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David Chappell en dédicace à Nouméa

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Concentration maximum de l'auteur pour m'écrire "Merci Joël". Photo Joël PAUL

Concentration maximum de l'auteur pour m'écrire "Merci Joël". Photo Joël PAUL

Ce mercredi 30 mai de 16h30 à 18h David Chappell a dédicacé son livre « LE RÉVEIL KANAK. La montée du nationalisme en Nouvelle-Calédonie » à la librairie Calédo Livres.

Malgré les travaux dans cette rue du centre ville qui s’éternisent des jeunes et des moins jeunes ont fait le déplacement pour rencontrer l’auteur et se procurer ce livre qui raconte notre histoire. Gilbert Bladinières, un éditeur heureux, était présent.

Photos de Joël PAUL
Photos de Joël PAULPhotos de Joël PAUL

Photos de Joël PAUL

Publié dans Ecrivain du Pacifique

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Le message de mon fils qui fait ses études en France, émouvant n'est-ce pas ?

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

C'est mon cadeau fête des pères, j'attends son retour en vacances bientôt avec impatience. C'est vrai que cette chanson est belle.

Mon garçon en France avec les premiers rayons du soleil printanier pour le réchauffer.

Mon garçon en France avec les premiers rayons du soleil printanier pour le réchauffer.

Publié dans Divers sur Joël PAUL

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Guerre d'Indochine : La marche de la colonne Alessandri et l’épopée du 5e R.E.I.

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Photo du site légion étrangère http://www.legionetrangere.fr/index.php/79-infos-fsale/418-histoire-9-mars-1945-le-coup-de-force-japonais-et-la-marche-de-la-colonne-alessandri

Photo du site légion étrangère http://www.legionetrangere.fr/index.php/79-infos-fsale/418-histoire-9-mars-1945-le-coup-de-force-japonais-et-la-marche-de-la-colonne-alessandri

9 mars 1945 : la sanglante surprise du coup de force des Japonais.

En Indochine, la résistance s’organise. Des plans de défense pour contrer une agression japonaise s’élaborent. Au 5e R.E.I., les esprits sont tout acquis à la reprise de la lutte contre les Japonais. La participation à la résistance y est active.

Les zones de combat se rapprochent de la péninsule indochinoise. Les Philippines sont presque entièrement libérées. Le 17 février, les Américains ont sauté sur Corregidor et le 19 février ils ont débarqué sur Iwo Jima.

Dans l’Indochine française, havre de paix à peu près préservé, Les Japonais n’ignorent pas qu’une résistance de plus en plus active, soutenue par les Anglais, œuvre derrière leur dos.

Les Japonais ne vont pas accepter de laisser la résistance poursuivre son action ; ils ne tolèrent plus l’existence d’une armée française susceptible de se joindre aux Alliés.

Considérablement renforcés, les Japonais, qui ont pris de fait le contrôle de l’Indochine française, disposent de moyens militaires importants avec des moyens de liaison et des armements modernes, et la police secrète, la Kempetaï, fait régner la terreur. En 24 heures, ils vont se rendre maîtres de toutes les garnisons.

Après un ultimatum inacceptable de l’ambassadeur japonais Matsumoto à l’amiral Decoux, Haut-commissaire en Indochine, à partir de 20 heures, les troupes du Mikado attaquent sans préavis les garnisons françaises en Indochine ; les troupes japonaises se ruent à l’assaut de la citadelle d’Hanoï…

Du 10 mars au 2 mai 1945, la marche de la colonne Alessandri et l’épopée du 5e R.E.I.

Le 10 mars, le général Alessandri décide de conduire son groupement en Chine pour se placer sous la protection des Nationalistes et reprendre l’offensive avec eux.

Mais, à Hung Hoa, le bac est inutilisable. A Trung Ha, la Rivière Noire, qui vient d’effectuer un large coude l’orientant vers le nord, et le Fleuve Rouge, offre un premier obstacle. Trois cents mètres de large. Un courant rapide. Uniquement deux bacs et cinq sampans. Impossible de faire traverser les véhicules et les armes lourdes, qui doivent être précipités dans les flots de la rivière. Le général sacrifie son matériel lourd et son train de combat. Il démobilise les tirailleurs tonkinois et, à la tête d’une colonne de 1 500 Européens, essentiellement des légionnaires, qui ne disposent plus que leur armement léger, par Phong Tho, il essaie de gagner la frontière…

Du 2 mai 1945 au 8 février 1946 : la colonne Alessandri est maintenue en Chine.

Le regroupement des forces françaises est entravé par des difficultés de toutes sortes, dues essentiellement aux Chinois de la 95e division qui essayent en vain de désarmer les Français. Les palabres, à la chinoise, sont longs…

A Sze Mao Ting, les blessés et les malades sont évacués sur Calcutta. Devant les vides, les trois bataillons sont regroupés en un seul sous les ordres du capitaine Gaucher. Tous ces hommes encore valides n’aspirent qu’à rejoindre le combat mais, pour de nombreuses raisons politiques, ils sont contraints d’attendre. Sur place, ils bénéficient de la bienveillance du général Pechkoff, ancien officier de Légion, représentant la France à Tchong King.

Fin mai, Les Français, par détachements de 200, font mouvement sur Taso-Pa, à 150 kilomètres au nord-ouest de Laokay, cité frontière sur la voie ferrée débouchant du Tonkin. La saison des pluies arrive. Le cantonnement manque de tout. Ici encore, il faut tenir. Peu à peu, des isolés, individuellement ou par petits groupes, rejoignent. Quelques-uns sont des miraculés.

