanées à l'endroit du contact...

4) Les agressions par sorcellerie :

"Boucans" envoyés par un ennemi. Agression par esprit malveillant. Les grands chefs ont des gardes du corps spécialistes des questions mystiques.

Les catégories 3 et 4 sont soignées par les guérisseurs/voyants. Héritier d'une tradition transmise oralement et par quelques carnets de notes. Leurs méthodes sont secrètes ; ils connaissent la procédure par vision.

En fait, l'opposition entre médecine traditionnelle et allopathique n'est pas spécifique au monde kanak. Les occidentaux recourent autant à leurs guérisseurs et spécialistes de l'âme, bardés de titres plus modernes. Homéopathes, magnétiseurs, ostéopathes, patamédecines diverses, s'offrent à traiter au-delà du problème physique. Points communs : secret des techniques, croyances intégristes, influence sur le patient, importance du temps passé à la relation. Une différence, avouons notre cynisme : le guérisseur kanak travaille encore pour le statut, pas pour l'argent. Les contraintes matérielles des deux sociétés ne sont pas les mêmes. Mais le guérisseur kanak est le plus content de rendre service. Il ne lui viendrait pas à l'idée de refuser un patient. Ou de lui fermer sa porte la nuit.

Qui se fait le plus plaisir au bout du compte ? Le kanak récompensé à 80% de reconnaissance ? Ou le doc blanc vu comme un fonctionnaire surpayé de la CAFAT (Sécurité Sociale Calédonienne) ? Question de personnalité. Ceux qui vivent par les autres sont à la recherche de reconnaissance. Peut-être ne sont-ils pas assez guérisseurs ? Les patamédecines les en rapprochent.

En pratique, voici les écueils pour le médecin occidental en terre kanak :

Si la maladie traîne malgré le traitement, le kanak est vite convaincu que le retard vient des esprits. -Aucune notion d'évaluation chez le kanak : Quand le traitement traditionnel est pris simultanément avec celui du docteur, la guérison est attribuée préférentiellement au premier. (C'est aussi vrai pour beaucoup de blancs adeptes des médecines alternatives.)

Le docteur ne connaissant rien à l'histoire du clan et des ancêtres, il est incompétent dans certain domaine. Il n'est pas "généraliste".

Les facteurs de risque ne représentent rien pour le kanak. Les maladies insidieuses telles que diabète, hypertension, insuffisance rénale, ne sont pas considérées comme importantes. Souvent seule la prise en charge à 100% assure le suivi. Prendre sa pilule, faire sa prise de sang, permet de voir régulièrement le docteur et de lui parler d'autres problèmes gratuitement.

Solution : intégrer le guérisseur dans le réseau médical classique. Reconnaître l'approche différente, souvent complémentaire. En opposant les deux médecines, on prive souvent le patient des bénéfices de l'une.

Le blanc caustique dira que le guérisseur entretient des croyances fausses chez les kanaks et l'obligation de recourir à ses soins. Vrai. Vrai, de même, pour les patamédecines que les occidentaux continuent à consulter après un siècle de progrès scientifique rapide. Le rôle du médecin n'est pas d'extirper une partie de l'inconscient de son patient, tout au plus de l'aider à la reconnaître... s'il en est capable.

Au philosophe de faire évoluer la culture. Maître Profit est la philosophie conquérante de l'Occident. Il envahira tôt ou tard le monde kanak. Ne lui facilitons pas la tâche en détruisant les piliers de la culture traditionnelle, comme le monde des Esprits, juste pour prouver que nous sommes les plus savants.

La médecine traditionnelle :

Dr Paul QAEZE

La conception de la santé chez le mélanésien (*) repose sur des notions différentes de la compréhension occidentale. La Maladie correspond à la manifestation d'un déséquilibre d'un ordre établi. Elle va faire intervenir les fondamentaux de la société kanak, qui englobe l'homme dans sa dimension physique, sociale et mystique. D'un côté on a la parole, les plantes et les forces ancestrales et de l'autre, le stéthoscope, les molécules actives et les microbes. Alors que l'étiologie occidentale repose sur des relations entre un agent pathogène et une maladie ; dans la société kanak, la maladie résulte d'interactions entre l'homme, son environnement naturel et social, et le monde mystique représenté par les ancêtres.

Dans le milieu mélanésien ; on peut considérer qu'il existe trois sortes de maladies.

Les maladies dites naturelles...

...dues à un déséquilibre de la personne à elle-même (maladies du chaud /froid, du sec/humide, de l'excès et du manque). Le traitement se fera par la pharmacopée familiale.

Face à une plaie surinfectée, avec des lésions de grattage, le médecin occidental attribuera cela à un manque d'hygiène. Cette interprétation résulte de l'incompréhension entre le discours médical kanak et occidental. Dans l'échelle de gravité des ces maladies naturelles, celles qui ne se voient pas sont plus délétères que celles qui s'extériorisent. Donc une mère kanak s'inquiétera plus si son enfant se plaint d'un mal de tête ou de ventre que d'une plaie qui suinte.

Les maladies liées aux ancêtres

C'est quand une pathologie perdure, ne guérit pas assez vite. C'est  la  maladie des  fautes commises, c'est la transgression d'un tabou, d'une règle clanique.

Le traitement sera le recours à un guérisseur. Ainsi les forces ancestrales sont en particulier capables de punir les actes ou les attitudes répréhensibles commis par leurs descendants. La consultation par le guérisseur cherchera à déterminer l'origine exacte du mal. L'entreprise du diagnostique mobilise tous les proches, car la maladie peut s'abattre sur le groupe entier si la faute commise n'est pas réparée.

