Entropie

Publié par Joël PAUL

En préambule :

Le désordre expliqué par Edgar Morin qui a inspiré le choix du titre de mon livre
 

 DÉSORDRE

 
 " Tout ce qui est génésique, générateur, créateur ne saurait se passer du désordre.
 
Le désordre est inéluctable, irréductible. De même que l’on ne peut dissocier chez l’homme son visage «d’homo déments», de son visage «d’homo sapiens», de même (…) on ne peut dans le cosmos dissocier ses caractères << déments >> (chaos, hémorragie, gaspillages, déperditions, turbulences, cataclysmes) de ses caractères << sages >> (ordre, loi, organisation).
 
Les premiers n’ont peut-être pas besoin des seconds, mais les seconds ont toujours besoin des premiers. Tout ce qui se crée et s’organise dépense, dissipe de l’énergie. L’univers est plus shakespearien que newtonien ; ce qui s’y joue est à la fois une bouffonnerie sans nom, une fable féerique, une tragédie déchirante, et nous ne savons pas quel est le scénario principal…".
 
(Edgar Morin, La Méthode, Tome 1. NN, p. 368).

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ENTROPIE (recueil de nouvelles)

 
"Entropie" est un recueil de quatre nouvelles, 114 pages au format standard de 13 par 20 publié aux éditions Edilivres pour illustrer le désordre en montrant la folie des hommes dans le passé, de nos jours et dans un futur sorti de mon imagination avec beaucoup de pessimiste pour conjurer le sort. Un futur qui pourrait conduire à l’autodestruction de la race humaine. Une hypothèse crédible quand on pense au nucléaire civil ou militaire, aux armes chimiques ou biologiques qui n’existent pas toujours là ou on les cherche mais qui existent bel et bien ; sans oublier le réchauffement climatique et les catastrophes inévitables qui en résulteront. Je surfe donc sur un sujet d’actualité avec ma sensibilité, en passant du rire aux larmes parfois, mais sans perdre le fil de mon idée, le désordre croissant source de nos malheurs, d’où mon titre, entropie, puisqu’il en est le synonyme.
 
 
Des anecdotes sur les récits d’Entropie :
 
« La Fourmi d’Auschwitz » est une nouvelle qui nous ramène aux heures les plus sombres de notre histoire, pendant la shoah et la Seconde guerre Mondiale. C’est une illustration de la folie des hommes. Des hommes capables de perpétrer des génocides à grande échelle, même aujourd’hui puisque l’Argentine, le Kosovo et de nombreux pays en Afrique en ont été à leur dépend les preuves. Cette nouvelle est surtout le fruit d’une émotion personnelle, la résurgence d’un passé familial enfoui dans ma mémoire, mais revenu à la surface après avoir assisté à une causerie dans une librairie de Nouméa sur l’auteur calédonien Alain Laubreaux, notre Céline à nous qui ne mériterait même pas d’être évoqué. Au cours de cette réunion, j’ai entendu un proche du collabo dire que « tous les Français étaient des collabos ».
Mon grand-père, interné pendant cinq années en Allemagne à Sagan en Silésie dans le camp VIII C, celui de la Grande Evasion et d'autres camps ensuite sans compter un an de rab avec les Russes, n’aurait pas apprécié. Robert Legolhisse, mon grand-père, valait bien cette nouvelle pour parler des camps de concentration et évoquer Robert Desnos, le poète à la gifle. Avec cette nouvelle vous aurez droit à de l’émotion à son paroxysme.
 
«Michel Sardieu », est un peu décourageante sur le fond mais très drôle. Elle me fait encore rire en la relisant. Elle évoque une certaine jeunesse de notre époque qui s’épanouit dans les banlieues défavorisées à travers le désespoir d’un pauvre prof devant tant d’inculture.
 
« Le Ben Ameur », une nouvelle écrite en 1998, évoque un futur dominé par les robots. Les mésaventures de mon héros sont faites pour nous interpeller sur notre vie dans un futur proche d’une manière humoristique. Pour l’anecdote, cette nouvelle est mon premier « succès littéraire ». Elle m’a valu une finale dans un concours où 400 concurrents étaient engagés. Être dans le dernier carré était déjà une récompense puisqu’il y avait une édition à la clé. Ce concours avait été organisé par la municipalité de la Ville de Nanterre en métropole.
Je pensais pouvoir me servir de ce résultat pour contacter le responsable culturel de la ville afin qu’il m’introduise auprès d’une maison d’édition ou d’une personne en mesure de m’aider. Manque de chance pour moi, un malade d’extrême droite a zigouillé la moitié du conseil municipal en faisant un carton avec un fusil d’assaut au cours d’une réunion du conseil municipal, un fait divers tragique, au moins neuf personnes furent tuées. J’ai subodoré que le responsable cultuel qui ne devait pas avoir la dextérité du responsable des sports pour plonger à terre avait dû être parmi les victimes alors je ne l’ai pas sollicité et j’ai mis entre parenthèse mes projets. Malgré ce baptême du feu, j’ai continué laborieusement, patiemment, à écrire et à essayer de progresser. Encore maintenant je travaille d’arrache-pied pour essayer de bien faire.
 
« Adonis », est futuriste. Elle se déroule beaucoup plus tard dans le futur dans un monde au bord du chaos à cause des effets néfastes de la surpopulation et de la dégradation du climat. Elle se termine par la fin du monde, par l’apocalypse annoncé si souvent et qui finira bien par se produire puisque toute chose a une fin. Ces histoires sont réunies pour montrer en quatre étapes, que l’homme, dans son infini manque de sagesse, va finir par provoquer l’irrémédiable. Les progrès de la science nous sauverons peut-être mais cette perspective est moins porteuse pour l’écriture ou le cinéma. "Le peuple veut du pain et des jeux" dixit César. Nous sommes tous de grands enfants qui jouons à nous faire peur alors je me suis amusé à me faire peur en imaginant ma fin du monde et le processus qui nous y conduira mais c’est pour rire, pour publier un livre en attendant ma prochaine réalisation, un roman, un thriller calédonien que j’ai déjà presque terminé.
NB : Ce recueil est néanmoins un ouvrage de jeunesse et j'aurais eu besoin d'un éditeur à l'ancienne pour reprendre bourdes et coquilles
J.P

 

Extrait :

Auschwitz-Birkenau fin d’année 1944, il fait un froid sibérien sur le camp. Les barbelés sont gainés de givre et de glace. Un chapelet de stalactites en forme de poignards monte une garde inutile en sus des soldats perchés dans les miradors. Les prisonniers sont amorphes sur leurs bannettes, sans force, sans vie, sans espoir et frigorifiés. Qui pourrait avoir assez d’énergie pour s’évader ? Personne, le camp sent la mort, il n’y plus que des morts-vivants. Parmi ces morts en sursis dans un des baraquements s’élèvent des plaintes, des cris, des pleurs d’enfants. C’est la tonde.

 

Pour commander http://www.edilivre.com/doc/13357

Couverture du recueil ENTROPIE

Couverture du recueil ENTROPIE

Publié dans Ouvrage de Joël PAUL

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