Le caporal-chef Swoboda, blessé, fait prisonnier, a survécu aux six coups de pistolet donnés par ses gardiens pour l’achever. Des Laotiens l’ont recueilli, soigné, hébergé et acheminé en Chine.

8 février 1946 : le bataillon de marche du 5e R.E.I. entame son mouvement sur le Tonkin.

Cette retraite en combattant entre dans la légende comme une Marche à la Mort.

Eu égard aux tués, aux disparus, aux prisonniers d’Hanoï, Langson, Ha-Giang, Vinh, Vietri, Cottich, Tien Kien, le 9 mars, ils ne furent que 850 légionnaires, sans compter les Indochinois, à s’intégrer à la colonne Alessandri. De ceux-là, 63 ont été tués, 109 portés disparus durant la retraite vers la Chine. Avec les blessés évacués sur Calcutta, les isolés ayant pu rejoindre, le bataillon de marche n’aligne que 655 Européens plus 328 Indochinois. Le 5e R.E.I., stationné en Indochine, s’est opposé à l’invasion japonaise et a été presque totalement anéanti. Il paie le prix fort de cette agression. Du 5e R.E.I. du 9 mars 1945, ne demeure que le tiers. La Légion, là encore, a payé le prix fort, en cette ultime phase de la Seconde Guerre Mondiale.

Court extrait d’un article de Jean BALAZUC - P.P.P HISTOIRE : 9 mars 1945, le coup de force japonais et la marche de la colonne Alessandri suivre le lien pour lire le récit complet.

De la colonne d'Alessandri à la Nouvelle-Calédonie

Un article de LNC | Crée le 10.07.2007 à 21h00 | Mis à jour le 23.07.2016 à 18h05

Etienne Amtal et Jules Lautard vivent en Calédonie depuis une trentaine d'années. Tous deux sont membres fondateurs et piliers d'une amicale, celle des anciens de la Légion étrangère. Mais avant de se connaître, ils ont partagé un fait d'armes d'un autre temps. C'était en 1945 et la Seconde Guerre mondiale agitait aussi l'Indochine française. Etienne, né dans l'empire austro-hongrois à l'endroit où se trouve l'actuelle Slovaquie, stationnait là en tant que légionnaire. Jules, Eurasien, était lui aussi entré dans la Légion, malgré son jeune âge, pour échapper à l'armée impériale japonaise. Or, en mars 1945, c'est le « coup de force » : cette même armée attaque les garnisons françaises d'Indochine. La « colonne d'Alessandri », du nom de l'officier de commandement, fait retraite vers la Chine. Peu arriveront au bout de ces milliers de kilomètres de marche forcée. « Sur un régiment de 1 000 hommes, se rappelle par exemple Etienne, on est arrivés à 200. » Lui-même a vécu cet épisode avec une balle dans la poitrine. Il a reçu la Croix de guerre avec palme et la Médaille militaire. Jules, décoré de la Médaille militaire, faisait aussi partie de la fameuse colonne. Les deux hommes en sont revenus : samedi, l'amicale célébrait à Plum les 90 ans d'Etienne et les 80 ans de Jules.

Ces deux grands anciens sont décédés :

Le décès de   Mr LAUTARD Jules date du 11/03/2017 à 89 ans et le décès de l'ancien légionnaire Etienne ANTAL est survenu à Nouméa le 6 mars 2014.

Photo suivante vient d’une Illustration du Livre "Les Parias de la Gloire" de René Charbonneau et José Maigre, (Edition France Empire 1980) relatant l'odyssée de la colonne Alessandri.

Pourquoi cet article sur la colonne d’Alessandri ? : Parce que dans mon roman « Les Moustaches de Tigre » cet épisode tragique est évoqué. Mon aventure se déroule après l’attaque du 9 mars 1945 jusqu’au début de la guerre fin 1946, lorsque Hô Chi Minh déclara que désormais, ce sera la bataille du tigre contre l’éléphant. JP

Extrait d’un passage de mon roman qui évoque cette colonne : P44 (réunion d’amis colons chez Hubert Morin après le repas on parle politique)

Le petit groupe, à l’exception de Sao qui resta plantée debout en bout de table, se mit en route pour le salon. Les femmes − blanches − des convives, un peu gênées, saluèrent la Laotienne avant de rattraper leurs maris pressés de continuer à boire et bavarder. La soirée planteurs, sans rhum, car en Indochine les boissons préférées des Français étaient, en dehors de l’alcool de riz, les alcools bien français, se poursuivit avec le même sujet de conversation incontournable, la politique.

Depuis le 9 mars 1945, après la sanglante surprise du coup de force des Japonais, il s’était passé beaucoup de choses, mais rien n’indiquait que la France allait pouvoir reprendre la main sur sa colonie. Qu’ils soient colons depuis plusieurs générations, planteurs d’arachides ou de café, riches exploitants d’hévéas voire fonctionnaires, les Français blancs étaient de plus en plus inquiets. Si des soirées comme celle-ci permettaient de retrouver l’ambiance coloniale d’antan, au fond d’eux-mêmes, ils savaient que leur pain blanc avait été mangé. Le regroupement des forces françaises était entravé par des difficultés de toutes sortes, dues essentiellement aux Chinois qui essayaient en vain de désarmer les Français. Les palabres à la chinoise étaient longs…

« À Sze Mao Ting, le mois dernier, un an après le coup de force japonais, les blessés et les malades rescapés de la colonne d’Alessandri ont enfin été évacués sur Calcutta. Le 5e REI a perdu les trois quarts des siens au combat, dans la jungle. Les légionnaires n’étaient plus que quelques centaines » rappela Robert Simon avant de continuer, ému aux larmes.