S'il y a eu transgression d'une règle sociale ou offense d'un parent, le malade fautif doit reconnaître son délit et entreprendre un geste symbolique de réparation. Ce n'est qu'à cette condition que le traitement appliqué sera efficace.

L'offense étant pardonnée, le risque de conflits au sein du clan est écarté. Les ancêtres libèrent alors leurs pouvoirs protecteurs. Ils rendront les médications efficaces ou désigneront les plantes médicinales appropriées, notamment par l'intermédiaire des rêves. Ces solutions thérapeutiques n'apparaissent pas seulement aux guérisseurs mais au patient lui-même qui peut trouver son traitement en rêve. Il arrive aussi qu'un proche du malade se réveille nanti du savoir thérapeutique.

Les maladies dites provoquées

En effet, ce sont des maladies engendrées par des maléfices (boucans) lancés par un sorcier ; ou par des conflits entre individus suscités parfois par la jalousie. Si l'on conçoit que les forces ancestrales sont en contact permanent avec le monde des vivants, on peut envisager qu'elles interviennent à la demande de leurs descendants.

Les symptômes de ces maladies dites magiques sont comme une maladie normale, à savoir fatigue, diarrhée, ou maux de tête, mais la survenue est aiguë et brutale. Le remède passe obligatoirement par un spécialiste de la voyance.

La médecine traditionnelle offre ainsi aux malades des solutions thérapeutiques qui englobent leur bien-être social et spirituel, valeurs que les mélanésiens ne retrouvent pas dans la médecine occidentale. Cependant, en évitant les ruptures brutales qui pourraient empêcher le passage d'un système à l'autre, en respectant l'essentiel des conceptions tout en y intégrant des éléments nouveaux, la tradition peut s'ouvrir à la modernité.

C'est le processus qui semble guider aujourd'hui le développement du pluralisme médical en Nouvelle-Calédonie.

(*) A lire : Chroniques du pays kanak. Gestes "Tome 2 : La Santé, p 129-191. Editions Planète Mémo)

Une interview de Patrice GODIN, anthropologue, par JY LANGLET :

JYL : Monsieur Godin, vous êtes anthropologue et vos travaux portent sur les rapports entre organisation sociale, cosmologie et rituels dans les communautés kanak de la région de Hienghène. A ce titre vous vous êtes intéressé à la médecine kanak traditionnelle. Pourriez-vous nous dire quelle est aujourd'hui la place de cette médecine ?

PG : "Elle est toujours extrêmement pratiquée, même si on constate dans les représentations comme dans les pratiques de nombreux changements depuis cent cinquante ans de présence française. L'un des traits caractéristiques de cette médecine est qu'elle est partie intégrante de l'organisation sociale kanak. Ce n'est pas une institution indépendante, séparée des autres composantes de la société, mais l'un des rouages essentiels de son fonctionnement. Pour faire bref, on peut dire que la société kanak est toute entière organisée autour de deux axes : ses chefferies et ses rituels. Ces rituels sont eux-mêmes de deux sortes :

-  des cérémonies d'échanges, qui jalonnent les grandes translations de   l'existence   (mort,   mariage, naissance),

-  et les rituels thérapeutiques qui constituent le noyau de ce qu'on appelle communément la médecine kanak "

JYL : Un exemple ?

PG : "La toute première histoire qu'on m'ait raconté sur ces pratiques. Un matin, un homme âgé se renverse le contenu d'une bouilloire d'eau bouillante sur les genoux. Le médecin qui le reçoit au dispensaire l'évacué sur Nouméa. Sur place, complication infectieuse. Au bout de quelques jours, et surtout après plusieurs visites de parents, il s'inquiète de toujours souffrir énormément. Un soir, profitant de la rotation du personnel infirmier, il s'échappe du CHT (Centre Hospitalier Territorial, à Nouméa) et prend le car du soir pour revenir à Hienghène. Le lendemain, avec un de ses fils, il consulte un devin. Le surlendemain, il obtient la réponse à ses inquiétudes. S'il ne guérit pas, c'est que lui ou quelqu'un de son entourage a commis une faute vis-à-vis de sa famille maternelle. Le diagnostic du devin est très exactement : "malédiction des utérins" (hwanyen le hwan-hiri en langue némij). Une discussion s'engage entre le vieux, son fils et le devin qui vise à éclaircir la raison de cette malédiction. Et au bout d'une heure, elle débouche sur une hypothèse qui est agréée par le devin. Il y a quelques mois, le vieux et son clan ont récupéré une terre ancestrale dans le cadre d'une revendication foncière. Mais lorsque ceux-ci l'ont remise en culture, ils ont oublié de faire un geste coutumier à l'oncle maternel du vieux. Les ancêtres du clan utérin ont envoyé la malédiction en retour. Le devin préconise d'aller demander pardon à l'oncle pour cet oubli. Le geste est accompli. Ensuite, l'oncle propose que le guérisseur et prêtre de son clan traite les brûlures. La conjugaison des deux traitements, kanak et européen, conduira à la guérison ".

JYL : Toutes les maladies rentrent-elles dans le même schéma ?

PG : "Non. Grosso modo, on peut dire qu'il existe quatre grandes classes de maladies pour la pensée kanak traditionnelle. D'abord, les maladies ordinaires, bénignes que les gens de Hienghène appellent simplement " maladies " (folie) et que les gens de l'aire linguistique paicî, plus au sud, appellent "vraies maladies ". Ce sont des troubles entraînés par des déséquilibres de l'hygiène quotidienne de vie. On range dans cette catégorie les troubles de l'alimentation, les accidents climatiques (refroidissement, exposition au soleil...), la ciguatera ou encore les maladies sexuellement transmissibles. Ces maladies se soignent dans le cadre familial, où l'on recourt à une pharmacopée principalement végétale, connue sinon de tous du moins du plus grand nombre. Il y a ensuite les maladies qui sont dites "maladies des Blancs" ou "maladies du docteur". Elles n'étaient pas connues avant l'arrivée des premiers colons européens et de ce fait elles n'ont pas de noms dans les langues locales. Les seules exceptions sont dans le centre et le nord de la Grande Terre le pian et la lèpre. Le premier a été assimilé à une maladie de peau, la seconde à une forme ancienne de mycose rongeante. Les maladies du docteur sont comme leur nom l'indique du seul ressort de la médecine européenne dont on attend qu'elles les guérissent dans des délais relativement brefs. Les deux autres catégories de maladies nous font passer dans un tout autre registre des représentations. A leur propos, il faudrait d'ailleurs plutôt parler de "malheurs" que de maladies, dans le sens où ces catégories englobent non seulement des pathologies, mais aussi des événements dramatiques frappant les personnes, les familles, voire la communauté dans son ensemble (disparition inexpliquée de personne, échec professionnel, accidents...). Parmi les malheurs, il y a en premier lieu ceux qui résultent de fautes commises. Et parmi ces fautes, on distingue souvent entre, d'une part les transgressions, l'oubli ou l'accomplissement défaillant de gestes rituels, les comportements irrespectueux, etc. qui appellent une sanction de la part des ancêtres, et d'autre part le contact involontaire avec des lieux ou des objets "interdits", "sacrés" parce que chargés de présence ancestrale. Leurs conséquences ne sont pas les mêmes. Dans le cas des secondes, il existe un lien évident entre symptômes et nature de la maladie. Le contact avec une présence ancestrale débouche sur des altérations ou des lésions de la peau qu'on explique par une sorte de possession, l'ancêtre a envahi le corps du malade. Si on ne soigne pas cette possession à temps, le malade est dit sombrer progressivement dans la folie et peut même mourir. Pour les malédictions, qui relèvent de fautes de comportement, il n'y a pas lien de cause à effet, ainsi que l'a bien montré Christine Salomon pour le Centre-Nord de la Grande Terre. Un même symptôme peut être référé à des raisons différentes et une même raison aboutir à des malheurs complètement différents. La sanction envoyée par les ancêtres est par définition polymorphe. La dernière catégorie de malheurs relève de l'agression, de ce que nous appelons en Occident la sorcellerie. Il en existe de multiples formes, officielles ou clandestines, individuelles ou collectives, intrafamiliales ou guerrières".

JYL : Officielles

PG : "Oui. Dans le cadre des chefferies, dans le nord de la Grande-Terre et aux îles Loyauté où les grands chefs ont souvent une garde chargée de leur protection et parmi elle des spécialistes de la guerre rituelle qui doivent punir tous ceux qui menacent la chefferie ou manquent de respect au chef. Maladies des fautes commises et agressions sorcières ne se soignent pas de la même façon que les maladies ordinaires, car des puissances invisibles sont impliquées, ancêtres ou esprits malveillants. Le diagnostic est fait par un spécialiste, devin ou voyant. Le devin est un praticien d'une technique divinatoire plus ou moins élaborée, mais qui suppose une initiation. Il est l'héritier d'une tradition qui se transmet à l'intérieur de son clan et travaille en relation avec les ancêtres par le biais de tout un matériel liturgique contenu dans un panier. Il est aussi généralement prêtre et guérisseur de son groupe. C'est toujours un homme. Au contraire, le voyant est une personne qui a un don, très souvent contracté à la suite d'une maladie. C'est aussi bien un homme qu'une femme. Il n'utilise pas de technique divinatoire. Il "voit" la maladie en palpant le corps du malade. Il peut aussi avoir la révélation de traitements. Pour devenir guérisseur, le voyant s'associe souvent au prêtre et guérisseur de son groupe qui l'autorise à utiliser les "médicaments" de son panier. En retour, le voyant peut nourrir le panier de "médicaments nouveaux" dont il a reçu la vision. Par ailleurs, il faut savoir qu'il y a toujours de nouvelles plantes et de nouveaux traitements qui apparaissent, notamment du fait que le rêve joue un rôle important pour enrichir la pharmacopée. C'est le signe tangible que le lien avec les ancêtres n'est pas coupé, que la communication entre eux et les hommes se poursuit ".

JYL : Pouvez-vous nous donner un exemple de traitement ?

PG : "Tous ces traitements comportent des aspects secrets et sont d'autant plus difficiles à étudier que le secret est une des conditions majeures de leur réussite. Dans le cas d'une attaque de sorcellerie, on essaiera d'abord de protéger le patient de son agresseur en créant autour de lui, de sa famille, des choses qui lui appartiennent (maison, champs, voiture...) une barrière rituelle dissuasive ; on le fera en lui fournissant des paquets de " feuilles " qu'il portera sur lui et en "lavant" les lieux où il vit, avec une "eau" où baignent des plantes médicinales. On soignera aussi la personne, des éventuelles atteintes corporelles qu'elle a subies. Dans le cas d'une maladie pour faute, on doit d'abord réparer la faute, obtenir le pardon du groupe lésé, des vivants comme des morts, ensuite seulement un traitement est possible. D'un clan à un autre, d'une région à l'autre, il existe d'importantes variations autour du schéma qui vient d'être tracé à gros traits. Chaque clan a son guérisseur qui utilise les sacrements du groupe. Beaucoup de thérapeutes traditionnels ouvrent aujourd'hui "leur panier" aux personnes de l'extérieur et il y en a qui ont acquis une réputation qui va bien au-delà de leur chefferie d'origine. En principe, le guérisseur ne se fait pas payer. On fait un geste pour lui demander son aide et celle de ses ancêtres, puis on peut le remercier. C'est pour lui un engagement très fort et il tomberait lui-même malade s'il refusait d'assumer ce rôle".