— Cette retraite, en combattant, entrera dans la légende comme une marche à la mort, a dit le journaliste à la T.S.F.

— La reprise du contrôle de Saigon par les Français est acquise depuis septembre. Cent mille hommes du corps expéditionnaire seront présents dès cette année, précisa Aldric.

       Après cette revue de presse et le colportage des nouvelles d’autres planteurs amis, ils retrouvèrent un peu d’humour, l’alcool aidant, en cassant du sucre sur les coolies, les Annamites et les Laotiens. Hubert réaffirmait ce qu’il disait comme une vérité première.

— Un travailleur français vaut trois Annamites et un Annamite dix Laotiens, tous des bons à rien !

— Voilà qui est dit. Moi, je leur ai expliqué à mes nhà-quê. Après un siècle de coexistence, vous devriez savoir que nous sommes les clients de vos marchandises et les fournisseurs, nous sommes aussi vos employeurs. Ajouta péremptoirement Delaunay.

— Encore un verre et je crois que vais aller me coucher, dit Robert Simon.

— Nous aussi, dirent en cœur les frères Colin.

Ils ajoutèrent : « demain, nous devons embarquer notre buffle dépecé, si tu es toujours d’accord, Hubert. Nous avons dû abattre toutes nos bêtes à cause de la tuberculose du bétail. Suite à la mauvaise idée d’un vétérinaire métropolitain de croiser nos buffles avec une race de France ! C’est régime végétarien, chez nous depuis. Heureusement que nous sommes maraîchers. »

Publié dans Ouvrage de Joël PAUL

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Alzheimer Perte de Mémoire poème de Jean-Yves Meuric

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Photo du FB de son amie Annick

Photo du FB de son amie Annick

J'ai eu mal au coeur a écrire ce petit poème, mais j'avais a coeur de le faire de me mettre dans la peau d'un malade l'espace d'un infini temps de lucidité ...
Jean-Yves Meuric

 

" Alzheimer Perte de Mémoire "

 

Nos souvenirs ont fui, 
Ne nous inquiétons pas, 
Ils n'étaient pas le fruit, 
D'un réel combat !

Je parle de souvenirs, 
Dont je m'en souviens pas, 
Ce qui me gène à mourir, 
Ne rien savoir de moi !

Votre réel combat ... mes enfants !

Texte de Jean-Yves Meuric –

Source FB de  Annick Kerambrun Marlec

Publié dans Poésie

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« Le réveil Kanak » conférence 29 Mai 2018 à 18 h UNC Amphi 400

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Affiche UNC

Affiche UNC

L’Université de la Nouvelle-Calédonie organise une conférence sur l’histoire de la revendication indépendantiste en Nouvelle-Calédonie le mardi 29 mai 2018 à 18h en amphi 400.

À cette occasion, le conférencier David Chappell présentera son livre « Le réveil kanak – La montée du nationalisme en Nouvelle-Calédonie », paru aux Presses universitaires de la Nouvelle-Calédonie (PUNC) en 2017, en coédition avec les éditions Madrépores. Le livre sera disponible à la vente, sur place, le soir de la conférence.

Le réveil kanak

La montée du nationalisme en Nouvelle-Calédonie

Inspirée par les événements de Mai 68, une poignée d’étudiants kanak de retour de métropole fait fleurir des graffitis sur les murs de Nouméa.

L’outrage provoque incrédulité et colère chez les notables de la colonie et une répression musclée de la part de l’administration. Les « Foulards rouges » font ainsi entendre une voix dissidente, puissante et structurée : aujourd’hui encore, les questionnements de ces pionniers du « Réveil kanak » font écho à une réflexion politique que les accords de Matignon et de Nouméa n’ont pas éteinte.

Contact

Françoise Cayrol – Coordinatrice des Presses universitaires 29 00 75

Publié dans Colonisation

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LE GROS TARO, écrit et illustré par Julie Dupré, un album jeunesse trés attendu

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Le gros Taro en rayon chez Calédo Livres

Le gros Taro en rayon chez Calédo Livres

LE GROS TARO, écrit et illustré par Julie Dupré.

publié par les Editions Plume de Notou

avec une aide de la Mission aux affaires culturelles début 2018.

Ce « petit conte rigolo » pour les petits de 2 à 7 ans amusera toute la famille. Il s’agit d’une adaptation du conte slave du gros navet, transposé en Océanie. Une page documentaire à la fin de l’album apporte des informations sur le rôle important du ver de terre et du taro.

Le tonton de Théo a planté un taro. Quand vient le temps de le déterrer, il tire, il tire, il tire, il peut toujours tirer, le taro est bien enterré !

L’arrachage d’un taro beaucoup trop gros pour être déterré par un seul homme nécessitera un vrai travail d’équipe : toute la famille, mais aussi les animaux sont mis à contribution jusqu’à la chute, des plus comiques.

Par sa structure et les nombreuses assonances et allitérations, cet album s’adresse aux plus jeunes et amusera les adultes qui le leur liront.

Le premier jet de ce conte a été écrit lors d’une formation sur les contes-randonnée avec la conteuse Anne-Gaël Gauducheau. Il s’agit d’une adaptation du conte slave du gros navet, transposé en Océanie.

Les illustrations sont réalisées à la gouache sur des chutes de tissus océaniens et jouent sur la transparence en laissant apparaître les motifs des tissus imprimés.