JYL : Et comment se transmet son savoir ?

Médecine traditionnelle

PG : "À Hienghène, c'est le nom reçu à la naissance qui détermine la fonction exercée dans la société. Mais parmi tous les enfants porteurs d'un nom, le guérisseur choisit généralement celui qui présente les meilleures aptitudes. Il se fie à son intuition et fait des tests pour savoir qui peut le mieux assurer sa succession. L'observation lui permet également de voir qui est le plus inspiré par les ancêtres, et donc le plus apte à hériter du panier".

JYL : Revenons au traitement. Il existe des constantes !

PG : "Deux aspects du traitement des malheurs doivent être notés. En premier lieu, le "médicament" (terme employé en français local) préparé par le prêtre et guérisseur est beaucoup plus qu'une substance doté de propriétés thérapeutiques. Il est composé d'une association de plantes, sa préparation comme son administration sont accompagnés de gestes rituels, de prières, d'interdits qui en font un véritable sacrement. Et de fait, il s'agit d'une des formes de l'ancêtre, d'une transformation de son corps. On peut parler ici de transsubstantiation. Ensuite, l'ensemble des rituels thérapeutiques ne se comprend bien que rapporté à toute une cosmologie dans laquelle on retrouve les quatre éléments communs à beaucoup de pensées traditionnelles de par le monde : l'eau, le feu, la terre et le souffle. La conception kanak de la maladie et du malheur ne se comprend elle-même qu'en relation avec cette cosmologie. Dans la conception de la personne, il existe des composantes - le sang et le souffle - qui sont aussi des composantes de l'univers et qui sont menacées par la maladie et le malheur. Le traitement vise à redonner de la vie à ces composantes par le truchement d'éléments pris dans la nature. Alors que la maladie et le malheur sont dits "assécher" la personne, que les sorcelleries de guerre sont assimilées à des feux", les "médicaments" dans leur ensemble sont appelés "eaux" et renouvellent les fluides vitaux du patient".

JYL : Comment s'articulent concrètement les deux médecines kanak et occidentale sur le terrain ? Y a-t-il un lien possible entre médecine traditionnelle et médecine moderne ?

PG : "Le principal problème que rencontrent les médecins européens est que si le patient pense que son mal relève de ce qu'on a appelé le malheur (agression sorcière, conséquence d'une faute), il aura souvent tendance à se détourner de la médecine occidentale et n'y reviendra qu'en dernière extrémité - souvent trop tard pour le médecin. Il faut donc trouver un moyen de développer un véritable pluralisme médical. Celui-ci existe déjà pour les maladies ordinaires, les gens combinant souvent recours à la pharmacopée traditionnelle et consultation au dispensaire. Pour les maladies graves, la complémentarité entre les deux pratiques reste à inventer. J'ai le sentiment que les deux médecines n'abordent pas la souffrance humaine sous le même angle et qu'il y a beaucoup moins d'incompatibilités qu'on l'imagine des deux côtés. Ce n'est pas facile de réduire la méfiance réciproque. La conception occidentale est fondamentalement biologique, organiciste ou mécanique, parfois psychologique. Au contraire, dans le monde kanak, la maladie est perçue comme le résultat d'un déséquilibre ou d'une rupture dans le tissu des relations, interpersonnelles pour les maladies graves, entre les hommes et leur milieu pour les maladies ordinaires. Par ailleurs, les morts, les esprits sont dans la culture kanak des membres à part entière de la société. Ils sanctionnent les fautes, mais guérissent les malheurs et apportent leur soutien aux hommes dans leur vie. On trouve dans tous ces aspects bien des analogies avec certaines psychothérapies contemporaines, je pense notamment aux thérapies familiales ou à la prise en compte de l'impensé généalogique dans certaines psychanalyses. Pour une meilleure articulation des pratiques, il faudrait que se développe la reconnaissance des savoirs traditionnels, comme c'est le cas dans d'autres pays du Pacifique. Les coutumiers sont à l'évidence, favorables à ce qu'un statut soit donné aux guérisseurs. Il est temps de commencer à y réfléchir. Cela permettrait une meilleure confrontation des deux médecines et la création de passerelles.

Les plantes médicinales :

La Nouvelle-Calédonie fait partie des 4 premiers territoires du monde en terme de biodiversité. En présence de roches particulières ; les péridotites ; qui ont recouvert une partie de l’île il y a 37 millions d’années, la flore a évolué en état d’isolement, formant un patrimoine riche et unique. La flore calédonienne compte 3.926 espèces décrites dont 75% endémiques. En Nouvelle-Calédonie, les plantes sont utilisées dans la médecine traditionnelle et font l’objet de recherches scientifiques qui pourraient servir à des fins médicales pour les grands laboratoires français notamment contre des maladies redoutées.

Les plantes qui guérissent les maladies traditionnelles

L’aloès : plante grasse dont les feuilles sont charnues et cassantes. Elles contiennent dans leur épaisseur une sorte de tissu cellulaire spongieux qui stocke l’eau. Par alchimie, cette eau se transforme en un gel amer et translucide très recherché pour ses propriétés médicinales.

En Nouvelle-Calédonie, l’aloès est surnommé "plante à brûlures" mais c’est aussi un cicatrisant, il soulage les piqûres d’insectes, l’eczéma… C’est la plante des premiers soins et ses vertus sont connues depuis toujours par des peuples très différents.

Des chercheurs l’étudient pour des essais cliniques sur des malades atteints du Sida et du cancer du poumon. Il semblerait que ces expériences soient positives.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

La fougère arborescente (Cyathea intermedia) : C’est une gigantesque fougère endémique qui pousse dans les forêts humides. Elle peut dépasser les 35 mètres de hauteur. Dans certaines régions, elle représente "le commencement du pays des hommes" pour les Kanak. En médecine traditionnelle, ses bourgeons sont consommés comme contraceptifs.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Le Méamoru (Plectranthus Parviflorus) : Plante à petites feuilles qui pousse au ras du sol et fait de minuscules fleurs bleues. Pour les Kanak, c’est le symbole de la vie. Dans la région du centre de la Grande Terre, les femmes soignent les maladies des yeux et purgent les bébés après décoction de ses feuilles et de sa tige.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Le pommier kanak (Syzygium Malaccense) : Arbre à feuilles luisantes, pointues et très serrées. Une décoction de son écorce soigne les intoxications alimentaires. Le bouillon de ses feuilles calme les diarrhées et les feuilles chauffées et posées sur les furoncles les font disparaître.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Le bancoulier (Aleurites moluccana) : Ils parsèment en septembre les pentes néo-calédoniennes. Les noix ont des propriétés purgatives et l’écorce râpée appliquée sur la plaie est utilisée pour soigner les blessures dues au corail.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Le faux tabac (Argusia argentea) : C’est la plante la plus utilisée en Nouvelle-Calédonie dans les remèdes traditionnels contre "la gratte" (ciguatera) qui s’attrape en mangeant certains poissons du lagon pendant l’été. Il n’élimine pas les toxines mais aide à mieux supporter la crise.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Le niaouli (Melaleuca quinquenervia) : La savane à niaoulis est le type même du paysage calédonien de la côte ouest. Une décoction de l’écorce soulagera les rhumatismes et les courbatures. L’huile essentielle de niaouli est utilisée pour purifier l’air et en cas de rhume.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Le bourao (Hibiscus tiliaceus) : Petit arbre dont il existe 3 variétés : le bourao rouge, le bourao blanc des bords de mer et le bourao blanc de l’intérieur des terres. La sève de ses feuilles est utilisée comme cicatrisant des plaies. Les feuilles sont souvent bouillies en décoction pour soigner le foie ou se relaxer.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Le cocotier (Cocos nucifera) : Arbre très répandu dans les zones tropicales du monde entier, il peut mesurer jusqu’à 25 mètres. Dans la région de Hienghène, le bouillon de ses racines est un médicament contre la diarrhée. Posé sur les abcès, il aide à les faire évoluer. Contre les coups de soleil, il faut retirer la pulpe d’un coco vert et faire des cataplasmes sur les brûlures. Les racines frottées sur les dents rendent ces dernières blanches et saines.

Cocotier en bord de mer

Cocotier en bord de mer

Le corossol (Annoma Muricata) : Arbre tropical qui produit de gros fruits à l’enveloppe hérissée de pointes. Lorsqu’un enfant à la varicelle, il faut faire bouillir ses feuilles et le baigner dans cette décoction de couleur rouge. Les pustules sécheront sans cicatrice. C’est aussi un très bon remède pour détendre les bébés nerveux. L’inhalation de la vapeur qui se dégage des feuilles chauffées au feu apaise les crispations stomacales dues aux contrariétés.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

La canne à sucre (Saccharum officinarum) : La fibre mâchée est utilisée comme émollient. En faire des compresses.

Le citronnier (Citrus limon Burmann) : C’est un petit arbuste. Les fleurs et les feuilles en infusion calment les spasmes d’estomac et les nausées.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Le goyavier (Psidium guajava L) : Arbre répandu en Nouvelle-Calédonie qui atteint 2 à 3 mètres. Le tronc est mince et rameux. Faire bouillir les feuilles et tamponner les brûlures, les ampoules et autres irritations cutanées. En cas de piqûres d’insectes, mâcher les feuilles et appliquer la pulpe recracher sur la zone douloureuse.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Le Cycas (cycas circinalis) : Il ressemble à un palmier. Le tronc est généralement unique, cylindrique et écailleux. En cas de piqûres par un poisson venimeux de type rascasse, il faut faire brûler une palme de cycas et poser le pied au dessus des vapeurs.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

L’hibiscus (Hibiscus Rosa sinensi L) : C’est un arbuste ornemental des pays tropicaux. Il est très souvent taillé en haie. Une décoction de ses fleurs soigne la toux et soulage les jambes lourdes.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Le santal (Santalum austrocaledonicum) : Arbre parasite qui pousse particulièrement sur la partie sud de la Grande Terre, à l’Ile des Pins et dans les Iles Loyauté. Il a un tronc de petite taille, court et droit avec une écorce rugueuse, grise et fendillée. Son feuillage est arrondi, touffu, d’un vert clair et brillant. Le jus de ses feuilles écrasées sera appliqué sur les hématomes pour les soulager.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Le noni (Morinda citrifolia) : Le fruit du noni a une apparence bosselée allant du vert au gris. Les mélanésiens et les polynésiens utilisent depuis des milliers d’années chaque partie de la plante pour se soigner. En Nouvelle-Calédonie, le fruit pousse à l’état sauvage sur toute la côte et aux Loyauté. Il faut noter que certains usages de la médecine traditionnelle peuvent se révéler nocifs. Il convient donc d’être prudent dans l’utilisation et la préparation de ces recettes à base de plantes. Les plantes qui guérissent les maladies liées à la transgression des interdits.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