Dans un style naïf et humoristique, elles recèlent aussi une foule de détails à observer.

Le bonus documentaire : le ver de terre et le taro, humbles mais aux rôles très importants n’auront (presque) plus de secret pour les lecteurs de ce petit livre grâce à sa page documentaire.

   Prix de vente : 950 XPF chez les bons libraire.

Ce livre est distribué par Book'in Pacific 

+687) 28 38 03 ou par mail bookin-dis@canl.nc

 L’auteure

Après avoir grandi en Polynésie, Julie Dupré étudie à l’université d’Arts plastiques à Paris. Riche de nombreux voyages à travers le monde, elle revient à ses premières amours : la mer et les îles océaniennes qui ont bercé son enfance.

Elle enseigne et expose à Tahiti, puis met sur pied des ateliers d’art au Vanuatu, avant de s’installer en Nouvelle-Calédonie où elle devient infographiste et illustratrice. Elle a notamment illustré Scènes de vie polynésienne, recueil écrit par Isabelle Lurton aux éditions Haere Po, Mes animaux en mots animés, recueil de poèmes de Louna Tcherko aux éditions AMVIE et Aji et le soleil, un conte d’Ykson, aux éditions Plume de Notou.

Également conteuse, elle a crée un spectacle de contes-randonnées pour la petite enfance, « Le gros taro », qui a reçu une aide de la Mission aux affaires culturelles début 2018.

Aussi  chez cet éditeur calédonien

Aussi chez cet éditeur calédonien

Publié dans Ecrivain calédonien

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Un conte et une nouvelle pour la causerie de mercredi 23 mai à la librairie Calédo Livres

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Diego Jorquera auteur de ELLE et Jean Vanmai auteur de NEIKO

Diego Jorquera auteur de ELLE et Jean Vanmai auteur de NEIKO

Résumé du dossier de presse de Nicole CHARDON-ISCH présidente de l'association Ecrire en Océanie éditrice de ces deux ouvrages. JP

Diego et son sourire malicieux qui va quitter le Caillou bientôt. Photo JP

ELLE, NOUVELLE DE DIEGO JORQUERA

Résumé de l’analyse de

Présentation à la librairie Calédolivres mercredi 23 mai

Le récit de Diego, primé pour le concours de nouvelles fantastiques lancé en décembre 2017 par Ecrire en Océanie, pose une triple interrogation :

-        Comment le fantastique se nourrit-il de la réalité ?

-        Comment le récit bascule-t-il dans le surnaturel ?

-        Le personnage est-il maître de son destin ?

a)       De nombreux éléments ancrent le récit dans un cadre réel :

Les personnages, leur situation économique et sociale, des faits divers marquants, donc des éléments vérifiables.

-        D’un côté Josette CALVI, diplômée en droit, journaliste aux Nouvelles Calédoniennes,  décédée au CHS de Nouville après un an d’internement ; la fiche de suivi de la patiente indique un état psychotique perturbé, des idées délirantes, des rêves éveillés dans lesquels elle affirme qu’une femme cherche à prendre le contrôle de son esprit ; la posologie de son traitement est inscrite sur la fiche.

Un article des Nouvelles Calédoniennes du 04-10-2013 lance un appel à témoin : « Toute personne qui pourrait donner des informations permettant d’élucider le cas de Josette Calvi sera la bienvenue. Nous rappelons à nos lecteurs que cette excellente journaliste… a été retrouvée le 7 du mois dernier, presque nue et inanimée, dans un état de complet délabrement physique et mental, par des hommes de la tribu de Bâ, près de la bâtisse abandonnée du New country Hôtel, à Houaïlou. »p.13

Un autre article du 09-09 2014 annonce le décès et les obsèques de la patiente.

-        De l’autre une famille d’aventuriers enrichis grâce à la mine. « La famille Heimlich installée en NC en 1947, à Houaïlou,  avait possédé quelques terrains miniers dans la région de Poro, qu’elle avait rapidement cédés, fortune faite. M.Heimlich, dernier de la lignée, et sa femme Marie, née Mandéa en 1950, n’ayant pas eu d’enfants, s’occupaient à dépenser l’argent que la famille avait amassé. Si M.Heimlich avait des goûts et un train de vie modeste, il n’en allait pas de même de sa jeune épouse. Très souvent partie à Nouméa, à La Foa, ou en d’autres lieux dont on ne savait rien, elle semblait fréquenter alors un tas de gens pas très recommandables.  » p.8

Cette famille vit sur une propriété où est bâtie Le New Country Hôtel, un peu délabré, transformée en manoir privé ; le couple vit dans des ailes séparées à cause des fredaines de la dame.

Enfin un crime est commis dans des circonstances restées mystérieuses : Maria Heimlich est retrouvée poignardée, ligotée dans sa chambre ; le couteau porte ses empreintes ; la porte est fermée de l’intérieur.

Et si l’affaire est classée sans suite, elle n’en reste pas moins dans les mémoires et n’en alimente pas moins les hypothèses les plus folles.

Voici donc le soubassement réaliste de cette fiction, qui va nourrir le fantastique.

b)      Voyons maintenant comment le récit bascule dans le surnaturel

Diego a choisi la chronique à travers un document retrouvé dans les affaires de J. Calvi.

D’abord les espaces et le temps : le cadre est inquiétant ; que faisait-elle à Houaïlou près d’une propriété privée ? Etait-elle prédestinée, elle qui voulait  « être au plus près de l’événement » ?