La canne à sucre (Saccharum officinarum) : Elle est cultivée dans les champs. Dans certaines régions, elle est utilisée pour soigner les malaises provoqués par le totem qui n’a pas été respecté.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Le coleus (Solenostemon scutellarioides) : C’est une herbe larges aux couleurs variées qui est très commune dans les zones habitées. C’est le symbole de vie. Il protège les habitants de la mort. Si l’on tombe malade parce que le rite lié aux cultures n’a pas été accomplis correctement, il faut se badigeonner le corps avec sa sève.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Le kaori (Agathis) : Il symbolise la hiérarchie. Son écorce et ses feuilles entrent dans la confection de décoctions qui soignent les maladies que provoque la violation des interdits.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Le faux manguier (Cerbera Manghas) : Petit arbre aux feuilles luisantes ne dépasse pas 15 mètres et pousse sur presque toutes les rives du Pacifique et de l’Océan Indien. Le noyau de son fruit est très toxique. Pour guérir les maladies liées par la transgression des interdits, il faut boire l’eau qui a été filtrée par des feuilles du faux manguier.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

L’oranger sauvage (Citrus macroptera) : Arbre grand comme un oranger dont les fruits qui ressemblent à des oranges ne sont pas comestibles. De Touho aux îles Bélep, on raconte qu’au pays des morts, le fruit de cet arbre permet, au cours d’un jeu, de distinguer l’esprit d’un vivant à celui d’un défunt. Boire une décoction de son écorce guérirait des maux contractés lors d’un voyage au pays des morts.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie
Les plantes qui protègent

Le bancoulier (Aleurites Moluccana) : Cet arbre peut mesurer 30 à 40 mètres. Il pousse en colonies. Les guerriers et les danseurs s’enduisent le corps du noir de sa noix afin de s’assurer la protection des ancêtres. Il est considéré comme un arbre qui abrite les esprits.

Le niaouli (Melaleuca quinquenervia) : Lors des naissances, il était d’usage d’envelopper les nourrissons dans son écorce afin de les protéger et leur donner de la force.

L’arbre à tapa (Broussonetia papyrifera) : Arbuste aux feuilles en forme de coeur, il sert à fabriquer les bandes de tissus appelées tapa. Il est offert au guérisseur pour lui permettre de communiquer avec les esprits au moment de ses invocations.

Le croton (Codiaeum variegatum) : C’est un arbre décoratif aux feuilles panachées de vert, jaune et rouge. Ses feuilles portées sur l’oreille ou en bouquet serré sur le bras sont considérées comme des protections contre les agressions magiques. Elles assurent la présence bénéfique des ancêtres.

Croton et bancoulier
Croton et bancoulier

Croton et bancoulier

Les plantes et la recherche scientifique

A Nouméa, l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) travaille sur un programme qui a pour but d'isoler de la biodiversité de Nouvelle-Calédonie, des molécules agissant contre les grandes maladies des pays industrialisés (cancer, sida, affections bactériennes) mais aussi contre des pathologies plus tropicales, maladies à vecteurs transmises par des moustiques comme la dengue ou le paludisme.

Le Laboratoire des Plantes Médicinales du CNRS (annexe de l’Institut de Chimie des Substances Naturelles (ICSN)) a pour objectif la recherche de substances naturelles bioactives dans la flore de la Nouvelle-Calédonie et des archipels adjacents.

Environ 250 plantes sont collectées par an. A Nouméa, des tests de cytotoxité sont réalisés et une chimiothèque est constituées par plus de 800 extraits organiques réalisés par an (feuilles, écorce, fruits, fleurs…). Elle est ensuite envoyée en Métropole afin que des essais biologiques soient réalisés en collaboration avec des firmes industrielles (L’Oréal) et pharmaceutiques dans le but de trouver des antiparasites, des anti-HIV, des anti tumoraux.

L'ethnopharmacologie est une approche de choix pour présélectionner des espèces connues des savoirs locaux ou réputées actives en médecine traditionnelle en Nouvelle-Calédonie. Certaines plantes étant depuis longtemps utilisées dans des buts bien particuliers (maladies de peau, infections, fièvres prolongées, etc.), de manière curative ou préventive (alimentation du patient), la connaissance de la pharmacopée est utile pour présélectionner ces espèces avant étude en laboratoire. Par exemple, en ce qui concerne la ciguatera ou "gratte" - intoxication par des poissons tropicaux, les remèdes traditionnels utilisés dans le Pacifique sud ont été inventoriés et leur efficacité étudiée. Des échantillons de plantes ont été envoyés dans des universités et facultés en Métropole pour études. Cette démarche devrait permettre de découvrir des substances actives.

Dans la commune du Mont Dore (proche de Nouméa), le laboratoire Cosmécal cultive des plantes médicinales telles que l’hibiscus, le niaouli, l’Aloé Véra, le goyavier, le noni et le niaouli. Ces matières premières entrent ensuite dans la fabrication des produits Cosmécal qui a développé sa propre gamme fabriquée exclusivement avec des plantes de Nouvelle-Calédonie (gélules, jus de noni, lotions et gels à base d’aloès, sirop, bonbons et baume au niaouli…). Ce laboratoire fait partie d’une Groupement d’Intérêt Scientifiques (GIS) en collaboration avec l’Université Française du Pacifique, l’IAC, l’IRD, le CNRS, la Province Sud et l’Institut Pasteur. Ce groupement a pour but la concertation dans l’organisation des recherches sur les substances naturelles, les synergies dans la réalisation des programmes scientifiques et la formation des étudiants.

Publié dans Culture Kanak

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Slameuses, slameurs au Rex à Nouméa trophée de slam Bille Chaï Slam !

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Slameuses, slameurs au Rex à Nouméa trophée de slam Bille Chaï Slam !

Métisslam a l'immense honneur de vous présenter le Micro de Bille, premier trophée de slam calédonien qui sera mis en jeu Samedi 23 Juillet au Rex lors du Bille Chaï Slam !

Le vainqueur du tournoi se verra confier la garde du Micro de Bille une année durant, puis devra le remettre en jeu lors de la prochaine édition…

Slamicalement (suite suivre le lien)

Ne ratez pas l’achat du magnifique livre Petite anthologie du slam en Nouvelle-Calédonie publié aux éditions l’Herbier de feu en 2016 qui sera en vente pendant cet événement. Ce livre papier glacé avec les plus beaux textes des slameurs calédoniens est une petite merveille. Les amoureux des mots vont être éblouis. JP

Petite anthologie du slam en Nouvelle-Calédonie

Qu'est ce que le slam ?

Le slam se présente le plus souvent sous la forme d’un spectacle, qui est, tout à la fois, rencontres entre les auteurs et le public, mais aussi tournois de poésie(s). Tel a été le cas à Nouméa, avec les quatre sessions de Wam’ Slam’ Clac, un événement créé par Paul Wamo et la MLNC, au Rest’Ô Soleil en 2010.

Créé à Chicago dans les années 80, le slam entend donner la parole à toutes et tous. En affirmant le caractère populaire de la poésie, en lui ajoutant la dimension du don, celle de la voix qui scande et du corps qui s’offre, le mouvement a suscité un engouement universel, surtout depuis la sortie du film éponyme réalisé par Marc Levin en 1997, Caméra d’or au Festival de Cannes 1998.

Pourquoi un livre avec et sur le slam calédonien ?

Fortement imprégné par la notion de « famille » ou de « communauté », le slam est devenu un outil de démocratisation de la parole et un art de la performance poétique. Il fait et refait le lien entre écriture et prestation scénique. Il encourage les jeunes poètes urbains à s’intéresser au fond et à la manière, à se focaliser sur ce qu'ils disent et comment ils le disent.

Ici aussi, grâce en partie au grand concours organisé par la bibliothèque Bernheim et le vice- rectorat depuis des années, le slam s’est forgé une identité. Il est de plus en plus reconnu en tant qu’art oratoire, un art de la représentation qui exprime toute sa force dans l’instant de la déclamation. Musique par les rythmes, sonorités et intonations particuliers qu’imprime le poète à son texte, le slam « claque » quand les mots surgissent, quand les impressions, les sensations se font messages, lorsque la violence, la rébellion, l’amour, le goût pour la justice sont portés par ce flot de paroles, par ce fleuve vivant qui déferle, boosté par le charisme plus ou moins grand de son interprète.

Les influences du slam sont diverses : les artistes s’inspirent de rythmes hip hop, de flamenco, de blues pour les mélodies, ils décrivent la réalité de ce qu’ils vivent au jour le jour, tout ce qui les frappe dans un vaste mouvement contestataire, en s’attaquant aux sujets « chauds » de l’époque : violence, sexualité, racisme, etc. Parce qu’il abolit les frontières cloisonnant les styles, l’âge ou les classes sociales, le slam se veut le lieu de la liberté d’expression. Et nul ne doute que la Nouvelle-Calédonie, à ce moment précis de son histoire, ait besoin de tels supports pour s’exprimer, dire, par les voies qui sont les siennes, ce qu’elle a sur le cœur.

Art de l’instantané, spectacle interactif, le slam mérite aussi de se faire connaître ailleurs que dans les bars ou les restaurants. Une édition réussie peut le conforter dans son élan, l’aider à mûrir et à se développer, lui permettre de toucher un public encore plus large, celui que sa fièvre créatrice effraie, celui qui hésite à se déplacer ou qui n’a ni les moyens ni l’envie de le faire a priori. L’anthologie que nous projetons prendra date, elle fixera l’image du temps présent, tout en diffusant  les éclats et clameurs de nos créateurs en et hors du pays.

 

« Vive la révolution des mots En pleine lumière ! […]

Vive le cœur qui donne

Sans avoir peur de perdre ! »

Extrait de « La Cadence du Poète »de Paul Wamo

 

« J’ai vu des destins partir en fumée

Des festins partir en sucette Des tontons mal lunés qui picolent en cachette […]

La spirale de l’amertume (je crois) nous a tous aspirés. […]

On est tous connectés à croire qu’il nous poussera des antennes »

« Paraît-on libre quand on se demande pourquoi ?

Texte de Pablo BARRI

Slameuses, slameurs au Rex à Nouméa trophée de slam Bille Chaï Slam !
Slameuses, slameurs au Rex à Nouméa trophée de slam Bille Chaï Slam !
Slameuses, slameurs au Rex à Nouméa trophée de slam Bille Chaï Slam !
Slameuses, slameurs au Rex à Nouméa trophée de slam Bille Chaï Slam !
Slameuses, slameurs au Rex à Nouméa trophée de slam Bille Chaï Slam !

Publié dans Nouvelle-Calédonie

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Edition de conte et légendes kanak par l’ADCK - centre culturel Tjibaou

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

ADCK

ADCK

Nimüre, l'igname du chef

Conte kanak avec CD audio français-kwényï

Isabelle Ritzenthaler, Marie-Assomption Vakoumè

ADCK - centre culturel Tjibaou, Vale Nouvelle-Calédonie, 2016

Contes et légendes

Huitième titre de la série de contes kanak bilingues édités par l’ADCK-centre culturel Tjibaou, ce conte de l’île des Pins raconte le destin d’une petite fille qui se fait pincer par un crabe et qui est l’origine de l’igname Nimurë.