Josette Calvi ne doit la vie qu’aux soins traditionnels donnés par les femmes de la tribu durant deux jours ; elle est transportée à l’hôpital G.Bourret puis au CHS Albert Bouquet. C’est un critère d’aliénation mentale. On est chez les fous, « elle semble avoir vécu une expérience terrifiante, bouleversante et stressante, qui l’a plongée dans l’inconnu », elle se croit possédée.

La chronique qu’elle tient révèle d’abondants champ lexicaux évoquant le mystère, l’inquiétante étrangeté, la peur, le malaise. Une double rangée de bougies entourent son lit : « je ne me souviens pas les y avoir mises » écrit-elle dans son journal. Les visions s’intensifient et se précisent : « elle porte une longue robe blanche déchirée, tachée de rouge, peut-être du sang… »

Quant à Maria Heimlich, la mise en scène de sa mort oriente vers quelque chose d’occulte ; elle est vêtue d’une longue robe blanche, des bougies allumées entourent son lit, les cordes qui la nouaient revenaient vers elles comme si elle avait pu les nouer elles-mêmes ; c’est la stupéfaction et l’irrationnel le plus complet.

Basé sur l'introduction d'un ou de plusieurs éléments fantastiques, irréels ou imaginaires dans un monde en apparence réel, le récit fantastique est caractérisé par un vaste éventail de possibilités. On oublie le rationnel, la logique, le monde fantastique déjoue toutes les perceptions et reste invraisemblable.

Le temps est bousculé, à la frontière entre plusieurs mondes : l’illusion, le vivant, la mort ; nous sommes tantôt à Houaïlou, à Nouville au centre Bousquet, dans une forêt lugubre, mais aussi dans l’au-delà ; le monde rationnel se télescope avec celui des fous, des malades mentaux dans un entre-deux dérangeant ; qui a tort, qui a raison ? Comment démêler le vrai du faux dans cette chronique, qui ne déparerait pas une enquête policière ?

c)       Le personnage est-il maître de son destin ?

Josette Calvi n’affirme rien.  Elle regarde le plafond et croit « y voir une forme qui bouge doucement à travers une sorte de brume diffuse… » ; elle sent sa volonté flancher et subit un curieux état de léthargie et de soumission de soi : « torpeur étrange ; plus forte que ma volonté ; je me  sens glisser vers le sommeil… j’ai du mal à lutter. »

 Elle  ne peut savoir si le monde est fantastique ou réel, et s'il existe une différence entre rêver et vivre.

L’irruption du surnaturel dans le réel, s’accompagne d’une hésitation et d’un doute sur la véracité de l’expérience. Mais elle ressent, elle voit et demeure sous emprise, c’est la seule certitude. Elle voit cette femme, elle voudrait lui parler mais l’apparition est fugace et s’empare de son esprit ; comme les personnages de la tragédie grecque, Josette Calvi ne maîtrise plus son destin ; l’envoûtement est fatal et la conduit à la mort, comme une répétition fatidique bien orchestrée.

Conclusion

L’épilogue, qui pourrait fournir les éléments explicatifs aptes à expliquer les faits, loin d’élucider quoi que ce soit, va plonger encore davantage le lecteur dans l’irrationnel et ouvrir la nouvelle sur une possible suite, levant tous les doutes sur le genre littéraire et le registre fantastique.

Nous nous rappelons bien sûr du Horla De MAUPASSANT et de son expérience du double qui vient le vampiriser et suçant son énergie et orientant ses actions.

Nous pensons aussi au film Nosferatu, qui nous entraîne dans une spirale effrayante de vampirisationet de dépossession de la personnalité.

Au terme de cette étude on peut se demander :

 Cela a-t-il vraiment existé? N’ai-je pas rêvé ? L’incertitude n’est pas levée à cause d’éléments plausibles.

Dans son introduction à la littérature fantastique Tzvetan TODOROV s’interrogeait : « réalité ou rêve ? Vérité ou illusion ? »  Ainsi la protagoniste se trouve amenée au coeur du fantastique et de l’effroyable. Dans un environnement reconnaissable, celui de tous les jours, se produisent des événements, des expériences qui ne peuvent s’expliquer par les lois rationnelles qui régissent son monde familier et le nôtre. Une fois encore saluons le talent du lauréat qui a su maîtriser les critères du genre.

NCI

Nicole Isch présente le crabe des cocotiers. Photo JP

NEIKO, NOUVELLE DE JEAN VANMAI

Une nouvelle tirée d’un projet de livre en 2004 de plusieurs chapitres qui est devenue une courte nouvelle que Jean Vanmai a présenté hier soir à la librairie Calédo Livres sous la férule de Nicole Isch, voici sa conclusion. JP

Conclusion :

Quelle leçon pouvons-nous tirer de ce conte ? : l’initiation de Neiko le Crabe vient de commencer ; il a la révélation de la Grande terre et de promesses de nouvelles découvertes ; l’avenir est ouvert pour le jeune explorateur, la quête n’est pas terminée.

Ce conte ressemble aux premiers pas d’un bachelier qui part seul affronter la lointaine métropole.

-        il montre la motivation que l’on peut avoir pour aller vers l’inconnu : le confort quotidien rassurant peut paraître ennuyeux et l’espace étrique

-        il fournit enseignement sur les qualités à avoir pour affronter ses ennemis

-        Il permet de démêler les rencontres toxiques et celles gratifiantes

-        En un mot il fournit une expérience personnelle capable de sonner son envol à tout apprenti de la vie

Il va plaire aux tout petits mais aussi aux plus grands par son caractère allégorique.

Les deux derniers prix Arembo Jean Vanmai et Jean-Marie Creugnet aux cotés de Cathie. Deux figures de la littérature calédonienne

Les deux derniers prix Arembo Jean Vanmai et Jean-Marie Creugnet aux cotés de Cathie. Deux figures de la littérature calédonienne

Les auteurs dédicacent et le public photos de Joël PAULLes auteurs dédicacent et le public photos de Joël PAUL
Les auteurs dédicacent et le public photos de Joël PAUL

Les auteurs dédicacent et le public photos de Joël PAUL

Publié dans Ecrivain calédonien

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Maurice Leenhardt de Frédéric Rognon

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Photo de France Culture : https://www.franceculture.fr/personne-frederic-rognon.html

Photo de France Culture : https://www.franceculture.fr/personne-frederic-rognon.html

« Maurice Leenhardt. Pour un Destin commun en Nouvelle-Calédonie ».

Dans cet ouvrage, dresse l'émouvant portrait du missionnaire protestant devenu ethnologue à la suite de son séjour en Nouvelle-Calédonie.

Au début du XXe siècle, le maire de Nouméa prédisait l’extinction de la « race canaque » dans un délai de dix ans. Aujourd’hui les Kanak sont plus de cent mille et ambitionnent de diriger leur territoire de manière autonome.

Le missionnaire protestant Maurice Leenhardt qui a œuvré en Nouvelle Calédonie dans le premier quart du XXe siècle est l’un des artisans de cette renaissance. Animé d’un profond amour pour le peuple kanak et d’une grande admiration pour sa culture, il a su écouter, comprendre, pour mieux rendre à cette population l’envie de vivre, la fierté de son identité, la volonté de construire son avenir.

Après vingt-cinq ans d’immersion complète dans la culture kanak, Maurice Leenhardt est devenu ethnologue et universitaire. Il a contribué à donner à cette culture ses lettres de noblesse.

Son espérance, liée à ses convictions évangéliques, tablait sur un dépassement des clivages ethniques. L’héritage de Maurice Leenhardt pourrait aujourd’hui nourrir le débat en vue d’une solution consensuelle, à l’heure où tout le monde rêve, comme lui, d’un « Destin commun » sur cette terre du Pacifique.

Aux éditions OLIVETAN (16 Euros)

Frédéric ROGNON

Professeur de Philosophie des religions -Faculté de Théologie Protestante

rognonfr@yahoo.fr

Curriculum Vitae

Né le 1er octobre 1961.

1986-1989   Enseignement de la philosophie au Lycée Do Kamo de Nouméa (Nouvelle Calédonie).

1989-1995   Engagement dans la Communauté de l'Arche de Bonnecombe (Aveyron).

1989-1990   Enseignement de l'ethnologie à l'Université de Paris X - Nanterre.

1991  Thèse de Doctorat en Ethnologie: "Conversion, syncrétisme et nationalisme. Analyse du changement religieux chez les Mélanésiens de Nouvelle Calédonie", Université de Paris X - Nanterre, 890 pages.

1994-1998   Etudes de Théologie à Strasbourg et Montpellier.

1998-2001   Ministère pastoral dans l'Eglise Réformée de France au Havre (Seine Maritime).

2001-2007   Maître de Conférences en philosophie et anthropologie de la religion à la Faculté de Théologie protestante de Strasbourg.

Depuis 2007 Professeur de philosophie des religions à la Faculté de Théologie protestante de Strasbourg.

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Le styrax produit le benjoin

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Extrait d'un livre en anglais

Extrait d'un livre en anglais

Source de la photo ci-dessus

Le styrax originaire d'Indochine (Styrax tonkinensis), qui produit le benjoin du Siam ou du Laos de couleur jaune-brun.

Originaire du Laos, le Styrax tonkinensis pousse de manière spontanée dans les montagnes du Laos, de Thaïlande et du Nord du Vietnam. Ce grand arbre à l'allure de bouleau se nomme benjoin du Laos, benjoin de Siam ou encore aliboufier benjoin. C'est l'exsudation odorante –la gomme de benjoin - de cet arbre qui est récoltée. Cette résine est stimulée artificiellement en pratiquant des incisions sur le tronc d'un arbre mature, dès le mois de Septembre. Plusieurs incisions sont effectuées sur un même tronc et l'arbre peut produire pendant 2 à 3 ans. L'écorce est entaillée sous la forme d'un « V » ou d'un rectangle pour que la précieuse résine s'accumule entre la languette de l'écorce et le tronc. Le benjoin s'écoule le long du tronc sous forme de larmes blanches et cassantes quelques semaines seulement après le gemmage. La récolte, unique dans l'année, est pratiquée aux mois de janvier-février. Les larmes de benjoin sont ensuite nettoyées et triées par taille et couleur afin de leur donner différents grades (larme n°2, larme n°3 ou encore larme n°5) révélant leurs qualités olfactives

Vers le 14ème siècle, les gommes de benjoin étaient méticuleusement préparées pour l'exportation. Des forêts du Laos jusqu'à Bangkok où il transitait puis en Europe, les larmes de benjoin faisaient un long et torride périple qui pouvait altérer sa subtile odeur. Les moyens de locomotion n'étant pas les mêmes qu'aujourd'hui, les Laotiens avaient recourt à une technique ancestrale pour préserver leur odeur. Ainsi, la résine était répandue sur de grandes nattes où des rhizomes de gingembre remplis de moelle d'os de porc étaient ajoutés. Ces nattes étaient ensuite attachées et empaquetées.