Xii, le faucon de Ngwéétu

Conte kanak avec CD audio français-wèè

Dominique Berton, Apollonie Womwâ

ADCK - centre culturel Tjibaou, Vale Nouvelle-Calédonie, 2016

Contes et légendes

Neuvième titre de la série de contes kanak bilingues édités par l’ADCK-centre culturel Tjibaou, ce conte de l’île Ouen raconte comment Nèciaci le lève-queue a acquis une si grande renommée.

Des livres disponible chez Pacific Book’in http://pacific-bookin.nc/

Edition de conte et légendes kanak par l’ADCK - centre culturel Tjibaou
Edition de conte et légendes kanak par l’ADCK - centre culturel Tjibaou

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La conférence de Yumiko YAMADA sur l'incroyable périple de Kôdayû en Russie

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Salle de conférence du musée maritime à Nouméa juin 2016

Salle de conférence du musée maritime à Nouméa juin 2016

La conférence de  Yumiko YAMADA sur l'incroyable périple de Kôdayû en Russie au musée maritime ce jeudi 30 juin 2016 a tenu ses promesses.

En décembre 1782, Kôdayû, capitaine du Shinshômaru, navire marchand, quitte Shiroko (au centre du Japon) pour se diriger vers Edo (Tôkyô) mais, au large de la baie de Suruga, le gouvernail du bateau se brise lors d'une tempête. Les 17 membres d'équipage dérivent pendant sept mois pour arriver sur l'île Amchitka (îles Aléoutiennes) appartenant alors à la Russie de Catherine II.

Comment ces naufragés pourront-ils regagner leur pays ? Sur fond de tension entre le Japon et la Russie, le périple de Kôdayû commence...

Yumiko YAMADA docteur en géographie a commencé sa conférence en restituant les lieux de l'incroyable périple de Kôdayû en Russie avec des cartes projetées. Cette histoire est extraordinaire. Ce marin japonais a passé onze ans en Russie. Quand son navire aborde Amchitka, dans les îles Aléoutiennes après sept mois de dérive, ils sont témoins de la révolte des Aléoutes en 1784.

Après que le navire russe, qui était venu les chercher, coule juste devant eux, 25 Russes et 9 compagnons de Kōdayū s'échappent de l'île en construisant un nouveau navire de bois flotté avec des voiles en peau de loutre pour ne pas mourir de froid ou de scorbut. Ils naviguent pendant un mois et demi. Dans un premier temps, les officiels russes de Kamchatka ne peuvent pas croire qu'ils ont navigué d'Amchitka au Kamtchatka dans un « bateau fait à la main ». Les japonais pensaient que les Russes allaient les ramener au Japon mais ils se retrouvent en Sibérie.

Au Kamchatka, Kōdayū rencontre Barthélemy de Lesseps, un diplomate français. Un des rares survivants de l'expédition de La Pérouse (1785-1788) qui avait été débarqué au Kamtchatka. Lesseps mentionne les passagers clandestins japonais et leur chef dans son livre, Journal historique du voyage de M. de Lesseps publié en 1790. Yumiko Yamada a précisé après une question d'une personne du public que Kōdayū n’avait pas trop gardé de souvenir du Français, ils ne se sont rencontrés que pendant trois jours. De plus, pour lui, tous les Blancs étaient identiques.

Kôdayû n’avait de cesse que de vouloir retourner au Japon, Il rencontrera Catherine II et mettra 11 ans pour y parvenir, ils n’étaient plus que deux. Il avait déjà 65 ans et vivra jusqu’à 76 ans.

Plus avec un livre :

De tous les grands romans d'Inoué, c'est l'un des plus ouvertement " aventureux " - non le moins désabusé : le fait de savoir, dès la préface de l'auteur, que ces Rêves de Russie ne font que raconter une histoire parfaitement authentique ne console en rien, bien au contraire, la tristesse qui nous tient à l'instant de refermer le livre. A la fin du XVIIIe siècle, Daikokuya Kôdayû, capitaine du Shinshômaru, poussé par les vents vers le nord avec ses compagnons, fait naufrage aux abords d'une île située juste au sud du détroit de Béring. La moitié des survivants périt faute de pouvoir s'habituer au terrible climat. Les autres apprennent à vivre en imitant les sauvages de l'endroit et en se liant à quelques Russes explorant les parages, dont ils apprennent la langue et les coutumes. Les aventures du brave Kôdayû ne font que commencer... On le suit ensuite jusqu'aux rivages de la Sibérie, qu'il atteint à bord d'une embarcation de fortune ; puis jusqu'à Irkoutsk où l'un de ses compagnons, amputé après avoir eu une jambe gelée, se convertit à la religion orthodoxe ; et de là à Saint-Pétersbourg où il est reçu par la Grande Catherine en personne, avant d'être autorisé à regagner, après mille tribulations, son lointain archipel. Terrible retour où l'attendent l'incompréhension des siens, leur suspicion... et une solitude pire encore que l'exil. Inoué signe, avec ces aventures d'un Ulysse nippon - un Ulysse puni -, l'un de ses livres les plus amers... mais non le moins bouleversant.

La conférence de  Yumiko YAMADA sur l'incroyable périple de Kôdayû en Russie
La conférence de  Yumiko YAMADA sur l'incroyable périple de Kôdayû en Russie
La conférence de  Yumiko YAMADA sur l'incroyable périple de Kôdayû en Russie
La conférence de  Yumiko YAMADA sur l'incroyable périple de Kôdayû en Russie
La conférence de  Yumiko YAMADA sur l'incroyable périple de Kôdayû en Russie
La conférence de  Yumiko YAMADA sur l'incroyable périple de Kôdayû en Russie
La conférence de  Yumiko YAMADA sur l'incroyable périple de Kôdayû en Russie

Publié dans Divers

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