L'absorption de la graisse par la gomme permettait d'en conserver et d'en affiner l'odeur. Ce long processus pouvait durer un an. Après absorption complète de la graisse, la gomme était prête à être exportée.

L’encens est souvent fabriqué sur une base de benjoin.

Fabrication de l'encens au Vietnam (2011) auteur ?

Extrait d’une étude sur le benjoin pendant la période Coloniale

Historique et généralités

Le benjoin est une résine odoriférante produite par certains arbres des forêts de l'archipel Malais (Java et Sumatra) et de la presqu'île indochinoise…

On distingue deux qualités de benjoin d'après les pays d'origine.

Aujourd'hui le commerce admet encore cette distinction

1°- Le benjoin de Sumatra, encore appelé benjoin de Padang, de Penang ou de Palembang, qui est assez peu consistant, de couleur rougeâtre et très faiblement parfumé ;

2°- Le benjoin de Siam, qui était entièrement produit par l'Indochine Française beaucoup plus estimé que le précédent. Il se présente sous l'aspect de « larmes » plus ou moins grosses qui prennent rapidement la teinte « vieil ivoire » recherchée par le commerce : il se concrétise parfaitement, sa cassure est cristalline et sa fine odeur de vanille est très agréable.

Les analyses chimiques suivantes montrent, d'ailleurs, que ces deux sortes de benjoin n'ont pas la même composition. Le benjoin d'Indochine ne renferme pas d'acide cinnamique. Il est plus riche en éthers et en vaniline et comme ces corps lui confèrent le goût et le parfum, qualités pour lesquelles le benjoin est recherché, sa valeur commerciale était sensiblement le double de celle du benjoin de Sumatra.

Description du Styrax tonkinense Pierre

Le Styrax tonkinense est un arbre de petite taille atteignant 20 mètres au plus qui pousse dans les sols granitiques, gréseux ou schisteux, mais jamais en sols calcaires. De croissance très rapide, il s'installe de préférence sur les coupes très claires de forêts ou sur les défrichements, pourvu que quelques arbres soient réservés comme porte-graines. La reproduction par ensemencement naturel se fait bien surtout sur l'emplacement d'anciens « rays » (partie de forêt que les indigènes coupent et incendient pour pouvoir pendant deux ou trois ans cultiver le riz de montagne). On observe parfois là de véritables semis en brosse.

Vers 8-10 ans, l'arbre est adulte, il atteint ses dimensions maxima vers 25 à 30 ans. Plus tard, il dépérit. Aussi, en forêt secondaire un peu vieille, on le trouve seulement par sujet isolé.

L'aire de dispersion du Styrax tonkinense est relativement étendue.

Au TONKIN, il est fréquent dans la moyenne région : provinces de Phu-Tho, Tuyên-Quang, Yên-Bay, Thai-Nguyên. Il descend à Vietri et Son-Tay jusqu'au niveau du Delta.

D'autre part, il remonte jusque dans les bassins supérieurs du Fleuve-Rouge et de la Rivière-Noire.

Il est appelé "Bô-Dé" et, d'après la couleur du bois, on en distingue deux vanétés :

Bô-Dê trang, à bois jaunâtre ;

Bô-Dê tia, à bois légèrement rosé.

En Annam, on ne trouve le Styrax tonkinense que dans la province de Thanh-Hoa. Ses noms vernaculaires varient avec les diverses races d'habitants. Les Muongs l'appellent "Dong-Tra" dans la région de Thanh-Thanh et "Trach-Lôc" dans la haute vallée du Song-Tra.

Les Thais l'appellent partout "Nhàn", mais ils distinguent trois variétés, d'après la disposition des branches…

Conclusion :

L'Indochine Française est donc un des premiers pays producteurs de benjoin. Si les quantités qu'elle exporte sont faibles par rapport à celles exportées de Java et Sumatra, il ne faut pas oublier que notre benjoin est de qualité supérieure, qu'il est recherché sur tous les marchés, et que notre Colonie d'Extrême-Orient a le monopole absolu de la production de cette précieuse résine qu'est le benjoin dit du Siam ou de Saïgon.

D'ailleurs, l'Indochine peut produire beaucoup plus qu'elle n'exporte actuellement. L'exportation augmente en effet dans de fortes proportions depuis 3 ans.

Et cependant ce sont les indigènes de race Thai seuls qui, en 1913 comme actuellement, exploitent le benjoin. Ils se contentent de recueillir la résine des arbres naturels qu'ils trouvent, sans jamais dégager les semis, sans jamais faire de plantation, comme les indigènes de Sumatra.

Mais les conditions vont changer. La grande facilité avec laquelle le Styrax tonkinense Pierre se régénère dans la région à benjoin où il est presque envahissant, sa rapide croissance qui le rend exploitable vers 6 ou 8 ans, la grande valeur du baume qu'il produit, prouvent que c'est par excellence un arbre à cultiver.

Il y a place dans le Haut-Laos en particulier, pour de vastes plantations établies méthodiquement.

Grâce à la régularité de leur production, elles atténueraient les variations de l'exploitation actuelle, en même temps que, par leurs méthodes rationnelles, elles feraient l'éducation de l'indigène, qui aurait tout à gagner à ce voisinage.

Enfin, pour assurer à l'entreprise un sûr équilibre et un rendement immédiat, il conviendrait de la doubler d'une exploitation de stick-lac ; occupant les basses altitudes celle-ci permettrait une occupation verticale du terrain à peu près continue, particulièrement opportune dans ces régions mouvementées.

L'Administration française, estimant jouer son rôle en préparant les voies à la colonisation a entrepris la mise en valeur d'une centaine d'hectares aux environs de Sam-Nua. Elle se propose d'y expérimenter des méthodes rationnelles d'exploitation de l'arbre à benjoin, d'en entreprendre l'étude systématique et la sélection.

Ainsi le planteur ne se trouvera pas isolé dans ces régions neuves et jouira immédiatement de l'assistance technique qui lui est indispensable.

Source : Inspection Générale de l'Agriculture, de l'élevage et des Forêts - Hanoï 1931 (Source ANAI, amicale nationale des anciens d’Indochine)

Pourquoi cet article sur le Stirax et le benjoin parce que Hubert Morin l’un de mes personnage de mon roman « Les Moustaches de Tigre » en cultive. J’ai découvert ce produit et cette culture pendant mes recherches sur l’Indochine. Je connaissais l’Hévea et Michelin mais pas le styrax. JP

Extrait d’un passage de mon roman qui évoque le styrax :

Cela faisait trois-cents jours que Momo n’avait plus donné signe de vie. Hubert prit sa jeep pour faire le tour de la propriété. La jeep était un surplus de l’armée américaine comme celles que les colons et l’armée française avaient rachetées en grande quantité aux Philippines depuis la fin du conflit en Europe. Il produisait surtout du café, mais aussi du tabac et du benjoin. Ses magnifiques styrax de quinze mètres de haut, aux troncs rougeâtres, étaient ses préférés. Il commença par leur rendre visite, comme à chaque fois qu’il faisait sa tournée. Lorsqu’il était seul, il enlaçait les troncs tellement il les chérissait. La plantation de styrax se dressait fièrement derrière un vallon qu’il avait défriché trente ans auparavant. Il était fier de ses grands arbres.

Il parcourut les premières allées d’arbres alignés au cordeau avant de s’arrêter à la hauteur de coolies qui incisaient les troncs. D’autres travailleurs, plus loin, récoltaient des lentilles de gommes de benjoin sur des arbres qui suintaient depuis quelques jours. À la manière leste et rapide dont il descendit de sa jeep, les coolies devinèrent qu’il n’était pas content. N’ayant de chef d’équipe sous la main, il fit appeler Rousseau. Quand il avait quelque chose à dire, il s’arrangeait toujours pour passer par un responsable. « C’est comme ça qu’on obtient le respect » disait-il. Kan pressait le pas pour venir le rejoindre, mais il se faisait vieux. Il traînait une jambe, blessée à l’époque de sa jeunesse. Le maître des lieux s’impatientait.

— Kan, qu’est-ce que c’est que cette façon de tailler l’écorce ?

— Mais patron, nous avons toujours fait comme ça.

— Tu vieillis, Kan, je vais te montrer. Dis au niaque[1] de s’écarter.

Tandis que Kan ordonnait en annamite au coolie de céder sa place au boss, Hubert avait déjà retroussé ses manches. Il se plaça dans la même position que l’ouvrier afin de continuer l’incision. Il le fit avec une délicatesse et une adresse que personne n’avait sur la plantation.

« Regardez, bande de bons à rien, comment il faut faire. Ce n’est pas étonnant que certains de mes arbres crèvent avec les blessures que vous leur infligez ». Les coolies vinrent à tour de rôle admirer le travail du patron en se penchant sur l’incision comme s’ils en voyaient une pour la première fois. Ils marmonnèrent des compliments d’admiration probablement feints. Ils savaient être fourbes dans de telles circonstances. L’égo d’Hubert Morin était flatté, à la grande satisfaction de Kan. « Vous êtes le meilleur », ajouta-t-il d’une voix de fausset.

Hubert Morin remonta dans sa jeep, satisfait. Il ne se serait pas permis d’en montrer aux saigneurs d’hévéas de Cochinchine, mais le styrax, c’était son dada. Il laissait le latex aux riches du Sud, la surface des exploitations de l’Annam était trop petite pour cette culture. Michelin le dégoûtait avec son argent et le soutien qu’il avait des politiques de la métropole.

 

[1]. Équivalent de nhà-quê : paysan (terme péjoratif).

Publié dans Divers

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Le kit de l’édition francophone, outils de promotion de l’édition en français

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Le kit de l’édition francophone : outils et recommandations thématiques proposés par l’Alliance, mai 2018

https://www.alliance-editeurs.org/local/cache-vignettes/L272xH150/arton1508-5fb45.jpg Ces outils et recommandations sont issus   de l’expérience et des pratiques des   éditeurs indépendants au sein de   l’Alliance depuis plus de 15 ans. Les   convictions, orientations et activités de   l’Alliance (voir la Déclaration internationale des éditeurs et éditrices indépendants 2014 et les 80 recommandations en faveur de la bibliodiversité 2015) s’inscrivent dans les principes de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles de 2005 de l’UNESCO (l’Alliance est membre observateur pour la société civile à l’UNESCO) et de la Déclaration de Fribourg de 2007 sur les droits culturels. 
Les outils et recommandations proposés ici s’organisent en 3 grandes thématiques (politiques publiques du livre ; partenariats éditoriaux et circulation des textes ; édition numérique) et ne sont pas tous spécifiques à l’espace francophone ; ils s’inspirent et sont également alimentés par les expériences et pratiques des éditeurs indépendants en Amérique latine, en Europe, dans le monde arabe, en Asie… Ils sont enfin à considérer sur un temps long, dans une optique de pérennité des actions menées, tant par les pouvoirs publics que par les professionnels.

Suivre ce lien pour accéder au kit

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